{"id":255,"date":"2021-04-13T12:26:22","date_gmt":"2021-04-13T12:26:22","guid":{"rendered":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bienfaits\/?post_type=chapter&#038;p=255"},"modified":"2021-11-04T10:05:25","modified_gmt":"2021-11-04T10:05:25","slug":"la-maison-de-repos-passage-oblige-dans-la-derniere-etape-de-vie","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/chapter\/la-maison-de-repos-passage-oblige-dans-la-derniere-etape-de-vie\/","title":{"raw":"La maison de repos : passage oblig\u00e9 dans la derni\u00e8re \u00e9tape de vie ?","rendered":"La maison de repos : passage oblig\u00e9 dans la derni\u00e8re \u00e9tape de vie ?"},"content":{"raw":"<p class=\"first-paragraph\">\u00c0 son origine, l\u2019enqu\u00eate SHARE r\u00e9pond \u00e0 l\u2019appel lanc\u00e9 par la Commission europ\u00e9enne visant \u00e0 am\u00e9liorer les connaissances sur le processus de l\u2019allongement de la vie et du vieillissement de la population<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>. Depuis la quatri\u00e8me vague de l\u2019enqu\u00eate, SHARE couvre par la m\u00eame occasion une facette encore plus m\u00e9connue de ce processus\u00a0: l\u2019entr\u00e9e des personnes (tr\u00e8s) \u00e2g\u00e9es en maison de repos (et de soins).<\/p>\r\nQu\u2019est-ce qui pousse les personnes \u00e2g\u00e9es \u00e0 entrer en <i><b>maison de repos<\/b><\/i>\u00a0? Quelle est l\u2019exp\u00e9rience des Belges et des Europ\u00e9ens en la mati\u00e8re, et est-elle diff\u00e9rente\u00a0? C\u2019est \u00e0 ces questions qu\u2019ont tent\u00e9 de r\u00e9pondre Anne Laferr\u00e8re et ses coauteurs dans une \u00e9tude parue en 2013<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a>, r\u00e9sum\u00e9e ci-dessous.\r\n\r\n&nbsp;\r\n<div class=\"textbox textbox--key-takeaways\"><header class=\"textbox__header\">\r\n<p class=\"textbox__title\"><b>Maison de repos<\/b><\/p>\r\n\r\n<\/header>\r\n<div class=\"textbox__content\">\r\n\r\n<i>Une maison de repos est d\u00e9finie de la mani\u00e8re suivante dans l\u2019enqu\u00eate SHARE\u00a0: \u00ab\u00a0une maison de repos fournit au minimum tous les services suivants \u00e0 ses r\u00e9sidents\u00a0: distribution de m\u00e9dicaments, assistance et surveillance personnelle 24h\/24 (pas n\u00e9cessairement par une infirmi\u00e8re) et mise \u00e0 disposition d\u2019une chambre et de repas\u00a0\u00bb.<\/i>\r\n\r\n<\/div>\r\n<\/div>\r\n&nbsp;\r\n\r\nPeu de personnes \u00e2g\u00e9es d\u00e9cident d\u2019entrer en maison de repos de mani\u00e8re planifi\u00e9e. En g\u00e9n\u00e9ral, elles pr\u00e9f\u00e9reraient rester le plus longtemps chez elles, tant qu\u2019elles conservent un minimum d\u2019autonomie. C\u2019est l\u2019\u00e2ge, l\u2019apparition d\u2019un handicap et l\u2019indisponibilit\u00e9 de soins informels qui seraient les principaux d\u00e9terminants de l\u2019entr\u00e9e en maison de repos.\r\n\r\nNous entrons pourtant dans une p\u00e9riode o\u00f9 la demande de places dans les maisons de repos augmente et continuera tr\u00e8s probablement d\u2019augmenter dans les prochaines d\u00e9cennies par l\u2019arriv\u00e9e progressive des nombreux \u00ab\u00a0papy-boomers\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a>, cons\u00e9quence de l\u2019allongement de la vie. Au m\u00eame moment, le potentiel d\u2019<i><b>aide informelle<\/b><\/i> devrait diminuer, cons\u00e9quence de la baisse du nombre de naissances, mais aussi d\u2019une plus grande participation des femmes sur le march\u00e9 du travail, notamment.\r\n\r\nPour traiter du sujet des maisons de repos, il faut tout d\u2019abord conna\u00eetre le contexte institutionnel, principal d\u00e9terminant de l\u2019offre des services de soins de longue dur\u00e9e dans chaque pays. Ces pays offrent-ils les m\u00eames possibilit\u00e9s de soins formels (par exemple en nombre de places disponibles en maisons de repos), permettant de pallier la perte d\u2019autonomie des personnes \u00e2g\u00e9es d\u00e9pendantes\u00a0?\r\n\r\n&nbsp;\r\n<div class=\"textbox textbox--key-takeaways\"><header class=\"textbox__header\">\r\n<p class=\"textbox__title\"><b>L\u2019aide informelle<\/b><\/p>\r\n\r\n<\/header>\r\n<div class=\"textbox__content\">\r\n\r\n<i>L\u2019aide informelle est une aide qui n\u2019est pas r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e ou formalis\u00e9e par un contrat de travail. C\u2019est une aide apport\u00e9e la plupart du temps par l\u2019entourage familial. Elle vient souvent compl\u00e9ter les services fournis par une aide professionnelle (soins personnels, aide-m\u00e9nag\u00e8re, etc.), voire dans d\u2019autres cas s\u2019y substitue<\/i><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a><i>. La recherche dans ce domaine montre que les femmes (\u00e9pouse\/partenaire, enfant) endossent plus souvent ce r\u00f4le que les hommes.<\/i>\r\n\r\n<\/div>\r\n<\/div>\r\n&nbsp;\r\n\r\nIl existe une grande variabilit\u00e9 dans la disponibilit\u00e9 de places en maisons de repos et dans leur usage effectif parmi les pays europ\u00e9ens. D\u2019apr\u00e8s les chiffres de l\u2019OCDE (2012) concernant les 65\u00a0ans et plus, repris dans le <b>TABLEAU\u00a011<\/b>, c\u2019est en Italie et en Pologne que l\u2019on retrouve le moins de personnes institutionnalis\u00e9es (2\u00a0% des 65+), et en Su\u00e8de qu\u2019il y en a le plus (8\u00a0% des 65+). La Belgique, comme la Suisse et les Pays-Bas, talonne la Su\u00e8de avec 7\u00a0% de sa population des 65\u00a0ans et plus institutionnalis\u00e9s en maison de repos (et de soins).\r\n\r\nL\u2019enqu\u00eate SHARE contient des informations destin\u00e9es aux chercheurs s\u2019int\u00e9ressant \u00e0 la th\u00e9matique des maisons de repos et du grand \u00e2ge. D\u2019une part, l\u2019enqu\u00eate ne s\u2019arr\u00eate pas aux portes des institutions, les personnes en maison de repos sont interrog\u00e9es avec un questionnaire adapt\u00e9. D\u2019autre part, lorsqu\u2019un individu ayant particip\u00e9 \u00e0 l\u2019enqu\u00eate d\u00e9c\u00e8de, l\u2019intervieweur r\u00e9alise un dernier entretien avec un proche du d\u00e9funt pour poser une s\u00e9rie de questions sur la fin de vie de la personne concern\u00e9e.\r\n<h5>Tableau 11 : pourcentage de la population des 65 ans et plus en maison de repos (et de soins)<\/h5>\r\n[caption id=\"attachment_460\" align=\"aligncenter\" width=\"1401\"]<img class=\"wp-image-460 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau11.png\" alt=\"\" width=\"1401\" height=\"554\" \/> Source : OCDE (2012).[\/caption]\r\n\r\nLes auteurs s\u2019int\u00e9ressent aux diff\u00e9rences qu\u2019il peut y avoir entre les pays europ\u00e9ens dans la fa\u00e7on dont les maisons de repos sont vues par la population. Celles-ci sont-elles per\u00e7ues comme des lieux de vie de long terme, plut\u00f4t comme des lieux de fin de vie, ou quelque chose entre les deux\u00a0?