{"id":130,"date":"2022-03-01T11:56:47","date_gmt":"2022-03-01T10:56:47","guid":{"rendered":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/?post_type=chapter&#038;p=130"},"modified":"2022-12-21T10:14:43","modified_gmt":"2022-12-21T09:14:43","slug":"reh_nievre","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/chapter\/reh_nievre\/","title":{"raw":"\u00c9valuer les pressions azot\u00e9es sur quatre bassins d\u2019alimentation de captage dans le nord de la Ni\u00e8vre par des mesures de REH : comment passer des constats \u00e0 l\u2019action ?","rendered":"\u00c9valuer les pressions azot\u00e9es sur quatre bassins d\u2019alimentation de captage dans le nord de la Ni\u00e8vre par des mesures de REH : comment passer des constats \u00e0 l\u2019action ?"},"content":{"raw":"<div class=\"textbox\">\r\n\r\n<strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\r\n\r\nQuatre captages du nord de la Ni\u00e8vre, class\u00e9s prioritaires Grenelle, pr\u00e9sentent des teneurs en nitrate importantes, qui avoisinent parfois la norme de potabilit\u00e9 (50 mg.L<sup>-1<\/sup>) en p\u00e9riode hivernale. Cette eau provient de nappes souterraines situ\u00e9es dans des aquif\u00e8res karstiques. Les bassins d\u2019alimentation de captage (BAC), de 300 \u00e0 2 500 hectares, concernent des zones agricoles de polyculture (colza, c\u00e9r\u00e9ales, prot\u00e9agineux, tournesol, ma\u00efs\u2026) et d\u2019\u00e9levage bovin allaitant. Les sols sont essentiellement argilo-calcaires d\u2019\u00e9paisseur variable, avec des taux de cailloux parfois importants.\r\n\r\nSur ces BAC, des programmes d\u2019actions sont mis en \u0153uvre depuis 2013, anim\u00e9s par une cellule d\u2019animation agro-environnementale r\u00e9sultant d\u2019un partenariat entre les diff\u00e9rentes collectivit\u00e9s gestionnaires. En 2015, un suivi de l\u2019azote dans le sol des parcelles agricoles des BAC a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 afin (1) de capitaliser des connaissances sur le fonctionnement de ces sols, (2) de participer \u00e0 la compr\u00e9hension de la dynamique de l\u2019azote dans les sols avant la p\u00e9riode de lixiviation, et (3) d\u2019en faire une base de r\u00e9flexion avec les agriculteurs sur leurs pratiques culturales.\r\n\r\nDurant cinq campagnes culturales, 90 \u00e0 100 mesures de reliquats entr\u00e9e hiver (REH) ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es, coupl\u00e9es \u00e0 des pes\u00e9es de biomasse de colza\/couverts. La date des pr\u00e9l\u00e8vements est d\u00e9cid\u00e9e d\u2019apr\u00e8s le suivi du remplissage des sols par calcul du bilan hydrique. Les points de mesures sont les m\u00eames d\u2019une ann\u00e9e sur l\u2019autre\u00a0; pour le plus petit des BAC (224 ha de SAU), les REH ont \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9s sur l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des 35 parcelles cultiv\u00e9es, permettant d\u2019estimer les quantit\u00e9s d\u2019azote perdues dans la nappe chaque ann\u00e9e \u00e0 partir des donn\u00e9es de pluviom\u00e9trie.\r\n\r\nEn parall\u00e8le, un REH objectif a \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9 en utilisant le mod\u00e8le de Burns et selon les caract\u00e9ristiques des sols\u00a0: des reliquats en dessous de 50 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> garantissent que l\u2019eau qui percole sous les BAC ne d\u00e9passe pas la concentration en nitrate de 37 mg.L<sup>-1<\/sup>. Cette valeur est cependant soumise \u00e0 de nombreuses hypoth\u00e8ses, la rendant valable uniquement sur les sols profonds.\r\n\r\nQuant aux r\u00e9sultats, malgr\u00e9 les nombreuses analyses possibles, il est difficile de d\u00e9gager des tendances. Rares sont les sols profonds qui atteignent l\u2019objectif de 50 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> en entr\u00e9e d\u2019hiver. Des hypoth\u00e8ses de travail ou des contraintes techniques doivent encore \u00eatre lev\u00e9es\u00a0: la caract\u00e9risation des taux de cailloux, l\u2019estimation de l\u2019azote dans les sols superficiels (les racines explorent-elles au-del\u00e0 des centim\u00e8tres pr\u00e9lev\u00e9s ?)\u2026\r\n\r\nD\u2019autre part, la valorisation des r\u00e9sultats aupr\u00e8s des agriculteurs n\u2019est pas ais\u00e9e, tant en r\u00e9union collective qu\u2019en rendez-vous individuel. Les questions se posent aujourd\u2019hui quant \u00e0 la poursuite de ce dispositif de mesures, et plus globalement sur la fa\u00e7on d\u2019aborder la gestion de l\u2019azote pour limiter les pertes azot\u00e9es sous les parcelles des BAC.\r\n\r\n<\/div>\r\n<h1>Introduction<\/h1>\r\nLe REH est une mesure de la teneur en azote min\u00e9ral dans le sol et un indicateur permettant d\u2019\u00e9valuer les risques de pertes vers les nappes capt\u00e9es pour l\u2019eau potable. Il permet \u00e9galement de susciter des r\u00e9flexions et des adaptations de pratiques chez les agriculteurs.\r\n\r\nEncourag\u00e9 par des financeurs publics tels que les agences de l\u2019eau, il est mesur\u00e9 depuis six ans dans une centaine de parcelles de bassins d\u2019alimentation de captage dans le nord de la Ni\u00e8vre.\r\n\r\nComment valoriser les r\u00e9sultats et mobiliser autour de cet indicateur\u00a0? Comment faire du REH un v\u00e9ritable outil d\u2019animation et d\u2019aide \u00e0 la d\u00e9cision pour passer \u00e0 l\u2019action ?\r\n<h1>Des campagnes de mesures de reliquats depuis 2015 sur des zones \u00e0 enjeu \u00ab eau \u00bb<\/h1>\r\nQuatre captages du nord de la Ni\u00e8vre, class\u00e9s prioritaires Grenelle, pr\u00e9sentent des teneurs en nitrate importantes qui avoisinent parfois la norme de potabilit\u00e9 (50 mg.L<sup>-1<\/sup>) en p\u00e9riode hivernale. Cette eau provient de nappes souterraines situ\u00e9es dans des aquif\u00e8res karstiques. Les bassins d\u2019alimentation de captages (BAC), de 300 \u00e0 2 500 hectares, concernent des zones agricoles de polyculture (colza (<em>Brassica napus L.<\/em>), c\u00e9r\u00e9ales, prot\u00e9agineux, tournesol (<em>Helianthus annuus<\/em>), ma\u00efs (<em>Zea mays<\/em>)\u2026) et d\u2019\u00e9levage bovin allaitant. Les sols sont essentiellement argilo-calcaires d\u2019\u00e9paisseurs variables, avec des taux de cailloux parfois importants, except\u00e9 sur le BAC de la Fontainerie o\u00f9 des sols limono-argileux profonds sont bien pr\u00e9sents (figure 1).\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1252\" align=\"aligncenter\" width=\"1619\"]<img class=\"wp-image-1252 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig1hq-scaled-e1666857000592.jpg\" alt=\"\" width=\"1619\" height=\"1401\" \/> Figure 1. Localisation des bassins d\u2019alimentation de captages et description des types de sol.[\/caption]\r\n\r\nPour prot\u00e9ger ces captages et reconqu\u00e9rir la qualit\u00e9 de l\u2019eau, des programmes d\u2019actions sont mis en \u0153uvre depuis 2013 et anim\u00e9s par une cellule d\u2019animation agro-environnementale r\u00e9sultant d\u2019un partenariat entre les diff\u00e9rentes collectivit\u00e9s gestionnaires, f\u00e9d\u00e9r\u00e9es par la Ville de Clamecy.\r\n\r\nDepuis 2015, un suivi de l\u2019azote dans le sol de parcelles agricoles des BAC est r\u00e9alis\u00e9 afin de\r\n<ol>\r\n \t<li>capitaliser des connaissances sur le fonctionnement de ces sols,<\/li>\r\n \t<li>participer \u00e0 la compr\u00e9hension de la dynamique de l\u2019azote dans les sols avant la p\u00e9riode de lixiviation, et<\/li>\r\n \t<li>en faire une base de r\u00e9flexion avec les agriculteurs sur leurs pratiques culturales.<\/li>\r\n<\/ol>\r\n\u00c0 ce jour, six campagnes de mesures de REH ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es.\r\n\r\nCes mesures sont financ\u00e9es \u00e0 80\u00a0% par l\u2019agence de l\u2019eau Seine-Normandie et \u00e0 20\u00a0% par les quatre collectivit\u00e9s membres de la cellule d\u2019animation.\r\n<h1>Le dispositif de mesures<\/h1>\r\n<h2>Un \u00e9chantillonnage repr\u00e9sentatif de la diversit\u00e9 des successions culturales<\/h2>\r\nLe choix des parcelles s\u2019est fait la premi\u00e8re ann\u00e9e du lancement du projet, lors de rencontres individuelles entre l\u2019animatrice et les agriculteurs. L\u2019objectif vis\u00e9 \u00e9tait double\u00a0: impliquer un maximum d\u2019agriculteurs dans le dispositif (int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 partir d\u2019une parcelle dans un BAC) et refl\u00e9ter la diversit\u00e9 des successions culturales et des types de sol.\r\n\r\nChaque agriculteur dispose ainsi d\u2019une \u00e0 neuf mesures de REH chaque ann\u00e9e. Les points sont g\u00e9olocalis\u00e9s et positionn\u00e9s dans des zones repr\u00e9sentatives de chaque parcelle. La consigne donn\u00e9e au pr\u00e9leveur est d'\u00e9chantillonner la profondeur maximale autoris\u00e9e par le sol. Selon les parcelles, cette profondeur varie entre 20 et 90 cm (figure 2), ce qui ne facilite pas la comparaison des r\u00e9sultats entre parcelles.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1253\" align=\"aligncenter\" width=\"1580\"]<img class=\"wp-image-1253 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig2hq-scaled-e1666857057746.jpg\" alt=\"\" width=\"1580\" height=\"738\" \/> Figure 2. Profondeur de pr\u00e9l\u00e8vements dans les parcelles de chaque BAC. BRIN = BAC de Brinon, DORN = BAC de Dornecy, FONT = BAC de Fontainerie et SURG = BAC de Surgy.[\/caption]\r\n\r\nEntre les campagnes (ann\u00e9es), le nombre de parcelles fluctue\u00a0: des parcelles ayant subi un retournement de prairie temporaire peuvent s\u2019ajouter au dispositif, d\u2019autres sont supprim\u00e9es selon les r\u00e9sultats des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes (par exemple, dans le cas o\u00f9 le sol s\u2019av\u00e8re tr\u00e8s peu profond (20 cm), ou lorsque deux points sont mesur\u00e9s dans la m\u00eame parcelle avec deux pr\u00e9c\u00e9dents diff\u00e9rents et que l\u2019on observe aucune diff\u00e9rence quelques ann\u00e9es plus tard, etc.). Ces choix sont faits par l\u2019animatrice en accord avec les agriculteurs.\r\n\r\nAu total, 35 agriculteurs participent \u00e0 la d\u00e9marche, pour des mesures de REH dans 90 \u00e0 100 parcelles chaque ann\u00e9e. Des mesures de reliquat azot\u00e9 sont \u00e9galement r\u00e9alis\u00e9es en sortie d\u2019hiver (RSH), sur une partie des parcelles du r\u00e9seau de REH selon la culture \u00e0 fertiliser au printemps, pour permettre aux agriculteurs d\u2019ajuster leur plan pr\u00e9visionnel de fumure.\r\n\r\nLe BAC de Dornecy, qui a un fort enjeu vis-\u00e0-vis du nitrate avec des pics hivernaux de concentration pouvant d\u00e9passer 60 mg.L<sup>-1<\/sup> dans le captage, a la particularit\u00e9 d\u2019\u00eatre peu \u00e9tendu, avec une surface agricole de 224 hectares. Les mesures de REH sont r\u00e9alis\u00e9es dans l\u2019ensemble des 31 parcelles cultiv\u00e9es de ce BAC afin d\u2019\u00e9valuer les quantit\u00e9s d\u2019azote perdues dans la nappe chaque ann\u00e9e \u00e0 l\u2019aide des donn\u00e9es de pluviom\u00e9trie.