{"id":134,"date":"2022-03-01T11:59:03","date_gmt":"2022-03-01T10:59:03","guid":{"rendered":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/?post_type=chapter&#038;p=134"},"modified":"2022-12-21T10:20:02","modified_gmt":"2022-12-21T09:20:02","slug":"le-reseau-de-reliquats-debut-drainage-du-plan-algues-vertes-de-bretagne","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/chapter\/le-reseau-de-reliquats-debut-drainage-du-plan-algues-vertes-de-bretagne\/","title":{"raw":"L\u2019exemple breton d\u2019un r\u00e9seau de mesure de REH utilis\u00e9 comme outil et indicateur pour diminuer les fuites de nitrate","rendered":"L\u2019exemple breton d\u2019un r\u00e9seau de mesure de REH utilis\u00e9 comme outil et indicateur pour diminuer les fuites de nitrate"},"content":{"raw":"<div class=\"textbox\">\r\n\r\n<strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\r\n\r\nPour lutter contre la prolif\u00e9ration des algues vertes dans certaines baies bretonnes, et en partant du principe que la r\u00e9duction des flux d\u2019azote min\u00e9ral rejoignant ces baies pouvait \u00eatre un facteur de ma\u00eetrise du ph\u00e9nom\u00e8ne, un programme de pr\u00e9vention agricole a \u00e9t\u00e9 mis en place comportant notamment des campagnes de mesures de reliquats d\u2019azote en entr\u00e9e d'hiver (REH).\r\n\r\nUne m\u00e9thode d\u2019interpr\u00e9tation des r\u00e9sultats a \u00e9t\u00e9 mise au point pour cibler au mieux les mauvaises pratiques de gestion de l\u2019azote. Un r\u00e9seau de parcelles de r\u00e9f\u00e9rence permet chaque ann\u00e9e de situer le niveau attendu de reliquat selon la situation agronomique et de fixer une marge de tol\u00e9rance. Une note est alors attribu\u00e9e \u00e0 chaque parcelle analys\u00e9e.\r\n\r\nDepuis 2016, en agr\u00e9geant les notes par exploitation sur quatre campagnes d\u2019analyses, il est possible de d\u00e9terminer quelles sont les exploitations qui doivent rester dans le dispositif et b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un conseil et celles qui peuvent en sortir.\r\n\r\nUne \u00e9volution clairement favorable en a d\u00e9coul\u00e9 sur les indicateurs ayant trait \u00e0 l\u2019azote mais elle est jug\u00e9e insuffisante au regard des \u00e9chouages d\u2019ulves encore observ\u00e9s.\r\n\r\n<\/div>\r\n<h1>Contexte<\/h1>\r\nHuit baies du littoral breton sont propices aux prolif\u00e9rations d\u2019algues vertes du fait de leur configuration et des flux de nutriments qui les alimentent. La probl\u00e9matique des mar\u00e9es vertes, qui avait connu un pic consid\u00e9rable au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, \u00e9tait en diminution depuis, de m\u00eame que les quantit\u00e9s de nitrate transf\u00e9r\u00e9es dans le milieu aquatique. Alors m\u00eame que les indicateurs \u00ab nitrate \u00bb r\u00e9gionaux \u00e9taient \u00e0 leur niveau le plus bas depuis la fin des ann\u00e9es 1980, une soudaine recrudescence est apparue en 2007, 2008 et 2009 (figure 1 - sources\u00a0: CEVA[footnote]CEVA\u00a0: Centre d\u2019\u00e9tude et de valorisation des algues[\/footnote], AELB[footnote]AELB\u00a0: Agence de l\u2019eau Loire \u2013 Bretagne[\/footnote], DDASS[footnote]DDASS\u00a0: Direction d\u00e9partementale des affaires sanitaires et sociales[\/footnote], DREAL[footnote]DREAL\u00a0: Direction r\u00e9gionale de l\u2019environnement, de l\u2019am\u00e9nagement et du logement[\/footnote]).\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1676\" align=\"aligncenter\" width=\"1651\"]<img class=\"wp-image-1676 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig1hq-scaled-e1669295256764.jpg\" alt=\"\" width=\"1651\" height=\"915\" \/> Figure. 1. \u00c9volution conjointe de divers indicateurs r\u00e9gionaux de pollution nitrique et de prolif\u00e9ration algale entre 1987 et 2009.[\/caption]\r\n\r\nApr\u00e8s la mort d\u2019un cheval sur une plage couverte d\u2019algues vertes (2009) et la temp\u00eate m\u00e9diatique qui s\u2019en est suivie, un grand plan de lutte gouvernemental contre les algues vertes a alors \u00e9t\u00e9 mis en place sous l\u2019\u00e9gide de la Direction R\u00e9gionale de l\u2019Agriculture avec un budget de 134 M\u20ac sur 5 ans. Parmi cinq grands axes d\u2019actions, figure celui de la \u00ab pr\u00e9vention agricole \u00bb.\r\n\r\nL\u2019IFREMER[footnote]IFREMER\u00a0: Institut fran\u00e7ais de recherche pour l\u2019exploitation de la mer[\/footnote] et le CEVA ont mis en avant la possibilit\u00e9 de limiter la croissance algale en limitant les flux d\u2019azote min\u00e9ral alimentant les baies concern\u00e9es (Menesguen &amp; Piriou, 1995). Une relation assez \u00e9troite semble en effet appara\u00eetre entre ces flux d\u2019azote de mai \u00e0 ao\u00fbt et les surfaces couvertes par les mar\u00e9es vertes en \u00e9t\u00e9 (figure 2).\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1677\" align=\"aligncenter\" width=\"1600\"]<img class=\"wp-image-1677 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig2hq-scaled-e1669295209498.jpg\" alt=\"\" width=\"1600\" height=\"1158\" \/> Figure 2. R\u00f4le possible de facteur limitant des flux de nitrate (somme des huit baies) sur la prolif\u00e9ration algale (somme r\u00e9gionale) (Source\u00a0: CEVA).[\/caption]\r\n\r\nD\u00e8s lors, dans le cadre de ce plan de lutte contre les algues vertes (PLAV), une grande op\u00e9ration de mesures de reliquats d\u2019azote dans le sol en fin de culture a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e de fa\u00e7on \u00e0 sensibiliser les agriculteurs sur les am\u00e9liorations n\u00e9cessaires dans leurs pratiques de gestion de l\u2019azote et cibler de mani\u00e8re p\u00e9dagogique ceux qui devaient le plus progresser. Apr\u00e8s discussions, le comit\u00e9 technique a choisi de pratiquer des reliquats \u00ab d\u00e9but drainage \u00bb (RDD) ou \u00ab entr\u00e9e hiver \u00bb (REH), indicateur le plus fiable et le moins soumis aux difficult\u00e9s de pr\u00e9l\u00e8vement tout en renseignant \u00e0 la fois sur les pratiques de fertilisation azot\u00e9e, de gestion de l\u2019interculture et le risque potentiel de fuites d\u2019azote vers l\u2019eau.\r\n\r\nCes campagnes d\u2019analyses de reliquats ont perdur\u00e9 de 2010 \u00e0 2021 mais selon deux phases distinctes\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>de 2010 \u00e0 2015, les pr\u00e9l\u00e8vements ont \u00e9t\u00e9 faits de fa\u00e7on exhaustive\u00a0: en moyenne trois mesures par exploitation cultivant sur les bassins versants \u00ab algues vertes \u00bb (BVAV) (6800 REH pour 2300 exploitations, soit environ un REH pour 27 ha sur les 1900 km\u00b2 des bassins versants concern\u00e9s),<\/li>\r\n \t<li>\u00e0 partir de 2016, sur la base des r\u00e9sultats obtenus au cours du suivi 2010-2015, un ciblage a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 sur les 20\u00a0% des exploitations devant progresser le plus, sur la base du nombre de mauvais r\u00e9sultats et de l\u2019\u00e9volution constat\u00e9e sur les six campagnes (figure 3) (1400 REH pour 480 exploitations).<\/li>\r\n<\/ul>\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1678\" align=\"aligncenter\" width=\"1625\"]<img class=\"wp-image-1678 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig3hq-scaled-e1669295169174.jpg\" alt=\"\" width=\"1625\" height=\"678\" \/> Figure 3. Mode de s\u00e9lection des exploitations suivies apr\u00e8s 2015 et devant progresser le plus.[\/caption]\r\n\r\nD\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les REH ont \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9s \u00e0 part \u00e9gale sur ou apr\u00e8s trois types de cultures\u00a0: c\u00e9r\u00e9ale, prairie et ma\u00efs (<em>Zea mays<\/em>) repr\u00e9sentant respectivement 26\u00a0%, 39\u00a0% et 27\u00a0% de la surface agricole bretonne en 2015.\r\n<h1>Choix du type de reliquat\u00a0: le REH<\/h1>\r\nUne mesure du stock d\u2019azote min\u00e9ral (nitrique) dans le sol est une photographie d\u2019un param\u00e8tre tr\u00e8s variable dans le temps, tant en quantit\u00e9 (figure 4) qu\u2019en r\u00e9partition dans le profil.\r\n\r\nLe choix de la p\u00e9riode de pr\u00e9l\u00e8vement est donc primordial quant \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation qu\u2019on peut en faire.\r\n\r\nL\u2019option d\u2019un reliquat \u00ab\u00a0post absorption\u00a0\u00bb (RPA sur la figure 4) a d\u2019embl\u00e9e \u00e9t\u00e9 avanc\u00e9e. Un RPA est en th\u00e9orie plus proche du solde du bilan de l\u2019azote sur la culture et semble permettre un diagnostic plus fiable de la qualit\u00e9 des pratiques de fertilisation.\r\n\r\nCependant, le RPA pr\u00e9sente bien des inconv\u00e9nients dont les principaux sont des conditions de pr\u00e9l\u00e8vement difficiles dans des sols souvent tr\u00e8s secs et avec une culture encore en place dans le cas du ma\u00efs, ce qui peut souvent induire une forte impr\u00e9cision de la mesure comme d\u00e9crit plus loin. En outre il n\u2019a pas de signification pour les prairies, notamment en climat tr\u00e8s oc\u00e9anique comme celui de la Bretagne.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1679\" align=\"aligncenter\" width=\"1600\"]<img class=\"wp-image-1679 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig4hq-scaled-e1669295124494.jpg\" alt=\"\" width=\"1600\" height=\"1337\" \/> Figure 4. Exemple d\u2019\u00e9volution des stocks d\u2019azote min\u00e9ral dans le sol sur la dur\u00e9e d\u2019une interculture (apr\u00e8s moisson d\u2019escourgeon) selon l\u2019occupation du sol et ph\u00e9nom\u00e8nes majoritaires possibles en cause. (INRA Reims 2000-2002).[\/caption]\r\n\r\nLes arguments les plus d\u00e9cisifs qui ont fait opter pour le RDD (sur la figure 4), ou REH, sont\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>la bonne gestion de l\u2019azote sur une exploitation agricole et la ma\u00eetrise du risque environnemental qui y est associ\u00e9 ne se limite pas au seul ajustement de la fertilisation azot\u00e9e\u00a0; la gestion de l\u2019interculture est au moins aussi d\u00e9terminante en la mati\u00e8re, et<\/li>\r\n \t<li>une meilleure sensibilisation des acteurs suppose que l\u2019indicateur mesur\u00e9 soit au plus proche du risque de fuites d\u2019azote et donc du d\u00e9but du drainage. C\u2019est bien la notion \u00ab d\u2019azote potentiellement lessivable \u00bb (APL) d\u00e9velopp\u00e9e en Wallonie (Wouez, 2022) dans la m\u00eame finalit\u00e9. Un RPA \u00e9lev\u00e9 serait moins p\u00e9dagogique dans la mesure o\u00f9 l\u2019agriculteur pourrait se dire que le couvert v\u00e9g\u00e9tal ou la d\u00e9composition de r\u00e9sidus \u00e0 C\/N \u00e9lev\u00e9 viendra corriger substantiellement celui-ci.<\/li>\r\n<\/ul>\r\nLa difficult\u00e9 majeure d\u2019une mesure de reliquat d\u2019azote nitrique dans le sol est son impr\u00e9cision. Rien que sur le dosage en laboratoire, un \u00e9cart de 15\u00a0% est tol\u00e9r\u00e9 lors des contr\u00f4les inter laboratoires. Il faut encore y ajouter l\u2019incertitude li\u00e9e au pr\u00e9l\u00e8vement r\u00e9alis\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 90 cm (si possible) dans un milieu fonci\u00e8rement h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, tant horizontalement dans la parcelle que verticalement dans le profil. La qualit\u00e9 du pr\u00e9l\u00e8vement est donc essentielle et un pr\u00e9l\u00e8vement de qualit\u00e9 ne peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 que dans un sol suffisamment humide.