{"id":249,"date":"2021-04-13T12:25:30","date_gmt":"2021-04-13T12:25:30","guid":{"rendered":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bienfaits\/?post_type=chapter&#038;p=249"},"modified":"2021-11-04T10:05:12","modified_gmt":"2021-11-04T10:05:12","slug":"votre-entourage-peut-il-influencer-votre-propre-etat-de-sante","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/chapter\/votre-entourage-peut-il-influencer-votre-propre-etat-de-sante\/","title":{"raw":"Votre entourage peut-il influencer votre propre \u00e9tat de sant\u00e9 ?","rendered":"Votre entourage peut-il influencer votre propre \u00e9tat de sant\u00e9 ?"},"content":{"raw":"<p class=\"first-paragraph\">Dans la vie de tous les jours, adopter un comportement \u00e0 risque pour la sant\u00e9 tel que fumer, boire trop d\u2019alcool ou avoir un mauvais r\u00e9gime alimentaire, a de fait un impact de long terme sur la vie d\u2019un individu. Ces relations ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9es dans la litt\u00e9rature scientifique et sont en g\u00e9n\u00e9ral bien connues du public.<\/p>\r\nLa question pos\u00e9e dans ce chapitre est celle-ci\u00a0: les habitudes des citoyens d\u2019un pays peuvent-elles d\u00e9teindre sur vous et, que vous adoptiez vous-m\u00eame un comportement \u00e0 risque ou non, l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 des autres personnes peut-il influencer le v\u00f4tre\u00a0? Cette question, parmi d\u2019autres, est celle que Tereswa Garc\u00eda-Mu\u00f1oz et ses coauteurs ont d\u00e9cid\u00e9 de se poser en s\u2019appuyant sur les donn\u00e9es de SHARE dans leur \u00e9tude parue en 2018<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>.\r\n\r\nLa consommation de tabac, d\u2019alcool, et l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 sont en effet des facteurs qui contribuent de fa\u00e7on importante aux probl\u00e8mes de sant\u00e9 chroniques autrement appel\u00e9s maladies \u00ab\u00a0non transmissibles\u00a0\u00bb\u00a0: cancers, maladies cardiovasculaires, diab\u00e8te ou encore cholest\u00e9rol, pour ne citer que les plus connus. La pr\u00e9valence de ces affections non transmissibles a \u00e9galement un co\u00fbt important pour le syst\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9 sociale. Divers chapitres de cet ouvrage parlent de mani\u00e8re d\u00e9taill\u00e9e des causes, des cons\u00e9quences et des possibles rem\u00e8des \u00e0 ces affections ou maladies chroniques.\r\n\r\nDans le cadre de l\u2019\u00e9tude mentionn\u00e9e ici, l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9e comme un comportement \u00e0 risque pour la sant\u00e9, au m\u00eame titre que le tabagisme ou la consommation excessive d\u2019alcool\u00a0; or dans la r\u00e9alit\u00e9 ce n\u2019est pas tout \u00e0 fait exact. L\u2019ob\u00e9sit\u00e9 est davantage le r\u00e9sultat d\u2019une accumulation de facteurs, une cons\u00e9quence d\u2019un mode de vie ou de facteurs biologiques, et donc plut\u00f4t un \u00e9tat. \u00c0 ce stade, les donn\u00e9es de SHARE ne permettent pas d\u2019analyser les cons\u00e9quences sur la sant\u00e9 d\u2019un mauvais comportement alimentaire. Il n\u2019y a donc pas dans cette \u00e9tude de distinction entre une ob\u00e9sit\u00e9 r\u00e9sultant de mauvaises habitudes alimentaires et une ob\u00e9sit\u00e9 qui n\u2019en r\u00e9sulterait pas. Dans les deux cas cela dit, l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 reste un facteur de risque aggravant pour la sant\u00e9.\r\n\r\nCes trois \u00e9l\u00e9ments\u00a0\u2013\u00a0consommation de tabac, alcool, et ob\u00e9sit\u00e9\u00a0\u2013\u00a0sont pr\u00e9gnants dans toutes les soci\u00e9t\u00e9s occidentales, et de plus en plus \u00e9galement dans les pays dits en voie de d\u00e9veloppement. Selon l\u2019OMS, le nombre de personnes en situation d\u2019ob\u00e9sit\u00e9 aurait tripl\u00e9 depuis 1975. En 2016 dans le monde, 13\u00a0% des adultes de 18\u00a0ans et plus \u00e9taient ob\u00e8ses, et 39\u00a0% en surpoids<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a>. Il existe bien entendu des diff\u00e9rences, faibles parfois mais d\u2019autres fois assez importantes. Les Hongrois, les Belges et les Su\u00e9dois ne semblent, par exemple, pas avoir les m\u00eames habitudes en la mati\u00e8re. Le <b>TABLEAU\u00a09<\/b> donne les statistiques de consommation de tabac, d\u2019alcool et le taux d\u2019ob\u00e9sit\u00e9 au niveau du pays.\r\n\r\nNous pouvons voir que la Hongrie accumule les facteurs de risque parmi les plus \u00e9lev\u00e9s\u00a0: selon les chiffres de ce tableau, plus d\u2019un quart de la population hongroise fume de fa\u00e7on quotidienne et plus d\u2019un quart de la population est ob\u00e8se. Leur consommation d\u2019alcool est, dans la moyenne, au m\u00eame niveau que celui des Belges. D\u2019ailleurs, la Belgique se place au niveau de la moyenne des pays repris, et la Su\u00e8de est le pays ayant les statistiques traduisant le comportement moyen le plus sain.\r\n<h5>Tableau 9 : tabagisme, alcool et ob\u00e9sit\u00e9<\/h5>\r\n[caption id=\"attachment_442\" align=\"aligncenter\" width=\"973\"]<img class=\"wp-image-442 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau9.png\" alt=\"\" width=\"973\" height=\"958\" \/> <strong>Pays class\u00e9s en fonction du pourcentage de fumeurs, du plus petit au plus grand. Statistiques de l\u2019OCDE pour les personnes de 15 ans et plus.<\/strong> Source : Adaptation du Tableau 3, T. GARC\u00cdA-MU\u00d1OZ et al. (2018), OCDE, Panorama des statistiques de l\u2019OCDE 2014, \u00c9conomie, environnement et soci\u00e9t\u00e9.[\/caption]\r\n\r\nCes diff\u00e9rences ne sont pas n\u00e9cessairement al\u00e9atoires. Les habitudes en termes de sant\u00e9 ne sont pas inn\u00e9es et sont fa\u00e7onn\u00e9es en partie par l\u2019\u00e9ducation \u00e0 la maison, \u00e0 l\u2019\u00e9cole, et ailleurs. Les auteurs de l\u2019\u00e9tude tentent de d\u00e9terminer si ces comportements varient de mani\u00e8re syst\u00e9matique entre les pays et pourraient donc \u00eatre associ\u00e9s \u00e0 des facteurs culturels.