\r\n<h2>Une mod\u00e9lisation du bilan hydrique pour d\u00e9clencher les pr\u00e9l\u00e8vements<\/h2>\r\nLa date des \u00e9chantillonnages de sol est d\u00e9cid\u00e9e en fonction du remplissage de la r\u00e9serve utile en eau des sols par calcul du bilan hydrique. Par d\u00e9faut, les donn\u00e9es utilis\u00e9es sont celles des sols peu profonds\u00a0: r\u00e9serve utile de 60 mm et des sols couverts par une c\u00e9r\u00e9ale d\u2019hiver. Un tableau excel automatis\u00e9 permet d\u2019estimer rapidement l\u2019\u00e9tat hydrique des sols, sur la base des observations de la station m\u00e9t\u00e9orologique de Clamecy.\r\n\r\nCependant, depuis deux ann\u00e9es, les pr\u00e9l\u00e8vements sont r\u00e9alis\u00e9s un peu tardivement, les sols \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 satur\u00e9s en eau et\/ou un \u00e9pisode d\u2019exc\u00e9dent hydrique s\u2019\u00e9tant d\u00e9j\u00e0 produit (automne 2019 illustr\u00e9 \u00e0 la figure 3). Il n\u2019est pas toujours ais\u00e9 de d\u00e9terminer cette date de pr\u00e9l\u00e8vement, qui n\u00e9cessite un suivi fin des donn\u00e9es et une coordination avec les contraintes de calendrier du pr\u00e9leveur.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1254\" align=\"aligncenter\" width=\"1587\"]<img class=\"wp-image-1254 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig3hq-scaled-e1666857098708.jpg\" alt=\"\" width=\"1587\" height=\"896\" \/> Figure 3. Suivi du remplissage des sols en 2018-2019 et 2019-2020.[\/caption]\r\n<h2>Des mesures de biomasse associ\u00e9es aux reliquats pour \u00e9valuer \u00ab\u00a0l\u2019azote en jeu \u00bb dans la parcelle<\/h2>\r\nSyst\u00e9matiquement, des pes\u00e9es de biomasse fraiches sont r\u00e9alis\u00e9es dans les parcelles de colza et d\u2019interculture longue, le jour du pr\u00e9l\u00e8vement de reliquat. L\u2019absorption d\u2019azote par les couverts est estim\u00e9e avec la m\u00e9thode MERCI[footnote]https:\/\/methode-merci.fr\/[\/footnote], permettant d\u2019\u00e9valuer l\u2019azote en jeu dans la parcelle et ainsi l\u2019efficacit\u00e9 du couvert \u00e0 capter l\u2019azote disponible dans le sol avant l\u2019hiver.\r\n\r\nCes pes\u00e9es permettent aussi de caract\u00e9riser les couverts\u00a0: densit\u00e9, homog\u00e9n\u00e9it\u00e9, esp\u00e8ces pr\u00e9sentes\u2026\r\n<h2>\u00c9valuation du REH objectif<\/h2>\r\nAu-del\u00e0 des mesures dans les parcelles, il s\u2019agit de les mettre en perspective pour se fixer un cap en mati\u00e8re de limitation de la pression azot\u00e9e pour les captages. En 2018, des valeurs de REH objectifs ont \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9es pour chacun des BAC, afin de servir de guide pour les agriculteurs et les ma\u00eetres d\u2019ouvrage.\r\n\r\nLe raisonnement pour calculer ce REH objectif est le suivant\u00a0:\r\n<ol>\r\n \t<li>Quelle qualit\u00e9 de l\u2019eau voulons-nous au captage ?<\/li>\r\n \t<li>Quelle concentration en nitrate maximale dans l\u2019eau qui percole sous le BAC doit-on fixer pour garantir cette qualit\u00e9 ?<\/li>\r\n \t<li>Quelles pertes en azote maximale sous les champs cultiv\u00e9s cela suppose-t-il ?<\/li>\r\n \t<li>Quelle quantit\u00e9 d\u2019azote maximale (REH objectif) doit-on retrouver dans les sols en d\u00e9but de drainage pour ne pas d\u00e9passer ces pertes ?<\/li>\r\n<\/ol>\r\nLes calculs sont bas\u00e9s sur le mod\u00e8le de lixiviation de Burns (1976) qui permet d\u2019estimer la part de nitrate du sol qui est lixivi\u00e9e pendant la p\u00e9riode de drainage. Ce mod\u00e8le tient compte des caract\u00e9ristiques des sols (\u00e9paisseur, humidit\u00e9 volumique \u00e0 la capacit\u00e9 au champ) et de la lame drainante, d\u00e9pendante de l\u2019occupation et de la r\u00e9serve utile du sol.\r\n\r\nAinsi, un calcul a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 pour chaque parcelle des BAC selon le type de sol (bas\u00e9 sur les \u00e9tudes p\u00e9dologiques disponibles) et le type de couvert v\u00e9g\u00e9tal (prairie, culture, for\u00eat), en estimant une lame drainante moyenne sur base de 10 ann\u00e9es de donn\u00e9es pluviom\u00e9triques. La profondeur d\u2019enracinement a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9e \u00e0 90 cm par d\u00e9faut. Cette hypoth\u00e8se peut \u00eatre discut\u00e9e, car 30\u00a0% des \u00e9chantillons ne sont pas pr\u00e9lev\u00e9s au-del\u00e0 de 30 cm de profondeur et pr\u00e8s de 40\u00a0% \u00e0 60 cm seulement.\r\n\r\nLes r\u00e9sultats indiquent une concentration en nitrate de la lame drainante sous cultures de 50 \u00e0 65 mg.L<sup>-1<\/sup> selon les BAC (pour un objectif fix\u00e9 \u00e0 37 mg.L<sup>-1<\/sup> dans l\u2019eau capt\u00e9e), soit une perte de 24 \u00e0 31 kg N.ha<sup>-1<\/sup>. Le reliquat objectif, s\u2019il peut varier d\u2019un type de sol \u00e0 l\u2019autre, a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 \u00e0 50 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> pour faciliter la d\u00e9marche par la suite, quels que soient les parcelles et le BAC.\r\n\r\nCette valeur objectif est ainsi soumise \u00e0 de nombreuses hypoth\u00e8ses, la rendant valable uniquement sur les sols profonds. Elle permet toutefois de la comparer aux ordres de grandeur des reliquats mesur\u00e9s.\r\n<h1>Des objectifs rarement atteints et des r\u00e9sultats pas toujours interpr\u00e9tables<\/h1>\r\n<h2>Les param\u00e8tres influen\u00e7ant les r\u00e9sultats de REH<\/h2>\r\nLes r\u00e9sultats REH sont interpr\u00e9t\u00e9s \u00e0 partir de l\u2019azote min\u00e9ral total\u00a0: nitrique et ammoniacal. Se pose parfois la question de la prise en compte de l\u2019azote ammoniacal dans son int\u00e9gralit\u00e9 car certains \u00e9chantillons pr\u00e9sentent une concentration sup\u00e9rieure \u00e0 20\u00a0kg.ha<sup>-1<\/sup> sur un ou plusieurs horizons.\r\n\r\nPar ailleurs, le r\u00e9sultat du REH est d\u00e9pendant du taux de cailloux estim\u00e9 et de la texture du sol (qui permet d\u2019\u00e9valuer sa densit\u00e9 apparente). Le reliquat est \u00e9valu\u00e9 comme suit\u00a0:\r\n<table style=\"border-collapse: collapse; width: 58.7273\u00a0%;\" border=\"0\">\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 10.4545\u00a0%;\">REH (kg N.ha<sup>-1<\/sup>)\r\n\r\n&nbsp;<\/td>\r\n<td style=\"width: 48.2728\u00a0%;\">= N terre s\u00e8che (mg.kg<sup>-1<\/sup>) x terre fine\/ha (t.ha<sup>-1<\/sup>)\r\n\r\n= N terre s\u00e8che (mg.kg<sup>-1<\/sup>) x prof horizon (cm) x Dapp (g.cm<sup>-3<\/sup>) x (1 -\u00a0% cailloux)<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<ul>\r\n \t<li>N terre s\u00e8che = quantit\u00e9 d\u2019azote min\u00e9ral mesur\u00e9e dans la terre s\u00e8che<\/li>\r\n \t<li>Dapp = densit\u00e9 apparente du sol (en fonction de sa composition)<\/li>\r\n \t<li>Terre fine\/ha = quantit\u00e9 de terre fine \u00e0 l\u2019hectare<\/li>\r\n<\/ul>\r\nOr, les caract\u00e9ristiques des sols ne sont pas toujours pr\u00e9cis\u00e9ment connues sur les BAC. Si des \u00e9tudes p\u00e9dologiques ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es au moment de l\u2019\u00e9valuation de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des BAC aux transferts, elles n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 aussi fines d\u2019un BAC \u00e0 l\u2019autre (\u00e9tude de la carte d\u00e9partementale des terres agricoles pour le BAC de la Fontainerie\u00a0; sondages tari\u00e8re plus ou moins nombreux pour les autres BAC). Au fur et \u00e0 mesure des campagnes de REH, des ajustements ont \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaires, \u00e0 partir des caract\u00e9ristiques observ\u00e9es sur le terrain par le pr\u00e9leveur (taux de cailloux, profondeur, \u2026).\r\n\r\nSelon les laboratoires, la densit\u00e9 apparente est \u00e9valu\u00e9e \u00e0 partir de la texture fournie en d\u00e9tail (taux d\u2019argile, sable, limon) ou selon la typologie de sols du GREN[footnote]Groupe R\u00e9gional d\u2019Expertise Nitrates[\/footnote], moins pr\u00e9cise. Une comparaison r\u00e9alis\u00e9e en 2019 sur la base des donn\u00e9es brutes (mg.kg<sup>-1<\/sup>) a cependant montr\u00e9 que la m\u00e9thodologie employ\u00e9e par deux laboratoires diff\u00e9rents n\u2019entrainait que 2\u00a0% d\u2019\u00e9cart en moyenne sur 77 \u00e9chantillons.\r\n\r\nCependant, le taux de cailloux peut faire varier de fa\u00e7on cons\u00e9quente le r\u00e9sultat, car directement li\u00e9 au calcul du REH. Or il n\u2019est pas toujours ais\u00e9 d\u2019estimer ce taux, notamment dans les horizons profonds. Des ajustements ont \u00e9t\u00e9 faits par les pr\u00e9leveurs successifs pour tenter de s\u2019approcher au mieux de leur ressenti sur le terrain (en fonction de la difficult\u00e9 \u00e0 pr\u00e9lever). En 2021, suite \u00e0 un changement de prestataire, le nouveau pr\u00e9leveur a ajust\u00e9 le taux de cailloux de 37 parcelles sur 105, selon son observation visuelle et la facilit\u00e9 ou non \u00e0 r\u00e9aliser le pr\u00e9l\u00e8vement. Cela interroge sur la fiabilit\u00e9 des r\u00e9sultats obtenus qu\u2019il ne faut donc pas interpr\u00e9ter au kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> pr\u00e8s. La question d\u2019une meilleure connaissance et caract\u00e9risation des sols sur les BAC se pose aussi, d\u2019autant plus dans un contexte p\u00e9dologique o\u00f9 les sols sont souvent caillouteux (pour 65\u00a0% des sols \u00e9chantillonn\u00e9s, la charge caillouteuse est estim\u00e9e entre 10 \u00e0 20\u00a0% et pour 15\u00a0% des sols, elle est estim\u00e9e \u00e0 plus de 20\u00a0%).\r\n<h2>Interpr\u00e9tation des r\u00e9sultats annuels<\/h2>\r\nVu le relativement faible nombre de parcelles suivies, il n\u2019est pas possible de r\u00e9aliser des analyses statistiques pouss\u00e9es. Chaque ann\u00e9e, les valeurs sont n\u00e9anmoins compar\u00e9es par types de successions de cultures {culture pr\u00e9c\u00e9dente - interculture - culture suivante} cat\u00e9goris\u00e9es par profondeur de sols (figure 4). On observe toujours une grande diversit\u00e9 dans les r\u00e9sultats (large amplitude entre mini et maxi). Pour les parcelles o\u00f9 un couvert d\u2019interculture (CIPAN) ou un colza est en place, l\u2019azote absorb\u00e9 par le couvert est \u00e9valu\u00e9 avec la m\u00e9thode MERCI.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1255\" align=\"aligncenter\" width=\"1580\"]<img class=\"wp-image-1255 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig4hq-scaled-e1666857182552.jpg\" alt=\"\" width=\"1580\" height=\"963\" \/> Figure 4. REH des pr\u00e9c\u00e9dents \u00ab c\u00e9r\u00e9ales \u00bb (2021). Chaque barre correspond \u00e0 une parcelle\u00a0; les couleurs distinguent l\u2019azote mesur\u00e9 dans chaque horizon.[\/caption]\r\n\r\nUne tentative de mise en parall\u00e8le des r\u00e9sultats de REH avec les pratiques de fertilisation (apports de mati\u00e8re organique, restitution des pailles ou non) ainsi que les balances azot\u00e9es (apports \u2013 exports d\u2019azote) n\u2019a pas montr\u00e9 de corr\u00e9lation probante (figure 5). Une fois encore, le faible nombre de parcelles \u00e9chantillonn\u00e9es ne permet pas d\u2019aller plus loin dans les conclusions.\r\n\r\nM\u00eame avec une faible balance, les reliquats peuvent \u00eatre \u00e9lev\u00e9s. La balance azot\u00e9e reste un indicateur de \u00ab\u00a0bonnes pratiques de fertilisation\u00a0\u00bb et ne repr\u00e9sente pas exactement le stock d\u2019azote dans le sol apr\u00e8s la moisson. D\u2019autres facteurs ont un impact sur le r\u00e9sultat du REH, notamment l\u2019historique de la parcelle et la pr\u00e9sence (en qualit\u00e9) d\u2019une CIPAN ou de repousses de colza.