\r\n\r\nPour apporter une premi\u00e8re r\u00e9ponse \u00e0 ce questionnement, les auteurs se sont int\u00e9ress\u00e9s aux \u00e9ventuels d\u00e9m\u00e9nagements en maison de repos parmi les participants \u00e0 l\u2019enqu\u00eate entre 2006 et 2011 (vagues\u00a02 et 4). Ils observent ensuite la proportion de personnes toujours en vie ou d\u00e9c\u00e9d\u00e9es au cours de la m\u00eame p\u00e9riode. Les auteurs font prudemment la suggestion que si l\u2019une des proportions est significativement sup\u00e9rieure \u00e0 l\u2019autre au sein d\u2019un pays, nous pourrions alors avoir une indication de l\u2019utilit\u00e9 attendue des maisons de repos par ses habitants. Une forte proportion de personnes d\u00e9c\u00e9d\u00e9es contre une faible proportion de personnes toujours en vie, durant la m\u00eame p\u00e9riode, tendrait \u00e0 indiquer que les habitants per\u00e7oivent les maisons de repos comme un lieu de fin de vie principalement, et inversement<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\"><sup>5<\/sup><\/a>. Ces proportions sont donn\u00e9es sur le <b>GRAPHIQUE\u00a031<\/b>.\r\n<h5>Graphique 31 : proportion des 65+ ayant d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 en maison de repos entre 2006 et 2011<\/h5>\r\n[caption id=\"attachment_461\" align=\"aligncenter\" width=\"2076\"]<img class=\"wp-image-461 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique31.png\" alt=\"\" width=\"2076\" height=\"1048\" \/> <strong>Les pays sont class\u00e9s en fonction de l\u2019\u00e9cart existant entre les proportions de personnes toujours en vie et celles d\u00e9c\u00e9d\u00e9es. Les d\u00e9m\u00e9nagements en maison de repos sont suivis entre 2006 et 2011 ; la personne, observ\u00e9e en 2011, peut \u00eatre d\u00e9c\u00e9d\u00e9e ou toujours en vie.<\/strong> Source : Adaptation du Graphique 22.1, p. 254, A. LAFERR\u00c8RE et al. (2013). SHARE (2006-2011).[\/caption]\r\n\r\nAu vu de ces observations, les auteurs concluent que l\u2019usage qui est fait de la maison de repos est diff\u00e9rent selon le pays. Il semblerait qu\u2019en Italie, en Pologne, en Allemagne, et moins fortement en Su\u00e8de, au Danemark et en France, la maison de repos fait davantage office de r\u00e9sidence destin\u00e9e \u00e0 la fin de vie des individus.\r\n\r\nEn effet, parmi les personnes venant d\u2019entrer en institution dans ces pays-l\u00e0, il y a relativement davantage de personnes d\u00e9c\u00e9d\u00e9es que de personnes toujours en vie. Ce serait moins le cas dans les autres pays, y compris en Belgique o\u00f9 l\u2019usage qui est fait de la maison de repos semble \u00eatre mixte.\r\n\r\nConcernant les \u00e9l\u00e9ments d\u00e9clencheurs du passage en maison de repos, les auteurs montrent dans leur \u00e9tude que, dans la plupart des cas, ce n\u2019est pas un \u00e9l\u00e9ment en particulier qui en est la cause, ils sont au contraire multiples.\r\n\r\nAinsi, une mauvaise perception de son propre \u00e9tat de sant\u00e9, un \u00e9tat de d\u00e9pression, des maladies s\u00e9v\u00e8res ou encore des limitations motrices ne sont pas des \u00e9l\u00e9ments suffisants, pris s\u00e9par\u00e9ment.\r\n\r\nCe sont, en revanche, les <i><b>limitations dans les activit\u00e9s de la vie quotidienne<\/b><\/i> et leur accumulation qui d\u00e9clencheraient l\u2019entr\u00e9e en maison de repos. Ce ne sont donc pas les mauvaises conditions de vie mais plut\u00f4t leurs cons\u00e9quences dans la vie de tous les jours qui sont les facteurs principaux d\u2019impossibilit\u00e9 de vivre de fa\u00e7on autonome.\r\n\r\nDe plus, le fait d\u2019avoir \u00e0 disposition de l\u2019aide des membres de la famille ou une aide professionnelle \u00e0 domicile permet de retarder l\u2019entr\u00e9e en maison de repos, voire de l\u2019\u00e9viter totalement, selon certains cas.\r\n\r\n&nbsp;\r\n<div class=\"textbox textbox--key-takeaways\"><header class=\"textbox__header\">\r\n<p class=\"textbox__title\"><b>Limitations dans les activit\u00e9s de la vie quotidienne<\/b><\/p>\r\n\r\n<\/header>\r\n<div class=\"textbox__content\">\r\n\r\n<i>Ces limitations font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des difficult\u00e9s rencontr\u00e9es par la personne \u00e0 r\u00e9aliser certaines t\u00e2ches essentielles pour mener une vie autonome. Nous retrouvons par exemple\u00a0: s\u2019habiller, se laver, aller aux toilettes, sortir du lit, faire les courses, ou encore se faire \u00e0 manger. Les personnes qui \u00e9prouvent des difficult\u00e9s \u00e0 r\u00e9aliser ces t\u00e2ches sont qualifi\u00e9es de \u00ab\u00a0d\u00e9pendantes\u00a0\u00bb, ou \u00e0 risque de perte d\u2019autonomie, selon l\u2019intensit\u00e9.<\/i>\r\n\r\n<\/div>\r\n<\/div>\r\n&nbsp;\r\n\r\nEnfin, les caract\u00e9ristiques des individus n\u00e9cessitant des soins ne sont pas les m\u00eames si l\u2019on compare les pays ayant une offre relativement bonne de lits disponibles en maisons de repos, avec ceux qui en offrent peu (selon les chiffres du <b>TABLEAU\u00a011<\/b>). Les auteurs compilent une s\u00e9rie de donn\u00e9es de la vague\u00a04 de l\u2019enqu\u00eate (2011) que nous r\u00e9sumons sur le <b>GRAPHIQUE\u00a032<\/b>. Celui-ci concerne les personnes de 75\u00a0ans et plus \u00e9tant soit \u00e0 haut risque de devoir entrer en maison de repos car elles accumulent cinq limitations ou davantage dans les activit\u00e9s de la vie quotidienne, et les personnes qui y habitent d\u00e9j\u00e0.\r\n\r\nLes pays \u00e9tudi\u00e9s sont divis\u00e9s en deux cat\u00e9gories\u00a0: le premier groupe reprend les pays ayant une <i>offre faible<\/i> de places en soins r\u00e9sidentiels (maison de repos, de revalidation, etc.), tandis que le deuxi\u00e8me groupe reprend les pays ayant une <i>offre structur\u00e9e<\/i>, c\u2019est-\u00e0-dire d\u00e9velopp\u00e9e et largement \u00e9tendue. Nous pouvons observer que les personnes \u00e9tudi\u00e9es vivent en moyenne diff\u00e9remment selon qu\u2019elles se situent dans le premier ou deuxi\u00e8me groupe de pays. La population \u00e9tudi\u00e9e sur ce graphique est celle des 75\u00a0ans et plus en situation de d\u00e9pendance, soit \u00e0 domicile, soit d\u00e9j\u00e0 en maison de repos.\r\n<h5>Graphique 32 : caract\u00e9ristiques individuelles, selon le niveau d\u2019offre de places en maison de repos<\/h5>\r\n[caption id=\"attachment_462\" align=\"aligncenter\" width=\"2339\"]<img class=\"wp-image-462 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique32.png\" alt=\"\" width=\"2339\" height=\"1149\" \/> <strong>La population \u00e9tudi\u00e9e sur ce graphique est la cat\u00e9gorie des 75 ans et plus, en situation de d\u00e9pendance.<\/strong> Source : Adaptation du tableau 22.3, A. LAFERR\u00c8RE et al. (2013). SHARE (2006-2011).[\/caption]\r\n\r\nLes personnes vivant dans les pays ayant une offre plus structur\u00e9e vivent plus souvent seules ou uniquement avec le partenaire (par exemple, 2\u00a0% des personnes \u00e9tudi\u00e9es vivent avec au moins un enfant, contre 35\u00a0% pour l\u2019autre groupe de pays). Ces personnes ont \u00e9galement moins de contact avec des membres de la famille (23\u00a0% ont des contacts journaliers avec un ou plusieurs membres de la famille, contre 51\u00a0% pour l\u2019autre groupe de pays), et la m\u00eame tendance est observable pour les contacts avec un enfant hors m\u00e9nage.\r\n\r\nCes personnes ont donc moins de contact avec des membres de la famille que d\u2019autres qui vivent dans des pays avec une offre faible de soins en r\u00e9sidentiel. Mais elles semblent \u00e9galement plus heureuses. Deux statistiques sur ce graphique montrent que ces personnes sont davantage satisfaites de leur vie en g\u00e9n\u00e9ral (40\u00a0% contre 30\u00a0% pour l\u2019autre groupe de pays), avec un \u00e9cart plus large concernant la pr\u00e9sence d\u2019un sentiment de bonheur (45\u00a0% contre 22\u00a0%). Les personnes vivant d\u00e9j\u00e0 en maison de repos enregistrent des scores encore plus \u00e9lev\u00e9s.