\r\n\r\nLes observations r\u00e9alis\u00e9es en 2011 (ann\u00e9e o\u00f9 le drainage a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement tardif) dans le cadre du PLAV montrent (figure 5) que l\u2019\u00e9cart type peut varier du simple au double selon l\u2019humidit\u00e9 du sol. En particulier la variabilit\u00e9 devient \u00e9norme lorsque l\u2019humidit\u00e9 descend en dessous de 10 \u00e0 12\u00a0%, situation fr\u00e9quemment rencontr\u00e9e pour des RPA. La variabilit\u00e9 devient minimale lorsque l\u2019humidit\u00e9 approche de la capacit\u00e9 au champ, cas tr\u00e8s fr\u00e9quent pour des REH.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1680\" align=\"aligncenter\" width=\"1619\"]<img class=\"wp-image-1680 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig5hq-scaled-e1669295075822.jpg\" alt=\"\" width=\"1619\" height=\"1171\" \/> Figure. 5. Variation des statistiques d\u2019un \u00e9chantillon mobile de 400 REH (horizon de surface) en fonction de l\u2019humidit\u00e9 du sol lors du pr\u00e9l\u00e8vement (2760 REH mesur\u00e9s en 2011 dans les bassins versants des baies \u00ab algues vertes \u00bb avant le d\u00e9but du drainage).[\/caption]\r\n<h1>Une correction n\u00e9cessaire de l\u2019effet de la date de pr\u00e9l\u00e8vement pour une campagne s\u2019\u00e9talant sur plusieurs semaines<\/h1>\r\nL\u2019exemple pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la figure 4 illustre l\u2019effet majeur de la date de pr\u00e9l\u00e8vement au cours d\u2019un automne-hiver sur le r\u00e9sultat de la mesure de reliquat. Or, des campagnes de mesures d'environ 7000 REH s\u2019\u00e9tendent n\u00e9cessairement sur plusieurs semaines (quasiment deux mois en pratique) en sachant que les pr\u00e9l\u00e8vements ne sont pas r\u00e9alis\u00e9s par temps de forte pluie et plus rarement, par temps de gel.\r\n\r\nSi on veut comparer les REH \u00e0 un seuil quelconque, il est donc n\u00e9cessaire de \u00ab\u00a0ramener\u00a0\u00bb les r\u00e9sultats \u00e0 une date unique, \u00e9valu\u00e9e chaque ann\u00e9e comme \u00e9tant celle la plus proche du d\u00e9but du drainage.\r\n\r\nDes mod\u00e8les agronomiques classiques sont appliqu\u00e9s sur la base du mod\u00e8le de Burns (1976) pour la lixiviation, des jours normalis\u00e9s pour la min\u00e9ralisation et des sommes de temp\u00e9ratures pour la croissance des couverts et leur absorption d\u2019azote. \u00c0 chaque reliquat sont affect\u00e9es des donn\u00e9es m\u00e9t\u00e9orologiques par triangulation \u00e0 partir d\u2019une vingtaine de stations. Sur un r\u00e9seau de parcelles de r\u00e9f\u00e9rence, les pr\u00e9l\u00e8vements sont r\u00e9p\u00e9t\u00e9s trois ou quatre fois au cours de la campagne, ce qui permet de v\u00e9rifier la coh\u00e9rence des corrections appliqu\u00e9es.\r\n\r\nLa figure 6 illustre deux exemples de correction possible selon l\u2019occupation du sol.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1681\" align=\"aligncenter\" width=\"1024\"]<img class=\"wp-image-1681 size-large\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig6hq-scaled-e1669295028222-1024x692.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"692\" \/> Figure 6. Exemple de mod\u00e9lisation de l\u2019\u00e9volution des reliquats en fonction du temps selon les conditions m\u00e9t\u00e9orologiques et l\u2019humidit\u00e9 du sol pour deux parcelles de ma\u00efs suivi ou non d\u2019un couvert v\u00e9g\u00e9tal.[\/caption]\r\n\r\nLa figure 7 compare l\u2019\u00e9volution des stocks d\u2019azote nitrique mesur\u00e9s sur les parcelles de r\u00e9f\u00e9rence et les valeurs th\u00e9oriques. Celle-ci illustre \u00e9galement l\u2019incertitude d\u2019une mesure de reliquat.\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1682\" align=\"aligncenter\" width=\"1024\"]<img class=\"wp-image-1682 size-large\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig7hq-scaled-e1669294985320-1024x875.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"875\" \/> Figure 7. Exemple de coh\u00e9rence observ\u00e9e entre le mod\u00e8le d\u2019\u00e9volution des reliquats avec la date et les observations pratiqu\u00e9es sur les parcelles de r\u00e9f\u00e9rence (pour le secteur de la baie de St Brieuc, apr\u00e8s une culture de ma\u00efs sans couvert v\u00e9g\u00e9tal et pour un potentiel de min\u00e9ralisation moyen).[\/caption]\r\n\r\nComme expliqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment (\u00a7 Contexte), dans la seconde phase des campagnes de REH (\u00e0 partir de 2016), les pr\u00e9l\u00e8vements ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s sur un nombre restreint d\u2019exploitations cibl\u00e9es (20\u00a0%) et il a \u00e9t\u00e9 possible de les pratiquer en une seule semaine pour chacun des trois types de cultures, soit sur trois semaines au total, (moyennant le pr\u00e9l\u00e8vement de deux couches au lieu de trois). D\u00e8s lors, aucune correction de l\u2019effet de la date de pr\u00e9l\u00e8vement n'a plus \u00e9t\u00e9 faite.\r\n<h1>Mode d\u2019interpr\u00e9tation des r\u00e9sultats<\/h1>\r\nIl existe de nombreux facteurs qui influent sur le stock d\u2019azote min\u00e9ral du sol mais tous ne sont pas li\u00e9s aux pratiques de l\u2019agriculteur en mati\u00e8re de gestion d\u2019azote. On ne peut donc pas interpr\u00e9ter le r\u00e9sultat en valeur absolue sans le resituer dans les \u00e9l\u00e9ments de contexte qui vont le d\u00e9terminer.\r\n\r\nLa figure 8 illustre en premier lieu les effets \u00ab culture \u00bb et \u00ab ann\u00e9e \u00bb qui sont en interaction. En effet, si 2013 peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une ann\u00e9e \u00e0 forts REH pour les trois types de cultures suivies et que les prairies pr\u00e9sentent des REH plus faibles globalement que les grandes cultures, les hi\u00e9rarchies ne sont pas toujours les m\u00eames. Par exemple, 2012 est plut\u00f4t une ann\u00e9e \u00e0 forts REH pour les c\u00e9r\u00e9ales et \u00e0 faibles REH pour les ma\u00efs qui se retrouvent ainsi globalement plus faibles que les valeurs observ\u00e9es apr\u00e8s c\u00e9r\u00e9ale et quasiment au m\u00eame niveau que les prairies.\r\n\r\nCes effets \u00ab ann\u00e9e \u00bb sont li\u00e9s \u00e0 des s\u00e9quences climatiques sp\u00e9cifiques tout au long du cycle de la culture et apr\u00e8s sa r\u00e9colte.\u00a0 De plus, ces s\u00e9quences climatiques n\u2019ont pas les m\u00eames effets selon les situations agronomiques particuli\u00e8res (succession de cultures, capacit\u00e9 de r\u00e9tention en eau du sol\u2026) et pr\u00e9sentent d\u2019ailleurs des variations g\u00e9ographiques \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la Bretagne pour une ann\u00e9e donn\u00e9e.\r\n\r\nEn outre, si les REH sous prairies sont plut\u00f4t plus faibles, l\u2019intervalle entre le 9<sup>\u00e8me<\/sup> d\u00e9cile et la m\u00e9diane est en moyenne du m\u00eame ordre de grandeur pour tous les types de cultures (respectivement 66, 88 et 74 kg N-NO<sub>3<\/sub>\u00af.ha<sup>-1<\/sup> pour les c\u00e9r\u00e9ales, les ma\u00efs et les prairies).\u00a0 Ce constat semble indiquer des marges de progr\u00e8s potentielles du m\u00eame ordre en termes de r\u00e9duction de fuites d\u2019azote.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1683\" align=\"aligncenter\" width=\"1651\"]<img class=\"wp-image-1683 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig8hq-scaled-e1669294940517.jpg\" alt=\"\" width=\"1651\" height=\"1062\" \/> Figure 8. R\u00e9partition des REH mesur\u00e9s selon les cultures et les ann\u00e9es (PLAV, 35000 mesures durant 6 ans)[\/caption]\r\n\r\nD\u2019autres facteurs d\u2019ordre agronomique peuvent encore faire varier le REH ind\u00e9pendamment des pratiques de gestion de l\u2019azote de l\u2019agriculteur tels que le pr\u00e9c\u00e9dent cultural ou des caract\u00e9ristiques de succession de cultures ou encore le mode d\u2019exploitation des prairies.\r\n\r\nDe la m\u00eame fa\u00e7on, les conditions de min\u00e9ralisation de fin de cycle li\u00e9es \u00e0 l\u2019humidit\u00e9 du sol en \u00e9t\u00e9 notamment, peuvent impacter fortement le niveau de REH et m\u00eame de RPA, comme observ\u00e9 en 2011 et 2012 sur 163 parcelles dont l\u2019\u00e9quilibre de fertilisation a \u00e9t\u00e9 v\u00e9rifi\u00e9 (figure 9).\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1684\" align=\"aligncenter\" width=\"1606\"]<img class=\"wp-image-1684 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig9hq-scaled-e1669294891179.jpg\" alt=\"\" width=\"1606\" height=\"1222\" \/> Figure 9. Impact de l\u2019humidit\u00e9 du sol (\u00a0%) en fin de cycle (mi-ao\u00fbt) sur le niveau de RPA mesur\u00e9 d\u00e9but septembre dans 163 parcelles de ma\u00efs des bassins versants \u00ab algues vertes \u00bb en 2011 et 2012.[\/caption]\r\n\r\nAinsi, de fa\u00e7on \u00e0 pouvoir discerner le mieux possible la part des variations de REH d\u00e9coulant des pratiques de gestion de l'azote de celle li\u00e9e \u00e0 d'autres causes, nous \u00e9tablissons chaque ann\u00e9e, pour chaque type de culture, une typologie de situations agronomiques avec les REH \u00ab attendus \u00bb correspondants. Ces REH \u00ab attendus \u00bb sont calcul\u00e9s \u00e0 partir d'observations. Les diff\u00e9rentes classes de la typologie sont \u00e9tablies chaque ann\u00e9e en fonction des facteurs les plus influents non d\u00e9pendants des pratiques de gestion de l\u2019azote. La m\u00e9diane des REH de chacune des classes est estim\u00e9e sur la base de l\u2019ensemble des REH mesur\u00e9s. Une fois les \u00e9carts entre classes \u00e9tablis, les REH \u00ab attendus \u00bb sont fix\u00e9s de telle sorte que la m\u00e9diane globale corresponde \u00e0 celle des parcelles de r\u00e9f\u00e9rence.\r\n\r\nPar exemple, \u00e0 l\u2019entr\u00e9e d\u2019hiver 2021, le REH attendu apr\u00e8s un ma\u00efs variait de 31 kg N-NO<sub>3<\/sub>\u00af.ha<sup>-1<\/sup> sur deux horizons (pour un pr\u00e9c\u00e9dent ma\u00efs grain en 2020 dans une rotation de grandes cultures et avec un niveau de pluviom\u00e9trie estivale faible) \u00e0 133 kg N-NO<sub>3<\/sub>\u00af.ha<sup>-1<\/sup> (pour un pr\u00e9c\u00e9dent prairie p\u00e2tur\u00e9e dans une rotation avec prairies et un niveau de pluviom\u00e9trie estivale fort).\r\n\r\nLe REH de chaque parcelle est alors compar\u00e9 au REH attendu correspondant \u00e0 sa situation agronomique et selon l\u2019\u00e9cart observ\u00e9, une note est attribu\u00e9e\u00a0: A, B, C ou D en 2010 et A\/B, C ou D par la suite.\r\n\r\nL\u2019\u00e9tablissement des seuils \u00e0 partir desquels l\u2019\u00e9cart est suffisamment \u00e9lev\u00e9 pour attribuer une note C ou D est assez d\u00e9licat, compte tenu notamment de la marge d\u2019erreur cons\u00e9quente qui peut exister sur une mesure de REH. En effet, l\u2019op\u00e9ration ayant un objectif essentiellement p\u00e9dagogique, il faut minimiser le risque d\u2019attribuer une mauvaise note \u00e0 une parcelle sur laquelle les pratiques de gestion de l\u2019azote \u00e9taient bonnes (\u00ab faux positif \u00bb) et <em>a contrario<\/em> d\u2019attribuer une bonne note \u00e0 une parcelle o\u00f9 la gestion de l\u2019azote a \u00e9t\u00e9 mauvaise (\u00ab faux n\u00e9gatif \u00bb).