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1256\" align=\"aligncenter\" width=\"1587\"]<img class=\"wp-image-1256 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig5hq-scaled-e1666857229411.jpg\" alt=\"\" width=\"1587\" height=\"1299\" \/> Figure 5. REH en fonction de la balance azot\u00e9e 2021 (kg N.ha<sup>-1<\/sup>), pour les sols pr\u00e9lev\u00e9s \u00e0 2 ou 3 horizons.[\/caption]\r\n\r\nQuelques conclusions peuvent toutefois \u00eatre tir\u00e9es, mais restent tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9rales\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>L\u2019objectif de 50 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> n\u2019est quasiment jamais atteint dans les sols profonds.<\/li>\r\n \t<li>Les REH sont souvent faibles apr\u00e8s une r\u00e9colte de ma\u00efs (notamment ma\u00efs grain irrigu\u00e9) ou de tournesol, dans ce cas, certainement d\u00fb \u00e0 la d\u00e9gradation des r\u00e9sidus qui consomme l\u2019azote du sol.<\/li>\r\n \t<li>Les parcelles cultiv\u00e9es en agriculture biologique montrent des r\u00e9sultats dans la moyenne des valeurs.<\/li>\r\n \t<li>Les couverts v\u00e9g\u00e9taux, lorsqu\u2019ils sont bien implant\u00e9s, permettent de limiter la valeur des reliquats. L\u2019azote en jeu (REH + N absorb\u00e9 par le couvert) est parfois tr\u00e8s important.<\/li>\r\n \t<li>Les retournements de prairies permanentes sont visibles plusieurs ann\u00e9es apr\u00e8s. Concernant les prairies temporaires, l\u2019arri\u00e8re-effet est marqu\u00e9 (REH \u00e9lev\u00e9s) un \u00e0 deux ans apr\u00e8s le retournement.<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<h2>Analyse pluriannuelle des r\u00e9sultats<\/h2>\r\nAvec six campagnes de pr\u00e9l\u00e8vements, une analyse pluriannuelle a \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la parcelle, faute de pistes pour le faire \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des BAC. Une comparaison des r\u00e9sultats pour trois parcelles est pr\u00e9sent\u00e9e graphiquement (figure 6), en pr\u00e9cisant les successions culturales.\r\n\r\nL\u2019analyse de l\u2019\u00e9volution des REH par parcelle permet de comparer des donn\u00e9es issues de caract\u00e9ristiques similaires (m\u00eame agriculteur, m\u00eame param\u00e9trage de sol, m\u00eame taux de cailloux, etc.). La comparaison reste d\u00e9licate puisque les pr\u00e9l\u00e8vements n\u2019ont pas toujours \u00e9t\u00e9 faits aux dates optimales \u00e0 l\u2019image de l\u2019ann\u00e9e 2019 o\u00f9 le drainage avait d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 environ un mois avant l\u2019\u00e9chantillonnage des sols (figure 2).\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1257\" align=\"aligncenter\" width=\"1561\"]<img class=\"wp-image-1257 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig6hq-scaled-e1666857276544.jpg\" alt=\"\" width=\"1561\" height=\"1382\" \/> Figure 6. Pr\u00e9sentation des r\u00e9sultats REH pluriannuels des parcelles d\u2019une m\u00eame exploitation (profondeur pr\u00e9lev\u00e9e\u00a0: 90 cm).[\/caption]\r\n\r\nPlus que la rotation, ce sont les successions de cultures et l\u2019historique r\u00e9cent (retournement de prairie, rendement objectif non atteint, apport de mati\u00e8re organique\u2026) qui semblent expliquer les variations interannuelles d\u2019une m\u00eame parcelle. Cependant, il reste difficile de d\u00e9gager de r\u00e9elles tendances ou m\u00eame d\u2019expliquer certaines donn\u00e9es.\r\n\r\n\u00c0 noter qu\u2019aucune succession ne parvient \u00e0 atteindre l\u2019objectif de 50 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> sur 90\u00a0cm.\r\n<h1>Discussion<\/h1>\r\n<h2>Un observatoire des pressions azot\u00e9es<\/h2>\r\nLes mesures permettent d\u2019observer des tendances et de conclure sur la pression azot\u00e9e dans chaque BAC, comme en t\u00e9moigne la figure 7. Ce graphique permet entre-autres d\u2019illustrer l\u2019effet climatique (comparaison entre 2018 et 2021 par exemple). 2019 est une ann\u00e9e o\u00f9 les pr\u00e9l\u00e8vements ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s apr\u00e8s une p\u00e9riode de drainage, ce qui peut expliquer les r\u00e9sultats moins \u00e9lev\u00e9s.\r\n\r\nLe contexte p\u00e9dologique influence \u00e9galement les r\u00e9sultats entre BAC (Surgy comporte beaucoup de sols \u00e0 1 horizon et Fontainerie des sols \u00e0 3 horizons). Pour r\u00e9ellement \u00e9valuer la pression azot\u00e9e dans les BAC, il faudrait pond\u00e9rer les r\u00e9sultats en fonction des param\u00e8tres {successions de culture - type de sol - surfaces dans le BAC}.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1258\" align=\"aligncenter\" width=\"1587\"]<img class=\"wp-image-1258 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig7hq-scaled-e1666857327775.jpg\" alt=\"\" width=\"1587\" height=\"736\" \/> Figure 7. \u00c9volution des valeurs de REH par ann\u00e9e et par BAC. Le nombre de valeurs utilis\u00e9es est indiqu\u00e9 entre crochets.[\/caption]\r\n\r\nCes histogrammes ne sont pas des \"bo\u00eetes \u00e0 moustaches\" classiques\u00a0: dans la partie color\u00e9e se trouvent 70\u00a0% des valeurs (centiles 0,15 et 0,85).\r\n\r\nSur le BAC de Dornecy, o\u00f9 toutes les parcelles cultiv\u00e9es sont pr\u00e9lev\u00e9es, on peut approcher plus pr\u00e9cis\u00e9ment cette pression azot\u00e9e. La part d\u2019azote min\u00e9ral entra\u00een\u00e9e par lixiviation est calcul\u00e9e avec le mod\u00e8le de Burns sur base\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>des REH mesur\u00e9s,<\/li>\r\n \t<li>des lames drainantes estim\u00e9es par parcelle,<\/li>\r\n \t<li>de l'assolement et<\/li>\r\n \t<li>de la pluviom\u00e9trie depuis la date du pr\u00e9l\u00e8vement REH.<\/li>\r\n<\/ul>\r\nCes pertes sont calcul\u00e9es par parcelle et converties en concentration en nitrate de l\u2019eau qui percole pendant l\u2019hiver. Par extrapolation, en pond\u00e9rant par les surfaces des parcelles, on peut calculer la concentration moyenne \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du BAC (tableau 1). Pour les surfaces non cultiv\u00e9es, les concentrations moyennes en nitrate retenues sont\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>2 mg.L<sup>-1<\/sup> sous for\u00eat,<\/li>\r\n \t<li>19 mg.L<sup>-1<\/sup> sous prairie permanente<\/li>\r\n \t<li>nulle sous les zones non agricoles.<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<h6>Tableau 1. Estimation des pertes sous-racinaires \u00e0 partir des mesures de REH et des calculs de lame drainante sur le BAC de Dornecy. Les valeurs moyennes sont pond\u00e9r\u00e9es par les surfaces de chaque parcelle.<\/h6>\r\n<table style=\"border-collapse: collapse; width: 100\u00a0%;\" border=\"0\">\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 20\u00a0%;\"><strong>Campagne<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 20\u00a0%;\"><strong>Lame drainante sous parcelles cultiv\u00e9es entre REH et fin drainage (mm)<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 20\u00a0%;\"><strong>Pertes moyennes sous les parcelles cultiv\u00e9es (kg N.ha<sup>-1<\/sup>)<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 20\u00a0%;\"><strong>Concentration moyenne de l\u2019eau sous-racinaire (parcelles cultiv\u00e9es) (mg NO<sub>3<\/sub>.L<sup>-1<\/sup>)<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 20\u00a0%;\"><strong>Concentration moyenne de l\u2019eau qui a percol\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du BAC (mg NO<sub>3<\/sub>.L<sup>-1<\/sup>)<\/strong><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 20\u00a0%;\">2015-2016\r\n\r\n2016-2017\r\n\r\n2017-2018\r\n\r\n2018-2019\r\n\r\n2019-2020*\r\n\r\n2020-2021\r\n\r\n2021-2022<\/td>\r\n<td style=\"width: 20\u00a0%;\">100\r\n\r\n257\r\n\r\n215\r\n\r\n89\r\n\r\n219\r\n\r\nnon mesur\u00e9\r\n\r\n313<\/td>\r\n<td style=\"width: 20\u00a0%;\">22\r\n\r\n21\r\n\r\n49\r\n\r\n12\r\n\r\n27\r\n\r\nnon mesur\u00e9\r\n\r\n58<\/td>\r\n<td style=\"width: 20\u00a0%;\">94\r\n\r\n78\r\n\r\n100\r\n\r\n56\r\n\r\n54\r\n\r\nnon mesur\u00e9\r\n\r\n83<\/td>\r\n<td style=\"width: 20\u00a0%;\">59\r\n\r\n57\r\n\r\n68\r\n\r\n53\r\n\r\n39\r\n\r\nnon mesur\u00e9\r\n\r\n57<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n*REH mesur\u00e9s apr\u00e8s une p\u00e9riode de drainage\r\n\r\nLes r\u00e9sultats obtenus renseignent sur les transferts potentiels durant l\u2019hiver qui succ\u00e8de \u00e0 chaque campagne de pr\u00e9l\u00e8vements. Les pics hivernaux observ\u00e9s au captage de Dornecy (figure 8), li\u00e9s \u00e0 la pluviom\u00e9trie, semblent confirmer la pression observ\u00e9e. D\u2019apr\u00e8s les calculs, l\u2019eau qui percole sous le BAC a une teneur en nitrate proche de 60 mg.L<sup>-1<\/sup> (pics observ\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es au captage). Toutefois, m\u00eame s\u2019il a \u00e9t\u00e9 montr\u00e9 que les transferts sont rapides, l\u2019eau percol\u00e9e n\u2019est pas celle qui est pr\u00e9lev\u00e9e au captage de fa\u00e7on simultan\u00e9e dans le temps\u00a0: il serait int\u00e9ressant d\u2019\u00e9tudier les flux saisonniers et la circulation de l\u2019eau \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du BAC pour estimer l\u2019\u00e2ge du nitrate mesur\u00e9 au captage.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1259\" align=\"aligncenter\" width=\"1593\"]<img class=\"wp-image-1259 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig8hq-scaled-e1666857367530.jpg\" alt=\"\" width=\"1593\" height=\"819\" \/> Figure 8. Exc\u00e9dents hydriques \u00e9valu\u00e9s sur un sol de r\u00e9serve utile 60 mm implant\u00e9 en c\u00e9r\u00e9ales d\u2019hiver et \u00e9volution des taux de nitrate au captage de Dornecy, entre 2016 et 2022.[\/caption]\r\n\r\nAussi, les mesures de REH servent d\u2019observatoire de cette pression azot\u00e9e dans les BAC. Les r\u00e9sultats sont partag\u00e9s dans des documents de synth\u00e8se envoy\u00e9s aux agriculteurs ainsi qu\u2019aux partenaires de l\u2019animation dans les BAC et pr\u00e9sent\u00e9s lors des comit\u00e9s de pilotage pr\u00e9sid\u00e9s par les collectivit\u00e9s.\r\n<h2>Une faible mobilisation autour de cet indicateur<\/h2>\r\nSi l\u2019une des ambitions de d\u00e9part \u00e9tait d\u2019utiliser les REH comme base de r\u00e9flexion avec les agriculteurs sur leurs pratiques culturales et donc un outil d\u2019animation sur les BAC, il s\u2019av\u00e8re que la mobilisation n\u2019est pas toujours au rendez-vous.