\r\n\r\nEn effet, les habitudes peuvent s\u2019acqu\u00e9rir d\u00e8s l\u2019enfance par l\u2019\u00e9cole ou le cercle familial\u00a0; elles d\u00e9pendent \u00e9galement de l\u2019efficacit\u00e9 des politiques mises en place par les institutions, selon les priorit\u00e9s qu\u2019elles se donnent en termes de pr\u00e9vention et d\u2019information, ou encore de l\u2019environnement sp\u00e9cifique \u00e0 un pays ou une r\u00e9gion.\r\n\r\nCela dit, l\u2019\u00e9volution de la mani\u00e8re dont sont per\u00e7us certains comportements \u00e0 risque est souvent culturelle et trouve son origine dans l\u2019histoire du pays. Pour illustrer ceci, les auteurs donnent l\u2019exemple de deux groupes de pays qui per\u00e7oivent diff\u00e9remment la consommation d\u2019alcool\u00a0: dans les pays scandinaves on la per\u00e7oit g\u00e9n\u00e9ralement de mani\u00e8re n\u00e9gative, li\u00e9e \u00e0 la violence\u00a0; \u00e0 l\u2019oppos\u00e9, dans les pays m\u00e9diterran\u00e9ens, on la voit plut\u00f4t jouer un r\u00f4le social, \u00e0 connotation positive.\r\n\r\nDeux associations sont donc analys\u00e9es ici\u00a0: la premi\u00e8re est l\u2019association entre certaines caract\u00e9ristiques ou habitudes individuelles et notre \u00e9tat de sant\u00e9. Autrement dit la fa\u00e7on dont notre propre comportement influence notre \u00e9tat de sant\u00e9. La deuxi\u00e8me est l\u2019association entre le comportement des autres personnes et notre propre \u00e9tat de sant\u00e9.\r\n\r\nDe la m\u00eame mani\u00e8re que les auteurs utilisent SHARE pour conna\u00eetre les habitudes et les caract\u00e9ristiques individuelles, ils puisent \u00e9galement dans SHARE l\u2019estimation de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 individuel. Comme pr\u00e9cis\u00e9 dans d\u2019autres chapitres de cet ouvrage, pour ces auteurs, l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 tel que per\u00e7u par l\u2019individu lui-m\u00eame est \u00e9galement consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e9tant un indicateur assez pr\u00e9cis de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 r\u00e9el.\r\n<h5>Graphique 19 : effets significatifs de\u00a0caract\u00e9ristiques ou habitudes individuelles, sur l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9 (moyenne share, effets relatifs au groupe de r\u00e9f\u00e9rence)<\/h5>\r\n[caption id=\"attachment_443\" align=\"aligncenter\" width=\"1981\"]<img class=\"wp-image-443 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique19.png\" alt=\"\" width=\"1981\" height=\"1949\" \/> Source : Adaptation du Tableau 2, T. GARC\u00cdA-MU\u00d1OZ et al. (2018) SHARE (2010-2011), 50 ans et +.[\/caption]\r\n\r\nLe <b>GRAPHIQUE\u00a019<\/b> illustre les r\u00e9sultats statistiques pr\u00e9sent\u00e9s par les auteurs pour la premi\u00e8re des deux associations pr\u00e9sent\u00e9es ci-dessus, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019association entre diff\u00e9rentes caract\u00e9ristiques ou diff\u00e9rents comportements individuels et l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9. Les associations n\u00e9gatives sont en rouge et les positives en bleu.\r\n\r\nSeules les associations statistiquement significatives sont pr\u00e9sent\u00e9es et elles indiquent l\u2019importance des d\u00e9viations par rapport au groupe de r\u00e9f\u00e9rence. Par exemple, le fait d\u2019\u00eatre \u00e2g\u00e9 de 81\u00a0ans ou plus est associ\u00e9 n\u00e9gativement avec l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 (auto\u00e9valu\u00e9), et indique que ce groupe a 23\u00a0% de risque de d\u00e9clarer un moins bon \u00e9tat de sant\u00e9, par rapport au groupe de r\u00e9f\u00e9rence, dans ce cas constitu\u00e9 des individus \u00e2g\u00e9s entre 50 et 60\u00a0ans. L\u2019int\u00e9r\u00eat de ce graphique est de donner le signe de la relation, et son intensit\u00e9 par rapport au groupe de r\u00e9f\u00e9rence.\r\n\r\nNous pouvons voir que certains facteurs influencent l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 plus que d\u2019autres. Ainsi, un indice de masse corporelle (IMC) \u00e9lev\u00e9 et l\u2019\u00e2ge avanc\u00e9 sont les caract\u00e9ristiques qui impactent le plus la sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9e. Le fait de fumer ou d\u2019avoir fum\u00e9 par le pass\u00e9 est \u00e9galement associ\u00e9 n\u00e9gativement \u00e0 l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9, bien que d\u2019une fa\u00e7on moins importante. De mani\u00e8re int\u00e9ressante, le fait de boire de l\u2019alcool, m\u00eame au-del\u00e0 des recommandations maximales de l\u2019OMS, est associ\u00e9 \u00e0 un meilleur \u00e9tat de sant\u00e9 (auto\u00e9valu\u00e9).\r\n\r\nLes auteurs ne sont pas surpris par cette association positive entre meilleure sant\u00e9 et consommation mod\u00e9r\u00e9e d\u2019alcool, car elle a d\u00e9j\u00e0 souvent \u00e9t\u00e9 not\u00e9e dans la litt\u00e9rature scientifique. Plus inqui\u00e9tant, ils notent \u00e9galement un effet positif de la consommation excessive d\u2019alcool sur la sant\u00e9. Ils concluent qu\u2019il doit exister un effet culturel positif suffisamment important pour compenser les effets n\u00e9gatifs de cette consommation excessive en termes de sant\u00e9.\r\n\r\nDe mani\u00e8re plus d\u00e9taill\u00e9e, le <b>GRAPHIQUE\u00a020<\/b> illustre les r\u00e9sultats statistiques obtenus par les auteurs montrant l\u2019association entre le tabagisme actif et l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9, pays par pays. Alors que dans le cas du Portugal cette association appara\u00eet positive, c\u2019est en Belgique que l\u2019association avec la sant\u00e9 est la plus n\u00e9gative. \u00c0 noter qu\u2019il ne s\u2019agit pas ici de tirer des conclusions sur la relation de long terme entre comportements individuels et \u00e9tat de sant\u00e9, mais plut\u00f4t d\u2019observer cette association \u00e0 un moment donn\u00e9 (ici en 2010-2011), de surcro\u00eet li\u00e9e \u00e0 la subjectivit\u00e9 de l\u2019auto\u00e9valuation.