{"id":117,"date":"2022-03-01T11:45:07","date_gmt":"2022-03-01T10:45:07","guid":{"rendered":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/?post_type=chapter&#038;p=117"},"modified":"2022-12-20T16:04:38","modified_gmt":"2022-12-20T15:04:38","slug":"retour-dexperience-sur-la-mise-en-oeuvre-dune-action-collective-de-gestion-de-lazote-sappuyant-sur-la-mesure-du-reliquat-entree-hiver-dans-les-bac-de-laisn","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/chapter\/retour-dexperience-sur-la-mise-en-oeuvre-dune-action-collective-de-gestion-de-lazote-sappuyant-sur-la-mesure-du-reliquat-entree-hiver-dans-les-bac-de-laisn\/","title":{"raw":"Retour d\u2019exp\u00e9rience sur la mise en \u0153uvre d\u2019une action collective de gestion de l\u2019azote s\u2019appuyant sur la mesure du REH dans les BAC de l\u2019Aisne : la m\u00e9thode AZUR","rendered":"Retour d\u2019exp\u00e9rience sur la mise en \u0153uvre d\u2019une action collective de gestion de l\u2019azote s\u2019appuyant sur la mesure du REH dans les BAC de l\u2019Aisne : la m\u00e9thode AZUR"},"content":{"raw":"<div class=\"textbox\">\r\n\r\n<strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\r\n\r\nLa mise en place de programmes d\u2019actions dans les bassins de captage dits \u00ab\u00a0Grenelle \u00bb a conduit la Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne, avec l\u2019appui des instituts techniques, \u00e0 mettre en place une nouvelle approche de gestion collective de la fertilisation azot\u00e9e bas\u00e9e sur le suivi du reliquat entr\u00e9e hiver (REH)\u00a0: la m\u00e9thode \u00ab AZUR \u00bb.\r\n\r\nLa d\u00e9marche mise en \u0153uvre \u00e0 compter de 2012 avec le soutien financier de l\u2019Agence de l\u2019Eau Seine-Normandie et des collectivit\u00e9s, s\u2019appuie sur un engagement volontaire des agriculteurs \u00e0 suivre un ensemble de prescriptions visant \u00e0 optimiser leurs pratiques de fertilisation azot\u00e9e d\u2019une part, et \u00e0 participer \u00e0 un r\u00e9seau de suivi de reliquats azot\u00e9s (REH \u2013 RSH) \u00e0 hauteur d\u2019une parcelle fixe par agriculteur d\u2019autre part. Les pr\u00e9l\u00e8vements sont r\u00e9alis\u00e9s sur trois horizons de 30 cm dans une zone g\u00e9or\u00e9f\u00e9renc\u00e9e de chaque parcelle \u00e0 une date d\u00e9termin\u00e9e sur la base d\u2019un bilan hydrique pour le REH et autour du 15 f\u00e9vrier pour le RSH.\r\n\r\nLes contrats d\u2019une dur\u00e9e initiale de trois ans ont \u00e9t\u00e9 reconduits au-del\u00e0 pour certains, ce qui a permis \u00e0 la Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne d\u2019accumuler des chroniques de donn\u00e9es sur six ans pour pr\u00e8s de 200 parcelles. La m\u00e9thode a \u00e9t\u00e9 par la suite propos\u00e9e \u00e0 d\u2019autres collectivit\u00e9s ou gestionnaires d\u2019eau potable souhaitant travailler avec les agriculteurs sur l\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de l\u2019eau. Pour la campagne 2020-2021, elle est mise en \u0153uvre sur 60 parcelles r\u00e9parties sur sept bassins d\u2019alimentation de captage (BAC). Les territoires actuellement suivis sont dispers\u00e9s sur le d\u00e9partement de l\u2019Aisne et occupent des conditions p\u00e9doclimatiques vari\u00e9es\u00a0: limons hydromorphes de Thi\u00e9rache, sols sableux du Laonnois, Champagne crayeuse\u2026 Les cultures rencontr\u00e9es sont repr\u00e9sentatives des secteurs \u00e9tudi\u00e9s\u00a0: base commune de bl\u00e9, orge, betterave et colza compl\u00e9t\u00e9s par des cultures plus \u00ab\u00a0locales\u00a0\u00bb\u00a0: ma\u00efs ensilage, pomme de terre, lin, luzerne, pois\u2026 en fonction de la localisation du BAC.\r\n\r\nLes niveaux de reliquats m\u00e9dians mesur\u00e9s en entr\u00e9e d\u2019hiver sont de l\u2019ordre de 60 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> en moyenne depuis le d\u00e9but des mesures. On note n\u00e9anmoins une forte variabilit\u00e9 annuelle (avec une m\u00e9diane allant de 34 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> en 2013 \u00e0 96 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> en 2020) et entre les territoires, cette derni\u00e8re \u00e9tant davantage li\u00e9e au contexte cultural qu\u2019au contexte p\u00e9doclimatique. En effet, la succession culturale reste le facteur d\u2019explication pr\u00e9dominant des valeurs de REH. On distingue des situations \u00e0 \u00ab risque faible \u00bb\u00a0: bl\u00e9 de betterave (REH m\u00e9dian de 37 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>), colza de bl\u00e9 (36 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>), interculture longue (43 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>)\u00a0; et des situations \u00e0 \u00ab risque plus \u00e9lev\u00e9 \u00bb\u00a0: bl\u00e9 de colza (87 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>), bl\u00e9 de l\u00e9gumineuse \u00e0 graines (94 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>), bl\u00e9 de pomme de terre (102 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>). Ce qui montre la n\u00e9cessit\u00e9 de travailler \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la rotation pour bien analyser les contributions en nitrate.\r\n\r\nLa d\u00e9marche d\u2019animation repose sur l\u2019accompagnement individuel et collectif des agriculteurs engag\u00e9s et gravite autour du REH. Dans ce but, la Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne proc\u00e8de \u00e0 l\u2019analyse annuelle des valeurs de REH au regard du contexte p\u00e9doclimatique et des itin\u00e9raires techniques mis en \u0153uvre par les agriculteurs. Outre les analyses de statistiques descriptives courantes, la taille r\u00e9duite des r\u00e9seaux de parcelles actuellement suivies permet une analyse assez fine de chaque situation relativement les unes par rapport aux autres.\r\n\r\nUne fiche de synth\u00e8se pr\u00e9sentant divers indicateurs (r\u00e9sultat mesur\u00e9 sur la parcelle de l\u2019agriculteur comparativement aux autres, pertes par lixiviation, min\u00e9ralisation\u2026) est fournie annuellement aux agriculteurs et sert de support de discussion lors d\u2019entretiens individuels. Un bilan collectif annuel est \u00e9galement propos\u00e9 chaque ann\u00e9e.\r\n\r\n<\/div>\r\n<h1>Contexte et objectifs<\/h1>\r\nSuite au Grenelle de l\u2019environnement (2009), les services de l\u2019\u00c9tat ont constitu\u00e9 une liste de 507 captages d\u2019eau potable dit \u00ab Grenelle \u00bb au niveau national, sur lesquels doivent \u00eatre men\u00e9es des actions volontaires de reconqu\u00eate de la qualit\u00e9 de l\u2019eau. Six captages du d\u00e9partement de l\u2019Aisne furent concern\u00e9s, tous \u00e0 enjeux nitrate.\r\n\r\nLors des premi\u00e8res discussions visant la mise en place de programmes d\u2019actions, il a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9 de proposer aux agriculteurs la mesure agro-environnementale territorialis\u00e9e (MAET) Ferti01 \u00ab limitation de la fertilisation totale et min\u00e9rale azot\u00e9e sur grandes cultures et cultures l\u00e9gumi\u00e8res \u00bb dont le principe est de verser une aide financi\u00e8re en contrepartie d\u2019un plafonnement des doses d\u2019azote. Cependant les repr\u00e9sentants de la profession agricole ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 s\u2019orienter vers une mesure sans financement directe \u00e0 l\u2019exploitant et ne p\u00e9nalisant pas la production.\r\n\r\nEn cons\u00e9quence, la Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne, avec l\u2019appui d\u2019Arvalis et de l\u2019Association G\u00e9n\u00e9rale des Producteurs de Bl\u00e9 et autres c\u00e9r\u00e9ales (AGPB), a propos\u00e9 une nouvelle approche de gestion collective de la fertilisation azot\u00e9e bas\u00e9e sur le suivi du reliquat azot\u00e9 dans le sol en entr\u00e9e d\u2019hiver (REH). Cette approche qui constituera le socle des programmes d\u2019actions en place sur les captages \u00e0 enjeux nitrate prendra le nom de m\u00e9thode \u00ab\u00a0AZUR\u00a0\u00bb.\r\n\r\nLes objectifs d\u2019AZUR sont\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>de montrer que la profession agricole sait se mobiliser sur des actions environnementales\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>de proposer un cahier des charges avec des mesures facilement applicables et donc, potentiellement appliqu\u00e9es par tous les agriculteurs du territoire\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>de proposer des actions efficaces, d\u2019un point de vue environnemental, et agronomiquement intelligentes\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>d\u2019\u00e9viter des plafonds d\u2019azote p\u00e9nalisant la production.<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<h1>AZUR\u00a0: principes et mise en \u0153uvre<\/h1>\r\nEn pratique, AZUR repose sur deux volets\u00a0: optimisation de la gestion de l\u2019azote d\u2019une part et suivi des r\u00e9sultats via la mesure de REH d\u2019autre part.\r\n\r\nAinsi, les agriculteurs se sont engag\u00e9s volontairement pour une dur\u00e9e initiale de trois ans au cours de laquelle ils ont d\u00fb mettre en \u0153uvre les actions suivantes\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>respecter la dose bilan d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 partir de la mesure d\u2019un reliquat en sortie d\u2019hiver (RSH)\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>r\u00e9aliser des mesures de biomasses pour les colzas d\u2019hiver\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>fractionner les apports d\u2019azote sur le bl\u00e9 (<em>Triticum aestivum<\/em>) en trois apports, sans d\u00e9passer 50 kg N.ha<sup>-1<\/sup> et pas avant le 1er mars pour la premi\u00e8re fraction\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>piloter le dernier apport d\u2019azote sur bl\u00e9 avec un outil d\u2019aide \u00e0 la d\u00e9cision\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>fractionner les apports d\u2019azote sur les autres cultures d\u2019hiver\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>implanter des CIPAN en interculture longue\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>r\u00e9aliser des analyses d\u2019effluent organique, le cas \u00e9ch\u00e9ant.<\/li>\r\n<\/ul>\r\nCes mesures \u00e9tant \u00e0 respecter, conform\u00e9ment au plan d\u2019actions en vigueur, soit pour toutes les parcelles cultiv\u00e9es par l\u2019agriculteur au sein du Bassin d\u2019Alimentation de Captage (BAC) ou alors uniquement pour une parcelle, en l\u2019occurrence, celle sur laquelle les mesures de REH sont r\u00e9alis\u00e9es.\r\n\r\nL\u2019observatoire des REH a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9 \u00e0 raison d\u2019une seule parcelle fixe par agriculteur. Les agriculteurs se sont par ailleurs engag\u00e9s \u00e0 fournir l\u2019ensemble de leurs itin\u00e9raires techniques n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation et \u00e0 la compr\u00e9hension des valeurs de REH mesur\u00e9s.\r\n\r\nLa m\u00e9thode AZUR a \u00e9t\u00e9 mise en \u0153uvre d\u00e8s l\u2019automne 2012, d\u2019abord sur les BAC \u00ab Grenelle\u00a0\u00bb de Landifay-et-Bertaignemont, Wiege-Faty, Morgny-en-Thi\u00e9rache, Lesquielles-Saint-Germain et Croix-Fonsommes\u00a0; puis en 2013, sur le BAC de Marle. Sur ces territoires, la mesure a fait l\u2019objet d\u2019un co-financement direct par l\u2019Agence de l\u2019eau Seine-Normandie (int\u00e9grant co\u00fbt des pr\u00e9l\u00e8vements et analyses, et temps d\u2019expertise et d\u2019animation). Initialement pr\u00e9vu pour une dur\u00e9e de trois ans, la m\u00e9thode AZUR a finalement \u00e9t\u00e9 reconduite annuellement sur ces territoires jusqu\u2019\u00e0 la campagne 2017-2018.\r\n\r\nPar la suite, l\u2019Agence de l\u2019eau a souhait\u00e9 basculer sur un mod\u00e8le de financement indirect en passant par les collectivit\u00e9s gestionnaires des captages. Ces derni\u00e8res devant d\u00e8s lors recourir \u00e0 des offres de march\u00e9 publics pour leur plan d\u2019actions.\r\n\r\nLa Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne a r\u00e9pondu et remport\u00e9 plusieurs appels d\u2019offres sur le d\u00e9partement en proposant la m\u00e9thode AZUR\u00a0: BAC de Licy-Clignon et Monthiers en 2016, Braye-en-Thi\u00e9rache, Plomion et Guignicourt en 2018. Sur ces territoires, les march\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 conduits sur une dur\u00e9e de trois ans.\r\n\r\nAu total, la Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne a mis en \u0153uvre la m\u00e9thode AZUR sur une dizaine de BAC depuis 2012 et ainsi accumul\u00e9 des chroniques de donn\u00e9es pour plus de 200 parcelles (tableau 1).\r\n<h6>Tableau 1. Territoires sur lesquels la Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne a mis en \u0153uvre la m\u00e9thode AZUR.<\/h6>\r\n<table style=\"border-collapse: collapse;width: 100\u00a0%;height: 377px\" border=\"0\">\r\n<tbody>\r\n<tr style=\"height: 47px\">\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 47px;text-align: left\"><strong>BAC<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 47px;text-align: left\"><strong>Statut du BAC \u00e0 la date de mise en place de la mesure AZUR<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 47px;text-align: right\"><strong>D\u00e9but de la mesure<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 47px;text-align: right\"><strong>Fin de la mesure<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 47px;text-align: right\"><strong>Superficie du BAC<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 47px;text-align: right\"><strong>Nombre moyen de parcelles engag\u00e9es au cours du suivi<\/strong><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 30px\">\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Landifay-et-Bertaignemont<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Grenelle<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2012<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2018<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: right\">8 940 ha<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">85<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 30px\">\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Wiege-Faty<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Grenelle<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2012<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2018<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: right\">1 082 ha<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">39<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 30px\">\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Morgny-en-Thi\u00e9rache<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Grenelle<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2012<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2018<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: right\">236 ha<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">14<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 30px\">\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Lesquielles-Saint-Germain<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Grenelle<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2012<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2018<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: right\">1 536 ha<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">35<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 30px\">\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Croix-Fonsommes<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Grenelle<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2012<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2018<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: right\">291 ha<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">5<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 30px\">\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Marle<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">\/<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2013<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2018<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: right\">584 ha<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">14<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 30px\">\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Licy-Clignon et Monthiers<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Prioritaire<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2016<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2022<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: right\">414 ha<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">6<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 30px\">\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Ch\u00e9zy-en-Orxois<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Prioritaire<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2019<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2022<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: right\">51 ha<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">1<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 30px\">\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">La Fert\u00e9-Milon<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Prioritaire<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2019<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2022<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: right\">184 ha<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 30px\">\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Braye-en-Thi\u00e9rache<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">\/<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2018<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2021<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: right\">477 ha<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">10<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 30px\">\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Plomion<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Conf\u00e9rence<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2018<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2021<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: right\">158 ha<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">11<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%\">Guignicourt<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%\">Prioritaire<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;text-align: center\">2018<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;text-align: center\">2021<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;text-align: right\">910 ha<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;text-align: center\">22<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<h1>M\u00e9thode<\/h1>\r\n<h2>Engagement des agriculteurs<\/h2>\r\nLa m\u00e9thode AZUR est une d\u00e9marche collective visant l\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de l\u2019eau initialement sur des BAC \u00ab Grenelle \u00bb. Afin de r\u00e9pondre \u00e0 cet enjeu, le r\u00e9seau a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 construit avec comme premier objectif d\u2019impliquer un maximum d\u2019agriculteurs. Un objectif de 80\u00a0% des agriculteurs cultivant sur un BAC a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 tant pour montrer l\u2019implication de la profession que pour avoir une bonne repr\u00e9sentativit\u00e9 et une certaine efficacit\u00e9. Par la suite, dans le cadre des march\u00e9s publics, le nombre d\u2019agriculteurs \u00e0 engager relevait du cahier des charges du march\u00e9 consid\u00e9r\u00e9.