\r\n\r\nEn effet, les agriculteurs sont peu partie prenante du dispositif\u00a0: \u00e0 son lancement, ils ont \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9s et rencontr\u00e9s individuellement pour choisir les parcelles \u00e0 int\u00e9grer dans l\u2019\u00e9chantillonnage. Chaque ann\u00e9e, un point t\u00e9l\u00e9phonique ou en pr\u00e9sentiel est fait pour collecter les informations relatives aux assolements et pratiques agricoles mises en \u0153uvre avant l'\u00e9chantillonnage des parcelles. \u00c0 l\u2019issue de chaque campagne, les agriculteurs re\u00e7oivent leurs r\u00e9sultats par courrier ou mail avec un bulletin de synth\u00e8se g\u00e9n\u00e9rale (2 pages). L\u2019objectif \u00e9tait aussi et surtout de les rencontrer individuellement pour \u00e9changer sur les r\u00e9sultats, leurs pratiques, \u00e9clairer les r\u00e9sultats surprenants, etc. Cependant, par manque de temps, de motivation ou \u00e0 cause du contexte sanitaire, ces rendez-vous n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 syst\u00e9matiques ces derni\u00e8res ann\u00e9es.\r\n\r\nPar ailleurs, peu de moments collectifs ont pu \u00eatre organis\u00e9s\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>une premi\u00e8re r\u00e9union apr\u00e8s la premi\u00e8re campagne (partage des r\u00e9sultats et \u00e9changes avec les sept agriculteurs qui s\u2019\u00e9taient d\u00e9plac\u00e9s)\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>une seconde, d\u00e9but 2018, o\u00f9 les questions du lien entre les pratiques, les fuites de nitrate et la qualit\u00e9 de l\u2019eau ont \u00e9t\u00e9 abord\u00e9es.<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<h2>Int\u00e9resser les agriculteurs\u00a0: \u00ab jeu des devinettes \u00bb<\/h2>\r\nEn 2022, une nouvelle fa\u00e7on de pr\u00e9senter les r\u00e9sultats aux agriculteurs a \u00e9t\u00e9 test\u00e9e. Pr\u00e9c\u00e9demment, les rendez-vous individuels consistaient en une pr\u00e9sentation directe des r\u00e9sultats de l\u2019ann\u00e9e, resitu\u00e9s dans le panel des mesures sur les BAC (sous forme graphique) et enfin, les r\u00e9sultats pluriannuels des parcelles de chaque agriculteur.\r\n\r\nPour \u00e9viter que l\u2019agriculteur ne soit passif dans la restitution de ces \u00e9l\u00e9ments, un \u00ab\u00a0jeu\u00a0\u00bb lui est propos\u00e9\u00a0: il est invit\u00e9 \u00e0 positionner des \u00e9tiquettes indiquant des valeurs de REH sur une carte repr\u00e9sentant ses parcelles dans le BAC (figure 9). Parmi ces \u00e9tiquettes se trouvent deux intrus (en g\u00e9n\u00e9ral des valeurs mesur\u00e9es sur le m\u00eame secteur).\r\n\r\nCe moment de r\u00e9flexion permet \u00e0 chaque agriculteur de retracer l\u2019itin\u00e9raire technique de ses parcelles et d\u2019argumenter ses choix. Avec l\u2019animatrice, il retourne ensuite les \u00e9tiquettes pour v\u00e9rifier ses r\u00e9ponses. Au verso, une estimation des pertes d\u2019azote est indiqu\u00e9e, apportant encore un \u00e9l\u00e9ment de dialogue.\r\n\r\nCette animation a suscit\u00e9 plus d\u2019engagement, d\u2019\u00e9changes et de questionnements que les \u00ab\u00a0formats\u00a0\u00bb pr\u00e9c\u00e9dents.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1260\" align=\"aligncenter\" width=\"1574\"]<img class=\"wp-image-1260 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig9hq-scaled-e1666857410638.jpg\" alt=\"\" width=\"1574\" height=\"921\" \/> Figure 9. Exercice de positionnement par l\u2019agriculteur de r\u00e9sultats des REH sur ses parcelles.[\/caption]\r\n\r\nIl faudrait \u00e9prouver davantage cette m\u00e9thodologie mais les quelques agriculteurs s\u2019\u00e9tant pr\u00eat\u00e9s au jeu s\u2019y sont pli\u00e9s volontiers, amenant des questionnements int\u00e9ressants. Parfois, les \u00e9changes se sont faits par t\u00e9l\u00e9phone\u00a0: l\u00e0-aussi, plut\u00f4t que d\u2019indiquer directement les r\u00e9sultats, l\u2019animatrice demande \u00ab\u00a0\u00e0 votre avis, quelle quantit\u00e9 d\u2019azote aviez-vous dans telle ou telle parcelle en entr\u00e9e d\u2019hiver\u00a0?\u00a0\u00bb. Cela suscite davantage de r\u00e9flexions et questions.\r\n<h1>Conclusion<\/h1>\r\nLes mesures de REH r\u00e9alis\u00e9es dans des parcelles cultiv\u00e9es des BAC permettent d\u2019\u00e9valuer la pression azot\u00e9e et d\u2019estimer les marges de man\u0153uvre de gestion de l\u2019azote au regard des pratiques des agriculteurs. La comparaison des r\u00e9sultats et leur interpr\u00e9tation dans l\u2019espace et dans le temps reste difficile sur ce territoire \u00e9tant donn\u00e9 la variabilit\u00e9 (parfois importante) des taux de cailloux et les profondeurs de sols qui varient de 20 \u00e0 90 cm. Sur ce sujet, la question de l\u2019usage des REH sur les sols superficiels reste pos\u00e9e.\r\n\r\nSi les r\u00e9sultats peuvent interpeller les agriculteurs, il est toutefois difficile de r\u00e9pondre \u00e0 la question des leviers actionnables pour limiter cette quantit\u00e9 d'azote dans les sols \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de l\u2019hiver. Les agriculteurs se disent tributaires du climat (notamment pour la r\u00e9ussite de leurs couverts) et n\u2019envisagent pas de changement de pratiques pour tenter de limiter cette quantit\u00e9 dans leurs sols. Ils accordent davantage d\u2019importance aux RSH\u00a0; il n\u2019est d'ailleurs pas rare qu\u2019un agriculteur soit satisfait lorsque la valeur de son REH est \u00e9lev\u00e9e (gage pour lui d\u2019un bon stock d\u2019azote dans son sol, confusion avec le RSH\u2026). L\u2019objectif de 50 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> n\u2019est pas un but recherch\u00e9 par les agriculteurs, bien que rappel\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement en comit\u00e9s de pilotage ou dans les documents de synth\u00e8se.\r\n\r\nAussi, le REH, indicateur de pression, soul\u00e8ve encore beaucoup de questions sur son utilisation pour mobiliser autour d\u2019un projet de reconqu\u00eate de la qualit\u00e9 de l\u2019eau. Comment d\u00e9passer le sentiment d\u2019impuissance sur les r\u00e9sultats obtenus ? Comment l\u2019analyse des donn\u00e9es permet d\u2019identifier les \u00ab succ\u00e8s \u00bb et leurs causes ? Faut-il se concentrer uniquement sur les pratiques et\/ou successions \u00ab \u00e0 risque \u00bb (et comment les identifier ?) ? Aujourd\u2019hui se pose la question de la meilleure fa\u00e7on d\u2019aborder la gestion de l\u2019azote pour limiter les pertes azot\u00e9es sous les parcelles des BAC. Le REH reste un outil int\u00e9ressant pour travailler sur des r\u00e9sultats concrets et mesurables chaque ann\u00e9e.\r\n<h1>Bibliographie<\/h1>\r\nBurns I.G., 1976. Equations to predict the leaching of nitrate uniformly incorporated to a known depth or uniformly distributed throughout a soil profile. <em>Journal of Agricultural Science<\/em>, 86, 305-313.","rendered":"<div class=\"textbox\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Quatre captages du nord de la Ni\u00e8vre, class\u00e9s prioritaires Grenelle, pr\u00e9sentent des teneurs en nitrate importantes, qui avoisinent parfois la norme de potabilit\u00e9 (50 mg.L<sup>-1<\/sup>) en p\u00e9riode hivernale. Cette eau provient de nappes souterraines situ\u00e9es dans des aquif\u00e8res karstiques. Les bassins d\u2019alimentation de captage (BAC), de 300 \u00e0 2 500 hectares, concernent des zones agricoles de polyculture (colza, c\u00e9r\u00e9ales, prot\u00e9agineux, tournesol, ma\u00efs\u2026) et d\u2019\u00e9levage bovin allaitant. Les sols sont essentiellement argilo-calcaires d\u2019\u00e9paisseur variable, avec des taux de cailloux parfois importants.<\/p>\n<p>Sur ces BAC, des programmes d\u2019actions sont mis en \u0153uvre depuis 2013, anim\u00e9s par une cellule d\u2019animation agro-environnementale r\u00e9sultant d\u2019un partenariat entre les diff\u00e9rentes collectivit\u00e9s gestionnaires. En 2015, un suivi de l\u2019azote dans le sol des parcelles agricoles des BAC a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 afin (1) de capitaliser des connaissances sur le fonctionnement de ces sols, (2) de participer \u00e0 la compr\u00e9hension de la dynamique de l\u2019azote dans les sols avant la p\u00e9riode de lixiviation, et (3) d\u2019en faire une base de r\u00e9flexion avec les agriculteurs sur leurs pratiques culturales.<\/p>\n<p>Durant cinq campagnes culturales, 90 \u00e0 100 mesures de reliquats entr\u00e9e hiver (REH) ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es, coupl\u00e9es \u00e0 des pes\u00e9es de biomasse de colza\/couverts. La date des pr\u00e9l\u00e8vements est d\u00e9cid\u00e9e d\u2019apr\u00e8s le suivi du remplissage des sols par calcul du bilan hydrique. Les points de mesures sont les m\u00eames d\u2019une ann\u00e9e sur l\u2019autre\u00a0; pour le plus petit des BAC (224 ha de SAU), les REH ont \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9s sur l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des 35 parcelles cultiv\u00e9es, permettant d\u2019estimer les quantit\u00e9s d\u2019azote perdues dans la nappe chaque ann\u00e9e \u00e0 partir des donn\u00e9es de pluviom\u00e9trie.<\/p>\n<p>En parall\u00e8le, un REH objectif a \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9 en utilisant le mod\u00e8le de Burns et selon les caract\u00e9ristiques des sols\u00a0: des reliquats en dessous de 50 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> garantissent que l\u2019eau qui percole sous les BAC ne d\u00e9passe pas la concentration en nitrate de 37 mg.L<sup>-1<\/sup>. Cette valeur est cependant soumise \u00e0 de nombreuses hypoth\u00e8ses, la rendant valable uniquement sur les sols profonds.<\/p>\n<p>Quant aux r\u00e9sultats, malgr\u00e9 les nombreuses analyses possibles, il est difficile de d\u00e9gager des tendances. Rares sont les sols profonds qui atteignent l\u2019objectif de 50 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> en entr\u00e9e d\u2019hiver. Des hypoth\u00e8ses de travail ou des contraintes techniques doivent encore \u00eatre lev\u00e9es\u00a0: la caract\u00e9risation des taux de cailloux, l\u2019estimation de l\u2019azote dans les sols superficiels (les racines explorent-elles au-del\u00e0 des centim\u00e8tres pr\u00e9lev\u00e9s ?)\u2026<\/p>\n<p>D\u2019autre part, la valorisation des r\u00e9sultats aupr\u00e8s des agriculteurs n\u2019est pas ais\u00e9e, tant en r\u00e9union collective qu\u2019en rendez-vous individuel. Les questions se posent aujourd\u2019hui quant \u00e0 la poursuite de ce dispositif de mesures, et plus globalement sur la fa\u00e7on d\u2019aborder la gestion de l\u2019azote pour limiter les pertes azot\u00e9es sous les parcelles des BAC.<\/p>\n<\/div>\n<h1>Introduction<\/h1>\n<p>Le REH est une mesure de la teneur en azote min\u00e9ral dans le sol et un indicateur permettant d\u2019\u00e9valuer les risques de pertes vers les nappes capt\u00e9es pour l\u2019eau potable. Il permet \u00e9galement de susciter des r\u00e9flexions et des adaptations de pratiques chez les agriculteurs.<\/p>\n<p>Encourag\u00e9 par des financeurs publics tels que les agences de l\u2019eau, il est mesur\u00e9 depuis six ans dans une centaine de parcelles de bassins d\u2019alimentation de captage dans le nord de la Ni\u00e8vre.<\/p>\n<p>Comment valoriser les r\u00e9sultats et mobiliser autour de cet indicateur\u00a0? Comment faire du REH un v\u00e9ritable outil d\u2019animation et d\u2019aide \u00e0 la d\u00e9cision pour passer \u00e0 l\u2019action ?