\r\n\r\nAu-del\u00e0 du tabagisme actif, fumer est toujours associ\u00e9 n\u00e9gativement \u00e0 la sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9e, que les personnes fument toujours ou aient arr\u00eat\u00e9. Cependant, l\u2019effet n\u00e9gatif estim\u00e9 par les auteurs est assez faible, contrairement \u00e0 ce que l\u2019on pourrait penser des effets du tabac sur la sant\u00e9. Pour les auteurs, ce r\u00e9sultat va dans le sens de la litt\u00e9rature scientifique existante, qui l\u2019explique comme une forme d\u2019acceptation des risques du tabagisme sur la sant\u00e9 de la part des fumeurs eux-m\u00eames. De plus, cette association varie en intensit\u00e9 entre les pays, ce qui montre le r\u00f4le important que la culture peut avoir dans la perception des risques de la consommation de tabac.\r\n\r\n\u00c0 l\u2019oppos\u00e9, la consommation d\u2019alcool est associ\u00e9e positivement \u00e0 la sant\u00e9 subjective, tant pour les buveurs mod\u00e9r\u00e9s que pour les gros buveurs. Pour les premiers, une fois de plus, la litt\u00e9rature scientifique conna\u00eet ce ph\u00e9nom\u00e8ne et les auteurs ne font que le confirmer avec les donn\u00e9es de SHARE. Il semblerait que la boisson mod\u00e9r\u00e9e soit en effet associ\u00e9e positivement \u00e0 la sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9e, car elle procurerait selon certaines \u00e9tudes des effets positifs tant en termes m\u00e9dicaux que sociaux.\r\n<h5>Graphique 20 : sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9e et tabagisme actif (coefficients de r\u00e9gression)<\/h5>\r\n[caption id=\"attachment_444\" align=\"aligncenter\" width=\"1654\"]<img class=\"wp-image-444 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique20.png\" alt=\"\" width=\"1654\" height=\"1124\" \/> <strong>Ces coefficients sont interpr\u00e9t\u00e9s par les auteurs comme correspondant \u00e0 l\u2019effet d\u2019une variable explicative sur la variable d\u00e9pendante dans le mod\u00e8le estim\u00e9. Dans le cas pr\u00e9sent, il s\u2019agit de l\u2019effet du tabagisme actif sur l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9. Nous ne sommes pas int\u00e9ress\u00e9s ici par la valeur de ces coefficients, mais plut\u00f4t par leur signe et leur intensit\u00e9.<\/strong> Source : Adaptation du Graphique 1, T. GARC\u00cdA-MU\u00d1OZ et al. (2018). SHARE (2010-2011).[\/caption]\r\n\r\nDe la m\u00eame mani\u00e8re que la consommation de tabac, l\u2019effet qu\u2019a la consommation d\u2019alcool sur la sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9e varie significativement entre les pays \u00e9tudi\u00e9s, ce qui va dans le sens d\u2019une diff\u00e9renciation li\u00e9e \u00e0 la culture. De plus, l\u2019association entre cette fois le niveau de consommation moyen du pays avec la sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9e est n\u00e9gative. Ce qui veut dire que plus cette moyenne de consommation est \u00e9lev\u00e9e, plus la perception de son \u00e9tat de sant\u00e9 sera r\u00e9duite, pour les buveurs mais \u00e9galement pour les abstinents. L\u2019effet, bien que significatif, reste toutefois assez faible. Les auteurs tirent le constat que dans ces pays o\u00f9 la consommation moyenne par habitant est faible, ceux-ci sont davantage conscientis\u00e9s des cons\u00e9quences potentiellement n\u00e9gatives d\u2019un exc\u00e8s d\u2019alcool sur la sant\u00e9, mais \u00e9galement sur plusieurs autres pans de la vie, dont les cons\u00e9quences sont davantage visibles.\r\n\r\nEnfin, contrairement aux deux \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9c\u00e9dents, l\u2019association n\u00e9gative de l\u2019exc\u00e8s de poids sur la sant\u00e9 subjective ne semble pas varier selon les pays, ce qui tendrait \u00e0 indiquer que l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 est plut\u00f4t un ph\u00e9nom\u00e8ne g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9. La seule diff\u00e9rence notable entre les pays est l\u2019association entre le pourcentage d\u2019individus ob\u00e8ses et la sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9e moyenne. En effet, la relation devient positive au plus ce pourcentage augmente\u00a0: dans les pays o\u00f9 il y a davantage d\u2019individus en surpoids, la sant\u00e9 est per\u00e7ue plus positivement. Les auteurs confirment que notre perception d\u00e9pend en partie de nos relations sociales\u00a0: les contacts avec des personnes en surpoids peuvent changer notre perception des risques associ\u00e9s \u00e0 l\u2019ob\u00e9sit\u00e9, en les minimisant. Ils citent un article<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a> qui apporte des arguments en faveur de l\u2019existence d\u2019une \u00ab\u00a0dynamique sociale de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie d\u2019ob\u00e9sit\u00e9\u00a0\u00bb, qui se traduit en des changements soci\u00e9taux universels promouvant inactivit\u00e9, consommation alimentaire, et la normalisation des grandes tailles.\r\n\r\nLes auteurs concluent en recommandant des mesures visant \u00e0 freiner ces consommations mauvaises pour la sant\u00e9. Des campagnes d\u2019information et de pr\u00e9vention, d\u2019une part, mais \u00e9galement des mesures plus restrictives pour accompagner les choix des individus, tels que des taxes sur le tabac, l\u2019alcool, et les aliments trop riches ou trop industriels, d\u2019autre part. Nous avons vu au <b>CHAPITRE\u00a03<\/b> que des mesures d\u2019augmentation du prix du tabac, entre autres, avaient r\u00e9ussi \u00e0 diminuer le nombre de fumeurs et avaient ainsi am\u00e9lior\u00e9 la sant\u00e9 des personnes.