\r\n\r\nPour ce faire, il a \u00e9t\u00e9 mis en place un r\u00e9seau de parcelles dites \u00ab\u00a0de r\u00e9f\u00e9rence\u00a0\u00bb choisies dans des exploitations o\u00f9 les pratiques de gestion de l\u2019azote sont correctes (plan de fumure et couverture des sols).\r\n\r\nLes REH mesur\u00e9s sur ces parcelles permettent\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>de valider et d\u2019ajuster les niveaux de REH attendus selon la typologie des situations agronomiques et<\/li>\r\n \t<li>d\u2019\u00e9valuer un niveau admissible d\u2019\u00e9cart au REH attendu au-del\u00e0 duquel une mauvaise note est attribu\u00e9e.<\/li>\r\n<\/ul>\r\nPar convention, au-del\u00e0 du 8\u00e8me d\u00e9cile des \u00e9carts observ\u00e9s pour les parcelles de r\u00e9f\u00e9rence, il est attribu\u00e9 un C et au-del\u00e0 du 9\u00e8me d\u00e9cile, un D.\r\n\r\nAinsi, par construction, 10\u00a0% des parcelles de r\u00e9f\u00e9rence ont un C et 10\u00a0% ont un D (figure\u00a010). Les seuils d\u00e9finis de la sorte sont bien s\u00fbr variables selon les ann\u00e9es mais d\u2019une mani\u00e8re assez r\u00e9guli\u00e8re, un C est attribu\u00e9 pour un \u00e9cart au REH \u00ab attendu \u00bb (m\u00e9diane des reliquats observ\u00e9s pour une situation agronomique donn\u00e9e) d\u00e9passant 20-25 kg N-NO<sub>3<\/sub>\u00af.ha<sup>-1<\/sup> et un D pour un \u00e9cart d\u00e9passant 40-50 kg NO<sub>3<\/sub>\u00af.ha<sup>-1<\/sup>.\r\n\r\nL\u2019int\u00e9r\u00eat de la d\u00e9marche est\u00a0\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>de pouvoir soup\u00e7onner de mauvaises pratiques malgr\u00e9 un REH relativement bas lorsque la situation agronomique laisse pr\u00e9voir un REH faible (risque de \u00ab faux n\u00e9gatif \u00bb) et<\/li>\r\n \t<li>d\u2019\u00e9viter d\u2019attribuer une mauvaise note syst\u00e9matiquement lorsque la situation agronomique est propice \u00e0 un REH assez \u00e9lev\u00e9, en dehors de mauvaises pratiques de gestion de l\u2019azote \u00e9videmment (risque de \u00ab faux positif \u00bb).<\/li>\r\n<\/ul>\r\n[caption id=\"attachment_1685\" align=\"aligncenter\" width=\"1587\"]<img class=\"wp-image-1685 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig10hq-scaled-e1669294826823.jpg\" alt=\"\" width=\"1587\" height=\"1766\" \/> Figure 10. Exemple de proportions de notes attribu\u00e9es aux REH des parcelles en ma\u00efs en 2016 pour les deux r\u00e9seaux de parcelles.[\/caption]\r\n\r\nLes diff\u00e9rences mod\u00e9r\u00e9es observ\u00e9es entre les deux r\u00e9seaux pour ce qui concerne la proportion de mauvaises notes s\u2019expliquent par le fait que la majorit\u00e9 des exploitations diagnostiqu\u00e9es ont des pratiques de gestion de l\u2019azote correctes.\r\n<h1>Calcul d\u2019un indicateur de risque environnemental (IRE)<\/h1>\r\nS\u2019il est un indicateur partiel de l\u2019azote potentiellement lixiviable, le REH ne permet pas une \u00e9valuation du risque environnemental identique dans toutes les situations agronomiques. Par exemple, un faible REH suivi d\u2019un sol nu ou d\u2019une c\u00e9r\u00e9ale d\u2019hiver peut correspondre \u00e0 plus de fuites d\u2019azote en hiver qu\u2019un REH plus \u00e9lev\u00e9 sous une prairie ou un couvert qui pourra absorber de l\u2019azote en quantit\u00e9 pendant la p\u00e9riode de drainage.\r\n\r\nEn outre, il est apparu n\u00e9cessaire de pouvoir sensibiliser les praticiens au-del\u00e0 des seules pratiques de gestion de l\u2019azote (caract\u00e9ris\u00e9es par la note A\/B, C ou D), y compris dans leurs choix de syst\u00e8me de cultures.\r\n\r\nEn utilisant l\u2019outil <em>SYST\u2019N<\/em>\u00ae (Parnaudeau et al., 2012), la quantit\u00e9 d\u2019azote lixivi\u00e9 est calcul\u00e9e pour chaque parcelle (Parneaudeau et Gu\u00e9zangar, 2022) sur la base\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>des REH mesur\u00e9s,<\/li>\r\n \t<li>des donn\u00e9es m\u00e9t\u00e9orologiques de l\u2019ann\u00e9e jusqu\u2019au moment du calcul et<\/li>\r\n \t<li>des normales climatiques ensuite pour aller jusqu\u2019\u00e0 la fin du drainage (d\u00e9but avril).<\/li>\r\n<\/ul>\r\nPour qualifier cet indicateur, trois classes (bon, moyen, mauvais) sont propos\u00e9es par rapport \u00e0 deux seuils fix\u00e9s de mani\u00e8re absolue\u00a0: 40 et 80 kg N-NO<sub>3<\/sub>\u00af.ha<sup>-1<\/sup>.\r\n\r\nL\u2019IRE pr\u00e9sente donc le gros avantage d\u2019\u00eatre le meilleur indicateur possible des flux d\u2019azote perdus (qui sont directement mis en cause dans la probl\u00e9matique de prolif\u00e9ration algale).\r\n\r\nSa valeur en tant qu\u2019indicateur de bonnes pratiques est assez discutable pour plusieurs raisons.\r\n\r\nEn premier lieu, il est tr\u00e8s sensible aux conditions climatiques. En effet, l\u2019effet ann\u00e9e est encore plus consid\u00e9rable que pour le REH et au contraire du REH, comme l\u2019IRE d\u00e9pend des donn\u00e9es climatiques de l\u2019ann\u00e9e il n\u2019est pas possible de le \u00ab\u00a0gommer\u00a0\u00bb dans l\u2019interpr\u00e9tation.\r\n\r\nDe plus, sur un secteur g\u00e9ographique aussi vaste que l\u2019ensemble des bassins versants \u00ab algues vertes \u00bb, l\u2019effet du gradient climatique g\u00eane beaucoup les comparaisons entre agriculteurs. Le facteur pr\u00e9pond\u00e9rant (variation du simple au double) qui d\u00e9termine la proportion de bons et de mauvais r\u00e9sultats est d\u2019abord la longitude (figure 11).\r\n\r\nIl est \u00e0 noter d\u2019ailleurs que la teneur en nitrate des eaux de drainage varierait en sens totalement inverse. En effet, au-del\u00e0 de 100 mm de lame drainante, la concentration en nitrate diminue quand augmente la lame drainante. Parall\u00e8lement, le flux d\u2019azote transf\u00e9r\u00e9 vers le milieu aquatique augmente.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1686\" align=\"aligncenter\" width=\"1632\"]<img class=\"wp-image-1686 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig11hq-scaled-e1669294717249.jpg\" alt=\"\" width=\"1632\" height=\"1248\" \/> Figure 11. Illustration de l\u2019impact du facteur g\u00e9ographique sur la proportion moyenne de valeurs d\u2019IRE faibles ou \u00e9lev\u00e9es par bassin versant \u00ab algues vertes \u00bb. 32000 IRE sur huit campagnes de mesures.[\/caption]\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nEn outre, s\u2019il \u00e9tait utilis\u00e9 pour comparer entre eux l\u2019ensemble des agriculteurs, l\u2019IRE pourrait venir perturber l\u2019int\u00e9r\u00eat p\u00e9dagogique de la notation du REH puisque \u00e0 l\u2019ouest de la Bretagne moins de la moiti\u00e9 des parcelles bien not\u00e9es (A\/B) pr\u00e9sentent un IRE faible (&lt;\u00a040) alors qu\u2019\u00e0 peine plus de la moiti\u00e9 des parcelles les plus \u00e0 l\u2019est pr\u00e9sentent un IRE fort (&gt; 80) lorsqu\u2019elles sont mal not\u00e9es (C ou D).\r\n\r\nL\u2019indicateur IRE est donc \u00e0 interpr\u00e9ter de mani\u00e8re tr\u00e8s locale et son int\u00e9r\u00eat p\u00e9dagogique au regard des pratiques de gestion de l\u2019azote r\u00e9side essentiellement dans l\u2019objectivation du capital perdu avec les fuites d\u2019azote, ce qui peut amener un agriculteur \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir, au-del\u00e0 de ses pratiques de fertilisation, \u00e0 son syst\u00e8me de culture.\r\n\r\nCependant, compte tenu notamment du temps de calcul important requis, Le ma\u00eetre d'ouvrage (DRAAF) n'a plus souhait\u00e9 calculer l\u2019IRE au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es du dispositif.\r\n<h1>R\u00e9sultats<\/h1>\r\nLe r\u00e9sultat attendu de cette op\u00e9ration est difficile \u00e0 \u00e9valuer puisqu\u2019il consiste en des changements de pratiques chez les agriculteurs ayant les moins bons r\u00e9sultats.\r\n\r\nSi on observe l\u2019\u00e9volution interannuelle des REH mesur\u00e9s, aucune tendance sensible ne se dessine, comme le montre la figure 8, compte tenu notamment de la forte variabilit\u00e9 interannuelle de cet indicateur. Cela est encore plus vrai pour l\u2019IRE.\r\n\r\nLe mode d\u2019interpr\u00e9tation des r\u00e9sultats d\u00e9crit plus haut qui consiste en l\u2019analyse de l\u2019\u00e9cart entre le REH mesur\u00e9 et la valeur \u00ab attendue \u00bb de celui-ci selon une typologie de situations agronomiques d\u00e9termin\u00e9e annuellement r\u00e9v\u00e8le toutefois une \u00e9volution tr\u00e8s favorable (figure 12).\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1687\" align=\"aligncenter\" width=\"1600\"]<img class=\"wp-image-1687 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig12hq-scaled-e1669294676345.jpg\" alt=\"\" width=\"1600\" height=\"1139\" \/> Figure 12. \u00c9carts observ\u00e9s entre REH mesur\u00e9s et REH attendus (42500 REH mesur\u00e9s dans le PLAV).[\/caption]\r\n\r\nMalgr\u00e9 l\u2019ann\u00e9e 2013 assez atypique, on constate, avec et sans ciblage des exploitations, une tendance nette \u00e0 la baisse des moyennes des \u00e9carts et <em>a fortiori<\/em> des percentiles \u00e9lev\u00e9s de ces \u00e9carts au fil des ann\u00e9es.\r\n\r\nOn constate en outre, que l\u2019interpr\u00e9tation des REH selon cette m\u00e9thode a permis \u00e0 partir de 2016 de cibler efficacement les exploitations qui avaient le plus besoin de progresser.\r\n\r\nL\u2019\u00e9volution des teneurs en nitrate dans les cours d\u2019eau des BVAV est \u00e9galement soumise \u00e0 des al\u00e9as climatiques et des effets \u00ab ann\u00e9e \u00bb notamment li\u00e9s aux hauteurs de nappes et aux flux d\u2019eau annuels. Nous avons cependant tent\u00e9 (figure 13) d\u2019observer une tendance par comparaison \u00e0 l\u2019\u00e9volution de la moyenne du r\u00e9seau de contr\u00f4le et de surveillance (RCS[footnote]Le r\u00e9seau de contr\u00f4le et de surveillance de l\u2019agence de bassin Loire-Bretagne (RCS) consiste en 865 stations o\u00f9 est pr\u00e9lev\u00e9e de l\u2019eau (de surface ou souterraine) plusieurs fois par an pour l\u2019analyse d\u2019un grand nombre de param\u00e8tres. Une centaine de stations correspond \u00e0 des cours d\u2019eau bretons pour lesquels nous nous int\u00e9ressons ici au param\u00e8tre \u00ab\u00a0nitrate\u00a0\u00bb.[\/footnote]). La question est\u00a0: le PLAV appliqu\u00e9 sur ces territoires sp\u00e9cifiques conduit-il \u00e0 une diff\u00e9renciation de l\u2019\u00e9volution des teneurs en nitrate de leur cours d\u2019eau par rapport au reste de la Bretagne ?\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1688\" align=\"aligncenter\" width=\"1600\"]<img class=\"wp-image-1688 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig13hq-scaled-e1669294627516.jpg\" alt=\"\" width=\"1600\" height=\"1267\" \/> Figure 13. \u00c9carts entre la moyenne des cours d\u2019eau des BVAV o\u00f9 ont \u00e9t\u00e9 conduites les campagnes de REH et celle de l\u2019ensemble du RCS pour le quantile 90 des teneurs en nitrate qui est l\u2019indicateur usuellement retenu pour \u00e9valuer la pollution des cours d\u2019eau par le nitrate.