<\/p>\n<h1>Des campagnes de mesures de reliquats depuis 2015 sur des zones \u00e0 enjeu \u00ab eau \u00bb<\/h1>\n<p>Quatre captages du nord de la Ni\u00e8vre, class\u00e9s prioritaires Grenelle, pr\u00e9sentent des teneurs en nitrate importantes qui avoisinent parfois la norme de potabilit\u00e9 (50 mg.L<sup>-1<\/sup>) en p\u00e9riode hivernale. Cette eau provient de nappes souterraines situ\u00e9es dans des aquif\u00e8res karstiques. Les bassins d\u2019alimentation de captages (BAC), de 300 \u00e0 2 500 hectares, concernent des zones agricoles de polyculture (colza (<em>Brassica napus L.<\/em>), c\u00e9r\u00e9ales, prot\u00e9agineux, tournesol (<em>Helianthus annuus<\/em>), ma\u00efs (<em>Zea mays<\/em>)\u2026) et d\u2019\u00e9levage bovin allaitant. Les sols sont essentiellement argilo-calcaires d\u2019\u00e9paisseurs variables, avec des taux de cailloux parfois importants, except\u00e9 sur le BAC de la Fontainerie o\u00f9 des sols limono-argileux profonds sont bien pr\u00e9sents (figure 1).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1252\" aria-describedby=\"caption-attachment-1252\" style=\"width: 1619px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1252 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig1hq-scaled-e1666857000592.jpg\" alt=\"\" width=\"1619\" height=\"1401\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig1hq-scaled-e1666857000592.jpg 1619w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig1hq-scaled-e1666857000592-300x260.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig1hq-scaled-e1666857000592-1024x886.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig1hq-scaled-e1666857000592-768x665.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig1hq-scaled-e1666857000592-1536x1329.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig1hq-scaled-e1666857000592-65x56.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig1hq-scaled-e1666857000592-225x195.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig1hq-scaled-e1666857000592-350x303.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1619px) 100vw, 1619px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1252\" class=\"wp-caption-text\">Figure 1. Localisation des bassins d\u2019alimentation de captages et description des types de sol.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Pour prot\u00e9ger ces captages et reconqu\u00e9rir la qualit\u00e9 de l\u2019eau, des programmes d\u2019actions sont mis en \u0153uvre depuis 2013 et anim\u00e9s par une cellule d\u2019animation agro-environnementale r\u00e9sultant d\u2019un partenariat entre les diff\u00e9rentes collectivit\u00e9s gestionnaires, f\u00e9d\u00e9r\u00e9es par la Ville de Clamecy.<\/p>\n<p>Depuis 2015, un suivi de l\u2019azote dans le sol de parcelles agricoles des BAC est r\u00e9alis\u00e9 afin de<\/p>\n<ol>\n<li>capitaliser des connaissances sur le fonctionnement de ces sols,<\/li>\n<li>participer \u00e0 la compr\u00e9hension de la dynamique de l\u2019azote dans les sols avant la p\u00e9riode de lixiviation, et<\/li>\n<li>en faire une base de r\u00e9flexion avec les agriculteurs sur leurs pratiques culturales.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\u00c0 ce jour, six campagnes de mesures de REH ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es.<\/p>\n<p>Ces mesures sont financ\u00e9es \u00e0 80\u00a0% par l\u2019agence de l\u2019eau Seine-Normandie et \u00e0 20\u00a0% par les quatre collectivit\u00e9s membres de la cellule d\u2019animation.<\/p>\n<h1>Le dispositif de mesures<\/h1>\n<h2>Un \u00e9chantillonnage repr\u00e9sentatif de la diversit\u00e9 des successions culturales<\/h2>\n<p>Le choix des parcelles s\u2019est fait la premi\u00e8re ann\u00e9e du lancement du projet, lors de rencontres individuelles entre l\u2019animatrice et les agriculteurs. L\u2019objectif vis\u00e9 \u00e9tait double\u00a0: impliquer un maximum d\u2019agriculteurs dans le dispositif (int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 partir d\u2019une parcelle dans un BAC) et refl\u00e9ter la diversit\u00e9 des successions culturales et des types de sol.<\/p>\n<p>Chaque agriculteur dispose ainsi d\u2019une \u00e0 neuf mesures de REH chaque ann\u00e9e. Les points sont g\u00e9olocalis\u00e9s et positionn\u00e9s dans des zones repr\u00e9sentatives de chaque parcelle. La consigne donn\u00e9e au pr\u00e9leveur est d&rsquo;\u00e9chantillonner la profondeur maximale autoris\u00e9e par le sol. Selon les parcelles, cette profondeur varie entre 20 et 90 cm (figure 2), ce qui ne facilite pas la comparaison des r\u00e9sultats entre parcelles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1253\" aria-describedby=\"caption-attachment-1253\" style=\"width: 1580px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1253 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig2hq-scaled-e1666857057746.jpg\" alt=\"\" width=\"1580\" height=\"738\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig2hq-scaled-e1666857057746.jpg 1580w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig2hq-scaled-e1666857057746-300x140.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig2hq-scaled-e1666857057746-1024x478.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig2hq-scaled-e1666857057746-768x359.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig2hq-scaled-e1666857057746-1536x717.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig2hq-scaled-e1666857057746-65x30.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig2hq-scaled-e1666857057746-225x105.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig2hq-scaled-e1666857057746-350x163.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1580px) 100vw, 1580px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1253\" class=\"wp-caption-text\">Figure 2. Profondeur de pr\u00e9l\u00e8vements dans les parcelles de chaque BAC. BRIN = BAC de Brinon, DORN = BAC de Dornecy, FONT = BAC de Fontainerie et SURG = BAC de Surgy.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Entre les campagnes (ann\u00e9es), le nombre de parcelles fluctue\u00a0: des parcelles ayant subi un retournement de prairie temporaire peuvent s\u2019ajouter au dispositif, d\u2019autres sont supprim\u00e9es selon les r\u00e9sultats des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes (par exemple, dans le cas o\u00f9 le sol s\u2019av\u00e8re tr\u00e8s peu profond (20 cm), ou lorsque deux points sont mesur\u00e9s dans la m\u00eame parcelle avec deux pr\u00e9c\u00e9dents diff\u00e9rents et que l\u2019on observe aucune diff\u00e9rence quelques ann\u00e9es plus tard, etc.). Ces choix sont faits par l\u2019animatrice en accord avec les agriculteurs.<\/p>\n<p>Au total, 35 agriculteurs participent \u00e0 la d\u00e9marche, pour des mesures de REH dans 90 \u00e0 100 parcelles chaque ann\u00e9e. Des mesures de reliquat azot\u00e9 sont \u00e9galement r\u00e9alis\u00e9es en sortie d\u2019hiver (RSH), sur une partie des parcelles du r\u00e9seau de REH selon la culture \u00e0 fertiliser au printemps, pour permettre aux agriculteurs d\u2019ajuster leur plan pr\u00e9visionnel de fumure.<\/p>\n<p>Le BAC de Dornecy, qui a un fort enjeu vis-\u00e0-vis du nitrate avec des pics hivernaux de concentration pouvant d\u00e9passer 60 mg.L<sup>-1<\/sup> dans le captage, a la particularit\u00e9 d\u2019\u00eatre peu \u00e9tendu, avec une surface agricole de 224 hectares. Les mesures de REH sont r\u00e9alis\u00e9es dans l\u2019ensemble des 31 parcelles cultiv\u00e9es de ce BAC afin d\u2019\u00e9valuer les quantit\u00e9s d\u2019azote perdues dans la nappe chaque ann\u00e9e \u00e0 l\u2019aide des donn\u00e9es de pluviom\u00e9trie.<\/p>\n<h2>Une mod\u00e9lisation du bilan hydrique pour d\u00e9clencher les pr\u00e9l\u00e8vements<\/h2>\n<p>La date des \u00e9chantillonnages de sol est d\u00e9cid\u00e9e en fonction du remplissage de la r\u00e9serve utile en eau des sols par calcul du bilan hydrique. Par d\u00e9faut, les donn\u00e9es utilis\u00e9es sont celles des sols peu profonds\u00a0: r\u00e9serve utile de 60 mm et des sols couverts par une c\u00e9r\u00e9ale d\u2019hiver. Un tableau excel automatis\u00e9 permet d\u2019estimer rapidement l\u2019\u00e9tat hydrique des sols, sur la base des observations de la station m\u00e9t\u00e9orologique de Clamecy.<\/p>\n<p>Cependant, depuis deux ann\u00e9es, les pr\u00e9l\u00e8vements sont r\u00e9alis\u00e9s un peu tardivement, les sols \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 satur\u00e9s en eau et\/ou un \u00e9pisode d\u2019exc\u00e9dent hydrique s\u2019\u00e9tant d\u00e9j\u00e0 produit (automne 2019 illustr\u00e9 \u00e0 la figure 3). Il n\u2019est pas toujours ais\u00e9 de d\u00e9terminer cette date de pr\u00e9l\u00e8vement, qui n\u00e9cessite un suivi fin des donn\u00e9es et une coordination avec les contraintes de calendrier du pr\u00e9leveur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1254\" aria-describedby=\"caption-attachment-1254\" style=\"width: 1587px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1254 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig3hq-scaled-e1666857098708.jpg\" alt=\"\" width=\"1587\" height=\"896\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig3hq-scaled-e1666857098708.jpg 1587w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig3hq-scaled-e1666857098708-300x169.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig3hq-scaled-e1666857098708-1024x578.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig3hq-scaled-e1666857098708-768x434.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig3hq-scaled-e1666857098708-1536x867.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig3hq-scaled-e1666857098708-65x37.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig3hq-scaled-e1666857098708-225x127.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig3hq-scaled-e1666857098708-350x198.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1587px) 100vw, 1587px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1254\" class=\"wp-caption-text\">Figure 3. Suivi du remplissage des sols en 2018-2019 et 2019-2020.<\/figcaption><\/figure>\n<h2>Des mesures de biomasse associ\u00e9es aux reliquats pour \u00e9valuer \u00ab\u00a0l\u2019azote en jeu \u00bb dans la parcelle<\/h2>\n<p>Syst\u00e9matiquement, des pes\u00e9es de biomasse fraiches sont r\u00e9alis\u00e9es dans les parcelles de colza et d\u2019interculture longue, le jour du pr\u00e9l\u00e8vement de reliquat. L\u2019absorption d\u2019azote par les couverts est estim\u00e9e avec la m\u00e9thode MERCI<a class=\"footnote\" title=\"https:\/\/methode-merci.fr\/\" id=\"return-footnote-130-1\" href=\"#footnote-130-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a>, permettant d\u2019\u00e9valuer l\u2019azote en jeu dans la parcelle et ainsi l\u2019efficacit\u00e9 du couvert \u00e0 capter l\u2019azote disponible dans le sol avant l\u2019hiver.<\/p>\n<p>Ces pes\u00e9es permettent aussi de caract\u00e9riser les couverts\u00a0: densit\u00e9, homog\u00e9n\u00e9it\u00e9, esp\u00e8ces pr\u00e9sentes\u2026<\/p>\n<h2>\u00c9valuation du REH objectif<\/h2>\n<p>Au-del\u00e0 des mesures dans les parcelles, il s\u2019agit de les mettre en perspective pour se fixer un cap en mati\u00e8re de limitation de la pression azot\u00e9e pour les captages. En 2018, des valeurs de REH objectifs ont \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9es pour chacun des BAC, afin de servir de guide pour les agriculteurs et les ma\u00eetres d\u2019ouvrage.