{"id":136,"date":"2022-03-01T12:00:07","date_gmt":"2022-03-01T11:00:07","guid":{"rendered":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/?post_type=chapter&#038;p=136"},"modified":"2022-12-20T16:10:46","modified_gmt":"2022-12-20T15:10:46","slug":"reh_compiegne","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/chapter\/reh_compiegne\/","title":{"raw":"Retour sur sept ann\u00e9es de suivi du REH dans la r\u00e9gion de Compi\u00e8gne","rendered":"Retour sur sept ann\u00e9es de suivi du REH dans la r\u00e9gion de Compi\u00e8gne"},"content":{"raw":"<div class=\"textbox\">\r\n\r\n<strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\r\n\r\nDans la r\u00e9gion de Compi\u00e8gne (Oise, Hauts de France), 240 exploitations agricoles sont r\u00e9parties sur deux bassins d\u2019alimentation de captage (BAC) de 24 584 ha de SAU (sur 36 323 ha) qui alimentent environ 60 000 personnes en eau potable.\r\n\r\nLe contexte p\u00e9dologique local pr\u00e9sente des sols limoneux (60\u00a0%), de craie du S\u00e9nonien affleurante avec des zones de failles (25\u00a0%) et quelques formations tertiaires. La production agricole est compos\u00e9e pour moiti\u00e9 de c\u00e9r\u00e9ales et un sixi\u00e8me de cultures industrielles (pomme de terre ou betterave). Il y a tr\u00e8s peu d\u2019\u00e9levage et <em>a fortiori<\/em>, peu de prairies.\r\n\r\nUn suivi des reliquats entr\u00e9e hiver (REH) a \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 un plan d\u2019actions en 2012 et mis en \u0153uvre concr\u00e8tement \u00e0 partir de 2014 avec le soutien d\u2019un bureau d\u2019\u00e9tude pour l\u2019animation. Entre 120 et 171 parcelles sont suivies annuellement pour une centaine d\u2019agriculteurs.\r\n\r\nDans un premier temps, les REH ont \u00e9t\u00e9 compar\u00e9s \u00e0 la moyenne sur l\u2019AAC, par type de culture. Toutefois, hormis observer que les pratiques de fertilisation et la m\u00e9t\u00e9o (\u201c exceptionnelle \u201d tous les ans) \u00e9taient les facteurs qui avaient le plus d\u2019impact sur les REH, il y avait peu de plus-value.\r\n\r\nEn 2018, une collaboration avec l\u2019INRAE a permis une valorisation suppl\u00e9mentaire des REH par l\u2019estimation (mod\u00e8le de BURNS) de la lixiviation du nitrate sur base de la pluviom\u00e9trie, de l\u2019\u00e9vapotranspiration, du coefficient de couverture des sols et du type de sol (r\u00e9serve utile - RU). Cette valorisation a permis de d\u00e9terminer une valeur guide de REH (objectif pour l\u2019ensemble de l\u2019AAC) et un REH objectif par cat\u00e9gorie de RU en fonction de sa repr\u00e9sentativit\u00e9 sur les AAC.\r\n\r\nPlus r\u00e9cemment, un second travail avec l\u2019INRAE articul\u00e9 autour des \u201c\u00a0couples\u00a0\u201d de cultures pr\u00e9c\u00e9dent-suivant (dynamique des REH en fonction des couples) a mis en \u00e9vidence quelques cultures\/pratiques \u00e0 risque, communiqu\u00e9es aux\u00a0 agriculteurs pour qu\u2019ils s\u2019approprient ces constats (observ\u00e9s dans leurs parcelles) et les valorisent afin de diminuer leur empreinte sur la qualit\u00e9 de l\u2019eau.\r\n\r\n<\/div>\r\n<h1>Introduction<\/h1>\r\nLes captages de Baugy et l\u2019Hospice constituent les principales ressources en eau de l\u2019Agglom\u00e9ration de la R\u00e9gion de Compi\u00e8gne (ARC, 22 communes, 85.000 habitants, dans l\u2019Oise, Hauts de France). Chaque captage est constitu\u00e9 de deux puits qui ont pr\u00e9lev\u00e9 3 900 000 m\u00b3 d'eau en 2021 (r\u00e9partis \u00e0 part \u00e9gale entre Baugy et l\u2019Hospice). Ces captages sont strat\u00e9giques pour l\u2019alimentation de la population en eau potable puisqu\u2019il n\u2019en existe pas d\u2019autres aussi productifs sur le territoire (for\u00eat domaniale class\u00e9e zone Natura 2000, rivi\u00e8re Oise soumise \u00e0 des risques de pollutions chimiques industrielles en amont hydraulique de Compi\u00e8gne).\r\n\r\nCes captages subissent depuis plus de 25 ans des pollutions diffuses d\u2019origine agricole (nitrate et pesticides). Des concentrations en nitrate de l\u2019ordre de 40-48 mg.L<sup>-1<\/sup> sont relev\u00e9es au captage de Baugy, en augmentation de 20 unit\u00e9s au cours des trente derni\u00e8res ann\u00e9es (figure 1) et aux alentours de 25 mg.L<sup>-1<\/sup> au captage de l\u2019Hospice.\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1692\" align=\"aligncenter\" width=\"1632\"]<img class=\"wp-image-1692 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/vipe_fig1hq-scaled-e1669296637378.jpg\" alt=\"\" width=\"1632\" height=\"979\" \/> Figure 1. \u00c9volution de la concentration en nitrate aux captages de Baugy (F1 &amp; F2).[\/caption]\r\n\r\nPour ce captage, les puits \u00e9tant situ\u00e9s en rive gauche de l\u2019Oise, la concentration est influenc\u00e9e par la proximit\u00e9 de la rivi\u00e8re (dont la concentration en nitrate est de l\u2019ordre de 22 mg.L<sup>-1<\/sup>) qui joue un r\u00f4le de barrage\/dilution (un pi\u00e9zom\u00e8tre en rive droite pr\u00e9sente les m\u00eames concentrations en nitrate que les puits de Baugy)\u00a0; le captage de l\u2019Hospice est aliment\u00e9 pour 60\u00a0% par les alluvions de l\u2019Oise (SAFEGE, 2009). La for\u00eat domaniale de Compi\u00e8gne joue \u00e9galement un r\u00f4le de \u00ab dilution \u00bb pour les contaminations d\u2019origine agricole observ\u00e9es au captage de l\u2019Hospice puisqu\u2019elle occupe 49\u00a0% de la superficie de ce BAC (figure 2).\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1298\" align=\"aligncenter\" width=\"1625\"]<img class=\"wp-image-1298 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig2hq-scaled-e1666868939156.jpg\" alt=\"\" width=\"1625\" height=\"1190\" \/> Figure 2. Carte des BAC de Baugy (F1 &amp; F2) et de l\u2019Hospice (F1 &amp; F2).[\/caption]\r\n\r\nDans le cadre de sa politique environnementale, l\u2019\u00c9tat a demand\u00e9 un classement des captages de l\u2019ARC au titre l\u2019article 21 de la loi sur l\u2019eau et des milieux aquatiques du 30 d\u00e9cembre 2006. Ce classement impose la r\u00e9alisation d\u2019une \u00e9tude du BAC et la d\u00e9finition de zones vuln\u00e9rables intrins\u00e8ques \u00e0 ce territoire. L\u2019ARC a r\u00e9alis\u00e9 cette \u00e9tude de BAC en 2009.\r\n\r\nLes deux BAC couvrent 36.323 ha dont 24.584 ha de SAU (soit 68\u00a0% des BAC) pour 200 exploitations agricoles mais avec des disparit\u00e9s sur chaque BAC (tableau 1).\r\n<h6>Tableau 1. Occupation du sol dans les BAC des captages de Baugy et de l\u2019Hospice (source\u00a0: Corine Land Cover, 2006)<\/h6>\r\n<table class=\"lines\" style=\"border-collapse: collapse;width: 100\u00a0%\" border=\"0\">\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 33.3333\u00a0%\"><strong>Occupation du sol<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 33.3333\u00a0%\"><strong>Captages de Baugy<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 33.3333\u00a0%\"><strong>Captages de l\u2019Hospice<\/strong><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 33.3333\u00a0%\">Zones agricoles\r\n\r\nFor\u00eat et zones semi-naturelles\r\n\r\nSurfaces artificialis\u00e9es\r\n\r\nMasses d'eau<\/td>\r\n<td style=\"width: 33.3333\u00a0%\">87,4\u00a0%\r\n\r\n6,4\u00a0%\r\n\r\n6,2\u00a0%\r\n\r\n&nbsp;<\/td>\r\n<td style=\"width: 33.3333\u00a0%\">33,6\u00a0%\r\n\r\n48,5\u00a0%\r\n\r\n16,8\u00a0%\r\n\r\n1,1\u00a0%<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n&nbsp;\r\n\r\nLe contexte p\u00e9dologique local pr\u00e9sente des sols limoneux (60\u00a0%), de craie du S\u00e9nonien affleurante avec des zones de failles (25\u00a0%) et quelques formations tertiaires.\r\n\r\nLa production agricole est compos\u00e9e (figure 3) pour moiti\u00e9 de c\u00e9r\u00e9ales et un sixi\u00e8me de cultures industrielles telles que la pomme de terre (<em>Solanum tuberosum<\/em>) ou la betterave (<em>Beta vulgaris<\/em>). Il y tr\u00e8s peu d\u2019\u00e9levage et <em>a fortiori<\/em>, peu de prairies. Le paysage du BAC du captage de Baugy est \u00e9galement peu bois\u00e9 et principalement constitu\u00e9 \u00ab d\u2019<em>open field<\/em> \u00bb avec tr\u00e8s peu de haies.\r\n\r\n\u00c9tant donn\u00e9 la surface importante des BAC, 36.323 ha et la position excentr\u00e9e de la ville de Compi\u00e8gne, la probl\u00e9matique de qualit\u00e9 d\u2019eau peut ne pas int\u00e9resser certains exploitants agricoles plus \u00e9loign\u00e9s puisque 30 km s\u00e9parent la ville de Compi\u00e8gne du point le plus \u00e9loign\u00e9 sur le BAC de Baugy (figure 2).\r\n\r\nEn 2012, des arr\u00eat\u00e9s de d\u00e9limitation et de plans d\u2019actions ont \u00e9t\u00e9 pris pour ces BAC. Depuis lors, l\u2019ARC et ses partenaires m\u00e8nent des actions pour entre autres, amener les agriculteurs \u00e0 am\u00e9liorer leurs pratiques en mati\u00e8re d\u2019usage des produits phytosanitaires et de fertilisants azot\u00e9s.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1299\" align=\"aligncenter\" width=\"1548\"]<img class=\"wp-image-1299 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig3hq-scaled-e1666868990476.jpg\" alt=\"\" width=\"1548\" height=\"1280\" \/> Figure 3. Assolement dans les BAC de Baugy et l\u2019Hospice (Registre Parcellaire Graphique 2019).