\r\n\r\nAfin d\u2019ent\u00e9riner la participation de l\u2019agriculteur, un contrat d\u2019engagement rappelant l\u2019ensemble du cahier des charges AZUR (pratiques recommand\u00e9es, libre acc\u00e8s pour les pr\u00e9l\u00e8vements de reliquats, fournitures de donn\u00e9es\u2026) et pr\u00e9cisant la parcelle choisie pour la mesure des REH devait \u00eatre sign\u00e9. L\u2019engagement \u00e9tait valable pour une dur\u00e9e de base de trois ans.\r\n\r\nConcr\u00e8tement, la signature de ces actes d\u2019engagement a \u00e9t\u00e9 le plus souvent organis\u00e9e en deux phases\u00a0: d\u2019abord une pr\u00e9sentation de la d\u00e9marche en r\u00e9union collective suivi par des rendez-vous individuels.\r\n<h2>Choix des parcelles<\/h2>\r\nPour chacun des agriculteurs engag\u00e9s dans la mesure AZUR, une parcelle fixe a \u00e9t\u00e9 choisie pour faire partie du panel de mesures de reliquats (REH et RSH). Cela permettait d\u2019avoir une photographie annuelle jug\u00e9e suffisamment repr\u00e9sentative en termes de situation culturale. Dans les cas o\u00f9 des agriculteurs \u00e9taient surrepr\u00e9sent\u00e9s en termes d\u2019occupation du territoire dans le BAC, il \u00e9tait possible d\u2019ajouter des parcelles suppl\u00e9mentaires.\r\n\r\nLa parcelle a \u00e9t\u00e9 choisie \u00e0 l\u2019occasion du rendez-vous d\u2019engagement individuel entre l\u2019agriculteur et l\u2019animateur. Les crit\u00e8res pris en compte dans le choix de la parcelle \u00e9taient la repr\u00e9sentativit\u00e9, la sensibilit\u00e9 du milieu, l\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des sols. Des parcelles <em>a priori<\/em> difficiles \u00e0 interpr\u00e9ter (sols tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, historique particulier, d\u00e9coupages annuels tr\u00e8s variables) ou pr\u00e9sentant des contraintes techniques au pr\u00e9l\u00e8vement (drains peu profonds, gazoduc\u2026) \u00e9taient exclues d\u2019office.\r\n<h2>Pr\u00e9l\u00e8vements et analyses<\/h2>\r\nUne fois la parcelle s\u00e9lectionn\u00e9e, la zone de pr\u00e9l\u00e8vement est choisie au sein d\u2019une zone homog\u00e8ne \u00e0 distance des bordures, fourri\u00e8res, zones de d\u00e9p\u00f4t de fumier, zones susceptibles d\u2019\u00eatre red\u00e9coup\u00e9es\u2026 Cette zone est g\u00e9or\u00e9f\u00e9renc\u00e9e\u00a0: les pr\u00e9l\u00e8vements sont r\u00e9alis\u00e9s toujours au m\u00eame endroit d\u2019une ann\u00e9e sur l\u2019autre.\r\n<h3>Date de pr\u00e9l\u00e8vement<\/h3>\r\nLa date de mesure des REH est d\u00e9termin\u00e9e sur la base d\u2019une estimation du remplissage de la r\u00e9serve utile des sols au moyen de bilans hydriques\u00a0: pour chaque BAC, des bilans hydriques sont calcul\u00e9s pour le type de sol majoritaire et deux successions culturales typiques du territoire (ex\u00a0: bl\u00e9 apr\u00e8s colza (<em>Brassica napus<\/em>) et betterave (<em>Beta vulgaris<\/em>) apr\u00e8s bl\u00e9). Ces bilans hydriques sont actualis\u00e9s toutes les semaines avec les donn\u00e9es m\u00e9t\u00e9orologiques relev\u00e9es \u00e0 la station la plus proche des BAC concern\u00e9s (figure 1). L\u2019ordre d'\u00e9chantillonnage est transmis au laboratoire lorsqu\u2019on arrive \u00e0 90\u00a0% de remplissage de la r\u00e9serve utile (une seule date est fix\u00e9e pour chaque BAC).\r\n\r\nDepuis que cette m\u00e9thode est appliqu\u00e9e dans l\u2019Aisne, suivant les ann\u00e9es et les BAC, les dates d'\u00e9chantillonnage se sont \u00e9tal\u00e9es entre le 30 octobre et le 10 d\u00e9cembre.\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1904\" align=\"aligncenter\" width=\"1625\"]<img class=\"wp-image-1904 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/12\/jg_fig1hq-scaled-e1670258855242.jpg\" alt=\"\" width=\"1625\" height=\"1190\" \/> Figure 1. Bilan hydrique pour un sol de type Craie de Champagne en bl\u00e9 apr\u00e8s colza.[\/caption]\r\n<h3>M\u00e9thode d'\u00e9chantillonnage<\/h3>\r\nLes pr\u00e9l\u00e8vements de sol pour dosage de reliquats azot\u00e9s sont r\u00e9alis\u00e9s conform\u00e9ment \u00e0 la m\u00e9thodologie recommand\u00e9e par le LDAR et l\u2019INRAE de Laon\u00a0: pr\u00e9l\u00e8vement \u00ab en cercle\u00a0\u00bb de 15-20 m de diam\u00e8tre au sein de la zone g\u00e9or\u00e9f\u00e9renc\u00e9e repr\u00e9sentative de la parcelle. Les pr\u00e9l\u00e8vements sont r\u00e9alis\u00e9s par un pr\u00e9leveur agr\u00e9\u00e9 du LDAR sur trois couches de 30\u00a0cm avec une gouge hydraulique mont\u00e9e sur quad \u00e0 raison d\u2019une dizaine de carottages par pr\u00e9l\u00e8vement.\r\n\r\nEn pratique et afin de permettre le maximum de pr\u00e9l\u00e8vements sur un minimum de temps, les pr\u00e9l\u00e8vements sont r\u00e9alis\u00e9s sans prise de rendez-vous avec les agriculteurs. La Chambre d\u2019agriculture fournit chaque ann\u00e9e la carte actualis\u00e9e des points de pr\u00e9l\u00e8vements ainsi qu\u2019un tableau r\u00e9capitulatif pr\u00e9cisant, pour chaque zone de pr\u00e9l\u00e8vement, l\u2019identit\u00e9 et les coordonn\u00e9es de l\u2019agriculteur, les coordonn\u00e9es GPS de la zone \u00e0 pr\u00e9lever et la nature de la culture en place si elle est connue.\r\n\r\nAfin de pr\u00e9venir les agriculteurs du passage du pr\u00e9leveur sur leurs parcelles, la Chambre d\u2019agriculture envoie un SMS la veille de la p\u00e9riode d'\u00e9chantillonnage \u00e0 l\u2019ensemble des agriculteurs concern\u00e9s.\r\n<h3>Collecte des donn\u00e9es<\/h3>\r\nAfin d\u2019interpr\u00e9ter les valeurs de reliquats analys\u00e9s, il est indispensable d\u2019avoir un minimum d\u2019informations sur la parcelle (type de sol, historique, culture en place\u2026), son itin\u00e9raire technique (pr\u00e9c\u00e9dent, fertilisation, cultures interm\u00e9diaires (CI)\u2026), et le contexte annuel (rendement, accident cultural \u00e9ventuel, conditions climatiques\u2026).\r\n\r\n\u00c0 l\u2019exception des conditions climatiques, ces informations sont d\u00e9tenues par les agriculteurs qui doivent donc les transmettre \u00e0 la Chambre d\u2019agriculture sans filtre r\u00e9glementaire afin de pouvoir contextualiser les r\u00e9sultats d\u2019analyses, de comparer les r\u00e9sultats mesur\u00e9s entre les diverses parcelles, de permettre le calcul des pertes\u2026\r\n\r\nDans le cas de la m\u00e9thode AZUR, les parcelles analys\u00e9es \u00e9tant fixes, le type de sol et le contexte historique sont collect\u00e9s \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019engagement de l\u2019agriculteur au d\u00e9but de la mesure. Pour la suite, les informations relatives \u00e0 l\u2019itin\u00e9raire technique sont collect\u00e9es annuellement au moyen d\u2019une fiche de renseignements. L\u00e0 encore, le fait d\u2019avoir des parcelles fixes permet de v\u00e9rifier <em>a minima<\/em> certains \u00e9l\u00e9ments (tels que la continuit\u00e9 entre la culture pr\u00e9c\u00e9dente et suivante\u00a0; les dates de r\u00e9colte et dates de semis\u2026).\r\n\r\nAfin de ne pas solliciter inutilement les agriculteurs, une seule fiche de renseignements est utilis\u00e9e aussi bien pour le REH que le RSH, \u00e0 savoir la fiche <em>AzoFert\u00ae<\/em> du LDAR. <em>AzoFert\u00ae<\/em> est le logiciel d\u2019interpr\u00e9tation du RSH d\u00e9velopp\u00e9 par l\u2019INRA et le LDAR. C\u2019est un outil bas\u00e9 sur un bilan complet et dynamique qui n\u00e9cessite donc davantage de donn\u00e9es comparativement \u00e0 un outil statique tels que ceux reposant sur le r\u00e9f\u00e9rentiel du GREN des Hauts-de-France. Il n\u00e9cessite notamment les dates des interventions (date de semis, de r\u00e9colte, d'implantation et destruction des CI, l'\u00e9ventuelle pr\u00e9sence de repousses, les apports de produits organiques\u2026) qui sont des informations pr\u00e9cieuses \u00e9galement pour comprendre les REH. Le tableau 2 pr\u00e9cise la liste des donn\u00e9es collect\u00e9es via la fiche de renseignements <em>AzoFert\u00ae<\/em>.\r\n\r\nD\u2019un point de vue pratique, la fiche de renseignements pr\u00e9-remplie (\u00e9l\u00e9ments r\u00e9currents tel que le type de sol ou les habitudes culturales\u00a0; culture pr\u00e9c\u00e9dente) est compl\u00e9t\u00e9e lors d\u2019un entretien entre l\u2019agriculteur et l\u2019animateur courant janvier. \u00c0 l\u2019occasion de cet entretien, toutes les autres informations (difficult\u00e9s de lev\u00e9es des couverts, pression parasitaire, etc.) susceptibles d\u2019expliquer les valeurs de REH mesur\u00e9s et qui ne figurent pas sur la fiche de renseignements sont \u00e9galement collect\u00e9es.\r\n\r\nSur les BAC o\u00f9 le nombre \u00e9lev\u00e9 d\u2019agriculteurs engag\u00e9s ne permet pas de proc\u00e9der \u00e0 ces rendez-vous individuels, les fiches sont envoy\u00e9es par courrier aux agriculteurs. Ils doivent la remplir et la retourner \u00e0 la Chambre d\u2019agriculture qui proc\u00e8de \u00e0 une v\u00e9rification et rappelle les agriculteurs le cas \u00e9ch\u00e9ant avant de les retourner au LDAR afin que le laboratoire fournisse directement aux agriculteurs les conseils de fertilisation mi-f\u00e9vrier. Le LDAR envoie ensuite \u00e0 la Chambre d\u2019agriculture le r\u00e9capitulatif des renseignements collect\u00e9s et des d\u00e9tails des calculs <em>AzoFert\u00ae<\/em>. Les REH de l\u2019ann\u00e9e N ne peuvent donc pas \u00eatre \u00e9tudi\u00e9s finement avant la fin de l\u2019hiver de l\u2019ann\u00e9e N+1, et en pratique l\u2019\u00e9tude des r\u00e9sultats est r\u00e9alis\u00e9e durant l\u2019\u00e9t\u00e9.\r\n<h6>Tableau 2. Liste des donn\u00e9es collect\u00e9es via la fiche de renseignement <em>AzoFert\u00ae<\/em>.<\/h6>\r\n<a href=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Gaillard-tab2-2.png\"><img class=\"alignnone wp-image-1930 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Gaillard-tab2-2.png\" alt=\"\" width=\"1740\" height=\"1054\" \/><\/a>\r\n\r\nLes autres informations n\u00e9cessaires sont notamment les donn\u00e9es m\u00e9t\u00e9orologiques\u00a0: pluviom\u00e9trie, \u00e9vapotranspiration, temp\u00e9rature sur la dur\u00e9e de l\u2019\u00e9tude. Il est \u00e9galement n\u00e9cessaire de disposer de r\u00e9f\u00e9rences climatiques dites normales. La Chambre d\u2019agriculture utilise le r\u00e9seau de stations m\u00e9t\u00e9orologiques r\u00e9gional afin de disposer de donn\u00e9es m\u00e9t\u00e9orologiques \u00e0 proximit\u00e9 des BAC, au besoin compl\u00e9t\u00e9 par des donn\u00e9es M\u00e9t\u00e9o France.\r\n<h3>Traitement des donn\u00e9es et interpr\u00e9tations des REH<\/h3>\r\nL\u2019ensemble des donn\u00e9es (r\u00e9sultats d\u2019analyses, informations issues des fiches de renseignements <em>AzoFert\u00ae<\/em>, donn\u00e9es m\u00e9t\u00e9orologiques) est compil\u00e9 dans un tableur <em>Excel<\/em>. L\u2019interpr\u00e9tation des REH r\u00e9alis\u00e9e dans le cadre de la m\u00e9thode AZUR repose essentiellement sur l\u2019analyse comparative des valeurs au regard des pratiques et du contexte climatique annuel. Cette analyse est r\u00e9alis\u00e9e annuellement selon le d\u00e9roul\u00e9 suivant\u00a0:\r\n\r\na)\u00a0 Contexte \u00ab territorial \u00bb\u00a0: contexte p\u00e9dologique, vuln\u00e9rabilit\u00e9 du BAC, syst\u00e8mes agricoles\u2026\r\n\r\nLa m\u00e9thode AZUR \u00e9tant g\u00e9n\u00e9ralement mise en place pour une dur\u00e9e de trois ans avec un r\u00e9seau de parcelles fixes, l\u2019\u00e9tude du contexte p\u00e9dologique et des syst\u00e8mes agricoles rencontr\u00e9s est r\u00e9alis\u00e9e uniquement la premi\u00e8re ann\u00e9e de suivi. Il s\u2019agit du descriptif du territoire d\u2019\u00e9tude, des parcelles suivies (notamment de leurs caract\u00e9ristiques p\u00e9dologiques sur la base de la carte des sols de l\u2019Aisne). L\u2019\u00e9tude des syst\u00e8mes se limite aux rotations types du territoire et la mise en \u00e9vidence des diff\u00e9rences de syst\u00e8mes entre les exploitations concern\u00e9es telles que la pr\u00e9sence d\u2019\u00e9levage et l\u2019utilisation de produits organiques, la pr\u00e9sence de luzerne dans la rotation\u2026\r\n\r\nb)\u00a0 \u00c9tude du contexte annuel\u00a0: climat de l\u2019ann\u00e9e, conditions de pr\u00e9l\u00e8vement et d\u2019analyse des reliquats, cultures en place.\r\n\r\nLe contexte annuel est surtout \u00e9tudi\u00e9 au travers des conditions climatiques de la p\u00e9riode estivale \u00e0 la date de mesure du REH puis entre la date de mesure du REH et celle du RSH. La premi\u00e8re p\u00e9riode permettant d\u2019aider \u00e0 comprendre les valeurs de REH, la seconde d\u2019estimer les pertes par lixiviation. Le param\u00e8tre majeur \u00e9tudi\u00e9 est le r\u00e9gime des pr\u00e9cipitations. Les dates de d\u00e9but drainage sont v\u00e9rifi\u00e9es <em>a posteriori<\/em> via l\u2019actualisation des bilans hydriques d\u2019une part, et la v\u00e9rification des humidit\u00e9s mesur\u00e9es dans les \u00e9chantillons de sol REH d\u2019autres part.\r\n\r\nPour les BAC sur lesquels peu de parcelles sont suivies, l\u2019assolement de l\u2019ann\u00e9e a un impact sur le r\u00e9sultat global du BAC. En effet, par le jeu des rotations, le REH moyen du BAC peut \u00eatre biais\u00e9 par la surrepr\u00e9sentation de certaines successions culturales. On s\u2019attarde donc sur la r\u00e9partition des cultures, la proportion d\u2019intercultures courtes et longues, la pr\u00e9sence de CIPAN, l\u2019utilisation de produits organiques\u2026\r\n\r\nc)\u00a0 Analyse des r\u00e9sultats (statistiques descriptives), calcul des pertes\r\n\r\nLes r\u00e9sultats de la campagne de mesure de REH sont trait\u00e9s par des statistiques descriptives simples\u00a0: minimum, maximum, moyenne, m\u00e9diane, histogramme de distribution des reliquats. Les m\u00e9dianes sont compar\u00e9es aux r\u00e9sultats des ann\u00e9es ant\u00e9rieures sur le m\u00eame territoire et \u00e0 celles des autres territoires pour la m\u00eame ann\u00e9e. Les pertes par lixiviation sont calcul\u00e9es avec un mod\u00e8le de Burns (1976) entre la date de mesure du REH et du RSH.\r\n\r\nd)\u00a0 Calcul de REH objectifs\r\n\r\nLe calcul d\u2019objectifs de REH est r\u00e9alis\u00e9 depuis 2018 \u00e0 la demande de l\u2019Agence de l\u2019Eau Seine Normandie sur certains BAC de l\u2019Aisne. La m\u00e9thodologie appliqu\u00e9e repose sur la d\u00e9termination d\u2019un objectif de concentration en nitrate sous-racinaire et sur le calcul du REH permettant d\u2019obtenir cette valeur (Burns \u00e0 l\u2019envers). Une seule valeur de REH cible est calcul\u00e9e pour le BAC. Cette valeur est d\u2019abord d\u00e9termin\u00e9e <em>a priori<\/em> sur la base de donn\u00e9es climatiques moyennes puis est actualis\u00e9e chaque ann\u00e9e pour tenir compte de la m\u00e9t\u00e9o. L\u2019occupation du sol et les dates de pr\u00e9sence des cultures sont consid\u00e9r\u00e9es fixes sur la dur\u00e9e de l\u2019\u00e9tude et ne sont donc pas actualis\u00e9es chaque ann\u00e9e.\r\n\r\nLe REH objectif est calcul\u00e9 en deux temps\u00a0:\r\n\r\n\u00c9tape 1\u00a0: d\u00e9terminer un objectif de concentration sous-racinaire. L\u2019objectif de concentration au captage est fix\u00e9 par l\u2019Agence de l\u2019eau et\/ou la collectivit\u00e9. Pour faire le calcul, on fait l\u2019hypoth\u00e8se de transferts uniquement verticaux et homog\u00e8nes limit\u00e9s au p\u00e9rim\u00e8tre du BAC. On ne tient pas compte des diff\u00e9rences de vuln\u00e9rabilit\u00e9 li\u00e9es \u00e0 l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des sols et sous-sols. Les concentrations sous les zones autres que des cultures sont fix\u00e9es et l\u2019objectif de concentration sous culture est calcul\u00e9 par proportionnalit\u00e9. Les donn\u00e9es n\u00e9cessaires sont donc l\u2019occupation du territoire et les hypoth\u00e8ses de concentration en nitrate hors zones de culture (fix\u00e9es \u00e0 10 mg.L<sup>-1<\/sup> sous for\u00eats, 20 mg.L<sup>-1<\/sup> sous prairies et zones habit\u00e9es).\r\n\r\n\u00c9tape 2\u00a0: calcul du REH permettant d\u2019obtenir l\u2019objectif de concentration sous racinaire. Pour cela, il est n\u00e9cessaire d\u2019estimer le cumul de pluies pouvant provoquer de la lixiviation. Les donn\u00e9es n\u00e9cessaires sont les relev\u00e9s de pr\u00e9cipitations et d\u2019\u00e9vapotranspiration, les coefficients d\u2019\u00e9vapotranspiration culturaux et la r\u00e9serve utile moyenne des sols du BAC. Les donn\u00e9es climatiques sont annualis\u00e9es et issues de la station m\u00e9t\u00e9orologique la plus proche. Les coefficients d\u2019\u00e9vapotranspiration culturaux ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9s pour chaque p\u00e9riode d\u00e9cadaire en fonction de l\u2019assolement moyen pour le syst\u00e8me de culture de la r\u00e9gion (calcul de coefficients culturaux moyens pond\u00e9r\u00e9s par les surfaces assol\u00e9es). Gr\u00e2ce \u00e0 la carte des sols de l\u2019Aisne, il est possible de conna\u00eetre avec une bonne pr\u00e9cision la r\u00e9partition des diff\u00e9rents types de sols sur le territoire et donc de calculer une r\u00e9serve utile pond\u00e9r\u00e9e. En proc\u00e9dant ainsi, on peut calculer la pluie efficace pour la campagne \u00e9tudi\u00e9e ou pour des conditions climatiques normales. La derni\u00e8re \u00e9tape consiste \u00e0 d\u00e9terminer la valeur de REH en utilisant la relation entre la concentration en nitrate sous racinaire et la pluie efficace. Deux objectifs sont calcul\u00e9s\u00a0: un REH \u00ab <em>a priori<\/em> \u00bb sur la base du cumul des pluies efficaces normales\u00a0; un REH annuel ou \u00ab <em>a posteriori<\/em> \u00bb, sur la base du cumul des pluies efficaces de l\u2019ann\u00e9e.