<\/p>\n<p>Le raisonnement pour calculer ce REH objectif est le suivant\u00a0:<\/p>\n<ol>\n<li>Quelle qualit\u00e9 de l\u2019eau voulons-nous au captage ?<\/li>\n<li>Quelle concentration en nitrate maximale dans l\u2019eau qui percole sous le BAC doit-on fixer pour garantir cette qualit\u00e9 ?<\/li>\n<li>Quelles pertes en azote maximale sous les champs cultiv\u00e9s cela suppose-t-il ?<\/li>\n<li>Quelle quantit\u00e9 d\u2019azote maximale (REH objectif) doit-on retrouver dans les sols en d\u00e9but de drainage pour ne pas d\u00e9passer ces pertes ?<\/li>\n<\/ol>\n<p>Les calculs sont bas\u00e9s sur le mod\u00e8le de lixiviation de Burns (1976) qui permet d\u2019estimer la part de nitrate du sol qui est lixivi\u00e9e pendant la p\u00e9riode de drainage. Ce mod\u00e8le tient compte des caract\u00e9ristiques des sols (\u00e9paisseur, humidit\u00e9 volumique \u00e0 la capacit\u00e9 au champ) et de la lame drainante, d\u00e9pendante de l\u2019occupation et de la r\u00e9serve utile du sol.<\/p>\n<p>Ainsi, un calcul a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 pour chaque parcelle des BAC selon le type de sol (bas\u00e9 sur les \u00e9tudes p\u00e9dologiques disponibles) et le type de couvert v\u00e9g\u00e9tal (prairie, culture, for\u00eat), en estimant une lame drainante moyenne sur base de 10 ann\u00e9es de donn\u00e9es pluviom\u00e9triques. La profondeur d\u2019enracinement a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9e \u00e0 90 cm par d\u00e9faut. Cette hypoth\u00e8se peut \u00eatre discut\u00e9e, car 30\u00a0% des \u00e9chantillons ne sont pas pr\u00e9lev\u00e9s au-del\u00e0 de 30 cm de profondeur et pr\u00e8s de 40\u00a0% \u00e0 60 cm seulement.<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats indiquent une concentration en nitrate de la lame drainante sous cultures de 50 \u00e0 65 mg.L<sup>-1<\/sup> selon les BAC (pour un objectif fix\u00e9 \u00e0 37 mg.L<sup>-1<\/sup> dans l\u2019eau capt\u00e9e), soit une perte de 24 \u00e0 31 kg N.ha<sup>-1<\/sup>. Le reliquat objectif, s\u2019il peut varier d\u2019un type de sol \u00e0 l\u2019autre, a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 \u00e0 50 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> pour faciliter la d\u00e9marche par la suite, quels que soient les parcelles et le BAC.<\/p>\n<p>Cette valeur objectif est ainsi soumise \u00e0 de nombreuses hypoth\u00e8ses, la rendant valable uniquement sur les sols profonds. Elle permet toutefois de la comparer aux ordres de grandeur des reliquats mesur\u00e9s.<\/p>\n<h1>Des objectifs rarement atteints et des r\u00e9sultats pas toujours interpr\u00e9tables<\/h1>\n<h2>Les param\u00e8tres influen\u00e7ant les r\u00e9sultats de REH<\/h2>\n<p>Les r\u00e9sultats REH sont interpr\u00e9t\u00e9s \u00e0 partir de l\u2019azote min\u00e9ral total\u00a0: nitrique et ammoniacal. Se pose parfois la question de la prise en compte de l\u2019azote ammoniacal dans son int\u00e9gralit\u00e9 car certains \u00e9chantillons pr\u00e9sentent une concentration sup\u00e9rieure \u00e0 20\u00a0kg.ha<sup>-1<\/sup> sur un ou plusieurs horizons.<\/p>\n<p>Par ailleurs, le r\u00e9sultat du REH est d\u00e9pendant du taux de cailloux estim\u00e9 et de la texture du sol (qui permet d\u2019\u00e9valuer sa densit\u00e9 apparente). Le reliquat est \u00e9valu\u00e9 comme suit\u00a0:<\/p>\n<table style=\"border-collapse: collapse; width: 58.7273\u00a0%;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td style=\"width: 10.4545\u00a0%;\">REH (kg N.ha<sup>-1<\/sup>)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/td>\n<td style=\"width: 48.2728\u00a0%;\">= N terre s\u00e8che (mg.kg<sup>-1<\/sup>) x terre fine\/ha (t.ha<sup>-1<\/sup>)<\/p>\n<p>= N terre s\u00e8che (mg.kg<sup>-1<\/sup>) x prof horizon (cm) x Dapp (g.cm<sup>-3<\/sup>) x (1 &#8211;\u00a0% cailloux)<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<ul>\n<li>N terre s\u00e8che = quantit\u00e9 d\u2019azote min\u00e9ral mesur\u00e9e dans la terre s\u00e8che<\/li>\n<li>Dapp = densit\u00e9 apparente du sol (en fonction de sa composition)<\/li>\n<li>Terre fine\/ha = quantit\u00e9 de terre fine \u00e0 l\u2019hectare<\/li>\n<\/ul>\n<p>Or, les caract\u00e9ristiques des sols ne sont pas toujours pr\u00e9cis\u00e9ment connues sur les BAC. Si des \u00e9tudes p\u00e9dologiques ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es au moment de l\u2019\u00e9valuation de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des BAC aux transferts, elles n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 aussi fines d\u2019un BAC \u00e0 l\u2019autre (\u00e9tude de la carte d\u00e9partementale des terres agricoles pour le BAC de la Fontainerie\u00a0; sondages tari\u00e8re plus ou moins nombreux pour les autres BAC). Au fur et \u00e0 mesure des campagnes de REH, des ajustements ont \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaires, \u00e0 partir des caract\u00e9ristiques observ\u00e9es sur le terrain par le pr\u00e9leveur (taux de cailloux, profondeur, \u2026).<\/p>\n<p>Selon les laboratoires, la densit\u00e9 apparente est \u00e9valu\u00e9e \u00e0 partir de la texture fournie en d\u00e9tail (taux d\u2019argile, sable, limon) ou selon la typologie de sols du GREN<a class=\"footnote\" title=\"Groupe R\u00e9gional d\u2019Expertise Nitrates\" id=\"return-footnote-130-2\" href=\"#footnote-130-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a>, moins pr\u00e9cise. Une comparaison r\u00e9alis\u00e9e en 2019 sur la base des donn\u00e9es brutes (mg.kg<sup>-1<\/sup>) a cependant montr\u00e9 que la m\u00e9thodologie employ\u00e9e par deux laboratoires diff\u00e9rents n\u2019entrainait que 2\u00a0% d\u2019\u00e9cart en moyenne sur 77 \u00e9chantillons.<\/p>\n<p>Cependant, le taux de cailloux peut faire varier de fa\u00e7on cons\u00e9quente le r\u00e9sultat, car directement li\u00e9 au calcul du REH. Or il n\u2019est pas toujours ais\u00e9 d\u2019estimer ce taux, notamment dans les horizons profonds. Des ajustements ont \u00e9t\u00e9 faits par les pr\u00e9leveurs successifs pour tenter de s\u2019approcher au mieux de leur ressenti sur le terrain (en fonction de la difficult\u00e9 \u00e0 pr\u00e9lever). En 2021, suite \u00e0 un changement de prestataire, le nouveau pr\u00e9leveur a ajust\u00e9 le taux de cailloux de 37 parcelles sur 105, selon son observation visuelle et la facilit\u00e9 ou non \u00e0 r\u00e9aliser le pr\u00e9l\u00e8vement. Cela interroge sur la fiabilit\u00e9 des r\u00e9sultats obtenus qu\u2019il ne faut donc pas interpr\u00e9ter au kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> pr\u00e8s. La question d\u2019une meilleure connaissance et caract\u00e9risation des sols sur les BAC se pose aussi, d\u2019autant plus dans un contexte p\u00e9dologique o\u00f9 les sols sont souvent caillouteux (pour 65\u00a0% des sols \u00e9chantillonn\u00e9s, la charge caillouteuse est estim\u00e9e entre 10 \u00e0 20\u00a0% et pour 15\u00a0% des sols, elle est estim\u00e9e \u00e0 plus de 20\u00a0%).<\/p>\n<h2>Interpr\u00e9tation des r\u00e9sultats annuels<\/h2>\n<p>Vu le relativement faible nombre de parcelles suivies, il n\u2019est pas possible de r\u00e9aliser des analyses statistiques pouss\u00e9es. Chaque ann\u00e9e, les valeurs sont n\u00e9anmoins compar\u00e9es par types de successions de cultures {culture pr\u00e9c\u00e9dente &#8211; interculture &#8211; culture suivante} cat\u00e9goris\u00e9es par profondeur de sols (figure 4). On observe toujours une grande diversit\u00e9 dans les r\u00e9sultats (large amplitude entre mini et maxi). Pour les parcelles o\u00f9 un couvert d\u2019interculture (CIPAN) ou un colza est en place, l\u2019azote absorb\u00e9 par le couvert est \u00e9valu\u00e9 avec la m\u00e9thode MERCI.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1255\" aria-describedby=\"caption-attachment-1255\" style=\"width: 1580px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1255 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig4hq-scaled-e1666857182552.jpg\" alt=\"\" width=\"1580\" height=\"963\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig4hq-scaled-e1666857182552.jpg 1580w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig4hq-scaled-e1666857182552-300x183.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig4hq-scaled-e1666857182552-1024x624.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig4hq-scaled-e1666857182552-768x468.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig4hq-scaled-e1666857182552-1536x936.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig4hq-scaled-e1666857182552-65x40.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig4hq-scaled-e1666857182552-225x137.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig4hq-scaled-e1666857182552-350x213.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1580px) 100vw, 1580px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1255\" class=\"wp-caption-text\">Figure 4. REH des pr\u00e9c\u00e9dents \u00ab c\u00e9r\u00e9ales \u00bb (2021). Chaque barre correspond \u00e0 une parcelle\u00a0; les couleurs distinguent l\u2019azote mesur\u00e9 dans chaque horizon.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Une tentative de mise en parall\u00e8le des r\u00e9sultats de REH avec les pratiques de fertilisation (apports de mati\u00e8re organique, restitution des pailles ou non) ainsi que les balances azot\u00e9es (apports \u2013 exports d\u2019azote) n\u2019a pas montr\u00e9 de corr\u00e9lation probante (figure 5). Une fois encore, le faible nombre de parcelles \u00e9chantillonn\u00e9es ne permet pas d\u2019aller plus loin dans les conclusions.<\/p>\n<p>M\u00eame avec une faible balance, les reliquats peuvent \u00eatre \u00e9lev\u00e9s. La balance azot\u00e9e reste un indicateur de \u00ab\u00a0bonnes pratiques de fertilisation\u00a0\u00bb et ne repr\u00e9sente pas exactement le stock d\u2019azote dans le sol apr\u00e8s la moisson. D\u2019autres facteurs ont un impact sur le r\u00e9sultat du REH, notamment l\u2019historique de la parcelle et la pr\u00e9sence (en qualit\u00e9) d\u2019une CIPAN ou de repousses de colza.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1256\" aria-describedby=\"caption-attachment-1256\" style=\"width: 1587px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1256 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig5hq-scaled-e1666857229411.jpg\" alt=\"\" width=\"1587\" height=\"1299\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig5hq-scaled-e1666857229411.jpg 1587w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig5hq-scaled-e1666857229411-300x246.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig5hq-scaled-e1666857229411-1024x838.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig5hq-scaled-e1666857229411-768x629.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig5hq-scaled-e1666857229411-1536x1257.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig5hq-scaled-e1666857229411-65x53.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig5hq-scaled-e1666857229411-225x184.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig5hq-scaled-e1666857229411-350x286.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1587px) 100vw, 1587px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1256\" class=\"wp-caption-text\">Figure 5. REH en fonction de la balance azot\u00e9e 2021 (kg N.ha<sup>-1<\/sup>), pour les sols pr\u00e9lev\u00e9s \u00e0 2 ou 3 horizons.