\r\n\r\nCes observations, combin\u00e9es aux pr\u00e9c\u00e9dentes, am\u00e8nent les auteurs \u00e0 \u00e9mettre deux hypoth\u00e8ses\u00a0: d\u2019une part, les soins informels dans les pays poss\u00e9dant une offre faible de soins en r\u00e9sidentiel ne sont peut-\u00eatre pas aussi efficaces que les soins professionnels fournis dans les autres pays et, d\u2019autre part, le fait de s\u2019occuper d\u2019un parent malade entrave peut-\u00eatre le bien-\u00eatre de ces personnes lorsqu\u2019elles-m\u00eames vieillissent. Cette \u00e9tude ne peut cependant ni confirmer ni infirmer ces hypoth\u00e8ses.\r\n\r\n&nbsp;\r\n<div class=\"textbox shaded\">\r\n\r\n<b>Ce th\u00e8me vous int\u00e9resse\u00a0? Nous vous proposons quelques statistiques compl\u00e9mentaires pour continuer la lecture.<\/b>\r\n\r\n<em>Ces statistiques sont tir\u00e9es de la vague\u00a06 de SHARE, dont les donn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 collect\u00e9es en 2014-2015.<\/em>\r\n\r\n<\/div>\r\n&nbsp;\r\n\r\nQuelques exploitations int\u00e9ressantes des donn\u00e9es de SHARE sur les personnes r\u00e9sidant en maison de repos sont possibles \u00e0 partir des derni\u00e8res donn\u00e9es disponibles. Cependant, nous nous limitons aux donn\u00e9es belges pour \u00e9viter toute conclusion sur un syst\u00e8me institutionnel \u00e9tranger dont les diff\u00e9rences avec la Belgique n\u00e9cessiteraient d\u2019\u00eatre davantage investigu\u00e9es.\r\n\r\nLes deux premi\u00e8res observations que nous faisons sont assez simples et relativement \u00e9videntes\u00a0: les r\u00e9sidents en maisons de repos sont en g\u00e9n\u00e9ral assez \u00e2g\u00e9s et en grande majorit\u00e9 des femmes. Les femmes, avec une esp\u00e9rance de vie plus grande que les hommes, repr\u00e9sentent en effet environ 72\u00a0% des r\u00e9sidents, aussi bien parmi les r\u00e9pondants francophones que n\u00e9erlandophones. Le <b>GRAPHIQUE\u00a033<\/b> reprend la distribution par \u00e2ge des r\u00e9sidents, hommes et femmes confondus dans les deux populations.\r\n<h5>Graphique 33 : distribution par \u00e2ge des r\u00e9sidents en maison de repos<\/h5>\r\n[caption id=\"attachment_463\" align=\"aligncenter\" width=\"2093\"]<img class=\"wp-image-463 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique33.png\" alt=\"\" width=\"2093\" height=\"990\" \/> Source : SHARE (2014-2015), Belgique.[\/caption]\r\n\r\nLa majorit\u00e9 des r\u00e9sidents en maisons de repos sont \u00e2g\u00e9s de plus de 80\u00a0ans. En effet, les moins de 80\u00a0ans repr\u00e9sentent 20\u00a0% et 16\u00a0% des r\u00e9sidents, respectivement pour chaque groupe linguistique. Par ailleurs, leur \u00e2ge moyen est identique tant pour les Belges francophones que n\u00e9erlandophones\u00a0: 86\u00a0ans.\r\n\r\nQu\u2019en est-il de la sant\u00e9 des personnes en maison de repos\u00a0? Si une partie des r\u00e9sidents se trouve en institution pour pallier un manque d\u2019autonomie, ce n\u2019est pas forc\u00e9ment le cas pour l\u2019ensemble d\u2019entre eux. Et par rapport au reste de la population\u00a0?\r\n\r\nLe <b>GRAPHIQUE\u00a034<\/b> d\u00e9crit les diff\u00e9rences entre les personnes vivant dans leur propre logement (maison, appartement, etc., seules ou accompagn\u00e9es) et les personnes vivant en maison de repos.\r\n<h5>Graphique 34 : part des belges \u00e0 avoir des difficult\u00e9s \u00e0 effectuer des t\u00e2ches de la vie quotidienne<\/h5>\r\n[caption id=\"attachment_464\" align=\"aligncenter\" width=\"2100\"]<img class=\"wp-image-464 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique34.png\" alt=\"\" width=\"2100\" height=\"918\" \/> Source : SHARE (2014-2015), Belgique francophone, 65 ans et +.[\/caption]\r\n\r\nCes diff\u00e9rences portent sur le nombre de difficult\u00e9s que les personnes rencontrent \u00e0 accomplir des t\u00e2ches de la vie quotidienne (voy. le dernier encadr\u00e9 \u00e0 ce propos). Elles sont importantes\u00a0: parmi les 65+, les personnes vivant en maison de repos sont plus de 80\u00a0% \u00e0 souffrir d\u2019au moins trois difficult\u00e9s, limitant donc leur ind\u00e9pendance. En comparaison, les personnes vivant dans leur propre logement sont un peu plus de 30\u00a0% \u00e0 \u00eatre confront\u00e9es \u00e0 la m\u00eame situation, lorsque l\u2019on compare les m\u00eames cat\u00e9gories d\u2019\u00e2ge de la population.\r\n\r\nUn autre constat int\u00e9ressant est le profil assez similaire, en termes cette fois de nombre de maladies chroniques, entre les hommes et les femmes.\r\n<h5>Graphique 35\u00a0: proportion de belges francophones affect\u00e9s par deux maladies chroniques au minimum<\/h5>\r\n[caption id=\"attachment_465\" align=\"aligncenter\" width=\"1956\"]<img class=\"wp-image-465 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique35.png\" alt=\"\" width=\"1956\" height=\"899\" \/> Source : SHARE (2014-2015), Belgique francophone, 65 ans et +.[\/caption]\r\n\r\nLe <b>GRAPHIQUE\u00a035<\/b> montre en effet deux choses\u00a0: d\u2019une part, plus de deux tiers des Belges francophones en maison de repos, hommes ou femmes, sont atteints par deux affections ou maladies chroniques au minimum. Ces affections ou maladies chroniques peuvent \u00eatre du diab\u00e8te, de l\u2019hypertension art\u00e9rielle, un cancer, etc.\r\n\r\nD\u2019autre part, outre ce trait commun des personnes en maison de repos, les hommes et les femmes vivant dans un logement priv\u00e9 ne sont pas exactement affect\u00e9s de la m\u00eame mani\u00e8re. En effet, pour les femmes, il n\u2019existe presque aucune diff\u00e9rence en termes de nombre de maladies chroniques, qu\u2019elles soient dans un logement priv\u00e9 ou dans une maison de repos, tandis que pour les hommes, il existe une diff\u00e9rence de l\u2019ordre de 12\u00a0%. Les femmes d\u00e9clarent donc relativement plus d\u2019affections ou maladies chroniques que les hommes, en moyenne.\r\n\r\n&nbsp;\r\n<div class=\"textbox textbox--key-takeaways\"><header class=\"textbox__header\">\r\n<p class=\"textbox__title\"><strong>Ce qu\u2019il faut retenir<\/strong><\/p>\r\n\r\n<\/header>\r\n<div class=\"textbox__content\">\r\n\r\nLes auteurs de l\u2019article mettent en lumi\u00e8re une r\u00e9alit\u00e9 fort diff\u00e9rente entre pays europ\u00e9ens concernant les maisons de repos, et plus largement sur le contexte environnemental et social des personnes \u00e2g\u00e9es d\u00e9pendantes ou \u00e0 risque de d\u00e9pendance.\r\n\r\nLes pays europ\u00e9ens y sont divis\u00e9s en deux groupes\u00a0: ceux poss\u00e9dant une bonne offre de lits en maisons de repos, et ceux dont l\u2019offre est faible. Ces diff\u00e9rences sont <i>a\u00a0fortiori<\/i> institutionnelles\u00a0: l\u00e0 o\u00f9 les services pour personnes \u00e2g\u00e9es sont peu d\u00e9velopp\u00e9s, le tissu familial et l\u2019entraide le sont en moyenne davantage, alors que l\u00e0 o\u00f9 l\u2019\u00c9tat fournit ou encourage une offre formalis\u00e9e de soins pour personnes \u00e2g\u00e9es, les individus vivent plus souvent seuls.