\r\n\r\ne)\u00a0 Analyse fine des r\u00e9sultats et recherche de facteurs explicatifs\r\n\r\nL\u2019objectif est de mettre en \u00e9vidence les relations entre les pratiques et les r\u00e9sultats\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>hi\u00e9rarchie entre les diff\u00e9rentes successions culturales\u00a0: mise en \u00e9vidence de succession \u00e0 risque faible \/ \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9,<\/li>\r\n \t<li>pour chaque succession culturale\u00a0: recherche des diff\u00e9rences en termes de pratiques culturales, de pass\u00e9 des parcelles, de syst\u00e8me\u2026 pouvant expliquer les \u00e9carts mesur\u00e9s. Les facteurs \u00e0 \u00e9tudier sont multiples et variables en fonction de la situation\u00a0: \u00e9l\u00e9ments relatifs au d\u00e9veloppement des CIPAN pour les intercultures longues (date de semis, dur\u00e9e de v\u00e9g\u00e9tation, niveau de d\u00e9veloppement, esp\u00e8ces\u2026), gestion des r\u00e9sidus du pr\u00e9c\u00e9dent, travail du sol, date de r\u00e9colte du pr\u00e9c\u00e9dent, situation avec surfertilisation importante ou accident cultural, apport organique d\u2019\u00e9t\u00e9-automne\u2026<\/li>\r\n<\/ul>\r\nf)\u00a0 \u00c9volution interannuelle des r\u00e9sultats\r\n\r\nL\u2019objectif est de mettre en \u00e9vidence les parcelles g\u00e9n\u00e9ratrices de fort REH et inversement. Cet aspect ne peut \u00eatre abord\u00e9 qu\u2019\u00e0 partir de trois ann\u00e9es successives de donn\u00e9es. Le tableau 3 illustre la diversit\u00e9 des situations rencontr\u00e9es dans un m\u00eame BAC.\r\n<h6>Tableau 3. Classification des parcelles du BAC de Guignicourt en fonction des valeurs de REH mesur\u00e9es au cours des trois ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes (les valeurs soulign\u00e9es sont inf\u00e9rieures au 1<sup>er<\/sup> quartile de l'ann\u00e9e et les valeurs en gras sont sup\u00e9rieures au 3<sup>\u00e8me<\/sup> quartile de l'ann\u00e9e).<\/h6>\r\n<table style=\"border-collapse: collapse;width: 100\u00a0%\" border=\"0\">\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 25\u00a0%\"><strong>Identifiant<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 25\u00a0%\"><strong>REH 2018<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 25\u00a0%\"><strong>REH 2019<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 25\u00a0%\"><strong>REH 2020<\/strong><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 25\u00a0%\">6836\r\n\r\n7877\r\n\r\n4723\r\n\r\n6808\r\n\r\n7319\r\n\r\n7136-2\r\n\r\n3730-1\r\n\r\n3730-2\r\n\r\n6779\r\n\r\n6983\r\n\r\n5198\r\n\r\n6094\r\n\r\n6241\r\n\r\n3984\r\n\r\n3634\r\n\r\n5947\r\n\r\n7136-1\r\n\r\n6161\r\n\r\n5322\r\n\r\n5326\r\n\r\n6369\r\n\r\n7209<\/td>\r\n<td style=\"width: 25\u00a0%\">83,7\r\n\r\n<span style=\"text-decoration: underline\">57,8<\/span>\r\n\r\n<span style=\"text-decoration: underline\">53<\/span>\r\n\r\n<span style=\"text-decoration: underline\">77<\/span>\r\n\r\n<span style=\"text-decoration: underline\">77,7<\/span>\r\n\r\n83,7\r\n\r\n118,2\r\n\r\n92,2\r\n\r\n81,5\r\n\r\n103,1\r\n\r\n104\r\n\r\n<span style=\"text-decoration: underline\">72,9<\/span>\r\n\r\n<span style=\"text-decoration: underline\">48,7<\/span>\r\n\r\n118\r\n\r\n97,3\r\n\r\n<strong>165,5<\/strong>\r\n\r\n93,4\r\n\r\n<strong>171,6<\/strong>\r\n\r\n<strong>178,5<\/strong>\r\n\r\n<strong>151,7<\/strong>\r\n\r\n<strong>198,6<\/strong>\r\n\r\n<strong>215,2<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 25\u00a0%\"><span style=\"text-decoration: underline\">29,7<\/span>\r\n\r\n<span style=\"text-decoration: underline\">27,2<\/span>\r\n\r\n61\r\n\r\n<span style=\"text-decoration: underline\">21,5<\/span>\r\n\r\n50,4\r\n\r\n45,3\r\n\r\n<span style=\"text-decoration: underline\">32,6<\/span>\r\n\r\n54,9\r\n\r\n<span style=\"text-decoration: underline\">25,3<\/span>\r\n\r\n52,7\r\n\r\n39,5\r\n\r\n<span style=\"text-decoration: underline\">12,6<\/span>\r\n\r\n<strong>112,1<\/strong>\r\n\r\n35,5\r\n\r\n60\r\n\r\n33,7\r\n\r\n45,1\r\n\r\n<strong>85,6<\/strong>\r\n\r\n<strong>145,5<\/strong>\r\n\r\n<strong>326,7<\/strong>\r\n\r\n<strong>139,1<\/strong>\r\n\r\n<strong>64,6<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 25\u00a0%\"><span style=\"text-decoration: underline\">56,7<\/span>\r\n\r\n95,4\r\n\r\n<span style=\"text-decoration: underline\">72,8<\/span>\r\n\r\n91,5\r\n\r\n<span style=\"text-decoration: underline\">70,3<\/span>\r\n\r\n<span style=\"text-decoration: underline\">86,7<\/span>\r\n\r\n-\r\n\r\n<span style=\"text-decoration: underline\">79,7<\/span>\r\n\r\n134\r\n\r\n95,9\r\n\r\n128,3\r\n\r\n<strong>201,7<\/strong>\r\n\r\n158,7\r\n\r\n170\r\n\r\n175,8\r\n\r\n147,3\r\n\r\n<strong>217,1<\/strong>\r\n\r\n154,9\r\n\r\n<strong>178,3<\/strong>\r\n\r\n126,2\r\n\r\n<strong>296,5<\/strong>\r\n\r\n<strong>560,1<\/strong><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<h3>Valorisation et diffusion des donn\u00e9es<\/h3>\r\nDans le cadre de la m\u00e9thode AZUR telle qu\u2019elle est mise en \u0153uvre sur les BACs de l\u2019Aisne, les cibles de diffusion des donn\u00e9es sont les agriculteurs engag\u00e9s dans la mesure, les autres agriculteurs du BAC, la collectivit\u00e9 et le financeur.\r\n\r\nL\u2019ensemble des donn\u00e9es est anonymis\u00e9. Les bulletins de r\u00e9sultat d\u2019analyse de reliquats sont transmis chaque ann\u00e9e aux agriculteurs engag\u00e9s et \u00e0 la collectivit\u00e9. Une fiche individuelle de r\u00e9sultats AZUR est \u00e9galement envoy\u00e9e chaque printemps aux agriculteurs engag\u00e9s. Cette fiche r\u00e9capitule les r\u00e9sultats d\u2019analyse de reliquats et est compl\u00e9t\u00e9e par divers indicateurs (calcul des pertes de nitrate, de min\u00e9ralisation, synth\u00e8se des conditions climatiques\u2026). Elle permet \u00e0 l\u2019agriculteur de se positionner au sein du panel et donne des pistes d\u2019explications. L\u2019objectif de cette fiche est de servir de support dans le cadre d\u2019entretiens entre agriculteurs et l\u2019animateur. Des entretiens individuels sont en effet propos\u00e9s aux agriculteurs engag\u00e9s.\r\n\r\nUn bilan annuel est r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 destination de la collectivit\u00e9 et de l\u2019Agence de l\u2019eau. Il reprend l\u2019ensemble du descriptif du panel de parcelles, du contexte p\u00e9doclimatique, des r\u00e9sultats mesur\u00e9s, des pratiques de gestion de l\u2019azote (fertilisation, CI\u2026) et conclut sur quelques recommandations.\r\n\r\nCe bilan est \u00e9galement pr\u00e9sent\u00e9 au cours d\u2019une r\u00e9union annuelle \u00e0 laquelle sont convi\u00e9s les agriculteurs du BAC.\r\n<h1>Analyse des r\u00e9sultats<\/h1>\r\nEn termes d\u2019engagements, sur les BAC \u00ab Grenelle \u00bb, la Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne, avec l\u2019aide de ses partenaires, a pu atteindre un taux d\u2019adh\u00e9sion de 79\u00a0% des agriculteurs.\r\n\r\nConcernant l\u2019analyse des r\u00e9sultats des REH, la Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne a notamment pu mettre en \u00e9vidence (ci-apr\u00e8s) les cinq principaux facteurs explicatifs des valeurs de REH pour les syst\u00e8mes d\u2019exploitation et contextes p\u00e9doclimatiques \u00e9tudi\u00e9s.\r\n<h2>Les conditions climatiques (effet annuel)<\/h2>\r\nOn a pu observer une importante variabilit\u00e9 des valeurs de REH d\u2019une ann\u00e9e sur l\u2019autre (Figure 2\u00a0; une cinquantaine d\u2019observations par campagne de mesure) avec des valeurs m\u00e9dianes pouvant aller du simple au double pour un m\u00eame territoire.\r\n\r\nCette variation annuelle est essentiellement li\u00e9e aux temp\u00e9ratures et au r\u00e9gime des pr\u00e9cipitations. Ces deux param\u00e8tres influent sur les vitesses de min\u00e9ralisation et la croissance des couverts en place. Les pr\u00e9cipitations influent \u00e9galement sur les pertes par lixiviation, qui ne sont pas cens\u00e9es entrer en compte pour les REH mais concernent surtout les RSH.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1244\" align=\"aligncenter\" width=\"1024\"]<img class=\"wp-image-1244 size-large\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig2hq-scaled-e1666856028508-1024x528.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"528\" \/> Figure 2. Illustration de la variabilit\u00e9 annuelle des valeurs de reliquats (sur 90 cm\u00a0; BAC de Guignicourt, Licy-Clignon, Braye-en-Thi\u00e9rache et Plomion).[\/caption]\r\n<h2>Le contexte agrop\u00e9doclimatique (effet BAC)<\/h2>\r\nIl s\u2019agit des \u00e9carts, pouvant \u00eatre importants, observ\u00e9s entre les diff\u00e9rents territoires \u00e9tudi\u00e9s pour une m\u00eame ann\u00e9e. C\u2019est donc un effet cumul\u00e9 du contexte p\u00e9doclimatique et des syst\u00e8mes d\u2019exploitation puisque d\u2019un territoire \u00e0 l\u2019autre, les cultures pratiqu\u00e9es variaient de m\u00eame que le recours aux amendements organiques en fonction de la pr\u00e9sence ou non d\u2019\u00e9levages.\r\n<h6>Tableau 4. Caract\u00e9ristiques de BAC suivis par la Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne et REH moyens (sur 90 cm).<\/h6>\r\n<table style=\"border-collapse: collapse;width: 100\u00a0%;height: 120px\" border=\"0\">\r\n<tbody>\r\n<tr style=\"height: 15px\">\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">BAC<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">Types de sol majoritaire<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">Importance de l'\u00e9levage<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">Cultures principales<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">Pr\u00e9cipitations annuelles<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">REH moyen 2018-2020<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 60px\">\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 60px\">Guignicourt<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 60px\">craie de Champagne, sable calcaire<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 60px\">-<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 60px\">betterave, bl\u00e9, colza, orge, luzerne<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 60px\">676 mm<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 60px\">112 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>\r\n\r\nIC<sub>95\u00a0%<\/sub> = [91\u00a0; 132]<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 15px\">\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">Braye-en-Thi\u00e9rache<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">limon moyen profond, limon moyen hydromorphe<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">++<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">betterave, bl\u00e9, colza, orge, ma\u00efs fourrage, pomme de terre, lin<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">762 mm<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">74 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>\r\n\r\nIC<sub>95\u00a0%<\/sub> = [77\u00a0; 123]<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 15px\">\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">Plomion<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">limon moyen hydromorphe<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">+++<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">ma\u00efs fourrage, bl\u00e9, colza, orge, pomme de terre<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">762 mm<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">100 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>\r\n\r\nIC<sub>95\u00a0%<\/sub> = [37\u00a0; 109]<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 15px\">\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">Licy-Clignon<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">limon argileux profond<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">+<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">betterave, bl\u00e9, colza, orge<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">708 mm<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">78 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>\r\n\r\nIC<sub>95\u00a0%<\/sub> = [62\u00a0; 94]<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<h2>La succession culturale<\/h2>\r\nIl s\u2019agit du facteur explicatif majeur, toutes choses \u00e9gales par ailleurs. Une hi\u00e9rarchie est syst\u00e9matiquement mise en \u00e9vidence en fonction de la nature du couple pr\u00e9c\u00e9dent cultural \u2013 culture suivante et de la gestion de l\u2019interculture qui en d\u00e9coule (figure 3). On peut ainsi distinguer\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>les successions \u00e0 \u00ab risque faible \u00bb. Il s\u2019agit des successions pour lesquelles le pr\u00e9c\u00e9dent g\u00e9n\u00e8re des reliquats post-r\u00e9coltes faibles et\/ou le couvert en place avant la date de d\u00e9but drainage a une bonne efficacit\u00e9 d\u2019absorption de l\u2019azote min\u00e9ral disponible dans le sol. On retrouve dans cette cat\u00e9gorie les bl\u00e9s de betteraves (pr\u00e9c\u00e9dent r\u00e9colt\u00e9 tardivement et sans senescence avant la r\u00e9colte), les colzas de c\u00e9r\u00e9ales \u00e0 paille (culture implant\u00e9e t\u00f4t avec une forte capacit\u00e9 d\u2019absorption de l\u2019azote durant l\u2019automne) et les c\u00e9r\u00e9ales \u00e0 paille suivie d\u2019une CIPAN. Pour ces deux derni\u00e8res situations, les apports organiques \u00e9ventuellement effectu\u00e9s en fin d\u2019\u00e9t\u00e9 ou automne ne remettent pas en cause leur classement. On retrouve \u00e9galement dans cette cat\u00e9gorie, les luzerni\u00e8res en place\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>les successions \u00e0 \u00ab risque interm\u00e9diaire \u00bb. Il s\u2019agit des situations qui g\u00e9n\u00e8rent des valeurs de REH m\u00e9dianes et\/ou fortement variables suivant les parcelles et les ann\u00e9es. On retrouve ici les c\u00e9r\u00e9ales d\u2019hiver de c\u00e9r\u00e9ales \u00e0 paille et les c\u00e9r\u00e9ales d\u2019hiver derri\u00e8re ma\u00efs\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>les successions \u00e0 \u00ab risque \u00e9lev\u00e9 \u00bb qui g\u00e9n\u00e8rent quasi syst\u00e9matiquement des valeurs de REH \u00e9lev\u00e9es\u00a0: c\u00e9r\u00e9ales d\u2019hiver avec pour pr\u00e9c\u00e9dent des l\u00e9gumineuses \u00e0 graines, de la luzerne, des pommes de terre, du lin fibre et du colza. Pour toutes ces situations, on est en pr\u00e9sence de pr\u00e9c\u00e9dents qui g\u00e9n\u00e8rent des reliquats post-r\u00e9coltes importants suivis par des cultures \u00e0 faible capacit\u00e9 d\u2019absorption automnale.<\/li>\r\n<\/ul>\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1445\" align=\"aligncenter\" width=\"1593\"]<img class=\"wp-image-1445 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig3hq-scaled-e1666951795671.jpg\" alt=\"\" width=\"1593\" height=\"902\" \/> Figure 3. REH 2013 \u2013 2017 suivant le type de succession \u2013 BAC AZUR (sur 90 cm).[\/caption]\r\n<h2>L\u2019itin\u00e9raire technique<\/h2>\r\nPour une m\u00eame succession culturale et un m\u00eame contexte p\u00e9doclimatique, nous avons toujours observ\u00e9 une certaine variabilit\u00e9 des valeurs de REH. La confrontation de ces valeurs avec le d\u00e9tail des itin\u00e9raires techniques d\u00e9clar\u00e9s par les agriculteurs a permis de mettre en \u00e9vidence l\u2019impact de certaines pratiques dont\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>la date de r\u00e9colte de la betterave pour la succession betterave \u2013 bl\u00e9 (figure 4)\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>la gestion des pailles du pr\u00e9c\u00e9dent pour la succession bl\u00e9 \u2013 bl\u00e9\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>la dur\u00e9e de maintien des repousses de colza pour la succession colza \u2013 bl\u00e9\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>la date de destruction de la luzerni\u00e8re pour la succession luzerne \u2013 bl\u00e9\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>la pr\u00e9sence, nature et niveau de d\u00e9veloppement des couverts d\u2019interculture\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>la nature, la quantit\u00e9 et la date des amendements organiques pour les successions avec interculture longue.<\/li>\r\n<\/ul>\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1591\" align=\"aligncenter\" width=\"1606\"]<img class=\"wp-image-1591 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/jg_fig4hq-scaled-e1669119974772.jpg\" alt=\"\" width=\"1606\" height=\"1043\" \/> Figure 4. Impact de la date de r\u00e9colte du pr\u00e9c\u00e9dent betterave sur les REH (sur 90 cm\u00a0; BAC de Guignicourt, 2019).[\/caption]\r\n\r\nPar ailleurs, au cours des suivis r\u00e9alis\u00e9s par la Chambre d\u2019agriculture sur les divers BAC depuis 2012, aucune relation entre la fertilisation azot\u00e9e du pr\u00e9c\u00e9dent (sur base des d\u00e9clarations des agriculteurs) et les valeurs de REH n'a pu \u00eatre mise en \u00e9vidence (figure 5), sauf situations exceptionnelles avec accidents culturaux, non r\u00e9colte et sur-fertilisation extr\u00eame.\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1247\" align=\"aligncenter\" width=\"1619\"]<img class=\"wp-image-1247 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig5hq-scaled-e1666856175260.jpg\" alt=\"\" width=\"1619\" height=\"934\" \/> Figure 5. Relation entre bilans azot\u00e9s post-r\u00e9coltes et REH (sur 90 cm\u00a0; BAC de Guignicourt).