\r\n\r\n&nbsp;\r\n<div class=\"textbox textbox--key-takeaways\"><header class=\"textbox__header\">\r\n<p class=\"textbox__title\"><strong>Ce qu\u2019il faut retenir<\/strong><\/p>\r\n\r\n<\/header>\r\n<div class=\"textbox__content\">\r\n\r\nFumer, boire de l\u2019alcool, ou se trouver en situation d\u2019ob\u00e9sit\u00e9 n\u2019apportent pas d\u2019effets positifs pour la sant\u00e9. Ces effets n\u00e9gatifs sont bien connus. Cependant, au-del\u00e0 de l\u2019effet direct de ces substances ou de l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 sur les risques additionnels de d\u00e9velopper des maladies chroniques, des \u00e9l\u00e9ments culturels semblent apporter des effets compl\u00e9mentaires qui nuancent ces r\u00e9sultats.\r\n\r\nLes auteurs montrent que plus la proportion de buveurs est \u00e9lev\u00e9e, plus la sant\u00e9 individuelle s\u2019en trouvera d\u00e9grad\u00e9e. Cette cons\u00e9quence n\u00e9gative sur la sant\u00e9 individuelle concernant un comportement agr\u00e9g\u00e9, que l\u2019individu lui-m\u00eame le pratique ou non, est similaire pour la consommation de tabac. Avec une pr\u00e9cision importante\u00a0: il ne s\u2019agit pas n\u00e9cessairement ici d\u2019effets visibles engendr\u00e9s par les consommateurs sur les non-consommateurs (violences dues \u00e0 l\u2019alcool, tabagisme passif, etc.), mais d\u2019un effet plut\u00f4t indirect de la consommation des autres sur sa propre perception de son \u00e9tat de sant\u00e9.\r\n\r\nEnfin, concernant l\u2019ob\u00e9sit\u00e9, un ph\u00e9nom\u00e8ne culturel n\u2019a pas pu \u00eatre identifi\u00e9. Les auteurs concluent qu\u2019il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019une tendance mondiale o\u00f9 ses effets sur la sant\u00e9 n\u2019auraient pas de fronti\u00e8res et seraient syst\u00e9matiquement n\u00e9gatifs.\r\n\r\nCes r\u00e9sultats sont tr\u00e8s int\u00e9ressants. Il n\u2019est pas neuf de montrer que les comportements individuels affectent positivement ou n\u00e9gativement l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9. Cependant, il est moins courant de tirer des conclusions \u00e0 partir de comportements agr\u00e9g\u00e9s. Comme le sugg\u00e8re le titre de ce chapitre, le comportement de votre entourage peut \u00e9ventuellement affecter votre sant\u00e9. Indirectement bien s\u00fbr\u00a0!\r\n\r\nCependant, il faut souligner le fait que cette \u00e9tude ne s\u2019appuie que sur la vague\u00a04 (2010-2011) de SHARE. Elle ne peut donc pas se prononcer sur ces effets, produits des comportements individuels ou de groupe, sur la sant\u00e9 de la population dans le long terme.\r\n\r\n<\/div>\r\n<\/div>\r\n&nbsp;\r\n<div class=\"textbox textbox--exercises\"><header class=\"textbox__header\">\r\n<p class=\"textbox__title\"><strong>L\u2019apport de SHARE pour ce sujet<\/strong><\/p>\r\n\r\n<\/header>\r\n<div class=\"textbox__content\">\r\n<ul>\r\n \t<li>\r\n<p align=\"left\">Caract\u00e8re <b>international<\/b>\u00a0: seize pays ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s par le groupe de chercheurs, en prenant comme point focal les ann\u00e9es 2010-2011 (vague\u00a04).<\/p>\r\n<\/li>\r\n \t<li>\r\n<p align=\"left\">L\u2019\u00e9tude est singuli\u00e8re, non pour avoir tent\u00e9 de distinguer les effets de certaines caract\u00e9ristiques individuelles, y compris des comportements, sur la sant\u00e9, mais pour avoir observ\u00e9 un grand nombre de populations diff\u00e9rentes et de d\u00e9terminer si oui ou non un <b>effet culturel sur la sant\u00e9<\/b> est possible en ce qui concerne la consommation d\u2019<b>alcool<\/b>, de <b>tabac<\/b>, et de l\u2019<b>ob\u00e9sit\u00e9<\/b>. Les auteurs montrent que c\u2019est bien en partie le cas.<\/p>\r\n<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<\/div>\r\n<\/div>\r\n&nbsp;\r\n<div id=\"sdfootnote1\">\r\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a> T.\u00a0Garc\u00eda-Mu\u00f1oz, Sh.\u00a0Neuman et Tz.\u00a0Neuman, \u00ab\u00a0Behavioral Health Risks Factors: The Interaction of Personal and Country Effects\u00a0\u00bb, <i>International Journal of Behavioral Medicine<\/i>, 2018, 25, pp.\u00a0183-197.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n<div id=\"sdfootnote2\">\r\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a> Source\u00a0:\u00a0<span style=\"color: #4f81bd;\"><a href=\"https:\/\/www.who.int\/fr\/news-room\/fact-sheets\/detail\/obesity-and-overweight\"><u>https:\/\/www.who.int\/fr\/news-room\/fact-sheets\/detail\/obesity-and-over weight<\/u><\/a><\/span>, consult\u00e9 en octobre\u00a02020.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n<div id=\"sdfootnote3\">\r\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a> R.\u00a0A.\u00a0Hammond, \u00ab\u00a0Social influence and obesity\u00a0\u00bb, <i>Current Opinion in Endocrinology, Diabetes and Obesity<\/i>, 2010, vol.\u00a017, n\u00b0\u00a05, pp.\u00a0467-471.<\/p>\r\n\r\n<\/div>","rendered":"<p class=\"first-paragraph\">Dans la vie de tous les jours, adopter un comportement \u00e0 risque pour la sant\u00e9 tel que fumer, boire trop d\u2019alcool ou avoir un mauvais r\u00e9gime alimentaire, a de fait un impact de long terme sur la vie d\u2019un individu. Ces relations ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9es dans la litt\u00e9rature scientifique et sont en g\u00e9n\u00e9ral bien connues du public.<\/p>\n<p>La question pos\u00e9e dans ce chapitre est celle-ci\u00a0: les habitudes des citoyens d\u2019un pays peuvent-elles d\u00e9teindre sur vous et, que vous adoptiez vous-m\u00eame un comportement \u00e0 risque ou non, l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 des autres personnes peut-il influencer le v\u00f4tre\u00a0? Cette question, parmi d\u2019autres, est celle que Tereswa Garc\u00eda-Mu\u00f1oz et ses coauteurs ont d\u00e9cid\u00e9 de se poser en s\u2019appuyant sur les donn\u00e9es de SHARE dans leur \u00e9tude parue en 2018<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\" id=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>La consommation de tabac, d\u2019alcool, et l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 sont en effet des facteurs qui contribuent de fa\u00e7on importante aux probl\u00e8mes de sant\u00e9 chroniques autrement appel\u00e9s maladies \u00ab\u00a0non transmissibles\u00a0\u00bb\u00a0: cancers, maladies cardiovasculaires, diab\u00e8te ou encore cholest\u00e9rol, pour ne citer que les plus connus. La pr\u00e9valence de ces affections non transmissibles a \u00e9galement un co\u00fbt important pour le syst\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9 sociale. Divers chapitres de cet ouvrage parlent de mani\u00e8re d\u00e9taill\u00e9e des causes, des cons\u00e9quences et des possibles rem\u00e8des \u00e0 ces affections ou maladies chroniques.