\r\n\r\nParadoxalement, l\u2019\u00e9tude permet \u00e9galement d\u2019effleurer un th\u00e8me \u00e0 approfondir\u00a0: les personnes recevant des soins formels (professionnels) semblent en moyenne plus satisfaites de leur vie que celles qui d\u00e9pendent de soins informels (de l\u2019entourage familial principalement). Il y a lieu sans doute aussi de s\u2019int\u00e9resser au r\u00f4le que peut jouer la norme sociale \u00e0 la fois sur le d\u00e9veloppement du secteur institutionnel et sur le souhait des personnes \u00e2g\u00e9es, et de leurs enfants, du maintien au domicile ou non en cas de d\u00e9pendance.\r\n\r\n<\/div>\r\n<\/div>\r\n&nbsp;\r\n<div class=\"textbox textbox--exercises\"><header class=\"textbox__header\">\r\n<p class=\"textbox__title\"><strong>L\u2019apport de SHARE pour ce sujet<\/strong><\/p>\r\n\r\n<\/header>\r\n<div class=\"textbox__content\">\r\n<ul>\r\n \t<li>\r\n<p align=\"left\">Caract\u00e8re <b>longitudinal<\/b> de l\u2019\u00e9tude\u00a0: les auteurs utilisent les vagues 2, 3 et 4 de l\u2019enqu\u00eate (2006-2011), en se focalisant sur les 8.949\u00a0r\u00e9pondants n\u2019\u00e9tant pas (encore) r\u00e9sidents d\u2019une maison de repos et de soins en vague\u00a02 et leur \u00e9volution suivant les vagues.<\/p>\r\n<\/li>\r\n \t<li>\r\n<p align=\"left\">Caract\u00e8re <b>international<\/b> de l\u2019\u00e9tude\u00a0: douze pays sont \u00e9tudi\u00e9s, dont la Belgique. L\u2019\u00e9tude effectue une comparaison d\u00e9taill\u00e9e entre individus en situation de d\u00e9pendance dans diff\u00e9rents pays, ceux qui tendent \u00e0 organiser davantage d\u2019aide professionnelle structur\u00e9e, et ceux qui tendent \u00e0 laisser la famille ou l\u2019aide informelle s\u2019y substituer.<\/p>\r\n<\/li>\r\n \t<li>\r\n<p align=\"left\">Les chercheurs se sont focalis\u00e9s sur des questions de <b>d\u00e9pendance<\/b> (limitations dans les activit\u00e9s de la vie quotidienne) et de <b>soins r\u00e9sidentiels<\/b>.<\/p>\r\n<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<\/div>\r\n<\/div>\r\n&nbsp;\r\n<div id=\"sdfootnote1\">\r\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a> Voy. \u00e0 ce sujet les conclusions du Conseil europ\u00e9en de Lisbonne de mars\u00a02000, \u00e0 l\u2019adresse <span style=\"color: #4f81bd;\"><a href=\"http:\/\/www.europarl.europa.eu\/summits\/lis1_fr.htm\"><u>http:\/\/www.europarl.europa.eu\/summits\/lis1_fr.htm<\/u><\/a><\/span>.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n<div id=\"sdfootnote2\">\r\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a> A.\u00a0Laferr\u00e8re, A.\u00a0Van den Heede, K.\u00a0Van den Bosch et J.\u00a0Geerts, \u00ab\u00a0Entry into institutional care: predictors and alternatives\u00a0\u00bb, in A.\u00a0B\u00f6rsch-Supan, M.\u00a0Brandt, H.\u00a0Litwin et G.\u00a0Weber (eds), <i>Active ageing and solidarity between generations in Europe: First results from SHARE after the economic crisis<\/i>, Berlin, De Gruyter, 2013, pp.\u00a0253-264.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n<div id=\"sdfootnote3\">\r\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a> La g\u00e9n\u00e9ration que l\u2019on nomme \u00ab\u00a0papy-boomers\u00a0\u00bb reprend exactement les m\u00eames personnes de la g\u00e9n\u00e9ration des \u00ab\u00a0baby-boomers\u00a0\u00bb, n\u00e9e entre 1945 et 1975. Ils sont simplement observ\u00e9s \u00e0 des \u00e2ges diff\u00e9rents. Les \u00ab\u00a0papy-boomers\u00a0\u00bb sont en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale les \u00ab\u00a0baby-boomers\u00a0\u00bb au moment o\u00f9 ils prennent leur pension, soit autour de 65\u00a0ans.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n<div id=\"sdfootnote4\">\r\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4<\/a> Voy. \u00e0 ce sujet \u00c9.\u00a0Bonsang, \u00ab\u00a0Does informal care from children to their elderly parents substitute for formal care in Europe?\u00a0\u00bb, <i>Journal of Health Economics<\/i>, jan.\u00a02009, 28(1):143-54.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n<div id=\"sdfootnote5\">\r\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\">5<\/a> Les observations d\u00e9pendent \u00e9galement des diff\u00e9rences en termes de taux de participation \u00e0 SHARE entre les pays. De plus, l\u2019entretien de fin de vie, r\u00e9alis\u00e9 par un proche de la personne d\u00e9c\u00e9d\u00e9e, est plus difficile \u00e0 obtenir. Ces diff\u00e9rentes proportions montrent donc \u00e9galement, dans une certaine mesure, des diff\u00e9rences de succ\u00e8s dans cette r\u00e9alisation.<\/p>\r\n\r\n<\/div>","rendered":"<p class=\"first-paragraph\">\u00c0 son origine, l\u2019enqu\u00eate SHARE r\u00e9pond \u00e0 l\u2019appel lanc\u00e9 par la Commission europ\u00e9enne visant \u00e0 am\u00e9liorer les connaissances sur le processus de l\u2019allongement de la vie et du vieillissement de la population<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\" id=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>. Depuis la quatri\u00e8me vague de l\u2019enqu\u00eate, SHARE couvre par la m\u00eame occasion une facette encore plus m\u00e9connue de ce processus\u00a0: l\u2019entr\u00e9e des personnes (tr\u00e8s) \u00e2g\u00e9es en maison de repos (et de soins).<\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce qui pousse les personnes \u00e2g\u00e9es \u00e0 entrer en <i><b>maison de repos<\/b><\/i>\u00a0? Quelle est l\u2019exp\u00e9rience des Belges et des Europ\u00e9ens en la mati\u00e8re, et est-elle diff\u00e9rente\u00a0? C\u2019est \u00e0 ces questions qu\u2019ont tent\u00e9 de r\u00e9pondre Anne Laferr\u00e8re et ses coauteurs dans une \u00e9tude parue en 2013<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\" id=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a>, r\u00e9sum\u00e9e ci-dessous.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"textbox textbox--key-takeaways\">\n<header class=\"textbox__header\">\n<p class=\"textbox__title\"><b>Maison de repos<\/b><\/p>\n<\/header>\n<div class=\"textbox__content\">\n<p><i>Une maison de repos est d\u00e9finie de la mani\u00e8re suivante dans l\u2019enqu\u00eate SHARE\u00a0: \u00ab\u00a0une maison de repos fournit au minimum tous les services suivants \u00e0 ses r\u00e9sidents\u00a0: distribution de m\u00e9dicaments, assistance et surveillance personnelle 24h\/24 (pas n\u00e9cessairement par une infirmi\u00e8re) et mise \u00e0 disposition d\u2019une chambre et de repas\u00a0\u00bb.<\/i><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Peu de personnes \u00e2g\u00e9es d\u00e9cident d\u2019entrer en maison de repos de mani\u00e8re planifi\u00e9e. En g\u00e9n\u00e9ral, elles pr\u00e9f\u00e9reraient rester le plus longtemps chez elles, tant qu\u2019elles conservent un minimum d\u2019autonomie. C\u2019est l\u2019\u00e2ge, l\u2019apparition d\u2019un handicap et l\u2019indisponibilit\u00e9 de soins informels qui seraient les principaux d\u00e9terminants de l\u2019entr\u00e9e en maison de repos.<\/p>\n<p>Nous entrons pourtant dans une p\u00e9riode o\u00f9 la demande de places dans les maisons de repos augmente et continuera tr\u00e8s probablement d\u2019augmenter dans les prochaines d\u00e9cennies par l\u2019arriv\u00e9e progressive des nombreux \u00ab\u00a0papy-boomers\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\" id=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a>, cons\u00e9quence de l\u2019allongement de la vie. Au m\u00eame moment, le potentiel d\u2019<i><b>aide informelle<\/b><\/i> devrait diminuer, cons\u00e9quence de la baisse du nombre de naissances, mais aussi d\u2019une plus grande participation des femmes sur le march\u00e9 du travail, notamment.