[\/caption]\r\n<h1>Premier contrat azote<\/h1>\r\nDans ce cadre, un premier \u00ab\u00a0contrat azote\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 avec l\u2019Agence de l\u2019Eau Seine Normandie (AESN) et la Chambre d\u2019Agriculture de l\u2019Oise pour sensibiliser et accompagner des agriculteurs volontaires dans ce type d\u2019actions.\r\n\r\nLes arr\u00eat\u00e9s \u00ab plan d\u2019actions \u00bb des BAC fixent un objectif de 66\u00a0% des agriculteurs des BAC engag\u00e9s pour au moins une parcelle dans ce contrat azote. Ils visent \u00e9galement \u00e0 mieux maitriser la fertilisation azot\u00e9e et \u00e0 maximiser les couverts d\u2019interculture (100\u00a0% de la SAU couverte) pour avoir une eau de qualit\u00e9 aux captages. Le contrat azote consiste en la r\u00e9alisation d\u2019une analyse de sol initial (pour d\u00e9finir sa texture), puis d\u2019un Reliquat Entr\u00e9e Hiver (REH[footnote]Exprim\u00e9 en kg Nmin.ha-1 (Nmin = N-NO<sub>3<\/sub>\u02c9 + N-NH<sub>4<\/sub><sup>+<\/sup>)[\/footnote])et d\u2019un Reliquat Sortie Hiver (RSH) li\u00e9 \u00e0 un conseil de fertilisation afin d\u2019am\u00e9liorer les pratiques et optimiser les apports.\r\n\r\nLes parcelles suivies sont principalement des sols profonds type limons argileux ou limon moyens. Quelques parcelles pr\u00e9sentent une structure plus sableuse. Les analyses ont \u00e9galement permis de connaitre le taux de mati\u00e8res organiques du sol (la profondeur et la charge caillouteuse sont renseign\u00e9es par l\u2019agriculteur).\r\n\r\nCe premier contrat, d\u2019une dur\u00e9e de trois ans (de 2015 \u00e0 2017), impliquait la signature d\u2019un contrat papier par l\u2019agriculteur pour le suivi d\u2019une parcelle (REH, RSH et conseil de fertilisation annuel) et par la collectivit\u00e9 pour le suivi de l\u2019animation (r\u00e9daction de rapports de synth\u00e8ses et rendez-vous individuel annuel pour pr\u00e9senter les r\u00e9sultats). Le contrat \u00e9tait compl\u00e9t\u00e9 d\u2019une annexe d\u2019une quinzaine de pages relatives aux obligations r\u00e9glementaires (Programme d\u2019actions r\u00e9gional issu de la Directive Nitrate, obligation de fractionnement des apports\u2026) qui \u2018alourdissait\u2019 le contrat en lui-m\u00eame et qui a pu rebuter certains agriculteurs \u00e0 s\u2019engager dans la d\u00e9marche.\r\n\r\nL\u2019ARC, avec le soutien financier de l\u2019Agence de l\u2019Eau Seine-Normandie, a confi\u00e9 l\u2019animation du contrat azote au bureau d\u2019\u00e9tudes SEDE ENVIRONNEMENT. Pour les missions de terrain et le suivi des dossiers, SEDE n\u2019a d\u00e9ploy\u00e9 qu\u2019une seule personne, un agronome et responsable \u2018\u00e9pandages\u2019 au sein de sa structure. Le travail du bureau d\u2019\u00e9tudes \u00e9tait de\u00a0:\r\n<ol>\r\n \t<li>contractualiser (via des rencontres individuelles sur chaque ferme) avec un maximum d\u2019agriculteurs\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>r\u00e9aliser l\u2019analyse des donn\u00e9es, notamment les REH\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>tirer des conclusions \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des BAC, en fonction du type de culture et de tout param\u00e8tre permettant d\u2019orienter des conclusions ou des pistes d\u2019am\u00e9lioration pour les agriculteurs.<\/li>\r\n<\/ol>\r\nEn parall\u00e8le, la mesure du RSH r\u00e9alis\u00e9e sur la m\u00eame parcelle \u00ab REH \u00bb devait permettre aux agriculteurs d\u2019adapter leurs apports azot\u00e9s en fonction de la valeur de RSH et des conseils en fertilisation apport\u00e9s par le laboratoire, conseils le plus souvent respect\u00e9s ... mais pas toujours\u00a0: \u00ab je connais ma parcelle, je sais qu\u2019elle peut faire des tr\u00e8s bons rendements si je mets un peu plus d\u2019azote \u00bb.\r\n\r\nLe rendu des r\u00e9sultats des analyses de reliquats aux agriculteurs \u00e9tait r\u00e9alis\u00e9 par le bureau d\u2019\u00e9tudes lors d\u2019entretiens annuels individuels.\r\n\r\nEn 2015, une r\u00e9union d\u2019information collective pour restituer les r\u00e9sultats des REH a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e mais peu d\u2019agriculteurs y ont particip\u00e9\u00a0; ce qui est g\u00e9n\u00e9ralement le cas quel que soit le sujet propos\u00e9 (agriculture biologique, MAEC, contrat azote). Ce format a donc \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9.\r\n\r\nEn parall\u00e8le, SEDE ENVIRONNEMENT a \u00e9galement r\u00e9alis\u00e9 une synth\u00e8se annuelle reprenant les principaux enseignements des r\u00e9sultats d\u2019analyse de sol. Un format synth\u00e9tique de quatre pages a \u00e9t\u00e9 transmis chaque ann\u00e9e aux agriculteurs dans le courant du mois de juin.\r\n\r\nAu cours de ces trois ann\u00e9es, les \u00e9chantillons de sol ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9lev\u00e9s par un prestataire ind\u00e9pendant bas\u00e9 dans la Somme (80) et analys\u00e9s par le laboratoire GALYS.\r\n\r\nCes trois premi\u00e8res ann\u00e9es de contrat ont permis d\u2019engager dans la d\u00e9marche 99 agriculteurs parmi les 240 agriculteurs poss\u00e9dant au moins une parcelle sur les BAC, pour 121 parcelles (1303 ha suivis). Les parcelles suivies ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9es par les agriculteurs pour diverses motivations (b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un RSH et du conseil fertilisation associ\u00e9 gratuitement, suivre une parcelle peu productive ou en zone sensible\u2026). Le contrat a permis de les sensibiliser \u00e0 la probl\u00e9matique de pollution des ressources en eau par le nitrate et d\u2019apporter un conseil de fertilisation adapt\u00e9 au potentiel de rendement d\u00e9fini par l\u2019exploitant (et valid\u00e9 par le conseil sur la base de la moyenne de rendement des trois derni\u00e8res ann\u00e9es).\r\n\r\nLes synth\u00e8ses r\u00e9alis\u00e9es permettent de suivre l\u2019\u00e9volution des REH (tableau 2) chaque ann\u00e9e en tenant compte des cultures, du type de sol et de la fertilisation r\u00e9alis\u00e9e.\r\n\r\nEntre 2015 \u00e0 2017, aucune diminution de la pression nitrate n\u2019a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e en d\u00e9but d\u2019hiver\u00a0: la moyenne des REH pour les parcelles suivies a \u00e9volu\u00e9 de 85 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> en 2015 \u00e0 105 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> en 2017. Les \u00e9l\u00e9ments explicatifs avanc\u00e9s par le bureau d\u2019\u00e9tudes \u00e9taient les suivants\u00a0: trois ann\u00e9es m\u00e9t\u00e9orologiques exceptionnelles conduisant \u00e0 de faibles rendements et donc un moindre pr\u00e9l\u00e8vement d\u2019azote, REH \u00e9lev\u00e9s sur les parcelles de l\u00e9gumineuses et de colza. Ces constats ont \u00e9t\u00e9 transmis aux agriculteurs, ce qui a permis \u00e0 l\u2019ARC de cr\u00e9er du lien avec eux et de se familiariser avec la th\u00e9matique \u00ab reliquats \u00bb.\r\n\r\nL\u2019appui d\u2019un bureau d\u2019\u00e9tude a \u00e9galement permis de faire vivre la th\u00e9matique qualit\u00e9 de l\u2019eau en particulier sur le nitrate.\r\n<h6>Tableau 2. REH (kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>) entre 2014 et 2020 en fonction du pr\u00e9c\u00e9dent.<\/h6>\r\n<img class=\"aligncenter wp-image-1300 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_tab2hq-scaled-e1666869034739.jpg\" alt=\"\" width=\"1580\" height=\"896\" \/>\r\n<h1>Second contrat azote<\/h1>\r\nEn 2017, l\u2019ARC a souhait\u00e9 renforcer l\u2019animation captage avec le recrutement d\u2019un animateur \u00e0 temps plein dont les missions consistent \u00e0 mettre en place et suivre des actions visant \u00e0 pr\u00e9server la ressource en eau, dont le contrat azote, et \u00e0 mobiliser plus d\u2019exploitants agricoles sur ce contrat en vue d\u2019atteindre les 66\u00a0% d\u2019agriculteurs engag\u00e9s.\r\n\r\nDans le respect d\u2019une proc\u00e9dure de march\u00e9 public, le bureau d\u2019\u00e9tudes GEONORD a \u00e9t\u00e9 retenu pour accompagner l\u2019animateur dans ses missions. Il s\u2019est appuy\u00e9, apr\u00e8s un appel d\u2019offres, sur le m\u00eame prestataire qui r\u00e9alisait les pr\u00e9l\u00e8vements lors du 1er contrat azote et sur le laboratoire AUREA pour les analyses de sol.\r\n\r\nComme lors du premier contrat, une analyse de sol pr\u00e9alable a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e afin de caract\u00e9riser le sol, notamment pour les plans de fumures pr\u00e9visionnels.\r\n\r\nGEONORD a d\u00e9ploy\u00e9 une \u00e9quipe de quatre personnes pour rencontrer individuellement le plus grand nombre possible d\u2019agriculteurs (163) et les inciter \u00e0 s\u2019engager dans ce second contrat azote. Ainsi, 88 des 99 agriculteurs pr\u00e9c\u00e9demment engag\u00e9s ont poursuivis l\u2019action. Onze agriculteurs abandonnant pour diverses raisons\u00a0: cessation d\u2019activit\u00e9, manque d\u2019int\u00e9r\u00eat pour les reliquats notamment.\r\n\r\nGEONORD a pu contractualiser avec 39 nouveaux agriculteurs pour un total de 171 parcelles, soit 1\u00a0837\u00a0ha suivis (7,6\u00a0% de la SAU). Pour les nouvelles parcelles engag\u00e9es, le bureau d\u2019\u00e9tude a incit\u00e9 les agriculteurs \u00e0 choisir des parcelles dans les zones de priorit\u00e9 1 et 2 des BAC qui sont potentiellement les plus sensibles \u00e0 la lixiviation du nitrate (figure\u00a04).