[\/caption]\r\n<h2>Les effets exceptionnels<\/h2>\r\nAu cours des suivis r\u00e9alis\u00e9s par la Chambre d\u2019agriculture, certaines ann\u00e9es, des situations particuli\u00e8res impactant les valeurs de REH ont modifi\u00e9 la hi\u00e9rarchie habituelle entre successions culturales.\r\n\r\nOn peut citer notamment la s\u00e9cheresse de fin d\u2019\u00e9t\u00e9 qui a eu un impact n\u00e9gatif sur le d\u00e9veloppement des CIPAN et des repousses de colza et donc sur leur absorption d\u2019azote.\r\n\r\nOn a \u00e9galement pu observer l\u2019impact d\u2019un facteur biotique, en l\u2019occurrence la jaunisse de la betterave li\u00e9e \u00e0 une forte pression puceron au cours de la campagne 2020, qui s\u2019est traduit par des reliquats anormalement \u00e9lev\u00e9s pour la succession betterave \u2013 bl\u00e9 cette ann\u00e9e dans les secteurs les plus touch\u00e9s.\r\n<h1>Difficult\u00e9s rencontr\u00e9es<\/h1>\r\n<h2>Mesure du REH<\/h2>\r\n<h3>Date de pr\u00e9l\u00e8vement des \u00e9chantillons de sol<\/h3>\r\nLors des premi\u00e8res campagnes de mesure de REH r\u00e9alis\u00e9es dans l\u2019Aisne sur les BAC Grenelle, les pr\u00e9l\u00e8vements \u00e9taient r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 une date fixe convenue avec le laboratoire. L\u2019exp\u00e9rience a rapidement montr\u00e9 que ce n\u2019\u00e9tait pas une solution viable. En effet, les mesures r\u00e9alis\u00e9es fin novembre 2013 (deuxi\u00e8me campagne de mesure de REH dans l\u2019Aisne) se sont av\u00e9r\u00e9es <em>a posteriori<\/em> trop tardives compte-tenu des pr\u00e9cipitations automnales importantes. Les REH mesur\u00e9s \u00e9taient tr\u00e8s bas et leur interpr\u00e9tation d\u00e9licate compte-tenu de l\u2019incertitude sur la lixiviation. C\u2019est pourquoi il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de calculer annuellement la date de d\u00e9but drainage pour chaque BAC \u00e0 partir de 2014.\r\n<h3>Organisation des pr\u00e9l\u00e8vements<\/h3>\r\nLors des premi\u00e8res campagnes de mesure, la Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne se chargeait de l\u2019organisation des pr\u00e9l\u00e8vements (contrats, affectation des pr\u00e9leveurs, organisation du travail, aspects pratiques et documentaires\u2026). Cette activit\u00e9 tr\u00e8s chronophage et demandant une organisation sans faille a ensuite \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e au laboratoire LDAR pour qui la gestion des pr\u00e9l\u00e8vements fait partie de ses m\u00e9tiers.\r\n\r\nQuelques probl\u00e8mes d\u2019identification des parcelles ont \u00e9t\u00e9 rencontr\u00e9s. En effet, l\u2019organisation impliquait d\u2019envoyer le pr\u00e9leveur sur un BAC pour qu\u2019il pr\u00e9l\u00e8ve des \u00e9chantillons de sol sur toutes les parcelles en une ou deux journ\u00e9es et sans contact direct avec les agriculteurs. Pour cela, un tableau r\u00e9capitulatif des parcelles \u00e0 \u00e9chantillonner \u00e9tait fourni avec les coordonn\u00e9es GPS et une carte sur laquelle chaque parcelle \u00e9tait identifi\u00e9e par son num\u00e9ro. Cependant chaque ann\u00e9e, des agriculteurs n\u2019ayant pas vu le pr\u00e9leveur dans leur champ ou ne trouvant pas de trace de roues, d\u00e9claraient que les pr\u00e9l\u00e8vements n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 faits ou qu\u2019ils avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s dans une autre parcelle.\r\n\r\nDe plus certains agriculteurs ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des \u00e9changes de parcelles, des ventes ou des reprises au cours du suivi\u00a0; le plus souvent sans pr\u00e9venir la Chambre d\u2019agriculture qui se retrouvait alors avec des analyses d\u2019\u00e9chantillons sans correspondance avec les fiches de renseignements.\r\n\r\nLa tra\u00e7abilit\u00e9 des \u00e9chantillons fut \u00e9galement d\u00e9licate \u00e0 organiser puisque les fiches de renseignements accompagnant habituellement les \u00e9chantillons de sol \u00e9taient g\u00e9r\u00e9es \u00e0 part.\r\n\r\nIl a donc fallu s\u2019am\u00e9liorer au cours des campagnes d'\u00e9chantillonnage successives et quelques ann\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaires pour arriver \u00e0 une organisation satisfaisante.\r\n<h2>Collecte des donn\u00e9es aupr\u00e8s des agriculteurs<\/h2>\r\nLes informations sur l\u2019itin\u00e9raire technique des parcelles sont fondamentales pour comprendre et interpr\u00e9ter les mesures de reliquat. Cependant, quel que soit le territoire \u00e9tudi\u00e9, la collecte des donn\u00e9es a toujours \u00e9t\u00e9 relativement difficile. Sur les BAC \u00ab Grenelle \u00bb, les informations devaient \u00eatre renseign\u00e9es directement par les agriculteurs via le remplissage de la fiche de renseignements <em>AzoFert\u00ae<\/em>. Bien que cette fiche soit d\u00e9j\u00e0 maitris\u00e9e par les agriculteurs puisque utilis\u00e9e depuis de nombreuses ann\u00e9es pour l\u2019interpr\u00e9tation des RSH mesur\u00e9s au LDAR, un faible taux de remplissage \u00e9tait r\u00e9guli\u00e8rement constat\u00e9. Il a donc fallu mettre en place une \u00e9quipe de relecture et de relance t\u00e9l\u00e9phonique. N\u00e9anmoins, la qualit\u00e9 (ou d\u00e9faut) de certains renseignements est rest\u00e9e sujet \u00e0 caution (exemple\u00a0: l\u2019absence d\u2019information sur des repousses de colza signifie-t-il l\u2019absence de repousses ou est-ce une omission ?).\r\n\r\nPar la suite, sur les BAC en march\u00e9 public, les fiches de renseignements ont \u00e9t\u00e9 compl\u00e9t\u00e9es par l\u2019animateur lors d\u2019entretiens individuels avec les agriculteurs, am\u00e9liorant grandement la compl\u00e9tude et la qualit\u00e9 des renseignements collect\u00e9s.\r\n\r\nPar ailleurs, au cours des diverses campagnes, certaines informations importantes mais manquantes pour comprendre les valeurs de REH ont \u00e9t\u00e9 mises en \u00e9vidence, telles que la pr\u00e9sence de maladie, le d\u00e9veloppement des CIPAN, les difficult\u00e9s de lev\u00e9e de la culture d\u2019hiver, le d\u00e9tail du fractionnement et la valorisation des apports d\u2019azote. Ces informations n\u2019ont pu \u00eatre collect\u00e9es que lors de la mise en place d\u2019entretiens individuels pour les derniers BAC \u00e9tudi\u00e9s. Une fiche de donn\u00e9es compl\u00e9mentaires sur la gestion des intercultures et des repousses de colza avait \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e sur les BAC \u00ab Grenelle \u00bb en 2013-2014, mais vu le tr\u00e8s faible taux de retour, elle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 reconduite.\r\n<h2>D\u00e9motivation des agriculteurs<\/h2>\r\nSur les BAC \u00ab Grenelle \u00bb pour lesquelles la m\u00e9thode AZUR a \u00e9t\u00e9 mise en \u0153uvre durant six ann\u00e9es successives, une \u00e9rosion de l\u2019implication des agriculteurs s\u2019est notamment traduite par une moindre participation aux r\u00e9unions d\u2019information collectives et par une plus grande difficult\u00e9 pour collecter les donn\u00e9es. Au final, pour certains agriculteurs, la d\u00e9marche innovante et int\u00e9ressante est devenue une mesure routini\u00e8re n\u00e9cessaire au plan d\u2019action du BAC. En cause vraisemblablement, le contenu de la m\u00e9thode AZUR ainsi que la d\u00e9marche d\u2019accompagnement et l\u2019animation propos\u00e9e qui n\u2019ont pas \u00e9volu\u00e9 au cours du temps.\r\n<h2>Difficult\u00e9s d\u2019interpr\u00e9tation<\/h2>\r\nMalgr\u00e9 les donn\u00e9es collect\u00e9es sur les itin\u00e9raires techniques, les \u00e9changes avec les agriculteurs et avec les experts (INRAE, LDAR, Agro-Transfert RT), il y a chaque ann\u00e9e une part de r\u00e9sultats difficilement explicables. Ces cas sont d\u2019autant plus ennuyeux que ce sont eux qui interpellent les agriculteurs.\r\n\r\nDe plus, l\u2019analyse des valeurs de REH est essentiellement relative (comparaison des parcelles et des situations entre elles et par rapport \u00e0 la moyenne du panel) (figure 6) et l\u2019absence de r\u00e9f\u00e9rences permettant de juger si le chiffre est plut\u00f4t \u00ab bon \u00bb ou \u00ab \u00e0 am\u00e9liorer \u00bb s\u2019est av\u00e9r\u00e9e g\u00eanante.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1248\" align=\"aligncenter\" width=\"1555\"]<img class=\"wp-image-1248 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig6hq-scaled-e1666856217924.jpg\" alt=\"\" width=\"1555\" height=\"889\" \/> Figure 6. Impact du contexte agronomique sur les REH mesur\u00e9s sur un BAC (Licy-Clignon, 2016).[\/caption]\r\n<h2>Calcul et utilisation des objectifs de REH<\/h2>\r\nLa m\u00e9thode propos\u00e9e par l\u2019Agence de l\u2019eau Seine-Normandie pr\u00e9sente l\u2019int\u00e9r\u00eat de donner une valeur de r\u00e9f\u00e9rence reposant sur un objectif compr\u00e9hensible par tous.\r\n\r\nC\u2019est un outil int\u00e9ressant qui a le m\u00e9rite de chiffrer l\u2019effort \u00e0 fournir par les agriculteurs. Par contre, son utilisation sur les derniers BAC suivis par la Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne a mis en \u00e9vidence qu\u2019en fonction des syst\u00e8mes et des contextes p\u00e9doclimatiques, l\u2019objectif de REH peut \u00eatre facilement atteignable dans certaines situations ou \u00e0 l\u2019inverse compl\u00e8tement inatteignable m\u00eame avec les m\u00e9thodes d\u2019optimisation \u00ab classiques \u00bb de gestion de l\u2019azote sans revoir les syst\u00e8mes voire l\u2019occupation des sols (figure 7).\r\n\r\nLa m\u00e9thode et donc la valeur des objectifs calcul\u00e9s restent sujet \u00e0 caution au vu du grand nombre d\u2019approximations.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1592\" align=\"aligncenter\" width=\"1612\"]<img class=\"wp-image-1592 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/jg_fig7hq-scaled-e1669120031277.jpg\" alt=\"\" width=\"1612\" height=\"934\" \/> Figure 7. Distribution des REH (sur 90 cm) et comparaison \u00e0 deux objectifs de r\u00e9sultats dans le BAC de Guignicourt (2020).[\/caption]\r\n<h2>\u00c9chelle de travail<\/h2>\r\nL\u2019analyse des donn\u00e9es dans le cadre de la m\u00e9thode AZUR s\u2019est surtout concentr\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la parcelle et de la succession culturale.\r\n\r\nPour ce qui est de l\u2019\u00e9chelle spatiale, bien qu\u2019ayant essay\u00e9 d\u2019avoir un nombre de parcelles le plus important possible et avec une bonne r\u00e9partition sur le BAC, il reste difficile d\u2019extrapoler ces donn\u00e9es \u00ab \u00e9chantillonnaires \u00bb pour avoir une meilleure estimation des contributions agricoles. Par ailleurs l\u2019absence de suivi sur les zones non cultiv\u00e9es ou de prise en compte d\u2019\u00e9ventuelles sources de pollution non agricoles a souvent \u00e9t\u00e9 reproch\u00e9e \u2013 \u00e0 juste titre \u2013 par les agriculteurs engag\u00e9s.\r\n\r\nDe m\u00eame, si l\u2019\u00e9tude des successions culturales a permis de mettre en \u00e9vidence certaines situations \u00e0 risques, leur fr\u00e9quence peut relativiser leurs impacts. Il serait donc n\u00e9cessaire d\u2019\u00e9tudier les reliquats \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la rotation pour avoir une meilleure estimation des contributions aux fuites de nitrate.\r\n<h2>Pr\u00e9conisation et accompagnement des agriculteurs<\/h2>\r\nLa m\u00e9thode AZUR est avant tout un observatoire qui a permis de mettre en \u00e9vidence les facteurs influen\u00e7ant le REH. Certains de ces facteurs sont li\u00e9s aux pratiques des agriculteurs, il est donc possible d\u2019en d\u00e9duire des recommandations. Cependant l\u2019accompagnement est rest\u00e9 limit\u00e9 \u00e0 des constats et des tentatives d\u2019explications. L\u2019animation restant tr\u00e8s timide sur les recommandations et actions \u00e0 mettre en place. Par ailleurs, les mesures figurant au contrat d\u2019engagement des agriculteurs sont pour la plupart d\u00e9j\u00e0 r\u00e9glementairement obligatoires.\r\n\r\nDans un objectif d\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de l\u2019eau, il serait n\u00e9cessaire d\u2019aller plus loin sur l\u2019accompagnement au changement des pratiques et aborder \u00e9galement les questions de re-conception de syst\u00e8mes.\r\n<h1>Conclusions et perspectives<\/h1>\r\nLa m\u00e9thode AZUR qui a \u00e9t\u00e9 mise en place initialement sur les BAC \u00ab Grenelle \u00bb du d\u00e9partement de l\u2019Aisne, \u00e0 titre exp\u00e9rimental, a r\u00e9pondu \u00e0 son premier objectif d\u2019implication des agriculteurs dans une d\u00e9marche d\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de l\u2019eau. Elle a \u00e9galement permis d\u2019apprendre \u00e0 travailler avec ce nouvel indicateur qu\u2019est le REH et de d\u00e9finir des r\u00e9f\u00e9rences nouvelles.\r\n\r\nEnsuite \u00e9tendue \u00e0 d\u2019autres territoires, la m\u00e9thode a permis d\u2019en apprendre plus sur les facteurs de variabilit\u00e9 dans des contextes vari\u00e9s et notamment l\u2019impact des diff\u00e9rentes successions culturales dont certaines \u00e9taient inattendues.\r\n\r\nAZUR a \u00e9galement permis de confirmer le r\u00f4le fondamental de la gestion de l\u2019interculture pour maitriser les pertes de nitrate ainsi que le r\u00f4le marginal de la gestion de la fertilisation azot\u00e9e min\u00e9rale de printemps qui constitue pourtant la pierre angulaire du programme d\u2019action de la Directive Nitrates et sans doute l\u2019\u00e9l\u00e9ment le plus contr\u00f4l\u00e9.\r\n\r\nLa mise en \u0153uvre de la m\u00e9thode a n\u00e9anmoins \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e \u00e0 des difficult\u00e9s dont les plus frustrantes, tant pour les animateurs que les agriculteurs, \u00e9taient de ne pas pouvoir expliquer certaines valeurs, ou encore les incertitudes sur les contributions \u00e0 la qualit\u00e9 de l\u2019eau.\r\n\r\nAZUR est une premi\u00e8re \u00e9tape dans une d\u00e9marche d\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de l\u2019eau\u00a0: celle du constat et de la sensibilisation. L\u2019\u00e9tape suivante, \u00e0 savoir celle devant in\u00e9vitablement d\u00e9boucher sur des changements de pratiques voire une \u00e9volution des syst\u00e8mes reste \u00e0 construire.\r\n<h1>Bibliographie<\/h1>\r\nBurns I.G., 1976. Equations to predict the leaching of nitrate uniformly incorporated to a known depth or uniformly distributed throughout a soil profile. <em>Journal of Agricultural Science<\/em>, 86, 305-313.","rendered":"<div class=\"textbox\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>La mise en place de programmes d\u2019actions dans les bassins de captage dits \u00ab\u00a0Grenelle \u00bb a conduit la Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne, avec l\u2019appui des instituts techniques, \u00e0 mettre en place une nouvelle approche de gestion collective de la fertilisation azot\u00e9e bas\u00e9e sur le suivi du reliquat entr\u00e9e hiver (REH)\u00a0: la m\u00e9thode \u00ab AZUR \u00bb.<\/p>\n<p>La d\u00e9marche mise en \u0153uvre \u00e0 compter de 2012 avec le soutien financier de l\u2019Agence de l\u2019Eau Seine-Normandie et des collectivit\u00e9s, s\u2019appuie sur un engagement volontaire des agriculteurs \u00e0 suivre un ensemble de prescriptions visant \u00e0 optimiser leurs pratiques de fertilisation azot\u00e9e d\u2019une part, et \u00e0 participer \u00e0 un r\u00e9seau de suivi de reliquats azot\u00e9s (REH \u2013 RSH) \u00e0 hauteur d\u2019une parcelle fixe par agriculteur d\u2019autre part. Les pr\u00e9l\u00e8vements sont r\u00e9alis\u00e9s sur trois horizons de 30 cm dans une zone g\u00e9or\u00e9f\u00e9renc\u00e9e de chaque parcelle \u00e0 une date d\u00e9termin\u00e9e sur la base d\u2019un bilan hydrique pour le REH et autour du 15 f\u00e9vrier pour le RSH.<\/p>\n<p>Les contrats d\u2019une dur\u00e9e initiale de trois ans ont \u00e9t\u00e9 reconduits au-del\u00e0 pour certains, ce qui a permis \u00e0 la Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne d\u2019accumuler des chroniques de donn\u00e9es sur six ans pour pr\u00e8s de 200 parcelles. La m\u00e9thode a \u00e9t\u00e9 par la suite propos\u00e9e \u00e0 d\u2019autres collectivit\u00e9s ou gestionnaires d\u2019eau potable souhaitant travailler avec les agriculteurs sur l\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de l\u2019eau. Pour la campagne 2020-2021, elle est mise en \u0153uvre sur 60 parcelles r\u00e9parties sur sept bassins d\u2019alimentation de captage (BAC). Les territoires actuellement suivis sont dispers\u00e9s sur le d\u00e9partement de l\u2019Aisne et occupent des conditions p\u00e9doclimatiques vari\u00e9es\u00a0: limons hydromorphes de Thi\u00e9rache, sols sableux du Laonnois, Champagne crayeuse\u2026 Les cultures rencontr\u00e9es sont repr\u00e9sentatives des secteurs \u00e9tudi\u00e9s\u00a0: base commune de bl\u00e9, orge, betterave et colza compl\u00e9t\u00e9s par des cultures plus \u00ab\u00a0locales\u00a0\u00bb\u00a0: ma\u00efs ensilage, pomme de terre, lin, luzerne, pois\u2026 en fonction de la localisation du BAC.<\/p>\n<p>Les niveaux de reliquats m\u00e9dians mesur\u00e9s en entr\u00e9e d\u2019hiver sont de l\u2019ordre de 60 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> en moyenne depuis le d\u00e9but des mesures. On note n\u00e9anmoins une forte variabilit\u00e9 annuelle (avec une m\u00e9diane allant de 34 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> en 2013 \u00e0 96 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> en 2020) et entre les territoires, cette derni\u00e8re \u00e9tant davantage li\u00e9e au contexte cultural qu\u2019au contexte p\u00e9doclimatique. En effet, la succession culturale reste le facteur d\u2019explication pr\u00e9dominant des valeurs de REH. On distingue des situations \u00e0 \u00ab risque faible \u00bb\u00a0: bl\u00e9 de betterave (REH m\u00e9dian de 37 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>), colza de bl\u00e9 (36 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>), interculture longue (43 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>)\u00a0; et des situations \u00e0 \u00ab risque plus \u00e9lev\u00e9 \u00bb\u00a0: bl\u00e9 de colza (87 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>), bl\u00e9 de l\u00e9gumineuse \u00e0 graines (94 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>), bl\u00e9 de pomme de terre (102 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>). Ce qui montre la n\u00e9cessit\u00e9 de travailler \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la rotation pour bien analyser les contributions en nitrate.