[\/caption]\r\n\r\nLa moyenne des teneurs en nitrate des cours d\u2019eau des BVAV (entre 6 et 8 mg.L<sup>-1<\/sup> au-dessus du RCS, \u00e9voluant de mani\u00e8re irr\u00e9guli\u00e8re plut\u00f4t positivement entre 2000 et 2009) a subit une \u00e9volution acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e \u00e0 partir de 2009 en se rapprochant de la moyenne RCS (au rythme de 2 mg.L<sup>-1<\/sup> tous les trois ans) pour passer nettement en dessous \u00e0 partir de 2018.\r\n\r\nL\u2019\u00e9volution au niveau de la croissance algale n\u2019a h\u00e9las pas suivi partout puisque leur prolif\u00e9ration reste probl\u00e9matique en plusieurs endroits dont la baie de St Brieuc. En effet, la corr\u00e9lation positive assez \u00e9troite mise en \u00e9vidence jusqu\u2019en 2009 ne s\u2019est plus vraiment v\u00e9rifi\u00e9e par la suite pour des flux d\u2019azote variant pourtant du simple au double selon les ann\u00e9es (figure 14).\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1689\" align=\"aligncenter\" width=\"1638\"]<img class=\"wp-image-1689 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig14hq-scaled-e1669294564182.jpg\" alt=\"\" width=\"1638\" height=\"1171\" \/> Figure 14. Corr\u00e9lation observ\u00e9e entre flux de nitrate (somme des huit baies) et la prolif\u00e9ration algale (somme r\u00e9gionale) de 2002 \u00e0 2009 et absence de corr\u00e9lation \u00e0 partir de 2010. (Source\u00a0: CEVA, DREAL).[\/caption]\r\n\r\nSans remettre r\u00e9ellement en cause la tendance globale entre flux d\u2019azote printemps \/ \u00e9t\u00e9 et prolif\u00e9ration des ulves, ces r\u00e9sultats illustrent bien la multi causalit\u00e9 des mar\u00e9es vertes et sugg\u00e8rent que le seul levier de la limitation des flux d\u2019azote est probablement insuffisant pour r\u00e9gler le probl\u00e8me.\r\n<h1>Bibliographie<\/h1>\r\nBurns I.G., 1976. Equations to predict the leaching of nitrate uniformly incorporated to a known depth or uniformly distributed throughout a soil profile. <em>Journal of Agricultural Science<\/em>, 86, 305-313.\r\n\r\nMenesguen A. et Piriou J.Y., 1995. Nitrogen loadings and macroalgal (Ulva sp.) mass accumulation in Brittany (France). <em>Ophelia<\/em>, 42, 227-237\r\n\r\nParnaudeau V., Reau R., Dubrulle P., 2012. SYST\u2019N\u00a0: un outil pour d\u00e9velopper le diagnostic et l\u2019\u00e9valuation des pertes d\u2019azote dans les syst\u00e8mes de cultures\u00a0: le logiciel Syst'N. <em>Innovations Agronomiques,<\/em> 21, 59-70. <a href=\"http:\/\/www6.inra.fr\/ciag\/Revue\/Volume-21-Septembre-2012\">http:\/\/www6.inra.fr\/ciag\/Revue\/Volume-21-Septembre-2012<\/a>\r\n\r\nParnaudeau V., Gu\u00e9zengar A., 2022.\u00a0 De la mesure du reliquat \u00e0 l'estimation de la lixiviation du nitrate sous les parcelles agricoles dans les baies \"algues vertes\" de Bretagne. <em>In\u00a0:<\/em> Vandenberghe C. &amp; Delesalle M., eds.\u00a0 <em>Retours d'exp\u00e9rience autour du REH \/ RDD \/ APL.<\/em> Gembloux, Belgique\u00a0: Presses agronomiques de Gembloux.\r\n\r\nWouez D., 2022.\u00a0 L'APL wallon, un outil de contr\u00f4le et d'encadrement. <em>In\u00a0:<\/em> Vandenberghe C. &amp; Delesalle M., eds.\u00a0 <em>Retours d'exp\u00e9rience autour du REH \/ RDD \/ APL.<\/em> Gembloux, Belgique\u00a0: Presses agronomiques de Gembloux.","rendered":"<div class=\"textbox\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Pour lutter contre la prolif\u00e9ration des algues vertes dans certaines baies bretonnes, et en partant du principe que la r\u00e9duction des flux d\u2019azote min\u00e9ral rejoignant ces baies pouvait \u00eatre un facteur de ma\u00eetrise du ph\u00e9nom\u00e8ne, un programme de pr\u00e9vention agricole a \u00e9t\u00e9 mis en place comportant notamment des campagnes de mesures de reliquats d\u2019azote en entr\u00e9e d&rsquo;hiver (REH).<\/p>\n<p>Une m\u00e9thode d\u2019interpr\u00e9tation des r\u00e9sultats a \u00e9t\u00e9 mise au point pour cibler au mieux les mauvaises pratiques de gestion de l\u2019azote. Un r\u00e9seau de parcelles de r\u00e9f\u00e9rence permet chaque ann\u00e9e de situer le niveau attendu de reliquat selon la situation agronomique et de fixer une marge de tol\u00e9rance. Une note est alors attribu\u00e9e \u00e0 chaque parcelle analys\u00e9e.<\/p>\n<p>Depuis 2016, en agr\u00e9geant les notes par exploitation sur quatre campagnes d\u2019analyses, il est possible de d\u00e9terminer quelles sont les exploitations qui doivent rester dans le dispositif et b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un conseil et celles qui peuvent en sortir.<\/p>\n<p>Une \u00e9volution clairement favorable en a d\u00e9coul\u00e9 sur les indicateurs ayant trait \u00e0 l\u2019azote mais elle est jug\u00e9e insuffisante au regard des \u00e9chouages d\u2019ulves encore observ\u00e9s.<\/p>\n<\/div>\n<h1>Contexte<\/h1>\n<p>Huit baies du littoral breton sont propices aux prolif\u00e9rations d\u2019algues vertes du fait de leur configuration et des flux de nutriments qui les alimentent. La probl\u00e9matique des mar\u00e9es vertes, qui avait connu un pic consid\u00e9rable au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, \u00e9tait en diminution depuis, de m\u00eame que les quantit\u00e9s de nitrate transf\u00e9r\u00e9es dans le milieu aquatique. Alors m\u00eame que les indicateurs \u00ab nitrate \u00bb r\u00e9gionaux \u00e9taient \u00e0 leur niveau le plus bas depuis la fin des ann\u00e9es 1980, une soudaine recrudescence est apparue en 2007, 2008 et 2009 (figure 1 &#8211; sources\u00a0: CEVA<a class=\"footnote\" title=\"CEVA\u00a0: Centre d\u2019\u00e9tude et de valorisation des algues\" id=\"return-footnote-134-1\" href=\"#footnote-134-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a>, AELB<a class=\"footnote\" title=\"AELB\u00a0: Agence de l\u2019eau Loire \u2013 Bretagne\" id=\"return-footnote-134-2\" href=\"#footnote-134-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a>, DDASS<a class=\"footnote\" title=\"DDASS\u00a0: Direction d\u00e9partementale des affaires sanitaires et sociales\" id=\"return-footnote-134-3\" href=\"#footnote-134-3\" aria-label=\"Footnote 3\"><sup class=\"footnote\">[3]<\/sup><\/a>, DREAL<a class=\"footnote\" title=\"DREAL\u00a0: Direction r\u00e9gionale de l\u2019environnement, de l\u2019am\u00e9nagement et du logement\" id=\"return-footnote-134-4\" href=\"#footnote-134-4\" aria-label=\"Footnote 4\"><sup class=\"footnote\">[4]<\/sup><\/a>).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1676\" aria-describedby=\"caption-attachment-1676\" style=\"width: 1651px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1676 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig1hq-scaled-e1669295256764.jpg\" alt=\"\" width=\"1651\" height=\"915\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig1hq-scaled-e1669295256764.jpg 1651w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig1hq-scaled-e1669295256764-300x166.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig1hq-scaled-e1669295256764-1024x568.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig1hq-scaled-e1669295256764-768x426.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig1hq-scaled-e1669295256764-1536x851.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig1hq-scaled-e1669295256764-65x36.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig1hq-scaled-e1669295256764-225x125.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig1hq-scaled-e1669295256764-350x194.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1651px) 100vw, 1651px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1676\" class=\"wp-caption-text\">Figure. 1. \u00c9volution conjointe de divers indicateurs r\u00e9gionaux de pollution nitrique et de prolif\u00e9ration algale entre 1987 et 2009.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Apr\u00e8s la mort d\u2019un cheval sur une plage couverte d\u2019algues vertes (2009) et la temp\u00eate m\u00e9diatique qui s\u2019en est suivie, un grand plan de lutte gouvernemental contre les algues vertes a alors \u00e9t\u00e9 mis en place sous l\u2019\u00e9gide de la Direction R\u00e9gionale de l\u2019Agriculture avec un budget de 134 M\u20ac sur 5 ans. Parmi cinq grands axes d\u2019actions, figure celui de la \u00ab pr\u00e9vention agricole \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019IFREMER<a class=\"footnote\" title=\"IFREMER\u00a0: Institut fran\u00e7ais de recherche pour l\u2019exploitation de la mer\" id=\"return-footnote-134-5\" href=\"#footnote-134-5\" aria-label=\"Footnote 5\"><sup class=\"footnote\">[5]<\/sup><\/a> et le CEVA ont mis en avant la possibilit\u00e9 de limiter la croissance algale en limitant les flux d\u2019azote min\u00e9ral alimentant les baies concern\u00e9es (Menesguen &amp; Piriou, 1995). Une relation assez \u00e9troite semble en effet appara\u00eetre entre ces flux d\u2019azote de mai \u00e0 ao\u00fbt et les surfaces couvertes par les mar\u00e9es vertes en \u00e9t\u00e9 (figure 2).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1677\" aria-describedby=\"caption-attachment-1677\" style=\"width: 1600px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1677 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig2hq-scaled-e1669295209498.jpg\" alt=\"\" width=\"1600\" height=\"1158\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig2hq-scaled-e1669295209498.jpg 1600w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig2hq-scaled-e1669295209498-300x217.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig2hq-scaled-e1669295209498-1024x741.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig2hq-scaled-e1669295209498-768x556.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig2hq-scaled-e1669295209498-1536x1112.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig2hq-scaled-e1669295209498-65x47.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig2hq-scaled-e1669295209498-225x163.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig2hq-scaled-e1669295209498-350x253.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1600px) 100vw, 1600px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1677\" class=\"wp-caption-text\">Figure 2. R\u00f4le possible de facteur limitant des flux de nitrate (somme des huit baies) sur la prolif\u00e9ration algale (somme r\u00e9gionale) (Source\u00a0: CEVA).<\/figcaption><\/figure>\n<p>D\u00e8s lors, dans le cadre de ce plan de lutte contre les algues vertes (PLAV), une grande op\u00e9ration de mesures de reliquats d\u2019azote dans le sol en fin de culture a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e de fa\u00e7on \u00e0 sensibiliser les agriculteurs sur les am\u00e9liorations n\u00e9cessaires dans leurs pratiques de gestion de l\u2019azote et cibler de mani\u00e8re p\u00e9dagogique ceux qui devaient le plus progresser. Apr\u00e8s discussions, le comit\u00e9 technique a choisi de pratiquer des reliquats \u00ab d\u00e9but drainage \u00bb (RDD) ou \u00ab entr\u00e9e hiver \u00bb (REH), indicateur le plus fiable et le moins soumis aux difficult\u00e9s de pr\u00e9l\u00e8vement tout en renseignant \u00e0 la fois sur les pratiques de fertilisation azot\u00e9e, de gestion de l\u2019interculture et le risque potentiel de fuites d\u2019azote vers l\u2019eau.