\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1301\" align=\"aligncenter\" width=\"1632\"]<img class=\"wp-image-1301 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_gi4hq-scaled-e1666869071227.jpg\" alt=\"\" width=\"1632\" height=\"1152\" \/> Figure 4. Localisation des parcelles sous contrat azote.[\/caption]\r\n\r\nD\u00e8s 2018, des discussions avec le charg\u00e9 de mission de GEONORD et une r\u00e9union organis\u00e9e par l\u2019INRAE sur la gestion dynamique des BAC (qui a rassembl\u00e9 de nombreux animateurs du bassin Seine Normandie) ont orient\u00e9 le contrat azote vers la fixation d\u2019une valeur guide de REH \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du BAC via le mod\u00e8le de BURNS (1976). L\u2019objectif \u00e9tant de fixer une valeur \u00ab charni\u00e8re \u00bb de REH synonyme d\u2019une concentration en nitrate de 37,5 mg.L<sup>-1<\/sup> aux captages (correspondant \u00e0 75\u00a0% du seuil de potabilit\u00e9 de 50 mg.L<sup>-1<\/sup>, seuil de d\u00e9clenchement des actions de pr\u00e9vention). L\u2019AESN a souhait\u00e9 que cette valeur \u00ab charni\u00e8re \u00bb soit diffus\u00e9e aux agriculteurs dans le cadre du financement du contrat azote. Ainsi, sur base des donn\u00e9es m\u00e9t\u00e9orologiques (pluviom\u00e9trie et \u00e9vapotranspiration) des dix derni\u00e8res ann\u00e9es, des types de sols et de la couverture des sols, il a pu \u00eatre d\u00e9termin\u00e9, en calculant la lame drainante (du 1er novembre au 31 mars) par ann\u00e9e et par type de sol, une valeur guide \u00ab charni\u00e8re \u00bb de REH de 50 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des deux BAC, quelle que soit la culture en place ou le type de sol. D\u2019embl\u00e9e, cet objectif se situe bien en de\u00e7\u00e0 des valeurs moyennes constat\u00e9es sur les BAC depuis le d\u00e9but du suivi (tableau 1).\r\n\r\nLa question de la diffusion de cette valeur guide de REH aux exploitants agricoles a donc \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9e, au vue de l\u2019historique parfois conflictuel avec la profession agricole depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 2010 sur le territoire (en raison des volont\u00e9s d\u2019am\u00e9nagement des collectivit\u00e9s\u00a0: SCOT, PLU\u2026 et \u00e9galement de conflits sur la r\u00e9partition des usages de l\u2019eau entre les diff\u00e9rents usagers, irrigants et collectivit\u00e9s sur un territoire soumis \u00e0 des tensions quantitatives sur la ressource en eau dans une Zone de R\u00e9partition des Eaux).\r\n\r\nDans un premier temps, la collectivit\u00e9 a fait le choix de ne pas diffuser cette valeur guide. Toutefois, il semblait compliqu\u00e9 de dialoguer avec les agriculteurs sur la th\u00e9matique azote si on ne fixait pas d\u2019objectif. Certes, il y avait un objectif d\u2019atteindre 37,5 mg.L<sup>-1<\/sup> de nitrate aux captages, mais comment transmettre cette ambition aux agriculteurs qui pr\u00e9tendent avoir des pratiques plus vertueuses que par le pass\u00e9 ?\r\n\r\nAussi, finalement, la d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 prise de communiquer cet objectif d\u2019un REH moyen de 50 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> pour l\u2019ensemble des parcelles du BAC mais \u00e9galement de sensibiliser encore plus les agriculteurs \u00e0 la th\u00e9matique. Cette valeur moyenne \u00e9tait \u00e0 nuancer, \u00e0 la parcelle, en fonction du pr\u00e9c\u00e9dent cultural.\r\n\r\nEn parall\u00e8le et pour compl\u00e9ter le travail de sensibilisation initi\u00e9 par l\u2019ARC au cours de la p\u00e9riode du premier contrat, GEONORD a r\u00e9alis\u00e9 des entretiens individuels avec les exploitants afin de collecter les informations sur leurs pratiques de fertilisation, rendements et gestion de l\u2019interculture. Ces informations ont permis la r\u00e9daction de synth\u00e8ses par parcelle (sous forme de fiches remises \u00e0 chaque agriculteur impliqu\u00e9 dans le contrat) avec les r\u00e9sultats des mesures de reliquats azot\u00e9s et une estimation de l\u2019azote nitrique lixivi\u00e9 (exemple anonymis\u00e9 en figure 5).\r\n\r\nPropos\u00e9e par GEONORD, cette fiche pr\u00e9sente les caract\u00e9ristiques de la parcelle, son historique cultural, la fertilisation appliqu\u00e9e, le rendement obtenu, l\u2019\u00e9ventuelle interculture mise en place et les r\u00e9sultats des mesures REH et RSH. Elle propose \u00e9galement \u00e0 l\u2019exploitant des indicateurs\u00a0: sensibilit\u00e9 du sol \u00e0 la lixiviation, lame d\u2019eau drainante et capacit\u00e9 d\u2019absorption automnale par le couvert ou culture en place. Cette fiche parcellaire est accompagn\u00e9e d\u2019une notice explicative. Le but est d\u2019apporter un regard <em>a posteriori<\/em> sur la strat\u00e9gie mise en \u0153uvre, en tenant compte des caract\u00e9ristiques de la parcelle et en proposant une estimation des pertes azot\u00e9es par lixiviation \u00e9valu\u00e9e avec le mod\u00e8le de Burns (1976). GEONORD s\u2019est \u00e9galement attel\u00e9 \u00e0 illustrer l\u2019impact du type de sol et du pr\u00e9c\u00e9dent cultural sur la valeur de REH mesur\u00e9e. En effet, il y a une forte variabilit\u00e9 de la r\u00e9serve utile du sol (entre 50 et 220 mm) dans l\u2019\u00e9chantillon de parcelles suivies et certaines cultures laissent un REH important quand d\u2019autres laissent peu d\u2019azote apr\u00e8s r\u00e9colte (tableau 2).\r\n\r\n<img class=\"aligncenter wp-image-1302 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig5ahq-scaled-e1666869103112.jpg\" alt=\"\" width=\"1600\" height=\"2342\" \/>\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1303\" align=\"aligncenter\" width=\"1632\"]<img class=\"wp-image-1303 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig5bhq-scaled-e1666869154932.jpg\" alt=\"\" width=\"1632\" height=\"2355\" \/> Figure 5. Exemple de synth\u00e8se parcellaire.[\/caption]\r\n<h1>Fin du contrat azote<\/h1>\r\nLe contrat azote en partenariat avec l\u2019AESN a pris fin en 2020 avec la r\u00e9alisation d\u2019une derni\u00e8re campagne de mesure REH \u00e0 l\u2019automne 2020.\r\n\r\nL\u2019AESN n\u2019a pas souhait\u00e9 poursuivre le financement des campagnes de mesure de reliquat sur le territoire au-del\u00e0 des six ann\u00e9es d\u2019animation sur ce th\u00e8me. En effet, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du territoire de l\u2019ARC et des BAC de Baugy et l\u2019Hospice, le contrat azote est couteux (50 000 \u20ac par an, subventionn\u00e9 \u00e0 80\u00a0% par l\u2019AESN) et les r\u00e9sultats sur la qualit\u00e9 de l\u2019eau aux captages non visibles (les temps de transfert dans les sols et la nappe pouvant atteindre 60 ans). L\u2019AESN consid\u00e8re n\u00e9anmoins que ce programme a permis aux agriculteurs de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 la probl\u00e9matique et est donc plut\u00f4t per\u00e7u comme une action de communication. L\u2019AESN souhaite donc orienter l\u2019action et les financements vers d\u2019autres territoires.\r\n\r\nToutefois, au vu de l\u2019\u00e9nergie d\u00e9ploy\u00e9e pour contractualiser avec les agriculteurs des BAC, de l\u2019argent investi dans cette th\u00e9matique et des avanc\u00e9es dans le traitement des donn\u00e9es, l\u2019ARC a pris la d\u00e9cision de poursuivre les mesures de REH avec les agriculteurs pr\u00e9c\u00e9demment engag\u00e9s afin de maintenir le lien entre ces derniers et la collectivit\u00e9 pour la reconqu\u00eate de la qualit\u00e9 de l\u2019eau. Pour des raisons de co\u00fbt, les mesures de RSH ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9es. En effet, ces derni\u00e8res n\u2019\u00e9taient pas directement \u00ab valoris\u00e9es \u00bb pour la protection de l\u2019eau mais utilis\u00e9es par les agriculteurs pour la r\u00e9alisation du Plan de Fumure Pr\u00e9visionnel, une obligation du PAN[footnote]Programme d\u2019Actions National nitrates[\/footnote].\r\n\r\nDes contacts ont donc \u00e9t\u00e9 repris avec les 127 agriculteurs pr\u00e9c\u00e9demment engag\u00e9s afin de savoir s\u2019ils \u00e9taient toujours volontaires pour poursuivre la d\u00e9marche de suivi des REH sur la ou les m\u00eames parcelles. Sur les 127 agriculteurs, trois n\u2019ont pas souhait\u00e9 poursuivre le suivi par manque d\u2019int\u00e9r\u00eat.\r\n\r\nEn 2021 (suite \u00e0 de nombreux reports depuis d\u00e9but 2020 en raison des contraintes sanitaires li\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de COVID), l\u2019animateur captages a r\u00e9alis\u00e9 une pr\u00e9sentation collective aux agriculteurs des r\u00e9sultats des campagnes de mesure des reliquats effectu\u00e9es depuis plusieurs ann\u00e9es. Cette synth\u00e8se a \u00e9t\u00e9 enrichie d\u2019un travail[footnote]projet QuEau Vadis qui consiste \u00e0 analyser l\u2019animation en place (plan d\u2019actions, objectifs, acteurs, moyens d\u00e9ploy\u00e9s).[\/footnote] r\u00e9alis\u00e9 par l\u2019INRAE afin de la redynamiser pour atteindre l\u2019objectif (37,5 mg.L<sup>-1<\/sup>) de qualit\u00e9 d\u2019eau aux captages.