<\/p>\n<p>Pour traiter du sujet des maisons de repos, il faut tout d\u2019abord conna\u00eetre le contexte institutionnel, principal d\u00e9terminant de l\u2019offre des services de soins de longue dur\u00e9e dans chaque pays. Ces pays offrent-ils les m\u00eames possibilit\u00e9s de soins formels (par exemple en nombre de places disponibles en maisons de repos), permettant de pallier la perte d\u2019autonomie des personnes \u00e2g\u00e9es d\u00e9pendantes\u00a0?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"textbox textbox--key-takeaways\">\n<header class=\"textbox__header\">\n<p class=\"textbox__title\"><b>L\u2019aide informelle<\/b><\/p>\n<\/header>\n<div class=\"textbox__content\">\n<p><i>L\u2019aide informelle est une aide qui n\u2019est pas r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e ou formalis\u00e9e par un contrat de travail. C\u2019est une aide apport\u00e9e la plupart du temps par l\u2019entourage familial. Elle vient souvent compl\u00e9ter les services fournis par une aide professionnelle (soins personnels, aide-m\u00e9nag\u00e8re, etc.), voire dans d\u2019autres cas s\u2019y substitue<\/i><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\" id=\"sdfootnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a><i>. La recherche dans ce domaine montre que les femmes (\u00e9pouse\/partenaire, enfant) endossent plus souvent ce r\u00f4le que les hommes.<\/i><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il existe une grande variabilit\u00e9 dans la disponibilit\u00e9 de places en maisons de repos et dans leur usage effectif parmi les pays europ\u00e9ens. D\u2019apr\u00e8s les chiffres de l\u2019OCDE (2012) concernant les 65\u00a0ans et plus, repris dans le <b>TABLEAU\u00a011<\/b>, c\u2019est en Italie et en Pologne que l\u2019on retrouve le moins de personnes institutionnalis\u00e9es (2\u00a0% des 65+), et en Su\u00e8de qu\u2019il y en a le plus (8\u00a0% des 65+). La Belgique, comme la Suisse et les Pays-Bas, talonne la Su\u00e8de avec 7\u00a0% de sa population des 65\u00a0ans et plus institutionnalis\u00e9s en maison de repos (et de soins).<\/p>\n<p>L\u2019enqu\u00eate SHARE contient des informations destin\u00e9es aux chercheurs s\u2019int\u00e9ressant \u00e0 la th\u00e9matique des maisons de repos et du grand \u00e2ge. D\u2019une part, l\u2019enqu\u00eate ne s\u2019arr\u00eate pas aux portes des institutions, les personnes en maison de repos sont interrog\u00e9es avec un questionnaire adapt\u00e9. D\u2019autre part, lorsqu\u2019un individu ayant particip\u00e9 \u00e0 l\u2019enqu\u00eate d\u00e9c\u00e8de, l\u2019intervieweur r\u00e9alise un dernier entretien avec un proche du d\u00e9funt pour poser une s\u00e9rie de questions sur la fin de vie de la personne concern\u00e9e.<\/p>\n<h5>Tableau 11 : pourcentage de la population des 65 ans et plus en maison de repos (et de soins)<\/h5>\n<figure id=\"attachment_460\" aria-describedby=\"caption-attachment-460\" style=\"width: 1401px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-460 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau11.png\" alt=\"\" width=\"1401\" height=\"554\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau11.png 1401w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau11-300x119.png 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau11-1024x405.png 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau11-768x304.png 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau11-65x26.png 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau11-225x89.png 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau11-350x138.png 350w\" sizes=\"(max-width: 1401px) 100vw, 1401px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-460\" class=\"wp-caption-text\">Source : OCDE (2012).<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les auteurs s\u2019int\u00e9ressent aux diff\u00e9rences qu\u2019il peut y avoir entre les pays europ\u00e9ens dans la fa\u00e7on dont les maisons de repos sont vues par la population. Celles-ci sont-elles per\u00e7ues comme des lieux de vie de long terme, plut\u00f4t comme des lieux de fin de vie, ou quelque chose entre les deux\u00a0?<\/p>\n<p>Pour apporter une premi\u00e8re r\u00e9ponse \u00e0 ce questionnement, les auteurs se sont int\u00e9ress\u00e9s aux \u00e9ventuels d\u00e9m\u00e9nagements en maison de repos parmi les participants \u00e0 l\u2019enqu\u00eate entre 2006 et 2011 (vagues\u00a02 et 4). Ils observent ensuite la proportion de personnes toujours en vie ou d\u00e9c\u00e9d\u00e9es au cours de la m\u00eame p\u00e9riode. Les auteurs font prudemment la suggestion que si l\u2019une des proportions est significativement sup\u00e9rieure \u00e0 l\u2019autre au sein d\u2019un pays, nous pourrions alors avoir une indication de l\u2019utilit\u00e9 attendue des maisons de repos par ses habitants. Une forte proportion de personnes d\u00e9c\u00e9d\u00e9es contre une faible proportion de personnes toujours en vie, durant la m\u00eame p\u00e9riode, tendrait \u00e0 indiquer que les habitants per\u00e7oivent les maisons de repos comme un lieu de fin de vie principalement, et inversement<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\" id=\"sdfootnote5anc\"><sup>5<\/sup><\/a>. Ces proportions sont donn\u00e9es sur le <b>GRAPHIQUE\u00a031<\/b>.<\/p>\n<h5>Graphique 31 : proportion des 65+ ayant d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 en maison de repos entre 2006 et 2011<\/h5>\n<figure id=\"attachment_461\" aria-describedby=\"caption-attachment-461\" style=\"width: 2076px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-461 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique31.png\" alt=\"\" width=\"2076\" height=\"1048\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique31.png 2076w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique31-300x151.png 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique31-1024x517.png 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique31-768x388.png 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique31-1536x775.png 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique31-2048x1034.png 2048w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique31-65x33.png 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique31-225x114.png 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique31-350x177.png 350w\" sizes=\"(max-width: 2076px) 100vw, 2076px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-461\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Les pays sont class\u00e9s en fonction de l\u2019\u00e9cart existant entre les proportions de personnes toujours en vie et celles d\u00e9c\u00e9d\u00e9es. Les d\u00e9m\u00e9nagements en maison de repos sont suivis entre 2006 et 2011 ; la personne, observ\u00e9e en 2011, peut \u00eatre d\u00e9c\u00e9d\u00e9e ou toujours en vie.<\/strong> Source : Adaptation du Graphique 22.1, p. 254, A. LAFERR\u00c8RE et al. (2013). SHARE (2006-2011).