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Quelques conclusions peuvent toutefois \u00eatre tir\u00e9es, mais restent tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9rales\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>L\u2019objectif de 50 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> n\u2019est quasiment jamais atteint dans les sols profonds.<\/li>\n<li>Les REH sont souvent faibles apr\u00e8s une r\u00e9colte de ma\u00efs (notamment ma\u00efs grain irrigu\u00e9) ou de tournesol, dans ce cas, certainement d\u00fb \u00e0 la d\u00e9gradation des r\u00e9sidus qui consomme l\u2019azote du sol.<\/li>\n<li>Les parcelles cultiv\u00e9es en agriculture biologique montrent des r\u00e9sultats dans la moyenne des valeurs.<\/li>\n<li>Les couverts v\u00e9g\u00e9taux, lorsqu\u2019ils sont bien implant\u00e9s, permettent de limiter la valeur des reliquats. L\u2019azote en jeu (REH + N absorb\u00e9 par le couvert) est parfois tr\u00e8s important.<\/li>\n<li>Les retournements de prairies permanentes sont visibles plusieurs ann\u00e9es apr\u00e8s. Concernant les prairies temporaires, l\u2019arri\u00e8re-effet est marqu\u00e9 (REH \u00e9lev\u00e9s) un \u00e0 deux ans apr\u00e8s le retournement.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Analyse pluriannuelle des r\u00e9sultats<\/h2>\n<p>Avec six campagnes de pr\u00e9l\u00e8vements, une analyse pluriannuelle a \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la parcelle, faute de pistes pour le faire \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des BAC. Une comparaison des r\u00e9sultats pour trois parcelles est pr\u00e9sent\u00e9e graphiquement (figure 6), en pr\u00e9cisant les successions culturales.<\/p>\n<p>L\u2019analyse de l\u2019\u00e9volution des REH par parcelle permet de comparer des donn\u00e9es issues de caract\u00e9ristiques similaires (m\u00eame agriculteur, m\u00eame param\u00e9trage de sol, m\u00eame taux de cailloux, etc.). La comparaison reste d\u00e9licate puisque les pr\u00e9l\u00e8vements n\u2019ont pas toujours \u00e9t\u00e9 faits aux dates optimales \u00e0 l\u2019image de l\u2019ann\u00e9e 2019 o\u00f9 le drainage avait d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 environ un mois avant l\u2019\u00e9chantillonnage des sols (figure 2).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1257\" aria-describedby=\"caption-attachment-1257\" style=\"width: 1561px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1257 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig6hq-scaled-e1666857276544.jpg\" alt=\"\" width=\"1561\" height=\"1382\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig6hq-scaled-e1666857276544.jpg 1561w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig6hq-scaled-e1666857276544-300x266.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig6hq-scaled-e1666857276544-1024x907.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig6hq-scaled-e1666857276544-768x680.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig6hq-scaled-e1666857276544-1536x1360.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig6hq-scaled-e1666857276544-65x58.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig6hq-scaled-e1666857276544-225x199.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig6hq-scaled-e1666857276544-350x310.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1561px) 100vw, 1561px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1257\" class=\"wp-caption-text\">Figure 6. Pr\u00e9sentation des r\u00e9sultats REH pluriannuels des parcelles d\u2019une m\u00eame exploitation (profondeur pr\u00e9lev\u00e9e\u00a0: 90 cm).<\/figcaption><\/figure>\n<p>Plus que la rotation, ce sont les successions de cultures et l\u2019historique r\u00e9cent (retournement de prairie, rendement objectif non atteint, apport de mati\u00e8re organique\u2026) qui semblent expliquer les variations interannuelles d\u2019une m\u00eame parcelle. Cependant, il reste difficile de d\u00e9gager de r\u00e9elles tendances ou m\u00eame d\u2019expliquer certaines donn\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00c0 noter qu\u2019aucune succession ne parvient \u00e0 atteindre l\u2019objectif de 50 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> sur 90\u00a0cm.<\/p>\n<h1>Discussion<\/h1>\n<h2>Un observatoire des pressions azot\u00e9es<\/h2>\n<p>Les mesures permettent d\u2019observer des tendances et de conclure sur la pression azot\u00e9e dans chaque BAC, comme en t\u00e9moigne la figure 7. Ce graphique permet entre-autres d\u2019illustrer l\u2019effet climatique (comparaison entre 2018 et 2021 par exemple). 2019 est une ann\u00e9e o\u00f9 les pr\u00e9l\u00e8vements ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s apr\u00e8s une p\u00e9riode de drainage, ce qui peut expliquer les r\u00e9sultats moins \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n<p>Le contexte p\u00e9dologique influence \u00e9galement les r\u00e9sultats entre BAC (Surgy comporte beaucoup de sols \u00e0 1 horizon et Fontainerie des sols \u00e0 3 horizons). Pour r\u00e9ellement \u00e9valuer la pression azot\u00e9e dans les BAC, il faudrait pond\u00e9rer les r\u00e9sultats en fonction des param\u00e8tres {successions de culture &#8211; type de sol &#8211; surfaces dans le BAC}.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1258\" aria-describedby=\"caption-attachment-1258\" style=\"width: 1587px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1258 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig7hq-scaled-e1666857327775.jpg\" alt=\"\" width=\"1587\" height=\"736\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig7hq-scaled-e1666857327775.jpg 1587w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig7hq-scaled-e1666857327775-300x139.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig7hq-scaled-e1666857327775-1024x475.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig7hq-scaled-e1666857327775-768x356.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig7hq-scaled-e1666857327775-1536x712.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig7hq-scaled-e1666857327775-65x30.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig7hq-scaled-e1666857327775-225x104.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig7hq-scaled-e1666857327775-350x162.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1587px) 100vw, 1587px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1258\" class=\"wp-caption-text\">Figure 7. \u00c9volution des valeurs de REH par ann\u00e9e et par BAC. Le nombre de valeurs utilis\u00e9es est indiqu\u00e9 entre crochets.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Ces histogrammes ne sont pas des \u00ab\u00a0bo\u00eetes \u00e0 moustaches\u00a0\u00bb classiques\u00a0: dans la partie color\u00e9e se trouvent 70\u00a0% des valeurs (centiles 0,15 et 0,85).<\/p>\n<p>Sur le BAC de Dornecy, o\u00f9 toutes les parcelles cultiv\u00e9es sont pr\u00e9lev\u00e9es, on peut approcher plus pr\u00e9cis\u00e9ment cette pression azot\u00e9e. La part d\u2019azote min\u00e9ral entra\u00een\u00e9e par lixiviation est calcul\u00e9e avec le mod\u00e8le de Burns sur base\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>des REH mesur\u00e9s,<\/li>\n<li>des lames drainantes estim\u00e9es par parcelle,<\/li>\n<li>de l&rsquo;assolement et<\/li>\n<li>de la pluviom\u00e9trie depuis la date du pr\u00e9l\u00e8vement REH.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces pertes sont calcul\u00e9es par parcelle et converties en concentration en nitrate de l\u2019eau qui percole pendant l\u2019hiver. Par extrapolation, en pond\u00e9rant par les surfaces des parcelles, on peut calculer la concentration moyenne \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du BAC (tableau 1). Pour les surfaces non cultiv\u00e9es, les concentrations moyennes en nitrate retenues sont\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>2 mg.L<sup>-1<\/sup> sous for\u00eat,<\/li>\n<li>19 mg.L<sup>-1<\/sup> sous prairie permanente<\/li>\n<li>nulle sous les zones non agricoles.<\/li>\n<\/ul>\n<h6>Tableau 1. Estimation des pertes sous-racinaires \u00e0 partir des mesures de REH et des calculs de lame drainante sur le BAC de Dornecy. Les valeurs moyennes sont pond\u00e9r\u00e9es par les surfaces de chaque parcelle.<\/h6>\n<table style=\"border-collapse: collapse; width: 100\u00a0%;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td style=\"width: 20\u00a0%;\"><strong>Campagne<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 20\u00a0%;\"><strong>Lame drainante sous parcelles cultiv\u00e9es entre REH et fin drainage (mm)<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 20\u00a0%;\"><strong>Pertes moyennes sous les parcelles cultiv\u00e9es (kg N.ha<sup>-1<\/sup>)<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 20\u00a0%;\"><strong>Concentration moyenne de l\u2019eau sous-racinaire (parcelles cultiv\u00e9es) (mg NO<sub>3<\/sub>.L<sup>-1<\/sup>)<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 20\u00a0%;\"><strong>Concentration moyenne de l\u2019eau qui a percol\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du BAC (mg NO<sub>3<\/sub>.L<sup>-1<\/sup>)<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 20\u00a0%;\">2015-2016<\/p>\n<p>2016-2017<\/p>\n<p>2017-2018<\/p>\n<p>2018-2019<\/p>\n<p>2019-2020*<\/p>\n<p>2020-2021<\/p>\n<p>2021-2022<\/td>\n<td style=\"width: 20\u00a0%;\">100<\/p>\n<p>257<\/p>\n<p>215<\/p>\n<p>89<\/p>\n<p>219<\/p>\n<p>non mesur\u00e9<\/p>\n<p>313<\/td>\n<td style=\"width: 20\u00a0%;\">22<\/p>\n<p>21<\/p>\n<p>49<\/p>\n<p>12<\/p>\n<p>27<\/p>\n<p>non mesur\u00e9<\/p>\n<p>58<\/td>\n<td style=\"width: 20\u00a0%;\">94<\/p>\n<p>78<\/p>\n<p>100<\/p>\n<p>56<\/p>\n<p>54<\/p>\n<p>non mesur\u00e9<\/p>\n<p>83<\/td>\n<td style=\"width: 20\u00a0%;\">59<\/p>\n<p>57<\/p>\n<p>68<\/p>\n<p>53<\/p>\n<p>39<\/p>\n<p>non mesur\u00e9<\/p>\n<p>57<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>*REH mesur\u00e9s apr\u00e8s une p\u00e9riode de drainage<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats obtenus renseignent sur les transferts potentiels durant l\u2019hiver qui succ\u00e8de \u00e0 chaque campagne de pr\u00e9l\u00e8vements. Les pics hivernaux observ\u00e9s au captage de Dornecy (figure 8), li\u00e9s \u00e0 la pluviom\u00e9trie, semblent confirmer la pression observ\u00e9e. D\u2019apr\u00e8s les calculs, l\u2019eau qui percole sous le BAC a une teneur en nitrate proche de 60 mg.L<sup>-1<\/sup> (pics observ\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es au captage). Toutefois, m\u00eame s\u2019il a \u00e9t\u00e9 montr\u00e9 que les transferts sont rapides, l\u2019eau percol\u00e9e n\u2019est pas celle qui est pr\u00e9lev\u00e9e au captage de fa\u00e7on simultan\u00e9e dans le temps\u00a0: il serait int\u00e9ressant d\u2019\u00e9tudier les flux saisonniers et la circulation de l\u2019eau \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du BAC pour estimer l\u2019\u00e2ge du nitrate mesur\u00e9 au captage.