<\/p>\n<p>Dans le cadre de l\u2019\u00e9tude mentionn\u00e9e ici, l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9e comme un comportement \u00e0 risque pour la sant\u00e9, au m\u00eame titre que le tabagisme ou la consommation excessive d\u2019alcool\u00a0; or dans la r\u00e9alit\u00e9 ce n\u2019est pas tout \u00e0 fait exact. L\u2019ob\u00e9sit\u00e9 est davantage le r\u00e9sultat d\u2019une accumulation de facteurs, une cons\u00e9quence d\u2019un mode de vie ou de facteurs biologiques, et donc plut\u00f4t un \u00e9tat. \u00c0 ce stade, les donn\u00e9es de SHARE ne permettent pas d\u2019analyser les cons\u00e9quences sur la sant\u00e9 d\u2019un mauvais comportement alimentaire. Il n\u2019y a donc pas dans cette \u00e9tude de distinction entre une ob\u00e9sit\u00e9 r\u00e9sultant de mauvaises habitudes alimentaires et une ob\u00e9sit\u00e9 qui n\u2019en r\u00e9sulterait pas. Dans les deux cas cela dit, l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 reste un facteur de risque aggravant pour la sant\u00e9.<\/p>\n<p>Ces trois \u00e9l\u00e9ments\u00a0\u2013\u00a0consommation de tabac, alcool, et ob\u00e9sit\u00e9\u00a0\u2013\u00a0sont pr\u00e9gnants dans toutes les soci\u00e9t\u00e9s occidentales, et de plus en plus \u00e9galement dans les pays dits en voie de d\u00e9veloppement. Selon l\u2019OMS, le nombre de personnes en situation d\u2019ob\u00e9sit\u00e9 aurait tripl\u00e9 depuis 1975. En 2016 dans le monde, 13\u00a0% des adultes de 18\u00a0ans et plus \u00e9taient ob\u00e8ses, et 39\u00a0% en surpoids<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\" id=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a>. Il existe bien entendu des diff\u00e9rences, faibles parfois mais d\u2019autres fois assez importantes. Les Hongrois, les Belges et les Su\u00e9dois ne semblent, par exemple, pas avoir les m\u00eames habitudes en la mati\u00e8re. Le <b>TABLEAU\u00a09<\/b> donne les statistiques de consommation de tabac, d\u2019alcool et le taux d\u2019ob\u00e9sit\u00e9 au niveau du pays.<\/p>\n<p>Nous pouvons voir que la Hongrie accumule les facteurs de risque parmi les plus \u00e9lev\u00e9s\u00a0: selon les chiffres de ce tableau, plus d\u2019un quart de la population hongroise fume de fa\u00e7on quotidienne et plus d\u2019un quart de la population est ob\u00e8se. Leur consommation d\u2019alcool est, dans la moyenne, au m\u00eame niveau que celui des Belges. D\u2019ailleurs, la Belgique se place au niveau de la moyenne des pays repris, et la Su\u00e8de est le pays ayant les statistiques traduisant le comportement moyen le plus sain.<\/p>\n<h5>Tableau 9 : tabagisme, alcool et ob\u00e9sit\u00e9<\/h5>\n<figure id=\"attachment_442\" aria-describedby=\"caption-attachment-442\" style=\"width: 973px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-442 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau9.png\" alt=\"\" width=\"973\" height=\"958\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau9.png 973w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau9-300x295.png 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau9-768x756.png 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau9-65x64.png 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau9-225x222.png 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau9-350x345.png 350w\" sizes=\"(max-width: 973px) 100vw, 973px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-442\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Pays class\u00e9s en fonction du pourcentage de fumeurs, du plus petit au plus grand. Statistiques de l\u2019OCDE pour les personnes de 15 ans et plus.<\/strong> Source : Adaptation du Tableau 3, T. GARC\u00cdA-MU\u00d1OZ et al. (2018), OCDE, Panorama des statistiques de l\u2019OCDE 2014, \u00c9conomie, environnement et soci\u00e9t\u00e9.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Ces diff\u00e9rences ne sont pas n\u00e9cessairement al\u00e9atoires. Les habitudes en termes de sant\u00e9 ne sont pas inn\u00e9es et sont fa\u00e7onn\u00e9es en partie par l\u2019\u00e9ducation \u00e0 la maison, \u00e0 l\u2019\u00e9cole, et ailleurs. Les auteurs de l\u2019\u00e9tude tentent de d\u00e9terminer si ces comportements varient de mani\u00e8re syst\u00e9matique entre les pays et pourraient donc \u00eatre associ\u00e9s \u00e0 des facteurs culturels.<\/p>\n<p>En effet, les habitudes peuvent s\u2019acqu\u00e9rir d\u00e8s l\u2019enfance par l\u2019\u00e9cole ou le cercle familial\u00a0; elles d\u00e9pendent \u00e9galement de l\u2019efficacit\u00e9 des politiques mises en place par les institutions, selon les priorit\u00e9s qu\u2019elles se donnent en termes de pr\u00e9vention et d\u2019information, ou encore de l\u2019environnement sp\u00e9cifique \u00e0 un pays ou une r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Cela dit, l\u2019\u00e9volution de la mani\u00e8re dont sont per\u00e7us certains comportements \u00e0 risque est souvent culturelle et trouve son origine dans l\u2019histoire du pays. Pour illustrer ceci, les auteurs donnent l\u2019exemple de deux groupes de pays qui per\u00e7oivent diff\u00e9remment la consommation d\u2019alcool\u00a0: dans les pays scandinaves on la per\u00e7oit g\u00e9n\u00e9ralement de mani\u00e8re n\u00e9gative, li\u00e9e \u00e0 la violence\u00a0; \u00e0 l\u2019oppos\u00e9, dans les pays m\u00e9diterran\u00e9ens, on la voit plut\u00f4t jouer un r\u00f4le social, \u00e0 connotation positive.