<\/figcaption><\/figure>\n<p>Au vu de ces observations, les auteurs concluent que l\u2019usage qui est fait de la maison de repos est diff\u00e9rent selon le pays. Il semblerait qu\u2019en Italie, en Pologne, en Allemagne, et moins fortement en Su\u00e8de, au Danemark et en France, la maison de repos fait davantage office de r\u00e9sidence destin\u00e9e \u00e0 la fin de vie des individus.<\/p>\n<p>En effet, parmi les personnes venant d\u2019entrer en institution dans ces pays-l\u00e0, il y a relativement davantage de personnes d\u00e9c\u00e9d\u00e9es que de personnes toujours en vie. Ce serait moins le cas dans les autres pays, y compris en Belgique o\u00f9 l\u2019usage qui est fait de la maison de repos semble \u00eatre mixte.<\/p>\n<p>Concernant les \u00e9l\u00e9ments d\u00e9clencheurs du passage en maison de repos, les auteurs montrent dans leur \u00e9tude que, dans la plupart des cas, ce n\u2019est pas un \u00e9l\u00e9ment en particulier qui en est la cause, ils sont au contraire multiples.<\/p>\n<p>Ainsi, une mauvaise perception de son propre \u00e9tat de sant\u00e9, un \u00e9tat de d\u00e9pression, des maladies s\u00e9v\u00e8res ou encore des limitations motrices ne sont pas des \u00e9l\u00e9ments suffisants, pris s\u00e9par\u00e9ment.<\/p>\n<p>Ce sont, en revanche, les <i><b>limitations dans les activit\u00e9s de la vie quotidienne<\/b><\/i> et leur accumulation qui d\u00e9clencheraient l\u2019entr\u00e9e en maison de repos. Ce ne sont donc pas les mauvaises conditions de vie mais plut\u00f4t leurs cons\u00e9quences dans la vie de tous les jours qui sont les facteurs principaux d\u2019impossibilit\u00e9 de vivre de fa\u00e7on autonome.<\/p>\n<p>De plus, le fait d\u2019avoir \u00e0 disposition de l\u2019aide des membres de la famille ou une aide professionnelle \u00e0 domicile permet de retarder l\u2019entr\u00e9e en maison de repos, voire de l\u2019\u00e9viter totalement, selon certains cas.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"textbox textbox--key-takeaways\">\n<header class=\"textbox__header\">\n<p class=\"textbox__title\"><b>Limitations dans les activit\u00e9s de la vie quotidienne<\/b><\/p>\n<\/header>\n<div class=\"textbox__content\">\n<p><i>Ces limitations font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des difficult\u00e9s rencontr\u00e9es par la personne \u00e0 r\u00e9aliser certaines t\u00e2ches essentielles pour mener une vie autonome. Nous retrouvons par exemple\u00a0: s\u2019habiller, se laver, aller aux toilettes, sortir du lit, faire les courses, ou encore se faire \u00e0 manger. Les personnes qui \u00e9prouvent des difficult\u00e9s \u00e0 r\u00e9aliser ces t\u00e2ches sont qualifi\u00e9es de \u00ab\u00a0d\u00e9pendantes\u00a0\u00bb, ou \u00e0 risque de perte d\u2019autonomie, selon l\u2019intensit\u00e9.<\/i><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Enfin, les caract\u00e9ristiques des individus n\u00e9cessitant des soins ne sont pas les m\u00eames si l\u2019on compare les pays ayant une offre relativement bonne de lits disponibles en maisons de repos, avec ceux qui en offrent peu (selon les chiffres du <b>TABLEAU\u00a011<\/b>). Les auteurs compilent une s\u00e9rie de donn\u00e9es de la vague\u00a04 de l\u2019enqu\u00eate (2011) que nous r\u00e9sumons sur le <b>GRAPHIQUE\u00a032<\/b>. Celui-ci concerne les personnes de 75\u00a0ans et plus \u00e9tant soit \u00e0 haut risque de devoir entrer en maison de repos car elles accumulent cinq limitations ou davantage dans les activit\u00e9s de la vie quotidienne, et les personnes qui y habitent d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n<p>Les pays \u00e9tudi\u00e9s sont divis\u00e9s en deux cat\u00e9gories\u00a0: le premier groupe reprend les pays ayant une <i>offre faible<\/i> de places en soins r\u00e9sidentiels (maison de repos, de revalidation, etc.), tandis que le deuxi\u00e8me groupe reprend les pays ayant une <i>offre structur\u00e9e<\/i>, c\u2019est-\u00e0-dire d\u00e9velopp\u00e9e et largement \u00e9tendue. Nous pouvons observer que les personnes \u00e9tudi\u00e9es vivent en moyenne diff\u00e9remment selon qu\u2019elles se situent dans le premier ou deuxi\u00e8me groupe de pays. La population \u00e9tudi\u00e9e sur ce graphique est celle des 75\u00a0ans et plus en situation de d\u00e9pendance, soit \u00e0 domicile, soit d\u00e9j\u00e0 en maison de repos.<\/p>\n<h5>Graphique 32 : caract\u00e9ristiques individuelles, selon le niveau d\u2019offre de places en maison de repos<\/h5>\n<figure id=\"attachment_462\" aria-describedby=\"caption-attachment-462\" style=\"width: 2339px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-462 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique32.png\" alt=\"\" width=\"2339\" height=\"1149\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique32.png 2339w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique32-300x147.png 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique32-1024x503.png 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique32-768x377.png 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique32-1536x755.png 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique32-2048x1006.png 2048w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique32-65x32.png 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique32-225x111.png 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique32-350x172.png 350w\" sizes=\"(max-width: 2339px) 100vw, 2339px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-462\" class=\"wp-caption-text\"><strong>La population \u00e9tudi\u00e9e sur ce graphique est la cat\u00e9gorie des 75 ans et plus, en situation de d\u00e9pendance.<\/strong> Source : Adaptation du tableau 22.3, A. LAFERR\u00c8RE et al. (2013). SHARE (2006-2011).<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les personnes vivant dans les pays ayant une offre plus structur\u00e9e vivent plus souvent seules ou uniquement avec le partenaire (par exemple, 2\u00a0% des personnes \u00e9tudi\u00e9es vivent avec au moins un enfant, contre 35\u00a0% pour l\u2019autre groupe de pays). Ces personnes ont \u00e9galement moins de contact avec des membres de la famille (23\u00a0% ont des contacts journaliers avec un ou plusieurs membres de la famille, contre 51\u00a0% pour l\u2019autre groupe de pays), et la m\u00eame tendance est observable pour les contacts avec un enfant hors m\u00e9nage.<\/p>\n<p>Ces personnes ont donc moins de contact avec des membres de la famille que d\u2019autres qui vivent dans des pays avec une offre faible de soins en r\u00e9sidentiel. Mais elles semblent \u00e9galement plus heureuses. Deux statistiques sur ce graphique montrent que ces personnes sont davantage satisfaites de leur vie en g\u00e9n\u00e9ral (40\u00a0% contre 30\u00a0% pour l\u2019autre groupe de pays), avec un \u00e9cart plus large concernant la pr\u00e9sence d\u2019un sentiment de bonheur (45\u00a0% contre 22\u00a0%). Les personnes vivant d\u00e9j\u00e0 en maison de repos enregistrent des scores encore plus \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n<p>Ces observations, combin\u00e9es aux pr\u00e9c\u00e9dentes, am\u00e8nent les auteurs \u00e0 \u00e9mettre deux hypoth\u00e8ses\u00a0: d\u2019une part, les soins informels dans les pays poss\u00e9dant une offre faible de soins en r\u00e9sidentiel ne sont peut-\u00eatre pas aussi efficaces que les soins professionnels fournis dans les autres pays et, d\u2019autre part, le fait de s\u2019occuper d\u2019un parent malade entrave peut-\u00eatre le bien-\u00eatre de ces personnes lorsqu\u2019elles-m\u00eames vieillissent. Cette \u00e9tude ne peut cependant ni confirmer ni infirmer ces hypoth\u00e8ses.