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1259\" aria-describedby=\"caption-attachment-1259\" style=\"width: 1593px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1259 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig8hq-scaled-e1666857367530.jpg\" alt=\"\" width=\"1593\" height=\"819\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig8hq-scaled-e1666857367530.jpg 1593w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig8hq-scaled-e1666857367530-300x154.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig8hq-scaled-e1666857367530-1024x526.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig8hq-scaled-e1666857367530-768x395.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig8hq-scaled-e1666857367530-1536x790.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig8hq-scaled-e1666857367530-65x33.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig8hq-scaled-e1666857367530-225x116.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig8hq-scaled-e1666857367530-350x180.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1593px) 100vw, 1593px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1259\" class=\"wp-caption-text\">Figure 8. Exc\u00e9dents hydriques \u00e9valu\u00e9s sur un sol de r\u00e9serve utile 60 mm implant\u00e9 en c\u00e9r\u00e9ales d\u2019hiver et \u00e9volution des taux de nitrate au captage de Dornecy, entre 2016 et 2022.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Aussi, les mesures de REH servent d\u2019observatoire de cette pression azot\u00e9e dans les BAC. Les r\u00e9sultats sont partag\u00e9s dans des documents de synth\u00e8se envoy\u00e9s aux agriculteurs ainsi qu\u2019aux partenaires de l\u2019animation dans les BAC et pr\u00e9sent\u00e9s lors des comit\u00e9s de pilotage pr\u00e9sid\u00e9s par les collectivit\u00e9s.<\/p>\n<h2>Une faible mobilisation autour de cet indicateur<\/h2>\n<p>Si l\u2019une des ambitions de d\u00e9part \u00e9tait d\u2019utiliser les REH comme base de r\u00e9flexion avec les agriculteurs sur leurs pratiques culturales et donc un outil d\u2019animation sur les BAC, il s\u2019av\u00e8re que la mobilisation n\u2019est pas toujours au rendez-vous.<\/p>\n<p>En effet, les agriculteurs sont peu partie prenante du dispositif\u00a0: \u00e0 son lancement, ils ont \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9s et rencontr\u00e9s individuellement pour choisir les parcelles \u00e0 int\u00e9grer dans l\u2019\u00e9chantillonnage. Chaque ann\u00e9e, un point t\u00e9l\u00e9phonique ou en pr\u00e9sentiel est fait pour collecter les informations relatives aux assolements et pratiques agricoles mises en \u0153uvre avant l&rsquo;\u00e9chantillonnage des parcelles. \u00c0 l\u2019issue de chaque campagne, les agriculteurs re\u00e7oivent leurs r\u00e9sultats par courrier ou mail avec un bulletin de synth\u00e8se g\u00e9n\u00e9rale (2 pages). L\u2019objectif \u00e9tait aussi et surtout de les rencontrer individuellement pour \u00e9changer sur les r\u00e9sultats, leurs pratiques, \u00e9clairer les r\u00e9sultats surprenants, etc. Cependant, par manque de temps, de motivation ou \u00e0 cause du contexte sanitaire, ces rendez-vous n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 syst\u00e9matiques ces derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Par ailleurs, peu de moments collectifs ont pu \u00eatre organis\u00e9s\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>une premi\u00e8re r\u00e9union apr\u00e8s la premi\u00e8re campagne (partage des r\u00e9sultats et \u00e9changes avec les sept agriculteurs qui s\u2019\u00e9taient d\u00e9plac\u00e9s)\u00a0;<\/li>\n<li>une seconde, d\u00e9but 2018, o\u00f9 les questions du lien entre les pratiques, les fuites de nitrate et la qualit\u00e9 de l\u2019eau ont \u00e9t\u00e9 abord\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Int\u00e9resser les agriculteurs\u00a0: \u00ab jeu des devinettes \u00bb<\/h2>\n<p>En 2022, une nouvelle fa\u00e7on de pr\u00e9senter les r\u00e9sultats aux agriculteurs a \u00e9t\u00e9 test\u00e9e. Pr\u00e9c\u00e9demment, les rendez-vous individuels consistaient en une pr\u00e9sentation directe des r\u00e9sultats de l\u2019ann\u00e9e, resitu\u00e9s dans le panel des mesures sur les BAC (sous forme graphique) et enfin, les r\u00e9sultats pluriannuels des parcelles de chaque agriculteur.<\/p>\n<p>Pour \u00e9viter que l\u2019agriculteur ne soit passif dans la restitution de ces \u00e9l\u00e9ments, un \u00ab\u00a0jeu\u00a0\u00bb lui est propos\u00e9\u00a0: il est invit\u00e9 \u00e0 positionner des \u00e9tiquettes indiquant des valeurs de REH sur une carte repr\u00e9sentant ses parcelles dans le BAC (figure 9). Parmi ces \u00e9tiquettes se trouvent deux intrus (en g\u00e9n\u00e9ral des valeurs mesur\u00e9es sur le m\u00eame secteur).<\/p>\n<p>Ce moment de r\u00e9flexion permet \u00e0 chaque agriculteur de retracer l\u2019itin\u00e9raire technique de ses parcelles et d\u2019argumenter ses choix. Avec l\u2019animatrice, il retourne ensuite les \u00e9tiquettes pour v\u00e9rifier ses r\u00e9ponses. Au verso, une estimation des pertes d\u2019azote est indiqu\u00e9e, apportant encore un \u00e9l\u00e9ment de dialogue.<\/p>\n<p>Cette animation a suscit\u00e9 plus d\u2019engagement, d\u2019\u00e9changes et de questionnements que les \u00ab\u00a0formats\u00a0\u00bb pr\u00e9c\u00e9dents.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1260\" aria-describedby=\"caption-attachment-1260\" style=\"width: 1574px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1260 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig9hq-scaled-e1666857410638.jpg\" alt=\"\" width=\"1574\" height=\"921\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig9hq-scaled-e1666857410638.jpg 1574w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig9hq-scaled-e1666857410638-300x176.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig9hq-scaled-e1666857410638-1024x599.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig9hq-scaled-e1666857410638-768x449.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig9hq-scaled-e1666857410638-1536x899.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig9hq-scaled-e1666857410638-65x38.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig9hq-scaled-e1666857410638-225x132.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/ld_fig9hq-scaled-e1666857410638-350x205.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1574px) 100vw, 1574px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1260\" class=\"wp-caption-text\">Figure 9. Exercice de positionnement par l\u2019agriculteur de r\u00e9sultats des REH sur ses parcelles.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Il faudrait \u00e9prouver davantage cette m\u00e9thodologie mais les quelques agriculteurs s\u2019\u00e9tant pr\u00eat\u00e9s au jeu s\u2019y sont pli\u00e9s volontiers, amenant des questionnements int\u00e9ressants. Parfois, les \u00e9changes se sont faits par t\u00e9l\u00e9phone\u00a0: l\u00e0-aussi, plut\u00f4t que d\u2019indiquer directement les r\u00e9sultats, l\u2019animatrice demande \u00ab\u00a0\u00e0 votre avis, quelle quantit\u00e9 d\u2019azote aviez-vous dans telle ou telle parcelle en entr\u00e9e d\u2019hiver\u00a0?\u00a0\u00bb. Cela suscite davantage de r\u00e9flexions et questions.<\/p>\n<h1>Conclusion<\/h1>\n<p>Les mesures de REH r\u00e9alis\u00e9es dans des parcelles cultiv\u00e9es des BAC permettent d\u2019\u00e9valuer la pression azot\u00e9e et d\u2019estimer les marges de man\u0153uvre de gestion de l\u2019azote au regard des pratiques des agriculteurs. La comparaison des r\u00e9sultats et leur interpr\u00e9tation dans l\u2019espace et dans le temps reste difficile sur ce territoire \u00e9tant donn\u00e9 la variabilit\u00e9 (parfois importante) des taux de cailloux et les profondeurs de sols qui varient de 20 \u00e0 90 cm. Sur ce sujet, la question de l\u2019usage des REH sur les sols superficiels reste pos\u00e9e.<\/p>\n<p>Si les r\u00e9sultats peuvent interpeller les agriculteurs, il est toutefois difficile de r\u00e9pondre \u00e0 la question des leviers actionnables pour limiter cette quantit\u00e9 d&rsquo;azote dans les sols \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de l\u2019hiver. Les agriculteurs se disent tributaires du climat (notamment pour la r\u00e9ussite de leurs couverts) et n\u2019envisagent pas de changement de pratiques pour tenter de limiter cette quantit\u00e9 dans leurs sols. Ils accordent davantage d\u2019importance aux RSH\u00a0; il n\u2019est d&rsquo;ailleurs pas rare qu\u2019un agriculteur soit satisfait lorsque la valeur de son REH est \u00e9lev\u00e9e (gage pour lui d\u2019un bon stock d\u2019azote dans son sol, confusion avec le RSH\u2026). L\u2019objectif de 50 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> n\u2019est pas un but recherch\u00e9 par les agriculteurs, bien que rappel\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement en comit\u00e9s de pilotage ou dans les documents de synth\u00e8se.<\/p>\n<p>Aussi, le REH, indicateur de pression, soul\u00e8ve encore beaucoup de questions sur son utilisation pour mobiliser autour d\u2019un projet de reconqu\u00eate de la qualit\u00e9 de l\u2019eau. Comment d\u00e9passer le sentiment d\u2019impuissance sur les r\u00e9sultats obtenus ? Comment l\u2019analyse des donn\u00e9es permet d\u2019identifier les \u00ab succ\u00e8s \u00bb et leurs causes ? Faut-il se concentrer uniquement sur les pratiques et\/ou successions \u00ab \u00e0 risque \u00bb (et comment les identifier ?) ? Aujourd\u2019hui se pose la question de la meilleure fa\u00e7on d\u2019aborder la gestion de l\u2019azote pour limiter les pertes azot\u00e9es sous les parcelles des BAC. Le REH reste un outil int\u00e9ressant pour travailler sur des r\u00e9sultats concrets et mesurables chaque ann\u00e9e.<\/p>\n<h1>Bibliographie<\/h1>\n<p>Burns I.G., 1976. Equations to predict the leaching of nitrate uniformly incorporated to a known depth or uniformly distributed throughout a soil profile. <em>Journal of Agricultural Science<\/em>, 86, 305-313.<\/p>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-130-1\">https:\/\/methode-merci.fr\/ <a href=\"#return-footnote-130-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-130-2\">Groupe R\u00e9gional d\u2019Expertise Nitrates <a href=\"#return-footnote-130-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":10,"menu_order":2,"template":"","meta":{"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["lison-delsalle"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[72],"license":[],"class_list":["post-130","chapter","type-chapter","status-publish","hentry","contributor-lison-delsalle"],"part":104,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/130"}],"collection":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"version-history":[{"count":31,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/130\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2158,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/130\/revisions\/2158"}],"part":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/104"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/130\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=130"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=130"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=130"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=130"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}