\r\n\r\nLa charg\u00e9e de missions de l\u2019INRAE a \u00e9galement r\u00e9alis\u00e9 un classement des parcelles suivies dans le cadre du contrat azote afin de d\u00e9terminer si, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de leur rotation, les parcelles suivies engendrent une concentration en nitrate dans l\u2019eau de percolation conforme \u00e0 l\u2019objectif de 37,5 mg.L<sup>-1<\/sup>. Ce travail a permis de d\u00e9terminer que m\u00eame si ponctuellement des parcelles atteignent cet objectif, aucune des 171 parcelles suivies n\u2019est en situation de r\u00e9ussite \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la rotation\u00a0; en cause, des probl\u00e8mes de sur-fertilisation, de gestion des rotations culturales et de non r\u00e9ussite des couverts pi\u00e8ges \u00e0 nitrate.\r\n\r\nCe diagnostic a ensuite permis de classer les parcelles en fonction de \u00ab\u00a0l\u2019azote en jeu moyen\u00a0\u00bb (\u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la rotation) en l\u2019extrapolant \u00e0 tous les champs du BAC\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>\u00ab Azote en jeu moyen \u00bb faible pour 54\u00a0% des parcelles de l\u2019AAC. La r\u00e9ussite des cultures pi\u00e8ges \u00e0 nitrate suffirait \u00e0 atteindre le REH objectif.<\/li>\r\n \t<li>\u00ab Azote en jeu moyen \u00bb \u00e9lev\u00e9 et irr\u00e9gulier pour 5\u00a0% des parcelles. La sur-fertilisation et des cultures \u00ab riches en azote \u00bb fr\u00e9quentes dans la rotation sont la cause de l\u2019exc\u00e8s d\u2019azote. La r\u00e9ussite du pi\u00e9geage apparait indispensable mais insuffisante pour r\u00e9sorber l\u2019azote en exc\u00e8s. Il est n\u00e9cessaire de limiter la fr\u00e9quence et la cause de l\u2019exc\u00e8s d\u2019azote (sur-fertilisation de printemps, apport de mati\u00e8re organique en \u00e9t\u00e9 et \u00e0 l\u2019automne, l\u00e9gumineuses non compens\u00e9es par des cultures exigeantes en azote dans la rotation ou par des couverts).<\/li>\r\n \t<li>\u00ab Azote en jeu moyen \u00bb \u00e9lev\u00e9 et r\u00e9gulier pour 6\u00a0% des surfaces. L\u2019activit\u00e9 de min\u00e9ralisation importante du sol n\u00e9cessite d\u2019ajuster les pratiques agricoles. Pour ces champs, il est pr\u00e9f\u00e9rable de limiter fortement la fertilisation et les cultures riches en azote. Les cultures pi\u00e8ges \u00e0 nitrate sont indispensables \u00e0 l\u2019automne pour absorber l\u2019exc\u00e8s d\u2019azote issu de la min\u00e9ralisation des mati\u00e8res organiques.<\/li>\r\n \t<li>Pour les 35\u00a0% des surfaces restantes, il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 possible de les classer parce que les rotations ne le permettaient pas.<\/li>\r\n<\/ul>\r\nConcr\u00e8tement, la r\u00e9union a eu lieu fin septembre 2021 et seuls deux exploitants agricoles se sont d\u00e9plac\u00e9s (en raison du d\u00e9marrage de la campagne d\u2019arrachage des pommes de terre). Ils ont sembl\u00e9 tr\u00e8s r\u00e9ceptifs \u00e0 la m\u00e9thodologie et aux r\u00e9sultats pr\u00e9sent\u00e9s, notamment sur la valeur de REH objectif de 50 kg N-NO<sub>3<\/sub>\u02c9.ha<sup>-1<\/sup> \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la rotation\u00a0; leurs parcelles ont \u00e9t\u00e9 prises comme exemple dans la pr\u00e9sentation et la discussion. Un compte-rendu de cette r\u00e9union a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 \u00e0 l\u2019ensemble des agriculteurs suivis, document qui a suscit\u00e9 quelques retours int\u00e9ress\u00e9s.\r\n\r\nIl semble important d\u2019organiser \u00e0 nouveau des r\u00e9unions collectives afin de cr\u00e9er de l\u2019\u00e9mulation autour de la th\u00e9matique. Toutefois, \u00e9tant donn\u00e9 la taille des BAC (24 000 ha), il sera plus judicieux de r\u00e9aliser plusieurs r\u00e9unions collectives dans diff\u00e9rents lieux r\u00e9partis g\u00e9ographiquement sur les BAC afin de faire venir le plus grand nombre.\r\n\r\nEn effet, la participation en f\u00e9vrier 2021, de l\u2019animateur captage \u00e0 une r\u00e9union \u00ab\u00a0reliquats\u00a0\u00bb organis\u00e9e par l\u2019animatrice du BAC de REIMS-FLECHAMBAUT \u00e0 destination des 20 agriculteurs de son BAC, a montr\u00e9 qu\u2019ils sont curieux de l\u2019interpr\u00e9tation faite par l\u2019animatrice et de la diff\u00e9rence de r\u00e9sultats entre exploitations. La r\u00e9flexion collective permet d\u2019avancer et de se poser des questions.\r\n\r\nReste \u00e0 trouver le bon format et le bon moment pour parler au plus grand nombre.\r\n<h1>Synth\u00e8se et perspectives<\/h1>\r\nLes sept ann\u00e9es (2014-2020) de suivi REH sur les BAC de Baugy et l\u2019Hospice n\u2019ont pas g\u00e9n\u00e9r\u00e9, vu le temps de percolation en zone vadose, de r\u00e9sultats concrets sur l\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de l\u2019eau.\r\n\r\nLes pratiques des agriculteurs en termes de fertilisation ne semblent pas avoir \u00e9volu\u00e9 au cours de ces sept ann\u00e9es. La recherche de l\u2019optimum technique (maximiser les rendements) restant la norme au d\u00e9triment de l\u2019optimum technico-\u00e9conomique. Pour les CIPAN, leur importance est mieux comprise et leur implantation mieux maitris\u00e9e (vari\u00e9t\u00e9, m\u00e9langes d\u2019esp\u00e8ces) mais leur 'r\u00e9ussite' reste un facteur cl\u00e9 \u00e0 optimiser.\r\n\r\nCe suivi REH a permis d\u2019\u00e9valuer la pression nitrate et a soulev\u00e9 beaucoup de questionnements sur la fa\u00e7on d\u2019am\u00e9liorer les choses.\r\n\r\nEn outre, la connaissance du reliquat azot\u00e9 en d\u00e9but de p\u00e9riode de drainage s\u2019av\u00e8re \u00eatre un bon outil pour \u00e9tablir et maintenir un lien avec les exploitants agricoles sur la protection de la ressource en eau (am\u00e9lioration des pratiques agricoles pour atteindre un objectif de qualit\u00e9).\r\n\r\nToutefois, il est difficile de mobiliser un aussi grand nombre d\u2019exploitants (environ 200) sur un BAC aussi grand (24 000 ha). L\u2019animation faite par un bureau d\u2019\u00e9tude est une action co\u00fbteuse (pour la collectivit\u00e9 et l\u2019AESN) car tr\u00e8s chronophage mais n\u00e9cessaire.\r\n\r\nLa fixation aupr\u00e8s des agriculteurs d'un objectif de REH visant \u00e0 am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de l'eau est essentielle pour \"faire bouger les lignes\". Ces r\u00e9flexions doivent \u00e9galement int\u00e9grer une logique \u00e9conomique pour les exploitants agricoles (l\u2019azote lixivi\u00e9 est aussi une perte \u00e9conomique pour leur exploitation).\r\n\r\n\u00c0 l\u2019avenir, l\u2019ARC envisage d\u2019associer des op\u00e9rateurs \u00e9conomiques agricoles \u00e0 la th\u00e9matique. En effet, ces acteurs (Chambre d\u2019Agriculture, Coop\u00e9ratives agricoles, pap\u00e8teries, sucreries\u2026) font \u00e9galement r\u00e9aliser des mesures de reliquat azot\u00e9. Il sera int\u00e9ressant de pouvoir partager ces donn\u00e9es au sein d\u2019une base de donn\u00e9es commune afin d\u2019enrichir les connaissances du territoire. De plus, impliquer les acteurs \u00e9conomiques permettra \u00e9galement de leur montrer qu\u2019ils peuvent jouer un r\u00f4le dans la pr\u00e9vention de la lixiviation du nitrate (par exemple, la sensibilisation des coop\u00e9ratives agricoles pour une r\u00e9ussite plus r\u00e9guli\u00e8re des semis de CIPAN).\r\n<h1>Bibliographie<\/h1>\r\nBurns I.G., 1976. Equations to predict the leaching of nitrate uniformly incorporated to a known depth or uniformly distributed throughout a soil profile. <em>Journal of Agricultural Science<\/em>, 86, 305-313.\r\n\r\nSAFEGE, 2009. Etude des bassins d\u2019alimentation des captages de Baugy et de l\u2019Hospice.","rendered":"<div class=\"textbox\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Dans la r\u00e9gion de Compi\u00e8gne (Oise, Hauts de France), 240 exploitations agricoles sont r\u00e9parties sur deux bassins d\u2019alimentation de captage (BAC) de 24 584 ha de SAU (sur 36 323 ha) qui alimentent environ 60 000 personnes en eau potable.<\/p>\n<p>Le contexte p\u00e9dologique local pr\u00e9sente des sols limoneux (60\u00a0%), de craie du S\u00e9nonien affleurante avec des zones de failles (25\u00a0%) et quelques formations tertiaires. La production agricole est compos\u00e9e pour moiti\u00e9 de c\u00e9r\u00e9ales et un sixi\u00e8me de cultures industrielles (pomme de terre ou betterave). Il y a tr\u00e8s peu d\u2019\u00e9levage et <em>a fortiori<\/em>, peu de prairies.<\/p>\n<p>Un suivi des reliquats entr\u00e9e hiver (REH) a \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 un plan d\u2019actions en 2012 et mis en \u0153uvre concr\u00e8tement \u00e0 partir de 2014 avec le soutien d\u2019un bureau d\u2019\u00e9tude pour l\u2019animation. Entre 120 et 171 parcelles sont suivies annuellement pour une centaine d\u2019agriculteurs.<\/p>\n<p>Dans un premier temps, les REH ont \u00e9t\u00e9 compar\u00e9s \u00e0 la moyenne sur l\u2019AAC, par type de culture. Toutefois, hormis observer que les pratiques de fertilisation et la m\u00e9t\u00e9o (\u201c exceptionnelle \u201d tous les ans) \u00e9taient les facteurs qui avaient le plus d\u2019impact sur les REH, il y avait peu de plus-value.