<\/p>\n<p>Deux associations sont donc analys\u00e9es ici\u00a0: la premi\u00e8re est l\u2019association entre certaines caract\u00e9ristiques ou habitudes individuelles et notre \u00e9tat de sant\u00e9. Autrement dit la fa\u00e7on dont notre propre comportement influence notre \u00e9tat de sant\u00e9. La deuxi\u00e8me est l\u2019association entre le comportement des autres personnes et notre propre \u00e9tat de sant\u00e9.<\/p>\n<p>De la m\u00eame mani\u00e8re que les auteurs utilisent SHARE pour conna\u00eetre les habitudes et les caract\u00e9ristiques individuelles, ils puisent \u00e9galement dans SHARE l\u2019estimation de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 individuel. Comme pr\u00e9cis\u00e9 dans d\u2019autres chapitres de cet ouvrage, pour ces auteurs, l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 tel que per\u00e7u par l\u2019individu lui-m\u00eame est \u00e9galement consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e9tant un indicateur assez pr\u00e9cis de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 r\u00e9el.<\/p>\n<h5>Graphique 19 : effets significatifs de\u00a0caract\u00e9ristiques ou habitudes individuelles, sur l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9 (moyenne share, effets relatifs au groupe de r\u00e9f\u00e9rence)<\/h5>\n<figure id=\"attachment_443\" aria-describedby=\"caption-attachment-443\" style=\"width: 1981px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-443 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique19.png\" alt=\"\" width=\"1981\" height=\"1949\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique19.png 1981w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique19-300x295.png 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique19-1024x1007.png 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique19-768x756.png 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique19-1536x1511.png 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique19-65x64.png 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique19-225x221.png 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique19-350x344.png 350w\" sizes=\"(max-width: 1981px) 100vw, 1981px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-443\" class=\"wp-caption-text\">Source : Adaptation du Tableau 2, T. GARC\u00cdA-MU\u00d1OZ et al. (2018) SHARE (2010-2011), 50 ans et +.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le <b>GRAPHIQUE\u00a019<\/b> illustre les r\u00e9sultats statistiques pr\u00e9sent\u00e9s par les auteurs pour la premi\u00e8re des deux associations pr\u00e9sent\u00e9es ci-dessus, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019association entre diff\u00e9rentes caract\u00e9ristiques ou diff\u00e9rents comportements individuels et l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9. Les associations n\u00e9gatives sont en rouge et les positives en bleu.<\/p>\n<p>Seules les associations statistiquement significatives sont pr\u00e9sent\u00e9es et elles indiquent l\u2019importance des d\u00e9viations par rapport au groupe de r\u00e9f\u00e9rence. Par exemple, le fait d\u2019\u00eatre \u00e2g\u00e9 de 81\u00a0ans ou plus est associ\u00e9 n\u00e9gativement avec l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 (auto\u00e9valu\u00e9), et indique que ce groupe a 23\u00a0% de risque de d\u00e9clarer un moins bon \u00e9tat de sant\u00e9, par rapport au groupe de r\u00e9f\u00e9rence, dans ce cas constitu\u00e9 des individus \u00e2g\u00e9s entre 50 et 60\u00a0ans. L\u2019int\u00e9r\u00eat de ce graphique est de donner le signe de la relation, et son intensit\u00e9 par rapport au groupe de r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<p>Nous pouvons voir que certains facteurs influencent l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 plus que d\u2019autres. Ainsi, un indice de masse corporelle (IMC) \u00e9lev\u00e9 et l\u2019\u00e2ge avanc\u00e9 sont les caract\u00e9ristiques qui impactent le plus la sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9e. Le fait de fumer ou d\u2019avoir fum\u00e9 par le pass\u00e9 est \u00e9galement associ\u00e9 n\u00e9gativement \u00e0 l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9, bien que d\u2019une fa\u00e7on moins importante. De mani\u00e8re int\u00e9ressante, le fait de boire de l\u2019alcool, m\u00eame au-del\u00e0 des recommandations maximales de l\u2019OMS, est associ\u00e9 \u00e0 un meilleur \u00e9tat de sant\u00e9 (auto\u00e9valu\u00e9).<\/p>\n<p>Les auteurs ne sont pas surpris par cette association positive entre meilleure sant\u00e9 et consommation mod\u00e9r\u00e9e d\u2019alcool, car elle a d\u00e9j\u00e0 souvent \u00e9t\u00e9 not\u00e9e dans la litt\u00e9rature scientifique. Plus inqui\u00e9tant, ils notent \u00e9galement un effet positif de la consommation excessive d\u2019alcool sur la sant\u00e9. Ils concluent qu\u2019il doit exister un effet culturel positif suffisamment important pour compenser les effets n\u00e9gatifs de cette consommation excessive en termes de sant\u00e9.<\/p>\n<p>De mani\u00e8re plus d\u00e9taill\u00e9e, le <b>GRAPHIQUE\u00a020<\/b> illustre les r\u00e9sultats statistiques obtenus par les auteurs montrant l\u2019association entre le tabagisme actif et l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9, pays par pays. Alors que dans le cas du Portugal cette association appara\u00eet positive, c\u2019est en Belgique que l\u2019association avec la sant\u00e9 est la plus n\u00e9gative. \u00c0 noter qu\u2019il ne s\u2019agit pas ici de tirer des conclusions sur la relation de long terme entre comportements individuels et \u00e9tat de sant\u00e9, mais plut\u00f4t d\u2019observer cette association \u00e0 un moment donn\u00e9 (ici en 2010-2011), de surcro\u00eet li\u00e9e \u00e0 la subjectivit\u00e9 de l\u2019auto\u00e9valuation.