<\/p>\n<p>Ces campagnes d\u2019analyses de reliquats ont perdur\u00e9 de 2010 \u00e0 2021 mais selon deux phases distinctes\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>de 2010 \u00e0 2015, les pr\u00e9l\u00e8vements ont \u00e9t\u00e9 faits de fa\u00e7on exhaustive\u00a0: en moyenne trois mesures par exploitation cultivant sur les bassins versants \u00ab algues vertes \u00bb (BVAV) (6800 REH pour 2300 exploitations, soit environ un REH pour 27 ha sur les 1900 km\u00b2 des bassins versants concern\u00e9s),<\/li>\n<li>\u00e0 partir de 2016, sur la base des r\u00e9sultats obtenus au cours du suivi 2010-2015, un ciblage a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 sur les 20\u00a0% des exploitations devant progresser le plus, sur la base du nombre de mauvais r\u00e9sultats et de l\u2019\u00e9volution constat\u00e9e sur les six campagnes (figure 3) (1400 REH pour 480 exploitations).<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1678\" aria-describedby=\"caption-attachment-1678\" style=\"width: 1625px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1678 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig3hq-scaled-e1669295169174.jpg\" alt=\"\" width=\"1625\" height=\"678\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig3hq-scaled-e1669295169174.jpg 1625w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig3hq-scaled-e1669295169174-300x125.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig3hq-scaled-e1669295169174-1024x427.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig3hq-scaled-e1669295169174-768x320.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig3hq-scaled-e1669295169174-1536x641.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig3hq-scaled-e1669295169174-65x27.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig3hq-scaled-e1669295169174-225x94.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig3hq-scaled-e1669295169174-350x146.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1625px) 100vw, 1625px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1678\" class=\"wp-caption-text\">Figure 3. Mode de s\u00e9lection des exploitations suivies apr\u00e8s 2015 et devant progresser le plus.<\/figcaption><\/figure>\n<p>D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les REH ont \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9s \u00e0 part \u00e9gale sur ou apr\u00e8s trois types de cultures\u00a0: c\u00e9r\u00e9ale, prairie et ma\u00efs (<em>Zea mays<\/em>) repr\u00e9sentant respectivement 26\u00a0%, 39\u00a0% et 27\u00a0% de la surface agricole bretonne en 2015.<\/p>\n<h1>Choix du type de reliquat\u00a0: le REH<\/h1>\n<p>Une mesure du stock d\u2019azote min\u00e9ral (nitrique) dans le sol est une photographie d\u2019un param\u00e8tre tr\u00e8s variable dans le temps, tant en quantit\u00e9 (figure 4) qu\u2019en r\u00e9partition dans le profil.<\/p>\n<p>Le choix de la p\u00e9riode de pr\u00e9l\u00e8vement est donc primordial quant \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation qu\u2019on peut en faire.<\/p>\n<p>L\u2019option d\u2019un reliquat \u00ab\u00a0post absorption\u00a0\u00bb (RPA sur la figure 4) a d\u2019embl\u00e9e \u00e9t\u00e9 avanc\u00e9e. Un RPA est en th\u00e9orie plus proche du solde du bilan de l\u2019azote sur la culture et semble permettre un diagnostic plus fiable de la qualit\u00e9 des pratiques de fertilisation.<\/p>\n<p>Cependant, le RPA pr\u00e9sente bien des inconv\u00e9nients dont les principaux sont des conditions de pr\u00e9l\u00e8vement difficiles dans des sols souvent tr\u00e8s secs et avec une culture encore en place dans le cas du ma\u00efs, ce qui peut souvent induire une forte impr\u00e9cision de la mesure comme d\u00e9crit plus loin. En outre il n\u2019a pas de signification pour les prairies, notamment en climat tr\u00e8s oc\u00e9anique comme celui de la Bretagne.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1679\" aria-describedby=\"caption-attachment-1679\" style=\"width: 1600px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1679 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig4hq-scaled-e1669295124494.jpg\" alt=\"\" width=\"1600\" height=\"1337\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig4hq-scaled-e1669295124494.jpg 1600w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig4hq-scaled-e1669295124494-300x251.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig4hq-scaled-e1669295124494-1024x856.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig4hq-scaled-e1669295124494-768x642.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig4hq-scaled-e1669295124494-1536x1284.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig4hq-scaled-e1669295124494-65x54.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig4hq-scaled-e1669295124494-225x188.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig4hq-scaled-e1669295124494-350x292.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1600px) 100vw, 1600px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1679\" class=\"wp-caption-text\">Figure 4. Exemple d\u2019\u00e9volution des stocks d\u2019azote min\u00e9ral dans le sol sur la dur\u00e9e d\u2019une interculture (apr\u00e8s moisson d\u2019escourgeon) selon l\u2019occupation du sol et ph\u00e9nom\u00e8nes majoritaires possibles en cause. (INRA Reims 2000-2002).<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les arguments les plus d\u00e9cisifs qui ont fait opter pour le RDD (sur la figure 4), ou REH, sont\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>la bonne gestion de l\u2019azote sur une exploitation agricole et la ma\u00eetrise du risque environnemental qui y est associ\u00e9 ne se limite pas au seul ajustement de la fertilisation azot\u00e9e\u00a0; la gestion de l\u2019interculture est au moins aussi d\u00e9terminante en la mati\u00e8re, et<\/li>\n<li>une meilleure sensibilisation des acteurs suppose que l\u2019indicateur mesur\u00e9 soit au plus proche du risque de fuites d\u2019azote et donc du d\u00e9but du drainage. C\u2019est bien la notion \u00ab d\u2019azote potentiellement lessivable \u00bb (APL) d\u00e9velopp\u00e9e en Wallonie (Wouez, 2022) dans la m\u00eame finalit\u00e9. Un RPA \u00e9lev\u00e9 serait moins p\u00e9dagogique dans la mesure o\u00f9 l\u2019agriculteur pourrait se dire que le couvert v\u00e9g\u00e9tal ou la d\u00e9composition de r\u00e9sidus \u00e0 C\/N \u00e9lev\u00e9 viendra corriger substantiellement celui-ci.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La difficult\u00e9 majeure d\u2019une mesure de reliquat d\u2019azote nitrique dans le sol est son impr\u00e9cision. Rien que sur le dosage en laboratoire, un \u00e9cart de 15\u00a0% est tol\u00e9r\u00e9 lors des contr\u00f4les inter laboratoires. Il faut encore y ajouter l\u2019incertitude li\u00e9e au pr\u00e9l\u00e8vement r\u00e9alis\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 90 cm (si possible) dans un milieu fonci\u00e8rement h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, tant horizontalement dans la parcelle que verticalement dans le profil. La qualit\u00e9 du pr\u00e9l\u00e8vement est donc essentielle et un pr\u00e9l\u00e8vement de qualit\u00e9 ne peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 que dans un sol suffisamment humide.<\/p>\n<p>Les observations r\u00e9alis\u00e9es en 2011 (ann\u00e9e o\u00f9 le drainage a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement tardif) dans le cadre du PLAV montrent (figure 5) que l\u2019\u00e9cart type peut varier du simple au double selon l\u2019humidit\u00e9 du sol. En particulier la variabilit\u00e9 devient \u00e9norme lorsque l\u2019humidit\u00e9 descend en dessous de 10 \u00e0 12\u00a0%, situation fr\u00e9quemment rencontr\u00e9e pour des RPA. La variabilit\u00e9 devient minimale lorsque l\u2019humidit\u00e9 approche de la capacit\u00e9 au champ, cas tr\u00e8s fr\u00e9quent pour des REH.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1680\" aria-describedby=\"caption-attachment-1680\" style=\"width: 1619px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1680 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig5hq-scaled-e1669295075822.jpg\" alt=\"\" width=\"1619\" height=\"1171\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig5hq-scaled-e1669295075822.jpg 1619w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig5hq-scaled-e1669295075822-300x217.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig5hq-scaled-e1669295075822-1024x741.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig5hq-scaled-e1669295075822-768x555.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig5hq-scaled-e1669295075822-1536x1111.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig5hq-scaled-e1669295075822-65x47.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig5hq-scaled-e1669295075822-225x163.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig5hq-scaled-e1669295075822-350x253.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1619px) 100vw, 1619px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1680\" class=\"wp-caption-text\">Figure. 5. Variation des statistiques d\u2019un \u00e9chantillon mobile de 400 REH (horizon de surface) en fonction de l\u2019humidit\u00e9 du sol lors du pr\u00e9l\u00e8vement (2760 REH mesur\u00e9s en 2011 dans les bassins versants des baies \u00ab algues vertes \u00bb avant le d\u00e9but du drainage).<\/figcaption><\/figure>\n<h1>Une correction n\u00e9cessaire de l\u2019effet de la date de pr\u00e9l\u00e8vement pour une campagne s\u2019\u00e9talant sur plusieurs semaines<\/h1>\n<p>L\u2019exemple pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la figure 4 illustre l\u2019effet majeur de la date de pr\u00e9l\u00e8vement au cours d\u2019un automne-hiver sur le r\u00e9sultat de la mesure de reliquat. Or, des campagnes de mesures d&rsquo;environ 7000 REH s\u2019\u00e9tendent n\u00e9cessairement sur plusieurs semaines (quasiment deux mois en pratique) en sachant que les pr\u00e9l\u00e8vements ne sont pas r\u00e9alis\u00e9s par temps de forte pluie et plus rarement, par temps de gel.<\/p>\n<p>Si on veut comparer les REH \u00e0 un seuil quelconque, il est donc n\u00e9cessaire de \u00ab\u00a0ramener\u00a0\u00bb les r\u00e9sultats \u00e0 une date unique, \u00e9valu\u00e9e chaque ann\u00e9e comme \u00e9tant celle la plus proche du d\u00e9but du drainage.<\/p>\n<p>Des mod\u00e8les agronomiques classiques sont appliqu\u00e9s sur la base du mod\u00e8le de Burns (1976) pour la lixiviation, des jours normalis\u00e9s pour la min\u00e9ralisation et des sommes de temp\u00e9ratures pour la croissance des couverts et leur absorption d\u2019azote. \u00c0 chaque reliquat sont affect\u00e9es des donn\u00e9es m\u00e9t\u00e9orologiques par triangulation \u00e0 partir d\u2019une vingtaine de stations. Sur un r\u00e9seau de parcelles de r\u00e9f\u00e9rence, les pr\u00e9l\u00e8vements sont r\u00e9p\u00e9t\u00e9s trois ou quatre fois au cours de la campagne, ce qui permet de v\u00e9rifier la coh\u00e9rence des corrections appliqu\u00e9es.<\/p>\n<p>La figure 6 illustre deux exemples de correction possible selon l\u2019occupation du sol.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1681\" aria-describedby=\"caption-attachment-1681\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1681 size-large\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig6hq-scaled-e1669295028222-1024x692.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"692\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig6hq-scaled-e1669295028222-1024x692.