<\/p>\n<p>La d\u00e9marche d\u2019animation repose sur l\u2019accompagnement individuel et collectif des agriculteurs engag\u00e9s et gravite autour du REH. Dans ce but, la Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne proc\u00e8de \u00e0 l\u2019analyse annuelle des valeurs de REH au regard du contexte p\u00e9doclimatique et des itin\u00e9raires techniques mis en \u0153uvre par les agriculteurs. Outre les analyses de statistiques descriptives courantes, la taille r\u00e9duite des r\u00e9seaux de parcelles actuellement suivies permet une analyse assez fine de chaque situation relativement les unes par rapport aux autres.<\/p>\n<p>Une fiche de synth\u00e8se pr\u00e9sentant divers indicateurs (r\u00e9sultat mesur\u00e9 sur la parcelle de l\u2019agriculteur comparativement aux autres, pertes par lixiviation, min\u00e9ralisation\u2026) est fournie annuellement aux agriculteurs et sert de support de discussion lors d\u2019entretiens individuels. Un bilan collectif annuel est \u00e9galement propos\u00e9 chaque ann\u00e9e.<\/p>\n<\/div>\n<h1>Contexte et objectifs<\/h1>\n<p>Suite au Grenelle de l\u2019environnement (2009), les services de l\u2019\u00c9tat ont constitu\u00e9 une liste de 507 captages d\u2019eau potable dit \u00ab Grenelle \u00bb au niveau national, sur lesquels doivent \u00eatre men\u00e9es des actions volontaires de reconqu\u00eate de la qualit\u00e9 de l\u2019eau. Six captages du d\u00e9partement de l\u2019Aisne furent concern\u00e9s, tous \u00e0 enjeux nitrate.<\/p>\n<p>Lors des premi\u00e8res discussions visant la mise en place de programmes d\u2019actions, il a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9 de proposer aux agriculteurs la mesure agro-environnementale territorialis\u00e9e (MAET) Ferti01 \u00ab limitation de la fertilisation totale et min\u00e9rale azot\u00e9e sur grandes cultures et cultures l\u00e9gumi\u00e8res \u00bb dont le principe est de verser une aide financi\u00e8re en contrepartie d\u2019un plafonnement des doses d\u2019azote. Cependant les repr\u00e9sentants de la profession agricole ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 s\u2019orienter vers une mesure sans financement directe \u00e0 l\u2019exploitant et ne p\u00e9nalisant pas la production.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, la Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne, avec l\u2019appui d\u2019Arvalis et de l\u2019Association G\u00e9n\u00e9rale des Producteurs de Bl\u00e9 et autres c\u00e9r\u00e9ales (AGPB), a propos\u00e9 une nouvelle approche de gestion collective de la fertilisation azot\u00e9e bas\u00e9e sur le suivi du reliquat azot\u00e9 dans le sol en entr\u00e9e d\u2019hiver (REH). Cette approche qui constituera le socle des programmes d\u2019actions en place sur les captages \u00e0 enjeux nitrate prendra le nom de m\u00e9thode \u00ab\u00a0AZUR\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les objectifs d\u2019AZUR sont\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>de montrer que la profession agricole sait se mobiliser sur des actions environnementales\u00a0;<\/li>\n<li>de proposer un cahier des charges avec des mesures facilement applicables et donc, potentiellement appliqu\u00e9es par tous les agriculteurs du territoire\u00a0;<\/li>\n<li>de proposer des actions efficaces, d\u2019un point de vue environnemental, et agronomiquement intelligentes\u00a0;<\/li>\n<li>d\u2019\u00e9viter des plafonds d\u2019azote p\u00e9nalisant la production.<\/li>\n<\/ul>\n<h1>AZUR\u00a0: principes et mise en \u0153uvre<\/h1>\n<p>En pratique, AZUR repose sur deux volets\u00a0: optimisation de la gestion de l\u2019azote d\u2019une part et suivi des r\u00e9sultats via la mesure de REH d\u2019autre part.<\/p>\n<p>Ainsi, les agriculteurs se sont engag\u00e9s volontairement pour une dur\u00e9e initiale de trois ans au cours de laquelle ils ont d\u00fb mettre en \u0153uvre les actions suivantes\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>respecter la dose bilan d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 partir de la mesure d\u2019un reliquat en sortie d\u2019hiver (RSH)\u00a0;<\/li>\n<li>r\u00e9aliser des mesures de biomasses pour les colzas d\u2019hiver\u00a0;<\/li>\n<li>fractionner les apports d\u2019azote sur le bl\u00e9 (<em>Triticum aestivum<\/em>) en trois apports, sans d\u00e9passer 50 kg N.ha<sup>-1<\/sup> et pas avant le 1er mars pour la premi\u00e8re fraction\u00a0;<\/li>\n<li>piloter le dernier apport d\u2019azote sur bl\u00e9 avec un outil d\u2019aide \u00e0 la d\u00e9cision\u00a0;<\/li>\n<li>fractionner les apports d\u2019azote sur les autres cultures d\u2019hiver\u00a0;<\/li>\n<li>implanter des CIPAN en interculture longue\u00a0;<\/li>\n<li>r\u00e9aliser des analyses d\u2019effluent organique, le cas \u00e9ch\u00e9ant.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces mesures \u00e9tant \u00e0 respecter, conform\u00e9ment au plan d\u2019actions en vigueur, soit pour toutes les parcelles cultiv\u00e9es par l\u2019agriculteur au sein du Bassin d\u2019Alimentation de Captage (BAC) ou alors uniquement pour une parcelle, en l\u2019occurrence, celle sur laquelle les mesures de REH sont r\u00e9alis\u00e9es.<\/p>\n<p>L\u2019observatoire des REH a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9 \u00e0 raison d\u2019une seule parcelle fixe par agriculteur. Les agriculteurs se sont par ailleurs engag\u00e9s \u00e0 fournir l\u2019ensemble de leurs itin\u00e9raires techniques n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation et \u00e0 la compr\u00e9hension des valeurs de REH mesur\u00e9s.<\/p>\n<p>La m\u00e9thode AZUR a \u00e9t\u00e9 mise en \u0153uvre d\u00e8s l\u2019automne 2012, d\u2019abord sur les BAC \u00ab Grenelle\u00a0\u00bb de Landifay-et-Bertaignemont, Wiege-Faty, Morgny-en-Thi\u00e9rache, Lesquielles-Saint-Germain et Croix-Fonsommes\u00a0; puis en 2013, sur le BAC de Marle. Sur ces territoires, la mesure a fait l\u2019objet d\u2019un co-financement direct par l\u2019Agence de l\u2019eau Seine-Normandie (int\u00e9grant co\u00fbt des pr\u00e9l\u00e8vements et analyses, et temps d\u2019expertise et d\u2019animation). Initialement pr\u00e9vu pour une dur\u00e9e de trois ans, la m\u00e9thode AZUR a finalement \u00e9t\u00e9 reconduite annuellement sur ces territoires jusqu\u2019\u00e0 la campagne 2017-2018.<\/p>\n<p>Par la suite, l\u2019Agence de l\u2019eau a souhait\u00e9 basculer sur un mod\u00e8le de financement indirect en passant par les collectivit\u00e9s gestionnaires des captages. Ces derni\u00e8res devant d\u00e8s lors recourir \u00e0 des offres de march\u00e9 publics pour leur plan d\u2019actions.<\/p>\n<p>La Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne a r\u00e9pondu et remport\u00e9 plusieurs appels d\u2019offres sur le d\u00e9partement en proposant la m\u00e9thode AZUR\u00a0: BAC de Licy-Clignon et Monthiers en 2016, Braye-en-Thi\u00e9rache, Plomion et Guignicourt en 2018. Sur ces territoires, les march\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 conduits sur une dur\u00e9e de trois ans.<\/p>\n<p>Au total, la Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne a mis en \u0153uvre la m\u00e9thode AZUR sur une dizaine de BAC depuis 2012 et ainsi accumul\u00e9 des chroniques de donn\u00e9es pour plus de 200 parcelles (tableau 1).<\/p>\n<h6>Tableau 1. Territoires sur lesquels la Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne a mis en \u0153uvre la m\u00e9thode AZUR.<\/h6>\n<table style=\"border-collapse: collapse;width: 100\u00a0%;height: 377px\">\n<tbody>\n<tr style=\"height: 47px\">\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 47px;text-align: left\"><strong>BAC<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 47px;text-align: left\"><strong>Statut du BAC \u00e0 la date de mise en place de la mesure AZUR<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 47px;text-align: right\"><strong>D\u00e9but de la mesure<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 47px;text-align: right\"><strong>Fin de la mesure<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 47px;text-align: right\"><strong>Superficie du BAC<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 47px;text-align: right\"><strong>Nombre moyen de parcelles engag\u00e9es au cours du suivi<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 30px\">\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Landifay-et-Bertaignemont<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Grenelle<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2012<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2018<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: right\">8 940 ha<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">85<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 30px\">\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Wiege-Faty<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Grenelle<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2012<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2018<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: right\">1 082 ha<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">39<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 30px\">\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Morgny-en-Thi\u00e9rache<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Grenelle<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2012<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2018<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: right\">236 ha<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">14<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 30px\">\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Lesquielles-Saint-Germain<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Grenelle<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2012<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2018<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: right\">1 536 ha<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">35<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 30px\">\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Croix-Fonsommes<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Grenelle<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2012<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2018<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: right\">291 ha<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">5<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 30px\">\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Marle<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">\/<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2013<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2018<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: right\">584 ha<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">14<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 30px\">\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Licy-Clignon et Monthiers<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Prioritaire<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2016<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2022<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: right\">414 ha<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">6<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 30px\">\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Ch\u00e9zy-en-Orxois<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Prioritaire<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2019<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2022<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: right\">51 ha<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">1<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 30px\">\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">La Fert\u00e9-Milon<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Prioritaire<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2019<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2022<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: right\">184 ha<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 30px\">\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Braye-en-Thi\u00e9rache<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">\/<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2018<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2021<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: right\">477 ha<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">10<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 30px\">\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Plomion<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px\">Conf\u00e9rence<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2018<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">2021<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: right\">158 ha<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 30px;text-align: center\">11<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%\">Guignicourt<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%\">Prioritaire<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;text-align: center\">2018<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;text-align: center\">2021<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;text-align: right\">910 ha<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;text-align: center\">22<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<h1>M\u00e9thode<\/h1>\n<h2>Engagement des agriculteurs<\/h2>\n<p>La m\u00e9thode AZUR est une d\u00e9marche collective visant l\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de l\u2019eau initialement sur des BAC \u00ab Grenelle \u00bb. Afin de r\u00e9pondre \u00e0 cet enjeu, le r\u00e9seau a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 construit avec comme premier objectif d\u2019impliquer un maximum d\u2019agriculteurs. Un objectif de 80\u00a0% des agriculteurs cultivant sur un BAC a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 tant pour montrer l\u2019implication de la profession que pour avoir une bonne repr\u00e9sentativit\u00e9 et une certaine efficacit\u00e9. Par la suite, dans le cadre des march\u00e9s publics, le nombre d\u2019agriculteurs \u00e0 engager relevait du cahier des charges du march\u00e9 consid\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>Afin d\u2019ent\u00e9riner la participation de l\u2019agriculteur, un contrat d\u2019engagement rappelant l\u2019ensemble du cahier des charges AZUR (pratiques recommand\u00e9es, libre acc\u00e8s pour les pr\u00e9l\u00e8vements de reliquats, fournitures de donn\u00e9es\u2026) et pr\u00e9cisant la parcelle choisie pour la mesure des REH devait \u00eatre sign\u00e9. L\u2019engagement \u00e9tait valable pour une dur\u00e9e de base de trois ans.<\/p>\n<p>Concr\u00e8tement, la signature de ces actes d\u2019engagement a \u00e9t\u00e9 le plus souvent organis\u00e9e en deux phases\u00a0: d\u2019abord une pr\u00e9sentation de la d\u00e9marche en r\u00e9union collective suivi par des rendez-vous individuels.<\/p>\n<h2>Choix des parcelles<\/h2>\n<p>Pour chacun des agriculteurs engag\u00e9s dans la mesure AZUR, une parcelle fixe a \u00e9t\u00e9 choisie pour faire partie du panel de mesures de reliquats (REH et RSH). Cela permettait d\u2019avoir une photographie annuelle jug\u00e9e suffisamment repr\u00e9sentative en termes de situation culturale. Dans les cas o\u00f9 des agriculteurs \u00e9taient surrepr\u00e9sent\u00e9s en termes d\u2019occupation du territoire dans le BAC, il \u00e9tait possible d\u2019ajouter des parcelles suppl\u00e9mentaires.<\/p>\n<p>La parcelle a \u00e9t\u00e9 choisie \u00e0 l\u2019occasion du rendez-vous d\u2019engagement individuel entre l\u2019agriculteur et l\u2019animateur. Les crit\u00e8res pris en compte dans le choix de la parcelle \u00e9taient la repr\u00e9sentativit\u00e9, la sensibilit\u00e9 du milieu, l\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des sols. Des parcelles <em>a priori<\/em> difficiles \u00e0 interpr\u00e9ter (sols tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, historique particulier, d\u00e9coupages annuels tr\u00e8s variables) ou pr\u00e9sentant des contraintes techniques au pr\u00e9l\u00e8vement (drains peu profonds, gazoduc\u2026) \u00e9taient exclues d\u2019office.<\/p>\n<h2>Pr\u00e9l\u00e8vements et analyses<\/h2>\n<p>Une fois la parcelle s\u00e9lectionn\u00e9e, la zone de pr\u00e9l\u00e8vement est choisie au sein d\u2019une zone homog\u00e8ne \u00e0 distance des bordures, fourri\u00e8res, zones de d\u00e9p\u00f4t de fumier, zones susceptibles d\u2019\u00eatre red\u00e9coup\u00e9es\u2026 Cette zone est g\u00e9or\u00e9f\u00e9renc\u00e9e\u00a0: les pr\u00e9l\u00e8vements sont r\u00e9alis\u00e9s toujours au m\u00eame endroit d\u2019une ann\u00e9e sur l\u2019autre.<\/p>\n<h3>Date de pr\u00e9l\u00e8vement<\/h3>\n<p>La date de mesure des REH est d\u00e9termin\u00e9e sur la base d\u2019une estimation du remplissage de la r\u00e9serve utile des sols au moyen de bilans hydriques\u00a0: pour chaque BAC, des bilans hydriques sont calcul\u00e9s pour le type de sol majoritaire et deux successions culturales typiques du territoire (ex\u00a0: bl\u00e9 apr\u00e8s colza (<em>Brassica napus<\/em>) et betterave (<em>Beta vulgaris<\/em>) apr\u00e8s bl\u00e9). Ces bilans hydriques sont actualis\u00e9s toutes les semaines avec les donn\u00e9es m\u00e9t\u00e9orologiques relev\u00e9es \u00e0 la station la plus proche des BAC concern\u00e9s (figure 1). L\u2019ordre d&rsquo;\u00e9chantillonnage est transmis au laboratoire lorsqu\u2019on arrive \u00e0 90\u00a0% de remplissage de la r\u00e9serve utile (une seule date est fix\u00e9e pour chaque BAC).<\/p>\n<p>Depuis que cette m\u00e9thode est appliqu\u00e9e dans l\u2019Aisne, suivant les ann\u00e9es et les BAC, les dates d&rsquo;\u00e9chantillonnage se sont \u00e9tal\u00e9es entre le 30 octobre et le 10 d\u00e9cembre.