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 du tabagisme actif, fumer est toujours associ\u00e9 n\u00e9gativement \u00e0 la sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9e, que les personnes fument toujours ou aient arr\u00eat\u00e9. Cependant, l\u2019effet n\u00e9gatif estim\u00e9 par les auteurs est assez faible, contrairement \u00e0 ce que l\u2019on pourrait penser des effets du tabac sur la sant\u00e9. Pour les auteurs, ce r\u00e9sultat va dans le sens de la litt\u00e9rature scientifique existante, qui l\u2019explique comme une forme d\u2019acceptation des risques du tabagisme sur la sant\u00e9 de la part des fumeurs eux-m\u00eames. De plus, cette association varie en intensit\u00e9 entre les pays, ce qui montre le r\u00f4le important que la culture peut avoir dans la perception des risques de la consommation de tabac.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019oppos\u00e9, la consommation d\u2019alcool est associ\u00e9e positivement \u00e0 la sant\u00e9 subjective, tant pour les buveurs mod\u00e9r\u00e9s que pour les gros buveurs. Pour les premiers, une fois de plus, la litt\u00e9rature scientifique conna\u00eet ce ph\u00e9nom\u00e8ne et les auteurs ne font que le confirmer avec les donn\u00e9es de SHARE. Il semblerait que la boisson mod\u00e9r\u00e9e soit en effet associ\u00e9e positivement \u00e0 la sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9e, car elle procurerait selon certaines \u00e9tudes des effets positifs tant en termes m\u00e9dicaux que sociaux.<\/p>\n<h5>Graphique 20 : sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9e et tabagisme actif (coefficients de r\u00e9gression)<\/h5>\n<figure id=\"attachment_444\" aria-describedby=\"caption-attachment-444\" style=\"width: 1654px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-444 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique20.png\" alt=\"\" width=\"1654\" height=\"1124\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique20.png 1654w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique20-300x204.png 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique20-1024x696.png 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique20-768x522.png 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique20-1536x1044.png 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique20-65x44.png 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique20-225x153.png 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique20-350x238.png 350w\" sizes=\"(max-width: 1654px) 100vw, 1654px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-444\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Ces coefficients sont interpr\u00e9t\u00e9s par les auteurs comme correspondant \u00e0 l\u2019effet d\u2019une variable explicative sur la variable d\u00e9pendante dans le mod\u00e8le estim\u00e9. Dans le cas pr\u00e9sent, il s\u2019agit de l\u2019effet du tabagisme actif sur l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9. Nous ne sommes pas int\u00e9ress\u00e9s ici par la valeur de ces coefficients, mais plut\u00f4t par leur signe et leur intensit\u00e9.<\/strong> Source : Adaptation du Graphique 1, T. GARC\u00cdA-MU\u00d1OZ et al. (2018). SHARE (2010-2011).<\/figcaption><\/figure>\n<p>De la m\u00eame mani\u00e8re que la consommation de tabac, l\u2019effet qu\u2019a la consommation d\u2019alcool sur la sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9e varie significativement entre les pays \u00e9tudi\u00e9s, ce qui va dans le sens d\u2019une diff\u00e9renciation li\u00e9e \u00e0 la culture. De plus, l\u2019association entre cette fois le niveau de consommation moyen du pays avec la sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9e est n\u00e9gative. Ce qui veut dire que plus cette moyenne de consommation est \u00e9lev\u00e9e, plus la perception de son \u00e9tat de sant\u00e9 sera r\u00e9duite, pour les buveurs mais \u00e9galement pour les abstinents. L\u2019effet, bien que significatif, reste toutefois assez faible. Les auteurs tirent le constat que dans ces pays o\u00f9 la consommation moyenne par habitant est faible, ceux-ci sont davantage conscientis\u00e9s des cons\u00e9quences potentiellement n\u00e9gatives d\u2019un exc\u00e8s d\u2019alcool sur la sant\u00e9, mais \u00e9galement sur plusieurs autres pans de la vie, dont les cons\u00e9quences sont davantage visibles.<\/p>\n<p>Enfin, contrairement aux deux \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9c\u00e9dents, l\u2019association n\u00e9gative de l\u2019exc\u00e8s de poids sur la sant\u00e9 subjective ne semble pas varier selon les pays, ce qui tendrait \u00e0 indiquer que l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 est plut\u00f4t un ph\u00e9nom\u00e8ne g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9. La seule diff\u00e9rence notable entre les pays est l\u2019association entre le pourcentage d\u2019individus ob\u00e8ses et la sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9e moyenne. En effet, la relation devient positive au plus ce pourcentage augmente\u00a0: dans les pays o\u00f9 il y a davantage d\u2019individus en surpoids, la sant\u00e9 est per\u00e7ue plus positivement. Les auteurs confirment que notre perception d\u00e9pend en partie de nos relations sociales\u00a0: les contacts avec des personnes en surpoids peuvent changer notre perception des risques associ\u00e9s \u00e0 l\u2019ob\u00e9sit\u00e9, en les minimisant. Ils citent un article<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\" id=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a> qui apporte des arguments en faveur de l\u2019existence d\u2019une \u00ab\u00a0dynamique sociale de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie d\u2019ob\u00e9sit\u00e9\u00a0\u00bb, qui se traduit en des changements soci\u00e9taux universels promouvant inactivit\u00e9, consommation alimentaire, et la normalisation des grandes tailles.