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig6hq-scaled-e1669295028222-300x203.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig6hq-scaled-e1669295028222-768x519.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig6hq-scaled-e1669295028222-1536x1038.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig6hq-scaled-e1669295028222-65x44.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig6hq-scaled-e1669295028222-225x152.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig6hq-scaled-e1669295028222-350x237.jpg 350w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig6hq-scaled-e1669295028222.jpg 1619w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1681\" class=\"wp-caption-text\">Figure 6. Exemple de mod\u00e9lisation de l\u2019\u00e9volution des reliquats en fonction du temps selon les conditions m\u00e9t\u00e9orologiques et l\u2019humidit\u00e9 du sol pour deux parcelles de ma\u00efs suivi ou non d\u2019un couvert v\u00e9g\u00e9tal.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La figure 7 compare l\u2019\u00e9volution des stocks d\u2019azote nitrique mesur\u00e9s sur les parcelles de r\u00e9f\u00e9rence et les valeurs th\u00e9oriques. Celle-ci illustre \u00e9galement l\u2019incertitude d\u2019une mesure de reliquat.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1682\" aria-describedby=\"caption-attachment-1682\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1682 size-large\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig7hq-scaled-e1669294985320-1024x875.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"875\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig7hq-scaled-e1669294985320-1024x875.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig7hq-scaled-e1669294985320-300x256.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig7hq-scaled-e1669294985320-768x656.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig7hq-scaled-e1669294985320-1536x1312.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig7hq-scaled-e1669294985320-65x56.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig7hq-scaled-e1669294985320-225x192.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig7hq-scaled-e1669294985320-350x299.jpg 350w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig7hq-scaled-e1669294985320.jpg 1580w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1682\" class=\"wp-caption-text\">Figure 7. Exemple de coh\u00e9rence observ\u00e9e entre le mod\u00e8le d\u2019\u00e9volution des reliquats avec la date et les observations pratiqu\u00e9es sur les parcelles de r\u00e9f\u00e9rence (pour le secteur de la baie de St Brieuc, apr\u00e8s une culture de ma\u00efs sans couvert v\u00e9g\u00e9tal et pour un potentiel de min\u00e9ralisation moyen).<\/figcaption><\/figure>\n<p>Comme expliqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment (\u00a7 Contexte), dans la seconde phase des campagnes de REH (\u00e0 partir de 2016), les pr\u00e9l\u00e8vements ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s sur un nombre restreint d\u2019exploitations cibl\u00e9es (20\u00a0%) et il a \u00e9t\u00e9 possible de les pratiquer en une seule semaine pour chacun des trois types de cultures, soit sur trois semaines au total, (moyennant le pr\u00e9l\u00e8vement de deux couches au lieu de trois). D\u00e8s lors, aucune correction de l\u2019effet de la date de pr\u00e9l\u00e8vement n&rsquo;a plus \u00e9t\u00e9 faite.<\/p>\n<h1>Mode d\u2019interpr\u00e9tation des r\u00e9sultats<\/h1>\n<p>Il existe de nombreux facteurs qui influent sur le stock d\u2019azote min\u00e9ral du sol mais tous ne sont pas li\u00e9s aux pratiques de l\u2019agriculteur en mati\u00e8re de gestion d\u2019azote. On ne peut donc pas interpr\u00e9ter le r\u00e9sultat en valeur absolue sans le resituer dans les \u00e9l\u00e9ments de contexte qui vont le d\u00e9terminer.<\/p>\n<p>La figure 8 illustre en premier lieu les effets \u00ab culture \u00bb et \u00ab ann\u00e9e \u00bb qui sont en interaction. En effet, si 2013 peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une ann\u00e9e \u00e0 forts REH pour les trois types de cultures suivies et que les prairies pr\u00e9sentent des REH plus faibles globalement que les grandes cultures, les hi\u00e9rarchies ne sont pas toujours les m\u00eames. Par exemple, 2012 est plut\u00f4t une ann\u00e9e \u00e0 forts REH pour les c\u00e9r\u00e9ales et \u00e0 faibles REH pour les ma\u00efs qui se retrouvent ainsi globalement plus faibles que les valeurs observ\u00e9es apr\u00e8s c\u00e9r\u00e9ale et quasiment au m\u00eame niveau que les prairies.<\/p>\n<p>Ces effets \u00ab ann\u00e9e \u00bb sont li\u00e9s \u00e0 des s\u00e9quences climatiques sp\u00e9cifiques tout au long du cycle de la culture et apr\u00e8s sa r\u00e9colte.\u00a0 De plus, ces s\u00e9quences climatiques n\u2019ont pas les m\u00eames effets selon les situations agronomiques particuli\u00e8res (succession de cultures, capacit\u00e9 de r\u00e9tention en eau du sol\u2026) et pr\u00e9sentent d\u2019ailleurs des variations g\u00e9ographiques \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la Bretagne pour une ann\u00e9e donn\u00e9e.<\/p>\n<p>En outre, si les REH sous prairies sont plut\u00f4t plus faibles, l\u2019intervalle entre le 9<sup>\u00e8me<\/sup> d\u00e9cile et la m\u00e9diane est en moyenne du m\u00eame ordre de grandeur pour tous les types de cultures (respectivement 66, 88 et 74 kg N-NO<sub>3<\/sub>\u00af.ha<sup>-1<\/sup> pour les c\u00e9r\u00e9ales, les ma\u00efs et les prairies).\u00a0 Ce constat semble indiquer des marges de progr\u00e8s potentielles du m\u00eame ordre en termes de r\u00e9duction de fuites d\u2019azote.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1683\" aria-describedby=\"caption-attachment-1683\" style=\"width: 1651px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1683 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig8hq-scaled-e1669294940517.jpg\" alt=\"\" width=\"1651\" height=\"1062\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig8hq-scaled-e1669294940517.jpg 1651w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig8hq-scaled-e1669294940517-300x193.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig8hq-scaled-e1669294940517-1024x659.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig8hq-scaled-e1669294940517-768x494.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig8hq-scaled-e1669294940517-1536x988.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig8hq-scaled-e1669294940517-65x42.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig8hq-scaled-e1669294940517-225x145.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig8hq-scaled-e1669294940517-350x225.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1651px) 100vw, 1651px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1683\" class=\"wp-caption-text\">Figure 8. R\u00e9partition des REH mesur\u00e9s selon les cultures et les ann\u00e9es (PLAV, 35000 mesures durant 6 ans)<\/figcaption><\/figure>\n<p>D\u2019autres facteurs d\u2019ordre agronomique peuvent encore faire varier le REH ind\u00e9pendamment des pratiques de gestion de l\u2019azote de l\u2019agriculteur tels que le pr\u00e9c\u00e9dent cultural ou des caract\u00e9ristiques de succession de cultures ou encore le mode d\u2019exploitation des prairies.<\/p>\n<p>De la m\u00eame fa\u00e7on, les conditions de min\u00e9ralisation de fin de cycle li\u00e9es \u00e0 l\u2019humidit\u00e9 du sol en \u00e9t\u00e9 notamment, peuvent impacter fortement le niveau de REH et m\u00eame de RPA, comme observ\u00e9 en 2011 et 2012 sur 163 parcelles dont l\u2019\u00e9quilibre de fertilisation a \u00e9t\u00e9 v\u00e9rifi\u00e9 (figure 9).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1684\" aria-describedby=\"caption-attachment-1684\" style=\"width: 1606px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1684 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig9hq-scaled-e1669294891179.jpg\" alt=\"\" width=\"1606\" height=\"1222\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig9hq-scaled-e1669294891179.jpg 1606w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig9hq-scaled-e1669294891179-300x228.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig9hq-scaled-e1669294891179-1024x779.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig9hq-scaled-e1669294891179-768x584.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig9hq-scaled-e1669294891179-1536x1169.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig9hq-scaled-e1669294891179-65x49.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig9hq-scaled-e1669294891179-225x171.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig9hq-scaled-e1669294891179-350x266.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1606px) 100vw, 1606px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1684\" class=\"wp-caption-text\">Figure 9. Impact de l\u2019humidit\u00e9 du sol (\u00a0%) en fin de cycle (mi-ao\u00fbt) sur le niveau de RPA mesur\u00e9 d\u00e9but septembre dans 163 parcelles de ma\u00efs des bassins versants \u00ab algues vertes \u00bb en 2011 et 2012.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Ainsi, de fa\u00e7on \u00e0 pouvoir discerner le mieux possible la part des variations de REH d\u00e9coulant des pratiques de gestion de l&rsquo;azote de celle li\u00e9e \u00e0 d&rsquo;autres causes, nous \u00e9tablissons chaque ann\u00e9e, pour chaque type de culture, une typologie de situations agronomiques avec les REH \u00ab attendus \u00bb correspondants. Ces REH \u00ab attendus \u00bb sont calcul\u00e9s \u00e0 partir d&rsquo;observations. Les diff\u00e9rentes classes de la typologie sont \u00e9tablies chaque ann\u00e9e en fonction des facteurs les plus influents non d\u00e9pendants des pratiques de gestion de l\u2019azote. La m\u00e9diane des REH de chacune des classes est estim\u00e9e sur la base de l\u2019ensemble des REH mesur\u00e9s. Une fois les \u00e9carts entre classes \u00e9tablis, les REH \u00ab attendus \u00bb sont fix\u00e9s de telle sorte que la m\u00e9diane globale corresponde \u00e0 celle des parcelles de r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<p>Par exemple, \u00e0 l\u2019entr\u00e9e d\u2019hiver 2021, le REH attendu apr\u00e8s un ma\u00efs variait de 31 kg N-NO<sub>3<\/sub>\u00af.ha<sup>-1<\/sup> sur deux horizons (pour un pr\u00e9c\u00e9dent ma\u00efs grain en 2020 dans une rotation de grandes cultures et avec un niveau de pluviom\u00e9trie estivale faible) \u00e0 133 kg N-NO<sub>3<\/sub>\u00af.ha<sup>-1<\/sup> (pour un pr\u00e9c\u00e9dent prairie p\u00e2tur\u00e9e dans une rotation avec prairies et un niveau de pluviom\u00e9trie estivale fort).<\/p>\n<p>Le REH de chaque parcelle est alors compar\u00e9 au REH attendu correspondant \u00e0 sa situation agronomique et selon l\u2019\u00e9cart observ\u00e9, une note est attribu\u00e9e\u00a0: A, B, C ou D en 2010 et A\/B, C ou D par la suite.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tablissement des seuils \u00e0 partir desquels l\u2019\u00e9cart est suffisamment \u00e9lev\u00e9 pour attribuer une note C ou D est assez d\u00e9licat, compte tenu notamment de la marge d\u2019erreur cons\u00e9quente qui peut exister sur une mesure de REH. En effet, l\u2019op\u00e9ration ayant un objectif essentiellement p\u00e9dagogique, il faut minimiser le risque d\u2019attribuer une mauvaise note \u00e0 une parcelle sur laquelle les pratiques de gestion de l\u2019azote \u00e9taient bonnes (\u00ab faux positif \u00bb) et <em>a contrario<\/em> d\u2019attribuer une bonne note \u00e0 une parcelle o\u00f9 la gestion de l\u2019azote a \u00e9t\u00e9 mauvaise (\u00ab faux n\u00e9gatif \u00bb).