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1904\" aria-describedby=\"caption-attachment-1904\" style=\"width: 1625px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1904 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/12\/jg_fig1hq-scaled-e1670258855242.jpg\" alt=\"\" width=\"1625\" height=\"1190\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/12\/jg_fig1hq-scaled-e1670258855242.jpg 1625w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/12\/jg_fig1hq-scaled-e1670258855242-300x220.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/12\/jg_fig1hq-scaled-e1670258855242-1024x750.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/12\/jg_fig1hq-scaled-e1670258855242-768x562.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/12\/jg_fig1hq-scaled-e1670258855242-1536x1125.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/12\/jg_fig1hq-scaled-e1670258855242-65x48.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/12\/jg_fig1hq-scaled-e1670258855242-225x165.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/12\/jg_fig1hq-scaled-e1670258855242-350x256.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1625px) 100vw, 1625px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1904\" class=\"wp-caption-text\">Figure 1. Bilan hydrique pour un sol de type Craie de Champagne en bl\u00e9 apr\u00e8s colza.<\/figcaption><\/figure>\n<h3>M\u00e9thode d&rsquo;\u00e9chantillonnage<\/h3>\n<p>Les pr\u00e9l\u00e8vements de sol pour dosage de reliquats azot\u00e9s sont r\u00e9alis\u00e9s conform\u00e9ment \u00e0 la m\u00e9thodologie recommand\u00e9e par le LDAR et l\u2019INRAE de Laon\u00a0: pr\u00e9l\u00e8vement \u00ab en cercle\u00a0\u00bb de 15-20 m de diam\u00e8tre au sein de la zone g\u00e9or\u00e9f\u00e9renc\u00e9e repr\u00e9sentative de la parcelle. Les pr\u00e9l\u00e8vements sont r\u00e9alis\u00e9s par un pr\u00e9leveur agr\u00e9\u00e9 du LDAR sur trois couches de 30\u00a0cm avec une gouge hydraulique mont\u00e9e sur quad \u00e0 raison d\u2019une dizaine de carottages par pr\u00e9l\u00e8vement.<\/p>\n<p>En pratique et afin de permettre le maximum de pr\u00e9l\u00e8vements sur un minimum de temps, les pr\u00e9l\u00e8vements sont r\u00e9alis\u00e9s sans prise de rendez-vous avec les agriculteurs. La Chambre d\u2019agriculture fournit chaque ann\u00e9e la carte actualis\u00e9e des points de pr\u00e9l\u00e8vements ainsi qu\u2019un tableau r\u00e9capitulatif pr\u00e9cisant, pour chaque zone de pr\u00e9l\u00e8vement, l\u2019identit\u00e9 et les coordonn\u00e9es de l\u2019agriculteur, les coordonn\u00e9es GPS de la zone \u00e0 pr\u00e9lever et la nature de la culture en place si elle est connue.<\/p>\n<p>Afin de pr\u00e9venir les agriculteurs du passage du pr\u00e9leveur sur leurs parcelles, la Chambre d\u2019agriculture envoie un SMS la veille de la p\u00e9riode d&rsquo;\u00e9chantillonnage \u00e0 l\u2019ensemble des agriculteurs concern\u00e9s.<\/p>\n<h3>Collecte des donn\u00e9es<\/h3>\n<p>Afin d\u2019interpr\u00e9ter les valeurs de reliquats analys\u00e9s, il est indispensable d\u2019avoir un minimum d\u2019informations sur la parcelle (type de sol, historique, culture en place\u2026), son itin\u00e9raire technique (pr\u00e9c\u00e9dent, fertilisation, cultures interm\u00e9diaires (CI)\u2026), et le contexte annuel (rendement, accident cultural \u00e9ventuel, conditions climatiques\u2026).<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019exception des conditions climatiques, ces informations sont d\u00e9tenues par les agriculteurs qui doivent donc les transmettre \u00e0 la Chambre d\u2019agriculture sans filtre r\u00e9glementaire afin de pouvoir contextualiser les r\u00e9sultats d\u2019analyses, de comparer les r\u00e9sultats mesur\u00e9s entre les diverses parcelles, de permettre le calcul des pertes\u2026<\/p>\n<p>Dans le cas de la m\u00e9thode AZUR, les parcelles analys\u00e9es \u00e9tant fixes, le type de sol et le contexte historique sont collect\u00e9s \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019engagement de l\u2019agriculteur au d\u00e9but de la mesure. Pour la suite, les informations relatives \u00e0 l\u2019itin\u00e9raire technique sont collect\u00e9es annuellement au moyen d\u2019une fiche de renseignements. L\u00e0 encore, le fait d\u2019avoir des parcelles fixes permet de v\u00e9rifier <em>a minima<\/em> certains \u00e9l\u00e9ments (tels que la continuit\u00e9 entre la culture pr\u00e9c\u00e9dente et suivante\u00a0; les dates de r\u00e9colte et dates de semis\u2026).<\/p>\n<p>Afin de ne pas solliciter inutilement les agriculteurs, une seule fiche de renseignements est utilis\u00e9e aussi bien pour le REH que le RSH, \u00e0 savoir la fiche <em>AzoFert\u00ae<\/em> du LDAR. <em>AzoFert\u00ae<\/em> est le logiciel d\u2019interpr\u00e9tation du RSH d\u00e9velopp\u00e9 par l\u2019INRA et le LDAR. C\u2019est un outil bas\u00e9 sur un bilan complet et dynamique qui n\u00e9cessite donc davantage de donn\u00e9es comparativement \u00e0 un outil statique tels que ceux reposant sur le r\u00e9f\u00e9rentiel du GREN des Hauts-de-France. Il n\u00e9cessite notamment les dates des interventions (date de semis, de r\u00e9colte, d&rsquo;implantation et destruction des CI, l&rsquo;\u00e9ventuelle pr\u00e9sence de repousses, les apports de produits organiques\u2026) qui sont des informations pr\u00e9cieuses \u00e9galement pour comprendre les REH. Le tableau 2 pr\u00e9cise la liste des donn\u00e9es collect\u00e9es via la fiche de renseignements <em>AzoFert\u00ae<\/em>.<\/p>\n<p>D\u2019un point de vue pratique, la fiche de renseignements pr\u00e9-remplie (\u00e9l\u00e9ments r\u00e9currents tel que le type de sol ou les habitudes culturales\u00a0; culture pr\u00e9c\u00e9dente) est compl\u00e9t\u00e9e lors d\u2019un entretien entre l\u2019agriculteur et l\u2019animateur courant janvier. \u00c0 l\u2019occasion de cet entretien, toutes les autres informations (difficult\u00e9s de lev\u00e9es des couverts, pression parasitaire, etc.) susceptibles d\u2019expliquer les valeurs de REH mesur\u00e9s et qui ne figurent pas sur la fiche de renseignements sont \u00e9galement collect\u00e9es.<\/p>\n<p>Sur les BAC o\u00f9 le nombre \u00e9lev\u00e9 d\u2019agriculteurs engag\u00e9s ne permet pas de proc\u00e9der \u00e0 ces rendez-vous individuels, les fiches sont envoy\u00e9es par courrier aux agriculteurs. Ils doivent la remplir et la retourner \u00e0 la Chambre d\u2019agriculture qui proc\u00e8de \u00e0 une v\u00e9rification et rappelle les agriculteurs le cas \u00e9ch\u00e9ant avant de les retourner au LDAR afin que le laboratoire fournisse directement aux agriculteurs les conseils de fertilisation mi-f\u00e9vrier. Le LDAR envoie ensuite \u00e0 la Chambre d\u2019agriculture le r\u00e9capitulatif des renseignements collect\u00e9s et des d\u00e9tails des calculs <em>AzoFert\u00ae<\/em>. Les REH de l\u2019ann\u00e9e N ne peuvent donc pas \u00eatre \u00e9tudi\u00e9s finement avant la fin de l\u2019hiver de l\u2019ann\u00e9e N+1, et en pratique l\u2019\u00e9tude des r\u00e9sultats est r\u00e9alis\u00e9e durant l\u2019\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<h6>Tableau 2. Liste des donn\u00e9es collect\u00e9es via la fiche de renseignement <em>AzoFert\u00ae<\/em>.<\/h6>\n<p><a href=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Gaillard-tab2-2.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-1930 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Gaillard-tab2-2.png\" alt=\"\" width=\"1740\" height=\"1054\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Gaillard-tab2-2.png 1740w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Gaillard-tab2-2-300x182.png 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Gaillard-tab2-2-1024x620.png 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Gaillard-tab2-2-768x465.png 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Gaillard-tab2-2-1536x930.png 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Gaillard-tab2-2-65x39.png 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Gaillard-tab2-2-225x136.png 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Gaillard-tab2-2-350x212.png 350w\" sizes=\"(max-width: 1740px) 100vw, 1740px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Les autres informations n\u00e9cessaires sont notamment les donn\u00e9es m\u00e9t\u00e9orologiques\u00a0: pluviom\u00e9trie, \u00e9vapotranspiration, temp\u00e9rature sur la dur\u00e9e de l\u2019\u00e9tude. Il est \u00e9galement n\u00e9cessaire de disposer de r\u00e9f\u00e9rences climatiques dites normales. La Chambre d\u2019agriculture utilise le r\u00e9seau de stations m\u00e9t\u00e9orologiques r\u00e9gional afin de disposer de donn\u00e9es m\u00e9t\u00e9orologiques \u00e0 proximit\u00e9 des BAC, au besoin compl\u00e9t\u00e9 par des donn\u00e9es M\u00e9t\u00e9o France.<\/p>\n<h3>Traitement des donn\u00e9es et interpr\u00e9tations des REH<\/h3>\n<p>L\u2019ensemble des donn\u00e9es (r\u00e9sultats d\u2019analyses, informations issues des fiches de renseignements <em>AzoFert\u00ae<\/em>, donn\u00e9es m\u00e9t\u00e9orologiques) est compil\u00e9 dans un tableur <em>Excel<\/em>. L\u2019interpr\u00e9tation des REH r\u00e9alis\u00e9e dans le cadre de la m\u00e9thode AZUR repose essentiellement sur l\u2019analyse comparative des valeurs au regard des pratiques et du contexte climatique annuel. Cette analyse est r\u00e9alis\u00e9e annuellement selon le d\u00e9roul\u00e9 suivant\u00a0:<\/p>\n<p>a)\u00a0 Contexte \u00ab territorial \u00bb\u00a0: contexte p\u00e9dologique, vuln\u00e9rabilit\u00e9 du BAC, syst\u00e8mes agricoles\u2026<\/p>\n<p>La m\u00e9thode AZUR \u00e9tant g\u00e9n\u00e9ralement mise en place pour une dur\u00e9e de trois ans avec un r\u00e9seau de parcelles fixes, l\u2019\u00e9tude du contexte p\u00e9dologique et des syst\u00e8mes agricoles rencontr\u00e9s est r\u00e9alis\u00e9e uniquement la premi\u00e8re ann\u00e9e de suivi. Il s\u2019agit du descriptif du territoire d\u2019\u00e9tude, des parcelles suivies (notamment de leurs caract\u00e9ristiques p\u00e9dologiques sur la base de la carte des sols de l\u2019Aisne). L\u2019\u00e9tude des syst\u00e8mes se limite aux rotations types du territoire et la mise en \u00e9vidence des diff\u00e9rences de syst\u00e8mes entre les exploitations concern\u00e9es telles que la pr\u00e9sence d\u2019\u00e9levage et l\u2019utilisation de produits organiques, la pr\u00e9sence de luzerne dans la rotation\u2026<\/p>\n<p>b)\u00a0 \u00c9tude du contexte annuel\u00a0: climat de l\u2019ann\u00e9e, conditions de pr\u00e9l\u00e8vement et d\u2019analyse des reliquats, cultures en place.<\/p>\n<p>Le contexte annuel est surtout \u00e9tudi\u00e9 au travers des conditions climatiques de la p\u00e9riode estivale \u00e0 la date de mesure du REH puis entre la date de mesure du REH et celle du RSH. La premi\u00e8re p\u00e9riode permettant d\u2019aider \u00e0 comprendre les valeurs de REH, la seconde d\u2019estimer les pertes par lixiviation. Le param\u00e8tre majeur \u00e9tudi\u00e9 est le r\u00e9gime des pr\u00e9cipitations. Les dates de d\u00e9but drainage sont v\u00e9rifi\u00e9es <em>a posteriori<\/em> via l\u2019actualisation des bilans hydriques d\u2019une part, et la v\u00e9rification des humidit\u00e9s mesur\u00e9es dans les \u00e9chantillons de sol REH d\u2019autres part.<\/p>\n<p>Pour les BAC sur lesquels peu de parcelles sont suivies, l\u2019assolement de l\u2019ann\u00e9e a un impact sur le r\u00e9sultat global du BAC. En effet, par le jeu des rotations, le REH moyen du BAC peut \u00eatre biais\u00e9 par la surrepr\u00e9sentation de certaines successions culturales. On s\u2019attarde donc sur la r\u00e9partition des cultures, la proportion d\u2019intercultures courtes et longues, la pr\u00e9sence de CIPAN, l\u2019utilisation de produits organiques\u2026<\/p>\n<p>c)\u00a0 Analyse des r\u00e9sultats (statistiques descriptives), calcul des pertes<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats de la campagne de mesure de REH sont trait\u00e9s par des statistiques descriptives simples\u00a0: minimum, maximum, moyenne, m\u00e9diane, histogramme de distribution des reliquats. Les m\u00e9dianes sont compar\u00e9es aux r\u00e9sultats des ann\u00e9es ant\u00e9rieures sur le m\u00eame territoire et \u00e0 celles des autres territoires pour la m\u00eame ann\u00e9e. Les pertes par lixiviation sont calcul\u00e9es avec un mod\u00e8le de Burns (1976) entre la date de mesure du REH et du RSH.<\/p>\n<p>d)\u00a0 Calcul de REH objectifs<\/p>\n<p>Le calcul d\u2019objectifs de REH est r\u00e9alis\u00e9 depuis 2018 \u00e0 la demande de l\u2019Agence de l\u2019Eau Seine Normandie sur certains BAC de l\u2019Aisne. La m\u00e9thodologie appliqu\u00e9e repose sur la d\u00e9termination d\u2019un objectif de concentration en nitrate sous-racinaire et sur le calcul du REH permettant d\u2019obtenir cette valeur (Burns \u00e0 l\u2019envers). Une seule valeur de REH cible est calcul\u00e9e pour le BAC. Cette valeur est d\u2019abord d\u00e9termin\u00e9e <em>a priori<\/em> sur la base de donn\u00e9es climatiques moyennes puis est actualis\u00e9e chaque ann\u00e9e pour tenir compte de la m\u00e9t\u00e9o. L\u2019occupation du sol et les dates de pr\u00e9sence des cultures sont consid\u00e9r\u00e9es fixes sur la dur\u00e9e de l\u2019\u00e9tude et ne sont donc pas actualis\u00e9es chaque ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Le REH objectif est calcul\u00e9 en deux temps\u00a0:<\/p>\n<p>\u00c9tape 1\u00a0: d\u00e9terminer un objectif de concentration sous-racinaire. L\u2019objectif de concentration au captage est fix\u00e9 par l\u2019Agence de l\u2019eau et\/ou la collectivit\u00e9. Pour faire le calcul, on fait l\u2019hypoth\u00e8se de transferts uniquement verticaux et homog\u00e8nes limit\u00e9s au p\u00e9rim\u00e8tre du BAC. On ne tient pas compte des diff\u00e9rences de vuln\u00e9rabilit\u00e9 li\u00e9es \u00e0 l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des sols et sous-sols. Les concentrations sous les zones autres que des cultures sont fix\u00e9es et l\u2019objectif de concentration sous culture est calcul\u00e9 par proportionnalit\u00e9. Les donn\u00e9es n\u00e9cessaires sont donc l\u2019occupation du territoire et les hypoth\u00e8ses de concentration en nitrate hors zones de culture (fix\u00e9es \u00e0 10 mg.L<sup>-1<\/sup> sous for\u00eats, 20 mg.L<sup>-1<\/sup> sous prairies et zones habit\u00e9es).<\/p>\n<p>\u00c9tape 2\u00a0: calcul du REH permettant d\u2019obtenir l\u2019objectif de concentration sous racinaire. Pour cela, il est n\u00e9cessaire d\u2019estimer le cumul de pluies pouvant provoquer de la lixiviation. Les donn\u00e9es n\u00e9cessaires sont les relev\u00e9s de pr\u00e9cipitations et d\u2019\u00e9vapotranspiration, les coefficients d\u2019\u00e9vapotranspiration culturaux et la r\u00e9serve utile moyenne des sols du BAC. Les donn\u00e9es climatiques sont annualis\u00e9es et issues de la station m\u00e9t\u00e9orologique la plus proche. Les coefficients d\u2019\u00e9vapotranspiration culturaux ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9s pour chaque p\u00e9riode d\u00e9cadaire en fonction de l\u2019assolement moyen pour le syst\u00e8me de culture de la r\u00e9gion (calcul de coefficients culturaux moyens pond\u00e9r\u00e9s par les surfaces assol\u00e9es). Gr\u00e2ce \u00e0 la carte des sols de l\u2019Aisne, il est possible de conna\u00eetre avec une bonne pr\u00e9cision la r\u00e9partition des diff\u00e9rents types de sols sur le territoire et donc de calculer une r\u00e9serve utile pond\u00e9r\u00e9e. En proc\u00e9dant ainsi, on peut calculer la pluie efficace pour la campagne \u00e9tudi\u00e9e ou pour des conditions climatiques normales. La derni\u00e8re \u00e9tape consiste \u00e0 d\u00e9terminer la valeur de REH en utilisant la relation entre la concentration en nitrate sous racinaire et la pluie efficace. Deux objectifs sont calcul\u00e9s\u00a0: un REH \u00ab <em>a priori<\/em> \u00bb sur la base du cumul des pluies efficaces normales\u00a0; un REH annuel ou \u00ab <em>a posteriori<\/em> \u00bb, sur la base du cumul des pluies efficaces de l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<p>e)\u00a0 Analyse fine des r\u00e9sultats et recherche de facteurs explicatifs<\/p>\n<p>L\u2019objectif est de mettre en \u00e9vidence les relations entre les pratiques et les r\u00e9sultats\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>hi\u00e9rarchie entre les diff\u00e9rentes successions culturales\u00a0: mise en \u00e9vidence de succession \u00e0 risque faible \/ \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9,<\/li>\n<li>pour chaque succession culturale\u00a0: recherche des diff\u00e9rences en termes de pratiques culturales, de pass\u00e9 des parcelles, de syst\u00e8me\u2026 pouvant expliquer les \u00e9carts mesur\u00e9s. Les facteurs \u00e0 \u00e9tudier sont multiples et variables en fonction de la situation\u00a0: \u00e9l\u00e9ments relatifs au d\u00e9veloppement des CIPAN pour les intercultures longues (date de semis, dur\u00e9e de v\u00e9g\u00e9tation, niveau de d\u00e9veloppement, esp\u00e8ces\u2026), gestion des r\u00e9sidus du pr\u00e9c\u00e9dent, travail du sol, date de r\u00e9colte du pr\u00e9c\u00e9dent, situation avec surfertilisation importante ou accident cultural, apport organique d\u2019\u00e9t\u00e9-automne\u2026<\/li>\n<\/ul>\n<p>f)\u00a0 \u00c9volution interannuelle des r\u00e9sultats<\/p>\n<p>L\u2019objectif est de mettre en \u00e9vidence les parcelles g\u00e9n\u00e9ratrices de fort REH et inversement. Cet aspect ne peut \u00eatre abord\u00e9 qu\u2019\u00e0 partir de trois ann\u00e9es successives de donn\u00e9es. Le tableau 3 illustre la diversit\u00e9 des situations rencontr\u00e9es dans un m\u00eame BAC.<\/p>\n<h6>Tableau 3. Classification des parcelles du BAC de Guignicourt en fonction des valeurs de REH mesur\u00e9es au cours des trois ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes (les valeurs soulign\u00e9es sont inf\u00e9rieures au 1<sup>er<\/sup> quartile de l&rsquo;ann\u00e9e et les valeurs en gras sont sup\u00e9rieures au 3<sup>\u00e8me<\/sup> quartile de l&rsquo;ann\u00e9e).