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"textbox shaded\">\n<p><b>Ce th\u00e8me vous int\u00e9resse\u00a0? Nous vous proposons quelques statistiques compl\u00e9mentaires pour continuer la lecture.<\/b><\/p>\n<p><em>Ces statistiques sont tir\u00e9es de la vague\u00a06 de SHARE, dont les donn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 collect\u00e9es en 2014-2015.<\/em><\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Quelques exploitations int\u00e9ressantes des donn\u00e9es de SHARE sur les personnes r\u00e9sidant en maison de repos sont possibles \u00e0 partir des derni\u00e8res donn\u00e9es disponibles. Cependant, nous nous limitons aux donn\u00e9es belges pour \u00e9viter toute conclusion sur un syst\u00e8me institutionnel \u00e9tranger dont les diff\u00e9rences avec la Belgique n\u00e9cessiteraient d\u2019\u00eatre davantage investigu\u00e9es.<\/p>\n<p>Les deux premi\u00e8res observations que nous faisons sont assez simples et relativement \u00e9videntes\u00a0: les r\u00e9sidents en maisons de repos sont en g\u00e9n\u00e9ral assez \u00e2g\u00e9s et en grande majorit\u00e9 des femmes. Les femmes, avec une esp\u00e9rance de vie plus grande que les hommes, repr\u00e9sentent en effet environ 72\u00a0% des r\u00e9sidents, aussi bien parmi les r\u00e9pondants francophones que n\u00e9erlandophones. Le <b>GRAPHIQUE\u00a033<\/b> reprend la distribution par \u00e2ge des r\u00e9sidents, hommes et femmes confondus dans les deux populations.<\/p>\n<h5>Graphique 33 : distribution par \u00e2ge des r\u00e9sidents en maison de repos<\/h5>\n<figure id=\"attachment_463\" aria-describedby=\"caption-attachment-463\" style=\"width: 2093px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-463 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique33.png\" alt=\"\" width=\"2093\" height=\"990\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique33.png 2093w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique33-300x142.png 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique33-1024x484.png 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique33-768x363.png 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique33-1536x727.png 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique33-2048x969.png 2048w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique33-65x31.png 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique33-225x106.png 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique33-350x166.png 350w\" sizes=\"(max-width: 2093px) 100vw, 2093px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-463\" class=\"wp-caption-text\">Source : SHARE (2014-2015), Belgique.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La majorit\u00e9 des r\u00e9sidents en maisons de repos sont \u00e2g\u00e9s de plus de 80\u00a0ans. En effet, les moins de 80\u00a0ans repr\u00e9sentent 20\u00a0% et 16\u00a0% des r\u00e9sidents, respectivement pour chaque groupe linguistique. Par ailleurs, leur \u00e2ge moyen est identique tant pour les Belges francophones que n\u00e9erlandophones\u00a0: 86\u00a0ans.<\/p>\n<p>Qu\u2019en est-il de la sant\u00e9 des personnes en maison de repos\u00a0? Si une partie des r\u00e9sidents se trouve en institution pour pallier un manque d\u2019autonomie, ce n\u2019est pas forc\u00e9ment le cas pour l\u2019ensemble d\u2019entre eux. Et par rapport au reste de la population\u00a0?<\/p>\n<p>Le <b>GRAPHIQUE\u00a034<\/b> d\u00e9crit les diff\u00e9rences entre les personnes vivant dans leur propre logement (maison, appartement, etc., seules ou accompagn\u00e9es) et les personnes vivant en maison de repos.<\/p>\n<h5>Graphique 34 : part des belges \u00e0 avoir des difficult\u00e9s \u00e0 effectuer des t\u00e2ches de la vie quotidienne<\/h5>\n<figure id=\"attachment_464\" aria-describedby=\"caption-attachment-464\" style=\"width: 2100px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-464 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique34.png\" alt=\"\" width=\"2100\" height=\"918\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique34.png 2100w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique34-300x131.png 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique34-1024x448.png 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique34-768x336.png 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique34-1536x671.png 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique34-2048x895.png 2048w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique34-65x28.png 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique34-225x98.png 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique34-350x153.png 350w\" sizes=\"(max-width: 2100px) 100vw, 2100px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-464\" class=\"wp-caption-text\">Source : SHARE (2014-2015), Belgique francophone, 65 ans et +.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Ces diff\u00e9rences portent sur le nombre de difficult\u00e9s que les personnes rencontrent \u00e0 accomplir des t\u00e2ches de la vie quotidienne (voy. le dernier encadr\u00e9 \u00e0 ce propos). Elles sont importantes\u00a0: parmi les 65+, les personnes vivant en maison de repos sont plus de 80\u00a0% \u00e0 souffrir d\u2019au moins trois difficult\u00e9s, limitant donc leur ind\u00e9pendance. En comparaison, les personnes vivant dans leur propre logement sont un peu plus de 30\u00a0% \u00e0 \u00eatre confront\u00e9es \u00e0 la m\u00eame situation, lorsque l\u2019on compare les m\u00eames cat\u00e9gories d\u2019\u00e2ge de la population.<\/p>\n<p>Un autre constat int\u00e9ressant est le profil assez similaire, en termes cette fois de nombre de maladies chroniques, entre les hommes et les femmes.<\/p>\n<h5>Graphique 35\u00a0: proportion de belges francophones affect\u00e9s par deux maladies chroniques au minimum<\/h5>\n<figure id=\"attachment_465\" aria-describedby=\"caption-attachment-465\" style=\"width: 1956px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-465 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique35.png\" alt=\"\" width=\"1956\" height=\"899\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique35.png 1956w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique35-300x138.png 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique35-1024x471.png 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique35-768x353.png 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique35-1536x706.png 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique35-65x30.png 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique35-225x103.png 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique35-350x161.png 350w\" sizes=\"(max-width: 1956px) 100vw, 1956px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-465\" class=\"wp-caption-text\">Source : SHARE (2014-2015), Belgique francophone, 65 ans et +.