<\/p>\n<p>Pour ce faire, il a \u00e9t\u00e9 mis en place un r\u00e9seau de parcelles dites \u00ab\u00a0de r\u00e9f\u00e9rence\u00a0\u00bb choisies dans des exploitations o\u00f9 les pratiques de gestion de l\u2019azote sont correctes (plan de fumure et couverture des sols).<\/p>\n<p>Les REH mesur\u00e9s sur ces parcelles permettent\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>de valider et d\u2019ajuster les niveaux de REH attendus selon la typologie des situations agronomiques et<\/li>\n<li>d\u2019\u00e9valuer un niveau admissible d\u2019\u00e9cart au REH attendu au-del\u00e0 duquel une mauvaise note est attribu\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Par convention, au-del\u00e0 du 8\u00e8me d\u00e9cile des \u00e9carts observ\u00e9s pour les parcelles de r\u00e9f\u00e9rence, il est attribu\u00e9 un C et au-del\u00e0 du 9\u00e8me d\u00e9cile, un D.<\/p>\n<p>Ainsi, par construction, 10\u00a0% des parcelles de r\u00e9f\u00e9rence ont un C et 10\u00a0% ont un D (figure\u00a010). Les seuils d\u00e9finis de la sorte sont bien s\u00fbr variables selon les ann\u00e9es mais d\u2019une mani\u00e8re assez r\u00e9guli\u00e8re, un C est attribu\u00e9 pour un \u00e9cart au REH \u00ab attendu \u00bb (m\u00e9diane des reliquats observ\u00e9s pour une situation agronomique donn\u00e9e) d\u00e9passant 20-25 kg N-NO<sub>3<\/sub>\u00af.ha<sup>-1<\/sup> et un D pour un \u00e9cart d\u00e9passant 40-50 kg NO<sub>3<\/sub>\u00af.ha<sup>-1<\/sup>.<\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat de la d\u00e9marche est\u00a0\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>de pouvoir soup\u00e7onner de mauvaises pratiques malgr\u00e9 un REH relativement bas lorsque la situation agronomique laisse pr\u00e9voir un REH faible (risque de \u00ab faux n\u00e9gatif \u00bb) et<\/li>\n<li>d\u2019\u00e9viter d\u2019attribuer une mauvaise note syst\u00e9matiquement lorsque la situation agronomique est propice \u00e0 un REH assez \u00e9lev\u00e9, en dehors de mauvaises pratiques de gestion de l\u2019azote \u00e9videmment (risque de \u00ab faux positif \u00bb).<\/li>\n<\/ul>\n<figure id=\"attachment_1685\" aria-describedby=\"caption-attachment-1685\" style=\"width: 1587px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1685 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig10hq-scaled-e1669294826823.jpg\" alt=\"\" width=\"1587\" height=\"1766\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig10hq-scaled-e1669294826823.jpg 1587w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig10hq-scaled-e1669294826823-270x300.jpg 270w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig10hq-scaled-e1669294826823-920x1024.jpg 920w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig10hq-scaled-e1669294826823-768x855.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig10hq-scaled-e1669294826823-1380x1536.jpg 1380w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig10hq-scaled-e1669294826823-65x72.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig10hq-scaled-e1669294826823-225x250.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig10hq-scaled-e1669294826823-350x389.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1587px) 100vw, 1587px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1685\" class=\"wp-caption-text\">Figure 10. Exemple de proportions de notes attribu\u00e9es aux REH des parcelles en ma\u00efs en 2016 pour les deux r\u00e9seaux de parcelles.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les diff\u00e9rences mod\u00e9r\u00e9es observ\u00e9es entre les deux r\u00e9seaux pour ce qui concerne la proportion de mauvaises notes s\u2019expliquent par le fait que la majorit\u00e9 des exploitations diagnostiqu\u00e9es ont des pratiques de gestion de l\u2019azote correctes.<\/p>\n<h1>Calcul d\u2019un indicateur de risque environnemental (IRE)<\/h1>\n<p>S\u2019il est un indicateur partiel de l\u2019azote potentiellement lixiviable, le REH ne permet pas une \u00e9valuation du risque environnemental identique dans toutes les situations agronomiques. Par exemple, un faible REH suivi d\u2019un sol nu ou d\u2019une c\u00e9r\u00e9ale d\u2019hiver peut correspondre \u00e0 plus de fuites d\u2019azote en hiver qu\u2019un REH plus \u00e9lev\u00e9 sous une prairie ou un couvert qui pourra absorber de l\u2019azote en quantit\u00e9 pendant la p\u00e9riode de drainage.<\/p>\n<p>En outre, il est apparu n\u00e9cessaire de pouvoir sensibiliser les praticiens au-del\u00e0 des seules pratiques de gestion de l\u2019azote (caract\u00e9ris\u00e9es par la note A\/B, C ou D), y compris dans leurs choix de syst\u00e8me de cultures.<\/p>\n<p>En utilisant l\u2019outil <em>SYST\u2019N<\/em>\u00ae (Parnaudeau et al., 2012), la quantit\u00e9 d\u2019azote lixivi\u00e9 est calcul\u00e9e pour chaque parcelle (Parneaudeau et Gu\u00e9zangar, 2022) sur la base\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>des REH mesur\u00e9s,<\/li>\n<li>des donn\u00e9es m\u00e9t\u00e9orologiques de l\u2019ann\u00e9e jusqu\u2019au moment du calcul et<\/li>\n<li>des normales climatiques ensuite pour aller jusqu\u2019\u00e0 la fin du drainage (d\u00e9but avril).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pour qualifier cet indicateur, trois classes (bon, moyen, mauvais) sont propos\u00e9es par rapport \u00e0 deux seuils fix\u00e9s de mani\u00e8re absolue\u00a0: 40 et 80 kg N-NO<sub>3<\/sub>\u00af.ha<sup>-1<\/sup>.<\/p>\n<p>L\u2019IRE pr\u00e9sente donc le gros avantage d\u2019\u00eatre le meilleur indicateur possible des flux d\u2019azote perdus (qui sont directement mis en cause dans la probl\u00e9matique de prolif\u00e9ration algale).<\/p>\n<p>Sa valeur en tant qu\u2019indicateur de bonnes pratiques est assez discutable pour plusieurs raisons.<\/p>\n<p>En premier lieu, il est tr\u00e8s sensible aux conditions climatiques. En effet, l\u2019effet ann\u00e9e est encore plus consid\u00e9rable que pour le REH et au contraire du REH, comme l\u2019IRE d\u00e9pend des donn\u00e9es climatiques de l\u2019ann\u00e9e il n\u2019est pas possible de le \u00ab\u00a0gommer\u00a0\u00bb dans l\u2019interpr\u00e9tation.<\/p>\n<p>De plus, sur un secteur g\u00e9ographique aussi vaste que l\u2019ensemble des bassins versants \u00ab algues vertes \u00bb, l\u2019effet du gradient climatique g\u00eane beaucoup les comparaisons entre agriculteurs. Le facteur pr\u00e9pond\u00e9rant (variation du simple au double) qui d\u00e9termine la proportion de bons et de mauvais r\u00e9sultats est d\u2019abord la longitude (figure 11).<\/p>\n<p>Il est \u00e0 noter d\u2019ailleurs que la teneur en nitrate des eaux de drainage varierait en sens totalement inverse. En effet, au-del\u00e0 de 100 mm de lame drainante, la concentration en nitrate diminue quand augmente la lame drainante. Parall\u00e8lement, le flux d\u2019azote transf\u00e9r\u00e9 vers le milieu aquatique augmente.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1686\" aria-describedby=\"caption-attachment-1686\" style=\"width: 1632px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1686 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig11hq-scaled-e1669294717249.jpg\" alt=\"\" width=\"1632\" height=\"1248\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig11hq-scaled-e1669294717249.jpg 1632w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig11hq-scaled-e1669294717249-300x229.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig11hq-scaled-e1669294717249-1024x783.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig11hq-scaled-e1669294717249-768x587.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig11hq-scaled-e1669294717249-1536x1175.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig11hq-scaled-e1669294717249-65x50.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig11hq-scaled-e1669294717249-225x172.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig11hq-scaled-e1669294717249-350x268.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1632px) 100vw, 1632px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1686\" class=\"wp-caption-text\">Figure 11. Illustration de l\u2019impact du facteur g\u00e9ographique sur la proportion moyenne de valeurs d\u2019IRE faibles ou \u00e9lev\u00e9es par bassin versant \u00ab algues vertes \u00bb. 32000 IRE sur huit campagnes de mesures.<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En outre, s\u2019il \u00e9tait utilis\u00e9 pour comparer entre eux l\u2019ensemble des agriculteurs, l\u2019IRE pourrait venir perturber l\u2019int\u00e9r\u00eat p\u00e9dagogique de la notation du REH puisque \u00e0 l\u2019ouest de la Bretagne moins de la moiti\u00e9 des parcelles bien not\u00e9es (A\/B) pr\u00e9sentent un IRE faible (&lt;\u00a040) alors qu\u2019\u00e0 peine plus de la moiti\u00e9 des parcelles les plus \u00e0 l\u2019est pr\u00e9sentent un IRE fort (&gt; 80) lorsqu\u2019elles sont mal not\u00e9es (C ou D).<\/p>\n<p>L\u2019indicateur IRE est donc \u00e0 interpr\u00e9ter de mani\u00e8re tr\u00e8s locale et son int\u00e9r\u00eat p\u00e9dagogique au regard des pratiques de gestion de l\u2019azote r\u00e9side essentiellement dans l\u2019objectivation du capital perdu avec les fuites d\u2019azote, ce qui peut amener un agriculteur \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir, au-del\u00e0 de ses pratiques de fertilisation, \u00e0 son syst\u00e8me de culture.<\/p>\n<p>Cependant, compte tenu notamment du temps de calcul important requis, Le ma\u00eetre d&rsquo;ouvrage (DRAAF) n&rsquo;a plus souhait\u00e9 calculer l\u2019IRE au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es du dispositif.<\/p>\n<h1>R\u00e9sultats<\/h1>\n<p>Le r\u00e9sultat attendu de cette op\u00e9ration est difficile \u00e0 \u00e9valuer puisqu\u2019il consiste en des changements de pratiques chez les agriculteurs ayant les moins bons r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>Si on observe l\u2019\u00e9volution interannuelle des REH mesur\u00e9s, aucune tendance sensible ne se dessine, comme le montre la figure 8, compte tenu notamment de la forte variabilit\u00e9 interannuelle de cet indicateur. Cela est encore plus vrai pour l\u2019IRE.<\/p>\n<p>Le mode d\u2019interpr\u00e9tation des r\u00e9sultats d\u00e9crit plus haut qui consiste en l\u2019analyse de l\u2019\u00e9cart entre le REH mesur\u00e9 et la valeur \u00ab attendue \u00bb de celui-ci selon une typologie de situations agronomiques d\u00e9termin\u00e9e annuellement r\u00e9v\u00e8le toutefois une \u00e9volution tr\u00e8s favorable (figure 12).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1687\" aria-describedby=\"caption-attachment-1687\" style=\"width: 1600px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1687 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig12hq-scaled-e1669294676345.jpg\" alt=\"\" width=\"1600\" height=\"1139\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig12hq-scaled-e1669294676345.jpg 1600w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig12hq-scaled-e1669294676345-300x214.