<\/h6>\n<table style=\"border-collapse: collapse;width: 100\u00a0%\">\n<tbody>\n<tr>\n<td style=\"width: 25\u00a0%\"><strong>Identifiant<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 25\u00a0%\"><strong>REH 2018<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 25\u00a0%\"><strong>REH 2019<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 25\u00a0%\"><strong>REH 2020<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 25\u00a0%\">6836<\/p>\n<p>7877<\/p>\n<p>4723<\/p>\n<p>6808<\/p>\n<p>7319<\/p>\n<p>7136-2<\/p>\n<p>3730-1<\/p>\n<p>3730-2<\/p>\n<p>6779<\/p>\n<p>6983<\/p>\n<p>5198<\/p>\n<p>6094<\/p>\n<p>6241<\/p>\n<p>3984<\/p>\n<p>3634<\/p>\n<p>5947<\/p>\n<p>7136-1<\/p>\n<p>6161<\/p>\n<p>5322<\/p>\n<p>5326<\/p>\n<p>6369<\/p>\n<p>7209<\/td>\n<td style=\"width: 25\u00a0%\">83,7<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline\">57,8<\/span><\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline\">53<\/span><\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline\">77<\/span><\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline\">77,7<\/span><\/p>\n<p>83,7<\/p>\n<p>118,2<\/p>\n<p>92,2<\/p>\n<p>81,5<\/p>\n<p>103,1<\/p>\n<p>104<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline\">72,9<\/span><\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline\">48,7<\/span><\/p>\n<p>118<\/p>\n<p>97,3<\/p>\n<p><strong>165,5<\/strong><\/p>\n<p>93,4<\/p>\n<p><strong>171,6<\/strong><\/p>\n<p><strong>178,5<\/strong><\/p>\n<p><strong>151,7<\/strong><\/p>\n<p><strong>198,6<\/strong><\/p>\n<p><strong>215,2<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 25\u00a0%\"><span style=\"text-decoration: underline\">29,7<\/span><\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline\">27,2<\/span><\/p>\n<p>61<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline\">21,5<\/span><\/p>\n<p>50,4<\/p>\n<p>45,3<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline\">32,6<\/span><\/p>\n<p>54,9<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline\">25,3<\/span><\/p>\n<p>52,7<\/p>\n<p>39,5<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline\">12,6<\/span><\/p>\n<p><strong>112,1<\/strong><\/p>\n<p>35,5<\/p>\n<p>60<\/p>\n<p>33,7<\/p>\n<p>45,1<\/p>\n<p><strong>85,6<\/strong><\/p>\n<p><strong>145,5<\/strong><\/p>\n<p><strong>326,7<\/strong><\/p>\n<p><strong>139,1<\/strong><\/p>\n<p><strong>64,6<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 25\u00a0%\"><span style=\"text-decoration: underline\">56,7<\/span><\/p>\n<p>95,4<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline\">72,8<\/span><\/p>\n<p>91,5<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline\">70,3<\/span><\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline\">86,7<\/span><\/p>\n<p>&#8211;<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline\">79,7<\/span><\/p>\n<p>134<\/p>\n<p>95,9<\/p>\n<p>128,3<\/p>\n<p><strong>201,7<\/strong><\/p>\n<p>158,7<\/p>\n<p>170<\/p>\n<p>175,8<\/p>\n<p>147,3<\/p>\n<p><strong>217,1<\/strong><\/p>\n<p>154,9<\/p>\n<p><strong>178,3<\/strong><\/p>\n<p>126,2<\/p>\n<p><strong>296,5<\/strong><\/p>\n<p><strong>560,1<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<h3>Valorisation et diffusion des donn\u00e9es<\/h3>\n<p>Dans le cadre de la m\u00e9thode AZUR telle qu\u2019elle est mise en \u0153uvre sur les BACs de l\u2019Aisne, les cibles de diffusion des donn\u00e9es sont les agriculteurs engag\u00e9s dans la mesure, les autres agriculteurs du BAC, la collectivit\u00e9 et le financeur.<\/p>\n<p>L\u2019ensemble des donn\u00e9es est anonymis\u00e9. Les bulletins de r\u00e9sultat d\u2019analyse de reliquats sont transmis chaque ann\u00e9e aux agriculteurs engag\u00e9s et \u00e0 la collectivit\u00e9. Une fiche individuelle de r\u00e9sultats AZUR est \u00e9galement envoy\u00e9e chaque printemps aux agriculteurs engag\u00e9s. Cette fiche r\u00e9capitule les r\u00e9sultats d\u2019analyse de reliquats et est compl\u00e9t\u00e9e par divers indicateurs (calcul des pertes de nitrate, de min\u00e9ralisation, synth\u00e8se des conditions climatiques\u2026). Elle permet \u00e0 l\u2019agriculteur de se positionner au sein du panel et donne des pistes d\u2019explications. L\u2019objectif de cette fiche est de servir de support dans le cadre d\u2019entretiens entre agriculteurs et l\u2019animateur. Des entretiens individuels sont en effet propos\u00e9s aux agriculteurs engag\u00e9s.<\/p>\n<p>Un bilan annuel est r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 destination de la collectivit\u00e9 et de l\u2019Agence de l\u2019eau. Il reprend l\u2019ensemble du descriptif du panel de parcelles, du contexte p\u00e9doclimatique, des r\u00e9sultats mesur\u00e9s, des pratiques de gestion de l\u2019azote (fertilisation, CI\u2026) et conclut sur quelques recommandations.<\/p>\n<p>Ce bilan est \u00e9galement pr\u00e9sent\u00e9 au cours d\u2019une r\u00e9union annuelle \u00e0 laquelle sont convi\u00e9s les agriculteurs du BAC.<\/p>\n<h1>Analyse des r\u00e9sultats<\/h1>\n<p>En termes d\u2019engagements, sur les BAC \u00ab Grenelle \u00bb, la Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne, avec l\u2019aide de ses partenaires, a pu atteindre un taux d\u2019adh\u00e9sion de 79\u00a0% des agriculteurs.<\/p>\n<p>Concernant l\u2019analyse des r\u00e9sultats des REH, la Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne a notamment pu mettre en \u00e9vidence (ci-apr\u00e8s) les cinq principaux facteurs explicatifs des valeurs de REH pour les syst\u00e8mes d\u2019exploitation et contextes p\u00e9doclimatiques \u00e9tudi\u00e9s.<\/p>\n<h2>Les conditions climatiques (effet annuel)<\/h2>\n<p>On a pu observer une importante variabilit\u00e9 des valeurs de REH d\u2019une ann\u00e9e sur l\u2019autre (Figure 2\u00a0; une cinquantaine d\u2019observations par campagne de mesure) avec des valeurs m\u00e9dianes pouvant aller du simple au double pour un m\u00eame territoire.<\/p>\n<p>Cette variation annuelle est essentiellement li\u00e9e aux temp\u00e9ratures et au r\u00e9gime des pr\u00e9cipitations. Ces deux param\u00e8tres influent sur les vitesses de min\u00e9ralisation et la croissance des couverts en place. Les pr\u00e9cipitations influent \u00e9galement sur les pertes par lixiviation, qui ne sont pas cens\u00e9es entrer en compte pour les REH mais concernent surtout les RSH.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1244\" aria-describedby=\"caption-attachment-1244\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1244 size-large\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig2hq-scaled-e1666856028508-1024x528.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"528\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig2hq-scaled-e1666856028508-1024x528.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig2hq-scaled-e1666856028508-300x155.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig2hq-scaled-e1666856028508-768x396.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig2hq-scaled-e1666856028508-1536x792.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig2hq-scaled-e1666856028508-65x34.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig2hq-scaled-e1666856028508-225x116.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig2hq-scaled-e1666856028508-350x181.jpg 350w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig2hq-scaled-e1666856028508.jpg 1574w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1244\" class=\"wp-caption-text\">Figure 2. Illustration de la variabilit\u00e9 annuelle des valeurs de reliquats (sur 90 cm\u00a0; BAC de Guignicourt, Licy-Clignon, Braye-en-Thi\u00e9rache et Plomion).<\/figcaption><\/figure>\n<h2>Le contexte agrop\u00e9doclimatique (effet BAC)<\/h2>\n<p>Il s\u2019agit des \u00e9carts, pouvant \u00eatre importants, observ\u00e9s entre les diff\u00e9rents territoires \u00e9tudi\u00e9s pour une m\u00eame ann\u00e9e. C\u2019est donc un effet cumul\u00e9 du contexte p\u00e9doclimatique et des syst\u00e8mes d\u2019exploitation puisque d\u2019un territoire \u00e0 l\u2019autre, les cultures pratiqu\u00e9es variaient de m\u00eame que le recours aux amendements organiques en fonction de la pr\u00e9sence ou non d\u2019\u00e9levages.<\/p>\n<h6>Tableau 4. Caract\u00e9ristiques de BAC suivis par la Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne et REH moyens (sur 90 cm).<\/h6>\n<table style=\"border-collapse: collapse;width: 100\u00a0%;height: 120px\">\n<tbody>\n<tr style=\"height: 15px\">\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">BAC<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">Types de sol majoritaire<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">Importance de l&rsquo;\u00e9levage<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">Cultures principales<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">Pr\u00e9cipitations annuelles<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">REH moyen 2018-2020<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 60px\">\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 60px\">Guignicourt<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 60px\">craie de Champagne, sable calcaire<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 60px\">&#8211;<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 60px\">betterave, bl\u00e9, colza, orge, luzerne<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 60px\">676 mm<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 60px\">112 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup><\/p>\n<p>IC<sub>95\u00a0%<\/sub> = [91\u00a0; 132]<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 15px\">\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">Braye-en-Thi\u00e9rache<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">limon moyen profond, limon moyen hydromorphe<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">++<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">betterave, bl\u00e9, colza, orge, ma\u00efs fourrage, pomme de terre, lin<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">762 mm<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">74 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup><\/p>\n<p>IC<sub>95\u00a0%<\/sub> = [77\u00a0; 123]<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 15px\">\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">Plomion<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">limon moyen hydromorphe<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">+++<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">ma\u00efs fourrage, bl\u00e9, colza, orge, pomme de terre<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">762 mm<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">100 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup><\/p>\n<p>IC<sub>95\u00a0%<\/sub> = [37\u00a0; 109]<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 15px\">\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">Licy-Clignon<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">limon argileux profond<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">+<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">betterave, bl\u00e9, colza, orge<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">708 mm<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667\u00a0%;height: 15px\">78 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup><\/p>\n<p>IC<sub>95\u00a0%<\/sub> = [62\u00a0; 94]<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<h2>La succession culturale<\/h2>\n<p>Il s\u2019agit du facteur explicatif majeur, toutes choses \u00e9gales par ailleurs. Une hi\u00e9rarchie est syst\u00e9matiquement mise en \u00e9vidence en fonction de la nature du couple pr\u00e9c\u00e9dent cultural \u2013 culture suivante et de la gestion de l\u2019interculture qui en d\u00e9coule (figure 3). On peut ainsi distinguer\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>les successions \u00e0 \u00ab risque faible \u00bb. Il s\u2019agit des successions pour lesquelles le pr\u00e9c\u00e9dent g\u00e9n\u00e8re des reliquats post-r\u00e9coltes faibles et\/ou le couvert en place avant la date de d\u00e9but drainage a une bonne efficacit\u00e9 d\u2019absorption de l\u2019azote min\u00e9ral disponible dans le sol. On retrouve dans cette cat\u00e9gorie les bl\u00e9s de betteraves (pr\u00e9c\u00e9dent r\u00e9colt\u00e9 tardivement et sans senescence avant la r\u00e9colte), les colzas de c\u00e9r\u00e9ales \u00e0 paille (culture implant\u00e9e t\u00f4t avec une forte capacit\u00e9 d\u2019absorption de l\u2019azote durant l\u2019automne) et les c\u00e9r\u00e9ales \u00e0 paille suivie d\u2019une CIPAN. Pour ces deux derni\u00e8res situations, les apports organiques \u00e9ventuellement effectu\u00e9s en fin d\u2019\u00e9t\u00e9 ou automne ne remettent pas en cause leur classement. On retrouve \u00e9galement dans cette cat\u00e9gorie, les luzerni\u00e8res en place\u00a0;<\/li>\n<li>les successions \u00e0 \u00ab risque interm\u00e9diaire \u00bb. Il s\u2019agit des situations qui g\u00e9n\u00e8rent des valeurs de REH m\u00e9dianes et\/ou fortement variables suivant les parcelles et les ann\u00e9es. On retrouve ici les c\u00e9r\u00e9ales d\u2019hiver de c\u00e9r\u00e9ales \u00e0 paille et les c\u00e9r\u00e9ales d\u2019hiver derri\u00e8re ma\u00efs\u00a0;<\/li>\n<li>les successions \u00e0 \u00ab risque \u00e9lev\u00e9 \u00bb qui g\u00e9n\u00e8rent quasi syst\u00e9matiquement des valeurs de REH \u00e9lev\u00e9es\u00a0: c\u00e9r\u00e9ales d\u2019hiver avec pour pr\u00e9c\u00e9dent des l\u00e9gumineuses \u00e0 graines, de la luzerne, des pommes de terre, du lin fibre et du colza. Pour toutes ces situations, on est en pr\u00e9sence de pr\u00e9c\u00e9dents qui g\u00e9n\u00e8rent des reliquats post-r\u00e9coltes importants suivis par des cultures \u00e0 faible capacit\u00e9 d\u2019absorption automnale.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1445\" aria-describedby=\"caption-attachment-1445\" style=\"width: 1593px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1445 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig3hq-scaled-e1666951795671.jpg\" alt=\"\" width=\"1593\" height=\"902\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig3hq-scaled-e1666951795671.jpg 1593w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig3hq-scaled-e1666951795671-300x170.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig3hq-scaled-e1666951795671-1024x580.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig3hq-scaled-e1666951795671-768x435.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig3hq-scaled-e1666951795671-1536x870.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig3hq-scaled-e1666951795671-65x37.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig3hq-scaled-e1666951795671-225x127.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig3hq-scaled-e1666951795671-350x198.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1593px) 100vw, 1593px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1445\" class=\"wp-caption-text\">Figure 3. REH 2013 \u2013 2017 suivant le type de succession \u2013 BAC AZUR (sur 90 cm).<\/figcaption><\/figure>\n<h2>L\u2019itin\u00e9raire technique<\/h2>\n<p>Pour une m\u00eame succession culturale et un m\u00eame contexte p\u00e9doclimatique, nous avons toujours observ\u00e9 une certaine variabilit\u00e9 des valeurs de REH. La confrontation de ces valeurs avec le d\u00e9tail des itin\u00e9raires techniques d\u00e9clar\u00e9s par les agriculteurs a permis de mettre en \u00e9vidence l\u2019impact de certaines pratiques dont\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>la date de r\u00e9colte de la betterave pour la succession betterave \u2013 bl\u00e9 (figure 4)\u00a0;<\/li>\n<li>la gestion des pailles du pr\u00e9c\u00e9dent pour la succession bl\u00e9 \u2013 bl\u00e9\u00a0;<\/li>\n<li>la dur\u00e9e de maintien des repousses de colza pour la succession colza \u2013 bl\u00e9\u00a0;<\/li>\n<li>la date de destruction de la luzerni\u00e8re pour la succession luzerne \u2013 bl\u00e9\u00a0;<\/li>\n<li>la pr\u00e9sence, nature et niveau de d\u00e9veloppement des couverts d\u2019interculture\u00a0;<\/li>\n<li>la nature, la quantit\u00e9 et la date des amendements organiques pour les successions avec interculture longue.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1591\" aria-describedby=\"caption-attachment-1591\" style=\"width: 1606px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1591 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/jg_fig4hq-scaled-e1669119974772.jpg\" alt=\"\" width=\"1606\" height=\"1043\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/jg_fig4hq-scaled-e1669119974772.jpg 1606w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/jg_fig4hq-scaled-e1669119974772-300x195.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/jg_fig4hq-scaled-e1669119974772-1024x665.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/jg_fig4hq-scaled-e1669119974772-768x499.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/jg_fig4hq-scaled-e1669119974772-1536x998.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/jg_fig4hq-scaled-e1669119974772-65x42.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/jg_fig4hq-scaled-e1669119974772-225x146.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/jg_fig4hq-scaled-e1669119974772-350x227.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1606px) 100vw, 1606px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1591\" class=\"wp-caption-text\">Figure 4. Impact de la date de r\u00e9colte du pr\u00e9c\u00e9dent betterave sur les REH (sur 90 cm\u00a0; BAC de Guignicourt, 2019).<\/figcaption><\/figure>\n<p>Par ailleurs, au cours des suivis r\u00e9alis\u00e9s par la Chambre d\u2019agriculture sur les divers BAC depuis 2012, aucune relation entre la fertilisation azot\u00e9e du pr\u00e9c\u00e9dent (sur base des d\u00e9clarations des agriculteurs) et les valeurs de REH n&rsquo;a pu \u00eatre mise en \u00e9vidence (figure 5), sauf situations exceptionnelles avec accidents culturaux, non r\u00e9colte et sur-fertilisation extr\u00eame.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1247\" aria-describedby=\"caption-attachment-1247\" style=\"width: 1619px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1247 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig5hq-scaled-e1666856175260.jpg\" alt=\"\" width=\"1619\" height=\"934\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig5hq-scaled-e1666856175260.jpg 1619w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig5hq-scaled-e1666856175260-300x173.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig5hq-scaled-e1666856175260-1024x591.