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le <b>GRAPHIQUE\u00a035<\/b> montre en effet deux choses\u00a0: d\u2019une part, plus de deux tiers des Belges francophones en maison de repos, hommes ou femmes, sont atteints par deux affections ou maladies chroniques au minimum. Ces affections ou maladies chroniques peuvent \u00eatre du diab\u00e8te, de l\u2019hypertension art\u00e9rielle, un cancer, etc.<\/p>\n<p>D\u2019autre part, outre ce trait commun des personnes en maison de repos, les hommes et les femmes vivant dans un logement priv\u00e9 ne sont pas exactement affect\u00e9s de la m\u00eame mani\u00e8re. En effet, pour les femmes, il n\u2019existe presque aucune diff\u00e9rence en termes de nombre de maladies chroniques, qu\u2019elles soient dans un logement priv\u00e9 ou dans une maison de repos, tandis que pour les hommes, il existe une diff\u00e9rence de l\u2019ordre de 12\u00a0%. Les femmes d\u00e9clarent donc relativement plus d\u2019affections ou maladies chroniques que les hommes, en moyenne.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"textbox textbox--key-takeaways\">\n<header class=\"textbox__header\">\n<p class=\"textbox__title\"><strong>Ce qu\u2019il faut retenir<\/strong><\/p>\n<\/header>\n<div class=\"textbox__content\">\n<p>Les auteurs de l\u2019article mettent en lumi\u00e8re une r\u00e9alit\u00e9 fort diff\u00e9rente entre pays europ\u00e9ens concernant les maisons de repos, et plus largement sur le contexte environnemental et social des personnes \u00e2g\u00e9es d\u00e9pendantes ou \u00e0 risque de d\u00e9pendance.<\/p>\n<p>Les pays europ\u00e9ens y sont divis\u00e9s en deux groupes\u00a0: ceux poss\u00e9dant une bonne offre de lits en maisons de repos, et ceux dont l\u2019offre est faible. Ces diff\u00e9rences sont <i>a\u00a0fortiori<\/i> institutionnelles\u00a0: l\u00e0 o\u00f9 les services pour personnes \u00e2g\u00e9es sont peu d\u00e9velopp\u00e9s, le tissu familial et l\u2019entraide le sont en moyenne davantage, alors que l\u00e0 o\u00f9 l\u2019\u00c9tat fournit ou encourage une offre formalis\u00e9e de soins pour personnes \u00e2g\u00e9es, les individus vivent plus souvent seuls.<\/p>\n<p>Paradoxalement, l\u2019\u00e9tude permet \u00e9galement d\u2019effleurer un th\u00e8me \u00e0 approfondir\u00a0: les personnes recevant des soins formels (professionnels) semblent en moyenne plus satisfaites de leur vie que celles qui d\u00e9pendent de soins informels (de l\u2019entourage familial principalement). Il y a lieu sans doute aussi de s\u2019int\u00e9resser au r\u00f4le que peut jouer la norme sociale \u00e0 la fois sur le d\u00e9veloppement du secteur institutionnel et sur le souhait des personnes \u00e2g\u00e9es, et de leurs enfants, du maintien au domicile ou non en cas de d\u00e9pendance.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"textbox textbox--exercises\">\n<header class=\"textbox__header\">\n<p class=\"textbox__title\"><strong>L\u2019apport de SHARE pour ce sujet<\/strong><\/p>\n<\/header>\n<div class=\"textbox__content\">\n<ul>\n<li>\n<p style=\"text-align: left;\">Caract\u00e8re <b>longitudinal<\/b> de l\u2019\u00e9tude\u00a0: les auteurs utilisent les vagues 2, 3 et 4 de l\u2019enqu\u00eate (2006-2011), en se focalisant sur les 8.949\u00a0r\u00e9pondants n\u2019\u00e9tant pas (encore) r\u00e9sidents d\u2019une maison de repos et de soins en vague\u00a02 et leur \u00e9volution suivant les vagues.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p style=\"text-align: left;\">Caract\u00e8re <b>international<\/b> de l\u2019\u00e9tude\u00a0: douze pays sont \u00e9tudi\u00e9s, dont la Belgique. L\u2019\u00e9tude effectue une comparaison d\u00e9taill\u00e9e entre individus en situation de d\u00e9pendance dans diff\u00e9rents pays, ceux qui tendent \u00e0 organiser davantage d\u2019aide professionnelle structur\u00e9e, et ceux qui tendent \u00e0 laisser la famille ou l\u2019aide informelle s\u2019y substituer.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p style=\"text-align: left;\">Les chercheurs se sont focalis\u00e9s sur des questions de <b>d\u00e9pendance<\/b> (limitations dans les activit\u00e9s de la vie quotidienne) et de <b>soins r\u00e9sidentiels<\/b>.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\" id=\"sdfootnote1sym\">1<\/a> Voy. \u00e0 ce sujet les conclusions du Conseil europ\u00e9en de Lisbonne de mars\u00a02000, \u00e0 l\u2019adresse <span style=\"color: #4f81bd;\"><a href=\"http:\/\/www.europarl.europa.eu\/summits\/lis1_fr.htm\"><u>http:\/\/www.europarl.europa.eu\/summits\/lis1_fr.htm<\/u><\/a><\/span>.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\" id=\"sdfootnote2sym\">2<\/a> A.\u00a0Laferr\u00e8re, A.\u00a0Van den Heede, K.\u00a0Van den Bosch et J.\u00a0Geerts, \u00ab\u00a0Entry into institutional care: predictors and alternatives\u00a0\u00bb, in A.\u00a0B\u00f6rsch-Supan, M.\u00a0Brandt, H.\u00a0Litwin et G.\u00a0Weber (eds), <i>Active ageing and solidarity between generations in Europe: First results from SHARE after the economic crisis<\/i>, Berlin, De Gruyter, 2013, pp.\u00a0253-264.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\" id=\"sdfootnote3sym\">3<\/a> La g\u00e9n\u00e9ration que l\u2019on nomme \u00ab\u00a0papy-boomers\u00a0\u00bb reprend exactement les m\u00eames personnes de la g\u00e9n\u00e9ration des \u00ab\u00a0baby-boomers\u00a0\u00bb, n\u00e9e entre 1945 et 1975. Ils sont simplement observ\u00e9s \u00e0 des \u00e2ges diff\u00e9rents. Les \u00ab\u00a0papy-boomers\u00a0\u00bb sont en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale les \u00ab\u00a0baby-boomers\u00a0\u00bb au moment o\u00f9 ils prennent leur pension, soit autour de 65\u00a0ans.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\" id=\"sdfootnote4sym\">4<\/a> Voy. \u00e0 ce sujet \u00c9.\u00a0Bonsang, \u00ab\u00a0Does informal care from children to their elderly parents substitute for formal care in Europe?\u00a0\u00bb, <i>Journal of Health Economics<\/i>, jan.\u00a02009, 28(1):143-54.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\" id=\"sdfootnote5sym\">5<\/a> Les observations d\u00e9pendent \u00e9galement des diff\u00e9rences en termes de taux de participation \u00e0 SHARE entre les pays. De plus, l\u2019entretien de fin de vie, r\u00e9alis\u00e9 par un proche de la personne d\u00e9c\u00e9d\u00e9e, est plus difficile \u00e0 obtenir. Ces diff\u00e9rentes proportions montrent donc \u00e9galement, dans une certaine mesure, des diff\u00e9rences de succ\u00e8s dans cette r\u00e9alisation.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":1,"menu_order":4,"template":"","meta":{"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":[],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[],"license":[],"class_list":["post-255","chapter","type-chapter","status-publish","hentry"],"part":225,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/255"}],"collection":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/255\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":824,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/255\/revisions\/824"}],"part":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/225"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/255\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=255"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=255"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=255"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=255"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}