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig12hq-scaled-e1669294676345-1024x729.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig12hq-scaled-e1669294676345-768x547.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig12hq-scaled-e1669294676345-1536x1093.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig12hq-scaled-e1669294676345-65x46.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig12hq-scaled-e1669294676345-225x160.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig12hq-scaled-e1669294676345-350x249.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1600px) 100vw, 1600px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1687\" class=\"wp-caption-text\">Figure 12. \u00c9carts observ\u00e9s entre REH mesur\u00e9s et REH attendus (42500 REH mesur\u00e9s dans le PLAV).<\/figcaption><\/figure>\n<p>Malgr\u00e9 l\u2019ann\u00e9e 2013 assez atypique, on constate, avec et sans ciblage des exploitations, une tendance nette \u00e0 la baisse des moyennes des \u00e9carts et <em>a fortiori<\/em> des percentiles \u00e9lev\u00e9s de ces \u00e9carts au fil des ann\u00e9es.<\/p>\n<p>On constate en outre, que l\u2019interpr\u00e9tation des REH selon cette m\u00e9thode a permis \u00e0 partir de 2016 de cibler efficacement les exploitations qui avaient le plus besoin de progresser.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9volution des teneurs en nitrate dans les cours d\u2019eau des BVAV est \u00e9galement soumise \u00e0 des al\u00e9as climatiques et des effets \u00ab ann\u00e9e \u00bb notamment li\u00e9s aux hauteurs de nappes et aux flux d\u2019eau annuels. Nous avons cependant tent\u00e9 (figure 13) d\u2019observer une tendance par comparaison \u00e0 l\u2019\u00e9volution de la moyenne du r\u00e9seau de contr\u00f4le et de surveillance (RCS<a class=\"footnote\" title=\"Le r\u00e9seau de contr\u00f4le et de surveillance de l\u2019agence de bassin Loire-Bretagne (RCS) consiste en 865 stations o\u00f9 est pr\u00e9lev\u00e9e de l\u2019eau (de surface ou souterraine) plusieurs fois par an pour l\u2019analyse d\u2019un grand nombre de param\u00e8tres. Une centaine de stations correspond \u00e0 des cours d\u2019eau bretons pour lesquels nous nous int\u00e9ressons ici au param\u00e8tre \u00ab\u00a0nitrate\u00a0\u00bb.\" id=\"return-footnote-134-6\" href=\"#footnote-134-6\" aria-label=\"Footnote 6\"><sup class=\"footnote\">[6]<\/sup><\/a>). La question est\u00a0: le PLAV appliqu\u00e9 sur ces territoires sp\u00e9cifiques conduit-il \u00e0 une diff\u00e9renciation de l\u2019\u00e9volution des teneurs en nitrate de leur cours d\u2019eau par rapport au reste de la Bretagne ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1688\" aria-describedby=\"caption-attachment-1688\" style=\"width: 1600px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1688 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig13hq-scaled-e1669294627516.jpg\" alt=\"\" width=\"1600\" height=\"1267\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig13hq-scaled-e1669294627516.jpg 1600w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig13hq-scaled-e1669294627516-300x238.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig13hq-scaled-e1669294627516-1024x811.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig13hq-scaled-e1669294627516-768x608.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig13hq-scaled-e1669294627516-1536x1216.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig13hq-scaled-e1669294627516-65x51.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig13hq-scaled-e1669294627516-225x178.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig13hq-scaled-e1669294627516-350x277.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1600px) 100vw, 1600px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1688\" class=\"wp-caption-text\">Figure 13. \u00c9carts entre la moyenne des cours d\u2019eau des BVAV o\u00f9 ont \u00e9t\u00e9 conduites les campagnes de REH et celle de l\u2019ensemble du RCS pour le quantile 90 des teneurs en nitrate qui est l\u2019indicateur usuellement retenu pour \u00e9valuer la pollution des cours d\u2019eau par le nitrate.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La moyenne des teneurs en nitrate des cours d\u2019eau des BVAV (entre 6 et 8 mg.L<sup>-1<\/sup> au-dessus du RCS, \u00e9voluant de mani\u00e8re irr\u00e9guli\u00e8re plut\u00f4t positivement entre 2000 et 2009) a subit une \u00e9volution acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e \u00e0 partir de 2009 en se rapprochant de la moyenne RCS (au rythme de 2 mg.L<sup>-1<\/sup> tous les trois ans) pour passer nettement en dessous \u00e0 partir de 2018.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9volution au niveau de la croissance algale n\u2019a h\u00e9las pas suivi partout puisque leur prolif\u00e9ration reste probl\u00e9matique en plusieurs endroits dont la baie de St Brieuc. En effet, la corr\u00e9lation positive assez \u00e9troite mise en \u00e9vidence jusqu\u2019en 2009 ne s\u2019est plus vraiment v\u00e9rifi\u00e9e par la suite pour des flux d\u2019azote variant pourtant du simple au double selon les ann\u00e9es (figure 14).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1689\" aria-describedby=\"caption-attachment-1689\" style=\"width: 1638px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1689 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig14hq-scaled-e1669294564182.jpg\" alt=\"\" width=\"1638\" height=\"1171\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig14hq-scaled-e1669294564182.jpg 1638w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig14hq-scaled-e1669294564182-300x214.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig14hq-scaled-e1669294564182-1024x732.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig14hq-scaled-e1669294564182-768x549.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig14hq-scaled-e1669294564182-1536x1098.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig14hq-scaled-e1669294564182-65x46.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig14hq-scaled-e1669294564182-225x161.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/dh_fig14hq-scaled-e1669294564182-350x250.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1638px) 100vw, 1638px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1689\" class=\"wp-caption-text\">Figure 14. Corr\u00e9lation observ\u00e9e entre flux de nitrate (somme des huit baies) et la prolif\u00e9ration algale (somme r\u00e9gionale) de 2002 \u00e0 2009 et absence de corr\u00e9lation \u00e0 partir de 2010. (Source\u00a0: CEVA, DREAL).<\/figcaption><\/figure>\n<p>Sans remettre r\u00e9ellement en cause la tendance globale entre flux d\u2019azote printemps \/ \u00e9t\u00e9 et prolif\u00e9ration des ulves, ces r\u00e9sultats illustrent bien la multi causalit\u00e9 des mar\u00e9es vertes et sugg\u00e8rent que le seul levier de la limitation des flux d\u2019azote est probablement insuffisant pour r\u00e9gler le probl\u00e8me.<\/p>\n<h1>Bibliographie<\/h1>\n<p>Burns I.G., 1976. Equations to predict the leaching of nitrate uniformly incorporated to a known depth or uniformly distributed throughout a soil profile. <em>Journal of Agricultural Science<\/em>, 86, 305-313.<\/p>\n<p>Menesguen A. et Piriou J.Y., 1995. Nitrogen loadings and macroalgal (Ulva sp.) mass accumulation in Brittany (France). <em>Ophelia<\/em>, 42, 227-237<\/p>\n<p>Parnaudeau V., Reau R., Dubrulle P., 2012. SYST\u2019N\u00a0: un outil pour d\u00e9velopper le diagnostic et l\u2019\u00e9valuation des pertes d\u2019azote dans les syst\u00e8mes de cultures\u00a0: le logiciel Syst&rsquo;N. <em>Innovations Agronomiques,<\/em> 21, 59-70. <a href=\"http:\/\/www6.inra.fr\/ciag\/Revue\/Volume-21-Septembre-2012\">http:\/\/www6.inra.fr\/ciag\/Revue\/Volume-21-Septembre-2012<\/a><\/p>\n<p>Parnaudeau V., Gu\u00e9zengar A., 2022.\u00a0 De la mesure du reliquat \u00e0 l&rsquo;estimation de la lixiviation du nitrate sous les parcelles agricoles dans les baies \u00ab\u00a0algues vertes\u00a0\u00bb de Bretagne. <em>In\u00a0:<\/em> Vandenberghe C. &amp; Delesalle M., eds.\u00a0 <em>Retours d&rsquo;exp\u00e9rience autour du REH \/ RDD \/ APL.<\/em> Gembloux, Belgique\u00a0: Presses agronomiques de Gembloux.<\/p>\n<p>Wouez D., 2022.\u00a0 L&rsquo;APL wallon, un outil de contr\u00f4le et d&rsquo;encadrement. <em>In\u00a0:<\/em> Vandenberghe C. &amp; Delesalle M., eds.\u00a0 <em>Retours d&rsquo;exp\u00e9rience autour du REH \/ RDD \/ APL.<\/em> Gembloux, Belgique\u00a0: Presses agronomiques de Gembloux.<\/p>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-134-1\">CEVA\u00a0: Centre d\u2019\u00e9tude et de valorisation des algues <a href=\"#return-footnote-134-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-134-2\">AELB\u00a0: Agence de l\u2019eau Loire \u2013 Bretagne <a href=\"#return-footnote-134-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-134-3\">DDASS\u00a0: Direction d\u00e9partementale des affaires sanitaires et sociales <a href=\"#return-footnote-134-3\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 3\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-134-4\">DREAL\u00a0: Direction r\u00e9gionale de l\u2019environnement, de l\u2019am\u00e9nagement et du logement <a href=\"#return-footnote-134-4\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 4\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-134-5\">IFREMER\u00a0: Institut fran\u00e7ais de recherche pour l\u2019exploitation de la mer <a href=\"#return-footnote-134-5\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 5\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-134-6\">Le r\u00e9seau de contr\u00f4le et de surveillance de l\u2019agence de bassin Loire-Bretagne (RCS) consiste en 865 stations o\u00f9 est pr\u00e9lev\u00e9e de l\u2019eau (de surface ou souterraine) plusieurs fois par an pour l\u2019analyse d\u2019un grand nombre de param\u00e8tres. Une centaine de stations correspond \u00e0 des cours d\u2019eau bretons pour lesquels nous nous int\u00e9ressons ici au param\u00e8tre \u00ab\u00a0nitrate\u00a0\u00bb. <a href=\"#return-footnote-134-6\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 6\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":10,"menu_order":4,"template":"","meta":{"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["daniel-hanock","anne-gezengar"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[92,74],"license":[],"class_list":["post-134","chapter","type-chapter","status-publish","hentry","contributor-anne-gezengar","contributor-daniel-hanock"],"part":104,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/134"}],"collection":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"version-history":[{"count":53,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/134\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2160,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/134\/revisions\/2160"}],"part":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/104"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/134\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=134"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=134"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=134"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=134"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}