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig5hq-scaled-e1666856175260-768x443.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig5hq-scaled-e1666856175260-1536x886.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig5hq-scaled-e1666856175260-65x37.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig5hq-scaled-e1666856175260-225x130.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig5hq-scaled-e1666856175260-350x202.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1619px) 100vw, 1619px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1247\" class=\"wp-caption-text\">Figure 5. Relation entre bilans azot\u00e9s post-r\u00e9coltes et REH (sur 90 cm\u00a0; BAC de Guignicourt).<\/figcaption><\/figure>\n<h2>Les effets exceptionnels<\/h2>\n<p>Au cours des suivis r\u00e9alis\u00e9s par la Chambre d\u2019agriculture, certaines ann\u00e9es, des situations particuli\u00e8res impactant les valeurs de REH ont modifi\u00e9 la hi\u00e9rarchie habituelle entre successions culturales.<\/p>\n<p>On peut citer notamment la s\u00e9cheresse de fin d\u2019\u00e9t\u00e9 qui a eu un impact n\u00e9gatif sur le d\u00e9veloppement des CIPAN et des repousses de colza et donc sur leur absorption d\u2019azote.<\/p>\n<p>On a \u00e9galement pu observer l\u2019impact d\u2019un facteur biotique, en l\u2019occurrence la jaunisse de la betterave li\u00e9e \u00e0 une forte pression puceron au cours de la campagne 2020, qui s\u2019est traduit par des reliquats anormalement \u00e9lev\u00e9s pour la succession betterave \u2013 bl\u00e9 cette ann\u00e9e dans les secteurs les plus touch\u00e9s.<\/p>\n<h1>Difficult\u00e9s rencontr\u00e9es<\/h1>\n<h2>Mesure du REH<\/h2>\n<h3>Date de pr\u00e9l\u00e8vement des \u00e9chantillons de sol<\/h3>\n<p>Lors des premi\u00e8res campagnes de mesure de REH r\u00e9alis\u00e9es dans l\u2019Aisne sur les BAC Grenelle, les pr\u00e9l\u00e8vements \u00e9taient r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 une date fixe convenue avec le laboratoire. L\u2019exp\u00e9rience a rapidement montr\u00e9 que ce n\u2019\u00e9tait pas une solution viable. En effet, les mesures r\u00e9alis\u00e9es fin novembre 2013 (deuxi\u00e8me campagne de mesure de REH dans l\u2019Aisne) se sont av\u00e9r\u00e9es <em>a posteriori<\/em> trop tardives compte-tenu des pr\u00e9cipitations automnales importantes. Les REH mesur\u00e9s \u00e9taient tr\u00e8s bas et leur interpr\u00e9tation d\u00e9licate compte-tenu de l\u2019incertitude sur la lixiviation. C\u2019est pourquoi il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de calculer annuellement la date de d\u00e9but drainage pour chaque BAC \u00e0 partir de 2014.<\/p>\n<h3>Organisation des pr\u00e9l\u00e8vements<\/h3>\n<p>Lors des premi\u00e8res campagnes de mesure, la Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne se chargeait de l\u2019organisation des pr\u00e9l\u00e8vements (contrats, affectation des pr\u00e9leveurs, organisation du travail, aspects pratiques et documentaires\u2026). Cette activit\u00e9 tr\u00e8s chronophage et demandant une organisation sans faille a ensuite \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e au laboratoire LDAR pour qui la gestion des pr\u00e9l\u00e8vements fait partie de ses m\u00e9tiers.<\/p>\n<p>Quelques probl\u00e8mes d\u2019identification des parcelles ont \u00e9t\u00e9 rencontr\u00e9s. En effet, l\u2019organisation impliquait d\u2019envoyer le pr\u00e9leveur sur un BAC pour qu\u2019il pr\u00e9l\u00e8ve des \u00e9chantillons de sol sur toutes les parcelles en une ou deux journ\u00e9es et sans contact direct avec les agriculteurs. Pour cela, un tableau r\u00e9capitulatif des parcelles \u00e0 \u00e9chantillonner \u00e9tait fourni avec les coordonn\u00e9es GPS et une carte sur laquelle chaque parcelle \u00e9tait identifi\u00e9e par son num\u00e9ro. Cependant chaque ann\u00e9e, des agriculteurs n\u2019ayant pas vu le pr\u00e9leveur dans leur champ ou ne trouvant pas de trace de roues, d\u00e9claraient que les pr\u00e9l\u00e8vements n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 faits ou qu\u2019ils avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s dans une autre parcelle.<\/p>\n<p>De plus certains agriculteurs ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des \u00e9changes de parcelles, des ventes ou des reprises au cours du suivi\u00a0; le plus souvent sans pr\u00e9venir la Chambre d\u2019agriculture qui se retrouvait alors avec des analyses d\u2019\u00e9chantillons sans correspondance avec les fiches de renseignements.<\/p>\n<p>La tra\u00e7abilit\u00e9 des \u00e9chantillons fut \u00e9galement d\u00e9licate \u00e0 organiser puisque les fiches de renseignements accompagnant habituellement les \u00e9chantillons de sol \u00e9taient g\u00e9r\u00e9es \u00e0 part.<\/p>\n<p>Il a donc fallu s\u2019am\u00e9liorer au cours des campagnes d&rsquo;\u00e9chantillonnage successives et quelques ann\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaires pour arriver \u00e0 une organisation satisfaisante.<\/p>\n<h2>Collecte des donn\u00e9es aupr\u00e8s des agriculteurs<\/h2>\n<p>Les informations sur l\u2019itin\u00e9raire technique des parcelles sont fondamentales pour comprendre et interpr\u00e9ter les mesures de reliquat. Cependant, quel que soit le territoire \u00e9tudi\u00e9, la collecte des donn\u00e9es a toujours \u00e9t\u00e9 relativement difficile. Sur les BAC \u00ab Grenelle \u00bb, les informations devaient \u00eatre renseign\u00e9es directement par les agriculteurs via le remplissage de la fiche de renseignements <em>AzoFert\u00ae<\/em>. Bien que cette fiche soit d\u00e9j\u00e0 maitris\u00e9e par les agriculteurs puisque utilis\u00e9e depuis de nombreuses ann\u00e9es pour l\u2019interpr\u00e9tation des RSH mesur\u00e9s au LDAR, un faible taux de remplissage \u00e9tait r\u00e9guli\u00e8rement constat\u00e9. Il a donc fallu mettre en place une \u00e9quipe de relecture et de relance t\u00e9l\u00e9phonique. N\u00e9anmoins, la qualit\u00e9 (ou d\u00e9faut) de certains renseignements est rest\u00e9e sujet \u00e0 caution (exemple\u00a0: l\u2019absence d\u2019information sur des repousses de colza signifie-t-il l\u2019absence de repousses ou est-ce une omission ?).<\/p>\n<p>Par la suite, sur les BAC en march\u00e9 public, les fiches de renseignements ont \u00e9t\u00e9 compl\u00e9t\u00e9es par l\u2019animateur lors d\u2019entretiens individuels avec les agriculteurs, am\u00e9liorant grandement la compl\u00e9tude et la qualit\u00e9 des renseignements collect\u00e9s.<\/p>\n<p>Par ailleurs, au cours des diverses campagnes, certaines informations importantes mais manquantes pour comprendre les valeurs de REH ont \u00e9t\u00e9 mises en \u00e9vidence, telles que la pr\u00e9sence de maladie, le d\u00e9veloppement des CIPAN, les difficult\u00e9s de lev\u00e9e de la culture d\u2019hiver, le d\u00e9tail du fractionnement et la valorisation des apports d\u2019azote. Ces informations n\u2019ont pu \u00eatre collect\u00e9es que lors de la mise en place d\u2019entretiens individuels pour les derniers BAC \u00e9tudi\u00e9s. Une fiche de donn\u00e9es compl\u00e9mentaires sur la gestion des intercultures et des repousses de colza avait \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e sur les BAC \u00ab Grenelle \u00bb en 2013-2014, mais vu le tr\u00e8s faible taux de retour, elle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 reconduite.<\/p>\n<h2>D\u00e9motivation des agriculteurs<\/h2>\n<p>Sur les BAC \u00ab Grenelle \u00bb pour lesquelles la m\u00e9thode AZUR a \u00e9t\u00e9 mise en \u0153uvre durant six ann\u00e9es successives, une \u00e9rosion de l\u2019implication des agriculteurs s\u2019est notamment traduite par une moindre participation aux r\u00e9unions d\u2019information collectives et par une plus grande difficult\u00e9 pour collecter les donn\u00e9es. Au final, pour certains agriculteurs, la d\u00e9marche innovante et int\u00e9ressante est devenue une mesure routini\u00e8re n\u00e9cessaire au plan d\u2019action du BAC. En cause vraisemblablement, le contenu de la m\u00e9thode AZUR ainsi que la d\u00e9marche d\u2019accompagnement et l\u2019animation propos\u00e9e qui n\u2019ont pas \u00e9volu\u00e9 au cours du temps.<\/p>\n<h2>Difficult\u00e9s d\u2019interpr\u00e9tation<\/h2>\n<p>Malgr\u00e9 les donn\u00e9es collect\u00e9es sur les itin\u00e9raires techniques, les \u00e9changes avec les agriculteurs et avec les experts (INRAE, LDAR, Agro-Transfert RT), il y a chaque ann\u00e9e une part de r\u00e9sultats difficilement explicables. Ces cas sont d\u2019autant plus ennuyeux que ce sont eux qui interpellent les agriculteurs.<\/p>\n<p>De plus, l\u2019analyse des valeurs de REH est essentiellement relative (comparaison des parcelles et des situations entre elles et par rapport \u00e0 la moyenne du panel) (figure 6) et l\u2019absence de r\u00e9f\u00e9rences permettant de juger si le chiffre est plut\u00f4t \u00ab bon \u00bb ou \u00ab \u00e0 am\u00e9liorer \u00bb s\u2019est av\u00e9r\u00e9e g\u00eanante.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1248\" aria-describedby=\"caption-attachment-1248\" style=\"width: 1555px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1248 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig6hq-scaled-e1666856217924.jpg\" alt=\"\" width=\"1555\" height=\"889\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig6hq-scaled-e1666856217924.jpg 1555w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig6hq-scaled-e1666856217924-300x172.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig6hq-scaled-e1666856217924-1024x585.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig6hq-scaled-e1666856217924-768x439.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig6hq-scaled-e1666856217924-1536x878.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig6hq-scaled-e1666856217924-65x37.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig6hq-scaled-e1666856217924-225x129.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/jg_fig6hq-scaled-e1666856217924-350x200.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1555px) 100vw, 1555px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1248\" class=\"wp-caption-text\">Figure 6. Impact du contexte agronomique sur les REH mesur\u00e9s sur un BAC (Licy-Clignon, 2016).<\/figcaption><\/figure>\n<h2>Calcul et utilisation des objectifs de REH<\/h2>\n<p>La m\u00e9thode propos\u00e9e par l\u2019Agence de l\u2019eau Seine-Normandie pr\u00e9sente l\u2019int\u00e9r\u00eat de donner une valeur de r\u00e9f\u00e9rence reposant sur un objectif compr\u00e9hensible par tous.<\/p>\n<p>C\u2019est un outil int\u00e9ressant qui a le m\u00e9rite de chiffrer l\u2019effort \u00e0 fournir par les agriculteurs. Par contre, son utilisation sur les derniers BAC suivis par la Chambre d\u2019agriculture de l\u2019Aisne a mis en \u00e9vidence qu\u2019en fonction des syst\u00e8mes et des contextes p\u00e9doclimatiques, l\u2019objectif de REH peut \u00eatre facilement atteignable dans certaines situations ou \u00e0 l\u2019inverse compl\u00e8tement inatteignable m\u00eame avec les m\u00e9thodes d\u2019optimisation \u00ab classiques \u00bb de gestion de l\u2019azote sans revoir les syst\u00e8mes voire l\u2019occupation des sols (figure 7).<\/p>\n<p>La m\u00e9thode et donc la valeur des objectifs calcul\u00e9s restent sujet \u00e0 caution au vu du grand nombre d\u2019approximations.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1592\" aria-describedby=\"caption-attachment-1592\" style=\"width: 1612px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1592 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/jg_fig7hq-scaled-e1669120031277.jpg\" alt=\"\" width=\"1612\" height=\"934\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/jg_fig7hq-scaled-e1669120031277.jpg 1612w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/jg_fig7hq-scaled-e1669120031277-300x174.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/jg_fig7hq-scaled-e1669120031277-1024x593.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/jg_fig7hq-scaled-e1669120031277-768x445.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/jg_fig7hq-scaled-e1669120031277-1536x890.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/jg_fig7hq-scaled-e1669120031277-65x38.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/jg_fig7hq-scaled-e1669120031277-225x130.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/jg_fig7hq-scaled-e1669120031277-350x203.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1612px) 100vw, 1612px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1592\" class=\"wp-caption-text\">Figure 7. Distribution des REH (sur 90 cm) et comparaison \u00e0 deux objectifs de r\u00e9sultats dans le BAC de Guignicourt (2020).<\/figcaption><\/figure>\n<h2>\u00c9chelle de travail<\/h2>\n<p>L\u2019analyse des donn\u00e9es dans le cadre de la m\u00e9thode AZUR s\u2019est surtout concentr\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la parcelle et de la succession culturale.<\/p>\n<p>Pour ce qui est de l\u2019\u00e9chelle spatiale, bien qu\u2019ayant essay\u00e9 d\u2019avoir un nombre de parcelles le plus important possible et avec une bonne r\u00e9partition sur le BAC, il reste difficile d\u2019extrapoler ces donn\u00e9es \u00ab \u00e9chantillonnaires \u00bb pour avoir une meilleure estimation des contributions agricoles. Par ailleurs l\u2019absence de suivi sur les zones non cultiv\u00e9es ou de prise en compte d\u2019\u00e9ventuelles sources de pollution non agricoles a souvent \u00e9t\u00e9 reproch\u00e9e \u2013 \u00e0 juste titre \u2013 par les agriculteurs engag\u00e9s.<\/p>\n<p>De m\u00eame, si l\u2019\u00e9tude des successions culturales a permis de mettre en \u00e9vidence certaines situations \u00e0 risques, leur fr\u00e9quence peut relativiser leurs impacts. Il serait donc n\u00e9cessaire d\u2019\u00e9tudier les reliquats \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la rotation pour avoir une meilleure estimation des contributions aux fuites de nitrate.<\/p>\n<h2>Pr\u00e9conisation et accompagnement des agriculteurs<\/h2>\n<p>La m\u00e9thode AZUR est avant tout un observatoire qui a permis de mettre en \u00e9vidence les facteurs influen\u00e7ant le REH. Certains de ces facteurs sont li\u00e9s aux pratiques des agriculteurs, il est donc possible d\u2019en d\u00e9duire des recommandations. Cependant l\u2019accompagnement est rest\u00e9 limit\u00e9 \u00e0 des constats et des tentatives d\u2019explications. L\u2019animation restant tr\u00e8s timide sur les recommandations et actions \u00e0 mettre en place. Par ailleurs, les mesures figurant au contrat d\u2019engagement des agriculteurs sont pour la plupart d\u00e9j\u00e0 r\u00e9glementairement obligatoires.<\/p>\n<p>Dans un objectif d\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de l\u2019eau, il serait n\u00e9cessaire d\u2019aller plus loin sur l\u2019accompagnement au changement des pratiques et aborder \u00e9galement les questions de re-conception de syst\u00e8mes.<\/p>\n<h1>Conclusions et perspectives<\/h1>\n<p>La m\u00e9thode AZUR qui a \u00e9t\u00e9 mise en place initialement sur les BAC \u00ab Grenelle \u00bb du d\u00e9partement de l\u2019Aisne, \u00e0 titre exp\u00e9rimental, a r\u00e9pondu \u00e0 son premier objectif d\u2019implication des agriculteurs dans une d\u00e9marche d\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de l\u2019eau. Elle a \u00e9galement permis d\u2019apprendre \u00e0 travailler avec ce nouvel indicateur qu\u2019est le REH et de d\u00e9finir des r\u00e9f\u00e9rences nouvelles.<\/p>\n<p>Ensuite \u00e9tendue \u00e0 d\u2019autres territoires, la m\u00e9thode a permis d\u2019en apprendre plus sur les facteurs de variabilit\u00e9 dans des contextes vari\u00e9s et notamment l\u2019impact des diff\u00e9rentes successions culturales dont certaines \u00e9taient inattendues.<\/p>\n<p>AZUR a \u00e9galement permis de confirmer le r\u00f4le fondamental de la gestion de l\u2019interculture pour maitriser les pertes de nitrate ainsi que le r\u00f4le marginal de la gestion de la fertilisation azot\u00e9e min\u00e9rale de printemps qui constitue pourtant la pierre angulaire du programme d\u2019action de la Directive Nitrates et sans doute l\u2019\u00e9l\u00e9ment le plus contr\u00f4l\u00e9.<\/p>\n<p>La mise en \u0153uvre de la m\u00e9thode a n\u00e9anmoins \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e \u00e0 des difficult\u00e9s dont les plus frustrantes, tant pour les animateurs que les agriculteurs, \u00e9taient de ne pas pouvoir expliquer certaines valeurs, ou encore les incertitudes sur les contributions \u00e0 la qualit\u00e9 de l\u2019eau.<\/p>\n<p>AZUR est une premi\u00e8re \u00e9tape dans une d\u00e9marche d\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de l\u2019eau\u00a0: celle du constat et de la sensibilisation. L\u2019\u00e9tape suivante, \u00e0 savoir celle devant in\u00e9vitablement d\u00e9boucher sur des changements de pratiques voire une \u00e9volution des syst\u00e8mes reste \u00e0 construire.<\/p>\n<h1>Bibliographie<\/h1>\n<p>Burns I.G., 1976. Equations to predict the leaching of nitrate uniformly incorporated to a known depth or uniformly distributed throughout a soil profile. <em>Journal of Agricultural Science<\/em>, 86, 305-313.<\/p>\n","protected":false},"author":10,"menu_order":1,"template":"","meta":{"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["julien-gaillard"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[71],"license":[],"class_list":["post-117","chapter","type-chapter","status-publish","hentry","contributor-julien-gaillard"],"part":104,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/117"}],"collection":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"version-history":[{"count":44,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/117\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2123,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/117\/revisions\/2123"}],"part":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/104"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/117\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=117"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=117"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=117"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=117"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}