<\/p>\n<p>En 2018, une collaboration avec l\u2019INRAE a permis une valorisation suppl\u00e9mentaire des REH par l\u2019estimation (mod\u00e8le de BURNS) de la lixiviation du nitrate sur base de la pluviom\u00e9trie, de l\u2019\u00e9vapotranspiration, du coefficient de couverture des sols et du type de sol (r\u00e9serve utile &#8211; RU). Cette valorisation a permis de d\u00e9terminer une valeur guide de REH (objectif pour l\u2019ensemble de l\u2019AAC) et un REH objectif par cat\u00e9gorie de RU en fonction de sa repr\u00e9sentativit\u00e9 sur les AAC.<\/p>\n<p>Plus r\u00e9cemment, un second travail avec l\u2019INRAE articul\u00e9 autour des \u201c\u00a0couples\u00a0\u201d de cultures pr\u00e9c\u00e9dent-suivant (dynamique des REH en fonction des couples) a mis en \u00e9vidence quelques cultures\/pratiques \u00e0 risque, communiqu\u00e9es aux\u00a0 agriculteurs pour qu\u2019ils s\u2019approprient ces constats (observ\u00e9s dans leurs parcelles) et les valorisent afin de diminuer leur empreinte sur la qualit\u00e9 de l\u2019eau.<\/p>\n<\/div>\n<h1>Introduction<\/h1>\n<p>Les captages de Baugy et l\u2019Hospice constituent les principales ressources en eau de l\u2019Agglom\u00e9ration de la R\u00e9gion de Compi\u00e8gne (ARC, 22 communes, 85.000 habitants, dans l\u2019Oise, Hauts de France). Chaque captage est constitu\u00e9 de deux puits qui ont pr\u00e9lev\u00e9 3 900 000 m\u00b3 d&rsquo;eau en 2021 (r\u00e9partis \u00e0 part \u00e9gale entre Baugy et l\u2019Hospice). Ces captages sont strat\u00e9giques pour l\u2019alimentation de la population en eau potable puisqu\u2019il n\u2019en existe pas d\u2019autres aussi productifs sur le territoire (for\u00eat domaniale class\u00e9e zone Natura 2000, rivi\u00e8re Oise soumise \u00e0 des risques de pollutions chimiques industrielles en amont hydraulique de Compi\u00e8gne).<\/p>\n<p>Ces captages subissent depuis plus de 25 ans des pollutions diffuses d\u2019origine agricole (nitrate et pesticides). Des concentrations en nitrate de l\u2019ordre de 40-48 mg.L<sup>-1<\/sup> sont relev\u00e9es au captage de Baugy, en augmentation de 20 unit\u00e9s au cours des trente derni\u00e8res ann\u00e9es (figure 1) et aux alentours de 25 mg.L<sup>-1<\/sup> au captage de l\u2019Hospice.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1692\" aria-describedby=\"caption-attachment-1692\" style=\"width: 1632px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1692 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/vipe_fig1hq-scaled-e1669296637378.jpg\" alt=\"\" width=\"1632\" height=\"979\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/vipe_fig1hq-scaled-e1669296637378.jpg 1632w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/vipe_fig1hq-scaled-e1669296637378-300x180.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/vipe_fig1hq-scaled-e1669296637378-1024x614.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/vipe_fig1hq-scaled-e1669296637378-768x461.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/vipe_fig1hq-scaled-e1669296637378-1536x921.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/vipe_fig1hq-scaled-e1669296637378-65x39.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/vipe_fig1hq-scaled-e1669296637378-225x135.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/vipe_fig1hq-scaled-e1669296637378-350x210.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1632px) 100vw, 1632px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1692\" class=\"wp-caption-text\">Figure 1. \u00c9volution de la concentration en nitrate aux captages de Baugy (F1 &amp; F2).<\/figcaption><\/figure>\n<p>Pour ce captage, les puits \u00e9tant situ\u00e9s en rive gauche de l\u2019Oise, la concentration est influenc\u00e9e par la proximit\u00e9 de la rivi\u00e8re (dont la concentration en nitrate est de l\u2019ordre de 22 mg.L<sup>-1<\/sup>) qui joue un r\u00f4le de barrage\/dilution (un pi\u00e9zom\u00e8tre en rive droite pr\u00e9sente les m\u00eames concentrations en nitrate que les puits de Baugy)\u00a0; le captage de l\u2019Hospice est aliment\u00e9 pour 60\u00a0% par les alluvions de l\u2019Oise (SAFEGE, 2009). La for\u00eat domaniale de Compi\u00e8gne joue \u00e9galement un r\u00f4le de \u00ab dilution \u00bb pour les contaminations d\u2019origine agricole observ\u00e9es au captage de l\u2019Hospice puisqu\u2019elle occupe 49\u00a0% de la superficie de ce BAC (figure 2).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1298\" aria-describedby=\"caption-attachment-1298\" style=\"width: 1625px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1298 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig2hq-scaled-e1666868939156.jpg\" alt=\"\" width=\"1625\" height=\"1190\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig2hq-scaled-e1666868939156.jpg 1625w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig2hq-scaled-e1666868939156-300x220.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig2hq-scaled-e1666868939156-1024x750.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig2hq-scaled-e1666868939156-768x562.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig2hq-scaled-e1666868939156-1536x1125.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig2hq-scaled-e1666868939156-65x48.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig2hq-scaled-e1666868939156-225x165.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig2hq-scaled-e1666868939156-350x256.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1625px) 100vw, 1625px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1298\" class=\"wp-caption-text\">Figure 2. Carte des BAC de Baugy (F1 &amp; F2) et de l\u2019Hospice (F1 &amp; F2).<\/figcaption><\/figure>\n<p>Dans le cadre de sa politique environnementale, l\u2019\u00c9tat a demand\u00e9 un classement des captages de l\u2019ARC au titre l\u2019article 21 de la loi sur l\u2019eau et des milieux aquatiques du 30 d\u00e9cembre 2006. Ce classement impose la r\u00e9alisation d\u2019une \u00e9tude du BAC et la d\u00e9finition de zones vuln\u00e9rables intrins\u00e8ques \u00e0 ce territoire. L\u2019ARC a r\u00e9alis\u00e9 cette \u00e9tude de BAC en 2009.<\/p>\n<p>Les deux BAC couvrent 36.323 ha dont 24.584 ha de SAU (soit 68\u00a0% des BAC) pour 200 exploitations agricoles mais avec des disparit\u00e9s sur chaque BAC (tableau 1).<\/p>\n<h6>Tableau 1. Occupation du sol dans les BAC des captages de Baugy et de l\u2019Hospice (source\u00a0: Corine Land Cover, 2006)<\/h6>\n<table class=\"lines\" style=\"border-collapse: collapse;width: 100\u00a0%\">\n<tbody>\n<tr>\n<td style=\"width: 33.3333\u00a0%\"><strong>Occupation du sol<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 33.3333\u00a0%\"><strong>Captages de Baugy<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 33.3333\u00a0%\"><strong>Captages de l\u2019Hospice<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 33.3333\u00a0%\">Zones agricoles<\/p>\n<p>For\u00eat et zones semi-naturelles<\/p>\n<p>Surfaces artificialis\u00e9es<\/p>\n<p>Masses d&rsquo;eau<\/td>\n<td style=\"width: 33.3333\u00a0%\">87,4\u00a0%<\/p>\n<p>6,4\u00a0%<\/p>\n<p>6,2\u00a0%<\/p>\n<p>&nbsp;<\/td>\n<td style=\"width: 33.3333\u00a0%\">33,6\u00a0%<\/p>\n<p>48,5\u00a0%<\/p>\n<p>16,8\u00a0%<\/p>\n<p>1,1\u00a0%<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le contexte p\u00e9dologique local pr\u00e9sente des sols limoneux (60\u00a0%), de craie du S\u00e9nonien affleurante avec des zones de failles (25\u00a0%) et quelques formations tertiaires.<\/p>\n<p>La production agricole est compos\u00e9e (figure 3) pour moiti\u00e9 de c\u00e9r\u00e9ales et un sixi\u00e8me de cultures industrielles telles que la pomme de terre (<em>Solanum tuberosum<\/em>) ou la betterave (<em>Beta vulgaris<\/em>). Il y tr\u00e8s peu d\u2019\u00e9levage et <em>a fortiori<\/em>, peu de prairies. Le paysage du BAC du captage de Baugy est \u00e9galement peu bois\u00e9 et principalement constitu\u00e9 \u00ab d\u2019<em>open field<\/em> \u00bb avec tr\u00e8s peu de haies.<\/p>\n<p>\u00c9tant donn\u00e9 la surface importante des BAC, 36.323 ha et la position excentr\u00e9e de la ville de Compi\u00e8gne, la probl\u00e9matique de qualit\u00e9 d\u2019eau peut ne pas int\u00e9resser certains exploitants agricoles plus \u00e9loign\u00e9s puisque 30 km s\u00e9parent la ville de Compi\u00e8gne du point le plus \u00e9loign\u00e9 sur le BAC de Baugy (figure 2).<\/p>\n<p>En 2012, des arr\u00eat\u00e9s de d\u00e9limitation et de plans d\u2019actions ont \u00e9t\u00e9 pris pour ces BAC. Depuis lors, l\u2019ARC et ses partenaires m\u00e8nent des actions pour entre autres, amener les agriculteurs \u00e0 am\u00e9liorer leurs pratiques en mati\u00e8re d\u2019usage des produits phytosanitaires et de fertilisants azot\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1299\" aria-describedby=\"caption-attachment-1299\" style=\"width: 1548px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1299 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig3hq-scaled-e1666868990476.jpg\" alt=\"\" width=\"1548\" height=\"1280\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig3hq-scaled-e1666868990476.jpg 1548w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig3hq-scaled-e1666868990476-300x248.