<\/p>\n<p>Les auteurs concluent en recommandant des mesures visant \u00e0 freiner ces consommations mauvaises pour la sant\u00e9. Des campagnes d\u2019information et de pr\u00e9vention, d\u2019une part, mais \u00e9galement des mesures plus restrictives pour accompagner les choix des individus, tels que des taxes sur le tabac, l\u2019alcool, et les aliments trop riches ou trop industriels, d\u2019autre part. Nous avons vu au <b>CHAPITRE\u00a03<\/b> que des mesures d\u2019augmentation du prix du tabac, entre autres, avaient r\u00e9ussi \u00e0 diminuer le nombre de fumeurs et avaient ainsi am\u00e9lior\u00e9 la sant\u00e9 des personnes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"textbox textbox--key-takeaways\">\n<header class=\"textbox__header\">\n<p class=\"textbox__title\"><strong>Ce qu\u2019il faut retenir<\/strong><\/p>\n<\/header>\n<div class=\"textbox__content\">\n<p>Fumer, boire de l\u2019alcool, ou se trouver en situation d\u2019ob\u00e9sit\u00e9 n\u2019apportent pas d\u2019effets positifs pour la sant\u00e9. Ces effets n\u00e9gatifs sont bien connus. Cependant, au-del\u00e0 de l\u2019effet direct de ces substances ou de l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 sur les risques additionnels de d\u00e9velopper des maladies chroniques, des \u00e9l\u00e9ments culturels semblent apporter des effets compl\u00e9mentaires qui nuancent ces r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>Les auteurs montrent que plus la proportion de buveurs est \u00e9lev\u00e9e, plus la sant\u00e9 individuelle s\u2019en trouvera d\u00e9grad\u00e9e. Cette cons\u00e9quence n\u00e9gative sur la sant\u00e9 individuelle concernant un comportement agr\u00e9g\u00e9, que l\u2019individu lui-m\u00eame le pratique ou non, est similaire pour la consommation de tabac. Avec une pr\u00e9cision importante\u00a0: il ne s\u2019agit pas n\u00e9cessairement ici d\u2019effets visibles engendr\u00e9s par les consommateurs sur les non-consommateurs (violences dues \u00e0 l\u2019alcool, tabagisme passif, etc.), mais d\u2019un effet plut\u00f4t indirect de la consommation des autres sur sa propre perception de son \u00e9tat de sant\u00e9.<\/p>\n<p>Enfin, concernant l\u2019ob\u00e9sit\u00e9, un ph\u00e9nom\u00e8ne culturel n\u2019a pas pu \u00eatre identifi\u00e9. Les auteurs concluent qu\u2019il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019une tendance mondiale o\u00f9 ses effets sur la sant\u00e9 n\u2019auraient pas de fronti\u00e8res et seraient syst\u00e9matiquement n\u00e9gatifs.<\/p>\n<p>Ces r\u00e9sultats sont tr\u00e8s int\u00e9ressants. Il n\u2019est pas neuf de montrer que les comportements individuels affectent positivement ou n\u00e9gativement l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9. Cependant, il est moins courant de tirer des conclusions \u00e0 partir de comportements agr\u00e9g\u00e9s. Comme le sugg\u00e8re le titre de ce chapitre, le comportement de votre entourage peut \u00e9ventuellement affecter votre sant\u00e9. Indirectement bien s\u00fbr\u00a0!<\/p>\n<p>Cependant, il faut souligner le fait que cette \u00e9tude ne s\u2019appuie que sur la vague\u00a04 (2010-2011) de SHARE. Elle ne peut donc pas se prononcer sur ces effets, produits des comportements individuels ou de groupe, sur la sant\u00e9 de la population dans le long terme.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"textbox textbox--exercises\">\n<header class=\"textbox__header\">\n<p class=\"textbox__title\"><strong>L\u2019apport de SHARE pour ce sujet<\/strong><\/p>\n<\/header>\n<div class=\"textbox__content\">\n<ul>\n<li>\n<p style=\"text-align: left;\">Caract\u00e8re <b>international<\/b>\u00a0: seize pays ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s par le groupe de chercheurs, en prenant comme point focal les ann\u00e9es 2010-2011 (vague\u00a04).<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p style=\"text-align: left;\">L\u2019\u00e9tude est singuli\u00e8re, non pour avoir tent\u00e9 de distinguer les effets de certaines caract\u00e9ristiques individuelles, y compris des comportements, sur la sant\u00e9, mais pour avoir observ\u00e9 un grand nombre de populations diff\u00e9rentes et de d\u00e9terminer si oui ou non un <b>effet culturel sur la sant\u00e9<\/b> est possible en ce qui concerne la consommation d\u2019<b>alcool<\/b>, de <b>tabac<\/b>, et de l\u2019<b>ob\u00e9sit\u00e9<\/b>. Les auteurs montrent que c\u2019est bien en partie le cas.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\" id=\"sdfootnote1sym\">1<\/a> T.\u00a0Garc\u00eda-Mu\u00f1oz, Sh.\u00a0Neuman et Tz.\u00a0Neuman, \u00ab\u00a0Behavioral Health Risks Factors: The Interaction of Personal and Country Effects\u00a0\u00bb, <i>International Journal of Behavioral Medicine<\/i>, 2018, 25, pp.\u00a0183-197.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\" id=\"sdfootnote2sym\">2<\/a> Source\u00a0:\u00a0<span style=\"color: #4f81bd;\"><a href=\"https:\/\/www.who.int\/fr\/news-room\/fact-sheets\/detail\/obesity-and-overweight\"><u>https:\/\/www.who.int\/fr\/news-room\/fact-sheets\/detail\/obesity-and-over weight<\/u><\/a><\/span>, consult\u00e9 en octobre\u00a02020.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\" id=\"sdfootnote3sym\">3<\/a> R.\u00a0A.\u00a0Hammond, \u00ab\u00a0Social influence and obesity\u00a0\u00bb, <i>Current Opinion in Endocrinology, Diabetes and Obesity<\/i>, 2010, vol.\u00a017, n\u00b0\u00a05, pp.\u00a0467-471.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":1,"menu_order":1,"template":"","meta":{"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":[],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[],"license":[],"class_list":["post-249","chapter","type-chapter","status-publish","hentry"],"part":225,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/249"}],"collection":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":16,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/249\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":805,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/249\/revisions\/805"}],"part":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/225"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/249\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=249"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=249"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=249"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=249"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}