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig3hq-scaled-e1666868990476-1024x847.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig3hq-scaled-e1666868990476-768x635.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig3hq-scaled-e1666868990476-1536x1270.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig3hq-scaled-e1666868990476-65x54.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig3hq-scaled-e1666868990476-225x186.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig3hq-scaled-e1666868990476-350x289.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1548px) 100vw, 1548px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1299\" class=\"wp-caption-text\">Figure 3. Assolement dans les BAC de Baugy et l\u2019Hospice (Registre Parcellaire Graphique 2019).<\/figcaption><\/figure>\n<h1>Premier contrat azote<\/h1>\n<p>Dans ce cadre, un premier \u00ab\u00a0contrat azote\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 avec l\u2019Agence de l\u2019Eau Seine Normandie (AESN) et la Chambre d\u2019Agriculture de l\u2019Oise pour sensibiliser et accompagner des agriculteurs volontaires dans ce type d\u2019actions.<\/p>\n<p>Les arr\u00eat\u00e9s \u00ab plan d\u2019actions \u00bb des BAC fixent un objectif de 66\u00a0% des agriculteurs des BAC engag\u00e9s pour au moins une parcelle dans ce contrat azote. Ils visent \u00e9galement \u00e0 mieux maitriser la fertilisation azot\u00e9e et \u00e0 maximiser les couverts d\u2019interculture (100\u00a0% de la SAU couverte) pour avoir une eau de qualit\u00e9 aux captages. Le contrat azote consiste en la r\u00e9alisation d\u2019une analyse de sol initial (pour d\u00e9finir sa texture), puis d\u2019un Reliquat Entr\u00e9e Hiver (REH<a class=\"footnote\" title=\"Exprim\u00e9 en kg Nmin.ha-1 (Nmin = N-NO3\u02c9 + N-NH4+)\" id=\"return-footnote-136-1\" href=\"#footnote-136-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a>)et d\u2019un Reliquat Sortie Hiver (RSH) li\u00e9 \u00e0 un conseil de fertilisation afin d\u2019am\u00e9liorer les pratiques et optimiser les apports.<\/p>\n<p>Les parcelles suivies sont principalement des sols profonds type limons argileux ou limon moyens. Quelques parcelles pr\u00e9sentent une structure plus sableuse. Les analyses ont \u00e9galement permis de connaitre le taux de mati\u00e8res organiques du sol (la profondeur et la charge caillouteuse sont renseign\u00e9es par l\u2019agriculteur).<\/p>\n<p>Ce premier contrat, d\u2019une dur\u00e9e de trois ans (de 2015 \u00e0 2017), impliquait la signature d\u2019un contrat papier par l\u2019agriculteur pour le suivi d\u2019une parcelle (REH, RSH et conseil de fertilisation annuel) et par la collectivit\u00e9 pour le suivi de l\u2019animation (r\u00e9daction de rapports de synth\u00e8ses et rendez-vous individuel annuel pour pr\u00e9senter les r\u00e9sultats). Le contrat \u00e9tait compl\u00e9t\u00e9 d\u2019une annexe d\u2019une quinzaine de pages relatives aux obligations r\u00e9glementaires (Programme d\u2019actions r\u00e9gional issu de la Directive Nitrate, obligation de fractionnement des apports\u2026) qui \u2018alourdissait\u2019 le contrat en lui-m\u00eame et qui a pu rebuter certains agriculteurs \u00e0 s\u2019engager dans la d\u00e9marche.<\/p>\n<p>L\u2019ARC, avec le soutien financier de l\u2019Agence de l\u2019Eau Seine-Normandie, a confi\u00e9 l\u2019animation du contrat azote au bureau d\u2019\u00e9tudes SEDE ENVIRONNEMENT. Pour les missions de terrain et le suivi des dossiers, SEDE n\u2019a d\u00e9ploy\u00e9 qu\u2019une seule personne, un agronome et responsable \u2018\u00e9pandages\u2019 au sein de sa structure. Le travail du bureau d\u2019\u00e9tudes \u00e9tait de\u00a0:<\/p>\n<ol>\n<li>contractualiser (via des rencontres individuelles sur chaque ferme) avec un maximum d\u2019agriculteurs\u00a0;<\/li>\n<li>r\u00e9aliser l\u2019analyse des donn\u00e9es, notamment les REH\u00a0;<\/li>\n<li>tirer des conclusions \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des BAC, en fonction du type de culture et de tout param\u00e8tre permettant d\u2019orienter des conclusions ou des pistes d\u2019am\u00e9lioration pour les agriculteurs.<\/li>\n<\/ol>\n<p>En parall\u00e8le, la mesure du RSH r\u00e9alis\u00e9e sur la m\u00eame parcelle \u00ab REH \u00bb devait permettre aux agriculteurs d\u2019adapter leurs apports azot\u00e9s en fonction de la valeur de RSH et des conseils en fertilisation apport\u00e9s par le laboratoire, conseils le plus souvent respect\u00e9s &#8230; mais pas toujours\u00a0: \u00ab je connais ma parcelle, je sais qu\u2019elle peut faire des tr\u00e8s bons rendements si je mets un peu plus d\u2019azote \u00bb.<\/p>\n<p>Le rendu des r\u00e9sultats des analyses de reliquats aux agriculteurs \u00e9tait r\u00e9alis\u00e9 par le bureau d\u2019\u00e9tudes lors d\u2019entretiens annuels individuels.<\/p>\n<p>En 2015, une r\u00e9union d\u2019information collective pour restituer les r\u00e9sultats des REH a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e mais peu d\u2019agriculteurs y ont particip\u00e9\u00a0; ce qui est g\u00e9n\u00e9ralement le cas quel que soit le sujet propos\u00e9 (agriculture biologique, MAEC, contrat azote). Ce format a donc \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9.<\/p>\n<p>En parall\u00e8le, SEDE ENVIRONNEMENT a \u00e9galement r\u00e9alis\u00e9 une synth\u00e8se annuelle reprenant les principaux enseignements des r\u00e9sultats d\u2019analyse de sol. Un format synth\u00e9tique de quatre pages a \u00e9t\u00e9 transmis chaque ann\u00e9e aux agriculteurs dans le courant du mois de juin.<\/p>\n<p>Au cours de ces trois ann\u00e9es, les \u00e9chantillons de sol ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9lev\u00e9s par un prestataire ind\u00e9pendant bas\u00e9 dans la Somme (80) et analys\u00e9s par le laboratoire GALYS.<\/p>\n<p>Ces trois premi\u00e8res ann\u00e9es de contrat ont permis d\u2019engager dans la d\u00e9marche 99 agriculteurs parmi les 240 agriculteurs poss\u00e9dant au moins une parcelle sur les BAC, pour 121 parcelles (1303 ha suivis). Les parcelles suivies ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9es par les agriculteurs pour diverses motivations (b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un RSH et du conseil fertilisation associ\u00e9 gratuitement, suivre une parcelle peu productive ou en zone sensible\u2026). Le contrat a permis de les sensibiliser \u00e0 la probl\u00e9matique de pollution des ressources en eau par le nitrate et d\u2019apporter un conseil de fertilisation adapt\u00e9 au potentiel de rendement d\u00e9fini par l\u2019exploitant (et valid\u00e9 par le conseil sur la base de la moyenne de rendement des trois derni\u00e8res ann\u00e9es).<\/p>\n<p>Les synth\u00e8ses r\u00e9alis\u00e9es permettent de suivre l\u2019\u00e9volution des REH (tableau 2) chaque ann\u00e9e en tenant compte des cultures, du type de sol et de la fertilisation r\u00e9alis\u00e9e.<\/p>\n<p>Entre 2015 \u00e0 2017, aucune diminution de la pression nitrate n\u2019a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e en d\u00e9but d\u2019hiver\u00a0: la moyenne des REH pour les parcelles suivies a \u00e9volu\u00e9 de 85 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> en 2015 \u00e0 105 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> en 2017. Les \u00e9l\u00e9ments explicatifs avanc\u00e9s par le bureau d\u2019\u00e9tudes \u00e9taient les suivants\u00a0: trois ann\u00e9es m\u00e9t\u00e9orologiques exceptionnelles conduisant \u00e0 de faibles rendements et donc un moindre pr\u00e9l\u00e8vement d\u2019azote, REH \u00e9lev\u00e9s sur les parcelles de l\u00e9gumineuses et de colza. Ces constats ont \u00e9t\u00e9 transmis aux agriculteurs, ce qui a permis \u00e0 l\u2019ARC de cr\u00e9er du lien avec eux et de se familiariser avec la th\u00e9matique \u00ab reliquats \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019appui d\u2019un bureau d\u2019\u00e9tude a \u00e9galement permis de faire vivre la th\u00e9matique qualit\u00e9 de l\u2019eau en particulier sur le nitrate.<\/p>\n<h6>Tableau 2. REH (kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>) entre 2014 et 2020 en fonction du pr\u00e9c\u00e9dent.<\/h6>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1300 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_tab2hq-scaled-e1666869034739.jpg\" alt=\"\" width=\"1580\" height=\"896\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_tab2hq-scaled-e1666869034739.jpg 1580w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_tab2hq-scaled-e1666869034739-300x170.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_tab2hq-scaled-e1666869034739-1024x581.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_tab2hq-scaled-e1666869034739-768x436.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_tab2hq-scaled-e1666869034739-1536x871.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_tab2hq-scaled-e1666869034739-65x37.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_tab2hq-scaled-e1666869034739-225x128.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_tab2hq-scaled-e1666869034739-350x198.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1580px) 100vw, 1580px\" \/><\/p>\n<h1>Second contrat azote<\/h1>\n<p>En 2017, l\u2019ARC a souhait\u00e9 renforcer l\u2019animation captage avec le recrutement d\u2019un animateur \u00e0 temps plein dont les missions consistent \u00e0 mettre en place et suivre des actions visant \u00e0 pr\u00e9server la ressource en eau, dont le contrat azote, et \u00e0 mobiliser plus d\u2019exploitants agricoles sur ce contrat en vue d\u2019atteindre les 66\u00a0% d\u2019agriculteurs engag\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans le respect d\u2019une proc\u00e9dure de march\u00e9 public, le bureau d\u2019\u00e9tudes GEONORD a \u00e9t\u00e9 retenu pour accompagner l\u2019animateur dans ses missions. Il s\u2019est appuy\u00e9, apr\u00e8s un appel d\u2019offres, sur le m\u00eame prestataire qui r\u00e9alisait les pr\u00e9l\u00e8vements lors du 1er contrat azote et sur le laboratoire AUREA pour les analyses de sol.<\/p>\n<p>Comme lors du premier contrat, une analyse de sol pr\u00e9alable a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e afin de caract\u00e9riser le sol, notamment pour les plans de fumures pr\u00e9visionnels.<\/p>\n<p>GEONORD a d\u00e9ploy\u00e9 une \u00e9quipe de quatre personnes pour rencontrer individuellement le plus grand nombre possible d\u2019agriculteurs (163) et les inciter \u00e0 s\u2019engager dans ce second contrat azote. Ainsi, 88 des 99 agriculteurs pr\u00e9c\u00e9demment engag\u00e9s ont poursuivis l\u2019action. Onze agriculteurs abandonnant pour diverses raisons\u00a0: cessation d\u2019activit\u00e9, manque d\u2019int\u00e9r\u00eat pour les reliquats notamment.<\/p>\n<p>GEONORD a pu contractualiser avec 39 nouveaux agriculteurs pour un total de 171 parcelles, soit 1\u00a0837\u00a0ha suivis (7,6\u00a0% de la SAU). Pour les nouvelles parcelles engag\u00e9es, le bureau d\u2019\u00e9tude a incit\u00e9 les agriculteurs \u00e0 choisir des parcelles dans les zones de priorit\u00e9 1 et 2 des BAC qui sont potentiellement les plus sensibles \u00e0 la lixiviation du nitrate (figure\u00a04).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1301\" aria-describedby=\"caption-attachment-1301\" style=\"width: 1632px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1301 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_gi4hq-scaled-e1666869071227.jpg\" alt=\"\" width=\"1632\" height=\"1152\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_gi4hq-scaled-e1666869071227.jpg 1632w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_gi4hq-scaled-e1666869071227-300x212.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_gi4hq-scaled-e1666869071227-1024x723.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_gi4hq-scaled-e1666869071227-768x542.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_gi4hq-scaled-e1666869071227-1536x1084.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_gi4hq-scaled-e1666869071227-65x46.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_gi4hq-scaled-e1666869071227-225x159.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_gi4hq-scaled-e1666869071227-350x247.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1632px) 100vw, 1632px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1301\" class=\"wp-caption-text\">Figure 4. Localisation des parcelles sous contrat azote.<\/figcaption><\/figure>\n<p>D\u00e8s 2018, des discussions avec le charg\u00e9 de mission de GEONORD et une r\u00e9union organis\u00e9e par l\u2019INRAE sur la gestion dynamique des BAC (qui a rassembl\u00e9 de nombreux animateurs du bassin Seine Normandie) ont orient\u00e9 le contrat azote vers la fixation d\u2019une valeur guide de REH \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du BAC via le mod\u00e8le de BURNS (1976). L\u2019objectif \u00e9tant de fixer une valeur \u00ab charni\u00e8re \u00bb de REH synonyme d\u2019une concentration en nitrate de 37,5 mg.L<sup>-1<\/sup> aux captages (correspondant \u00e0 75\u00a0% du seuil de potabilit\u00e9 de 50 mg.L<sup>-1<\/sup>, seuil de d\u00e9clenchement des actions de pr\u00e9vention). L\u2019AESN a souhait\u00e9 que cette valeur \u00ab charni\u00e8re \u00bb soit diffus\u00e9e aux agriculteurs dans le cadre du financement du contrat azote. Ainsi, sur base des donn\u00e9es m\u00e9t\u00e9orologiques (pluviom\u00e9trie et \u00e9vapotranspiration) des dix derni\u00e8res ann\u00e9es, des types de sols et de la couverture des sols, il a pu \u00eatre d\u00e9termin\u00e9, en calculant la lame drainante (du 1er novembre au 31 mars) par ann\u00e9e et par type de sol, une valeur guide \u00ab charni\u00e8re \u00bb de REH de 50 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des deux BAC, quelle que soit la culture en place ou le type de sol. D\u2019embl\u00e9e, cet objectif se situe bien en de\u00e7\u00e0 des valeurs moyennes constat\u00e9es sur les BAC depuis le d\u00e9but du suivi (tableau 1).<\/p>\n<p>La question de la diffusion de cette valeur guide de REH aux exploitants agricoles a donc \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9e, au vue de l\u2019historique parfois conflictuel avec la profession agricole depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 2010 sur le territoire (en raison des volont\u00e9s d\u2019am\u00e9nagement des collectivit\u00e9s\u00a0: SCOT, PLU\u2026 et \u00e9galement de conflits sur la r\u00e9partition des usages de l\u2019eau entre les diff\u00e9rents usagers, irrigants et collectivit\u00e9s sur un territoire soumis \u00e0 des tensions quantitatives sur la ressource en eau dans une Zone de R\u00e9partition des Eaux).<\/p>\n<p>Dans un premier temps, la collectivit\u00e9 a fait le choix de ne pas diffuser cette valeur guide. Toutefois, il semblait compliqu\u00e9 de dialoguer avec les agriculteurs sur la th\u00e9matique azote si on ne fixait pas d\u2019objectif. Certes, il y avait un objectif d\u2019atteindre 37,5 mg.L<sup>-1<\/sup> de nitrate aux captages, mais comment transmettre cette ambition aux agriculteurs qui pr\u00e9tendent avoir des pratiques plus vertueuses que par le pass\u00e9 ?<\/p>\n<p>Aussi, finalement, la d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 prise de communiquer cet objectif d\u2019un REH moyen de 50 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> pour l\u2019ensemble des parcelles du BAC mais \u00e9galement de sensibiliser encore plus les agriculteurs \u00e0 la th\u00e9matique. Cette valeur moyenne \u00e9tait \u00e0 nuancer, \u00e0 la parcelle, en fonction du pr\u00e9c\u00e9dent cultural.<\/p>\n<p>En parall\u00e8le et pour compl\u00e9ter le travail de sensibilisation initi\u00e9 par l\u2019ARC au cours de la p\u00e9riode du premier contrat, GEONORD a r\u00e9alis\u00e9 des entretiens individuels avec les exploitants afin de collecter les informations sur leurs pratiques de fertilisation, rendements et gestion de l\u2019interculture. Ces informations ont permis la r\u00e9daction de synth\u00e8ses par parcelle (sous forme de fiches remises \u00e0 chaque agriculteur impliqu\u00e9 dans le contrat) avec les r\u00e9sultats des mesures de reliquats azot\u00e9s et une estimation de l\u2019azote nitrique lixivi\u00e9 (exemple anonymis\u00e9 en figure 5).<\/p>\n<p>Propos\u00e9e par GEONORD, cette fiche pr\u00e9sente les caract\u00e9ristiques de la parcelle, son historique cultural, la fertilisation appliqu\u00e9e, le rendement obtenu, l\u2019\u00e9ventuelle interculture mise en place et les r\u00e9sultats des mesures REH et RSH. Elle propose \u00e9galement \u00e0 l\u2019exploitant des indicateurs\u00a0: sensibilit\u00e9 du sol \u00e0 la lixiviation, lame d\u2019eau drainante et capacit\u00e9 d\u2019absorption automnale par le couvert ou culture en place. Cette fiche parcellaire est accompagn\u00e9e d\u2019une notice explicative. Le but est d\u2019apporter un regard <em>a posteriori<\/em> sur la strat\u00e9gie mise en \u0153uvre, en tenant compte des caract\u00e9ristiques de la parcelle et en proposant une estimation des pertes azot\u00e9es par lixiviation \u00e9valu\u00e9e avec le mod\u00e8le de Burns (1976). GEONORD s\u2019est \u00e9galement attel\u00e9 \u00e0 illustrer l\u2019impact du type de sol et du pr\u00e9c\u00e9dent cultural sur la valeur de REH mesur\u00e9e. En effet, il y a une forte variabilit\u00e9 de la r\u00e9serve utile du sol (entre 50 et 220 mm) dans l\u2019\u00e9chantillon de parcelles suivies et certaines cultures laissent un REH important quand d\u2019autres laissent peu d\u2019azote apr\u00e8s r\u00e9colte (tableau 2).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1302 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig5ahq-scaled-e1666869103112.jpg\" alt=\"\" width=\"1600\" height=\"2342\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig5ahq-scaled-e1666869103112.jpg 1600w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig5ahq-scaled-e1666869103112-205x300.jpg 205w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig5ahq-scaled-e1666869103112-700x1024.jpg 700w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig5ahq-scaled-e1666869103112-768x1124.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig5ahq-scaled-e1666869103112-1049x1536.jpg 1049w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig5ahq-scaled-e1666869103112-1399x2048.jpg 1399w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig5ahq-scaled-e1666869103112-65x95.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig5ahq-scaled-e1666869103112-225x329.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig5ahq-scaled-e1666869103112-350x512.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1600px) 100vw, 1600px\" \/><\/p>\n<figure id=\"attachment_1303\" aria-describedby=\"caption-attachment-1303\" style=\"width: 1632px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1303 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig5bhq-scaled-e1666869154932.jpg\" alt=\"\" width=\"1632\" height=\"2355\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig5bhq-scaled-e1666869154932.jpg 1632w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig5bhq-scaled-e1666869154932-208x300.jpg 208w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig5bhq-scaled-e1666869154932-710x1024.jpg 710w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig5bhq-scaled-e1666869154932-768x1108.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig5bhq-scaled-e1666869154932-1064x1536.jpg 1064w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig5bhq-scaled-e1666869154932-1419x2048.jpg 1419w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig5bhq-scaled-e1666869154932-65x94.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig5bhq-scaled-e1666869154932-225x325.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/vipe_fig5bhq-scaled-e1666869154932-350x505.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1632px) 100vw, 1632px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1303\" class=\"wp-caption-text\">Figure 5. Exemple de synth\u00e8se parcellaire.<\/figcaption><\/figure>\n<h1>Fin du contrat azote<\/h1>\n<p>Le contrat azote en partenariat avec l\u2019AESN a pris fin en 2020 avec la r\u00e9alisation d\u2019une derni\u00e8re campagne de mesure REH \u00e0 l\u2019automne 2020.<\/p>\n<p>L\u2019AESN n\u2019a pas souhait\u00e9 poursuivre le financement des campagnes de mesure de reliquat sur le territoire au-del\u00e0 des six ann\u00e9es d\u2019animation sur ce th\u00e8me. En effet, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du territoire de l\u2019ARC et des BAC de Baugy et l\u2019Hospice, le contrat azote est couteux (50 000 \u20ac par an, subventionn\u00e9 \u00e0 80\u00a0% par l\u2019AESN) et les r\u00e9sultats sur la qualit\u00e9 de l\u2019eau aux captages non visibles (les temps de transfert dans les sols et la nappe pouvant atteindre 60 ans). L\u2019AESN consid\u00e8re n\u00e9anmoins que ce programme a permis aux agriculteurs de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 la probl\u00e9matique et est donc plut\u00f4t per\u00e7u comme une action de communication. L\u2019AESN souhaite donc orienter l\u2019action et les financements vers d\u2019autres territoires.<\/p>\n<p>Toutefois, au vu de l\u2019\u00e9nergie d\u00e9ploy\u00e9e pour contractualiser avec les agriculteurs des BAC, de l\u2019argent investi dans cette th\u00e9matique et des avanc\u00e9es dans le traitement des donn\u00e9es, l\u2019ARC a pris la d\u00e9cision de poursuivre les mesures de REH avec les agriculteurs pr\u00e9c\u00e9demment engag\u00e9s afin de maintenir le lien entre ces derniers et la collectivit\u00e9 pour la reconqu\u00eate de la qualit\u00e9 de l\u2019eau. Pour des raisons de co\u00fbt, les mesures de RSH ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9es. En effet, ces derni\u00e8res n\u2019\u00e9taient pas directement \u00ab valoris\u00e9es \u00bb pour la protection de l\u2019eau mais utilis\u00e9es par les agriculteurs pour la r\u00e9alisation du Plan de Fumure Pr\u00e9visionnel, une obligation du PAN<a class=\"footnote\" title=\"Programme d\u2019Actions National nitrates\" id=\"return-footnote-136-2\" href=\"#footnote-136-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Des contacts ont donc \u00e9t\u00e9 repris avec les 127 agriculteurs pr\u00e9c\u00e9demment engag\u00e9s afin de savoir s\u2019ils \u00e9taient toujours volontaires pour poursuivre la d\u00e9marche de suivi des REH sur la ou les m\u00eames parcelles. Sur les 127 agriculteurs, trois n\u2019ont pas souhait\u00e9 poursuivre le suivi par manque d\u2019int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p>En 2021 (suite \u00e0 de nombreux reports depuis d\u00e9but 2020 en raison des contraintes sanitaires li\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de COVID), l\u2019animateur captages a r\u00e9alis\u00e9 une pr\u00e9sentation collective aux agriculteurs des r\u00e9sultats des campagnes de mesure des reliquats effectu\u00e9es depuis plusieurs ann\u00e9es. Cette synth\u00e8se a \u00e9t\u00e9 enrichie d\u2019un travail<a class=\"footnote\" title=\"projet QuEau Vadis qui consiste \u00e0 analyser l\u2019animation en place (plan d\u2019actions, objectifs, acteurs, moyens d\u00e9ploy\u00e9s).\" id=\"return-footnote-136-3\" href=\"#footnote-136-3\" aria-label=\"Footnote 3\"><sup class=\"footnote\">[3]<\/sup><\/a> r\u00e9alis\u00e9 par l\u2019INRAE afin de la redynamiser pour atteindre l\u2019objectif (37,5 mg.L<sup>-1<\/sup>) de qualit\u00e9 d\u2019eau aux captages.<\/p>\n<p>La charg\u00e9e de missions de l\u2019INRAE a \u00e9galement r\u00e9alis\u00e9 un classement des parcelles suivies dans le cadre du contrat azote afin de d\u00e9terminer si, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de leur rotation, les parcelles suivies engendrent une concentration en nitrate dans l\u2019eau de percolation conforme \u00e0 l\u2019objectif de 37,5 mg.L<sup>-1<\/sup>. Ce travail a permis de d\u00e9terminer que m\u00eame si ponctuellement des parcelles atteignent cet objectif, aucune des 171 parcelles suivies n\u2019est en situation de r\u00e9ussite \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la rotation\u00a0; en cause, des probl\u00e8mes de sur-fertilisation, de gestion des rotations culturales et de non r\u00e9ussite des couverts pi\u00e8ges \u00e0 nitrate.<\/p>\n<p>Ce diagnostic a ensuite permis de classer les parcelles en fonction de \u00ab\u00a0l\u2019azote en jeu moyen\u00a0\u00bb (\u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la rotation) en l\u2019extrapolant \u00e0 tous les champs du BAC\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>\u00ab Azote en jeu moyen \u00bb faible pour 54\u00a0% des parcelles de l\u2019AAC. La r\u00e9ussite des cultures pi\u00e8ges \u00e0 nitrate suffirait \u00e0 atteindre le REH objectif.<\/li>\n<li>\u00ab Azote en jeu moyen \u00bb \u00e9lev\u00e9 et irr\u00e9gulier pour 5\u00a0% des parcelles. La sur-fertilisation et des cultures \u00ab riches en azote \u00bb fr\u00e9quentes dans la rotation sont la cause de l\u2019exc\u00e8s d\u2019azote. La r\u00e9ussite du pi\u00e9geage apparait indispensable mais insuffisante pour r\u00e9sorber l\u2019azote en exc\u00e8s. Il est n\u00e9cessaire de limiter la fr\u00e9quence et la cause de l\u2019exc\u00e8s d\u2019azote (sur-fertilisation de printemps, apport de mati\u00e8re organique en \u00e9t\u00e9 et \u00e0 l\u2019automne, l\u00e9gumineuses non compens\u00e9es par des cultures exigeantes en azote dans la rotation ou par des couverts).<\/li>\n<li>\u00ab Azote en jeu moyen \u00bb \u00e9lev\u00e9 et r\u00e9gulier pour 6\u00a0% des surfaces. L\u2019activit\u00e9 de min\u00e9ralisation importante du sol n\u00e9cessite d\u2019ajuster les pratiques agricoles. Pour ces champs, il est pr\u00e9f\u00e9rable de limiter fortement la fertilisation et les cultures riches en azote. Les cultures pi\u00e8ges \u00e0 nitrate sont indispensables \u00e0 l\u2019automne pour absorber l\u2019exc\u00e8s d\u2019azote issu de la min\u00e9ralisation des mati\u00e8res organiques.<\/li>\n<li>Pour les 35\u00a0% des surfaces restantes, il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 possible de les classer parce que les rotations ne le permettaient pas.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Concr\u00e8tement, la r\u00e9union a eu lieu fin septembre 2021 et seuls deux exploitants agricoles se sont d\u00e9plac\u00e9s (en raison du d\u00e9marrage de la campagne d\u2019arrachage des pommes de terre). Ils ont sembl\u00e9 tr\u00e8s r\u00e9ceptifs \u00e0 la m\u00e9thodologie et aux r\u00e9sultats pr\u00e9sent\u00e9s, notamment sur la valeur de REH objectif de 50 kg N-NO<sub>3<\/sub>\u02c9.ha<sup>-1<\/sup> \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la rotation\u00a0; leurs parcelles ont \u00e9t\u00e9 prises comme exemple dans la pr\u00e9sentation et la discussion. Un compte-rendu de cette r\u00e9union a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 \u00e0 l\u2019ensemble des agriculteurs suivis, document qui a suscit\u00e9 quelques retours int\u00e9ress\u00e9s.<\/p>\n<p>Il semble important d\u2019organiser \u00e0 nouveau des r\u00e9unions collectives afin de cr\u00e9er de l\u2019\u00e9mulation autour de la th\u00e9matique. Toutefois, \u00e9tant donn\u00e9 la taille des BAC (24 000 ha), il sera plus judicieux de r\u00e9aliser plusieurs r\u00e9unions collectives dans diff\u00e9rents lieux r\u00e9partis g\u00e9ographiquement sur les BAC afin de faire venir le plus grand nombre.<\/p>\n<p>En effet, la participation en f\u00e9vrier 2021, de l\u2019animateur captage \u00e0 une r\u00e9union \u00ab\u00a0reliquats\u00a0\u00bb organis\u00e9e par l\u2019animatrice du BAC de REIMS-FLECHAMBAUT \u00e0 destination des 20 agriculteurs de son BAC, a montr\u00e9 qu\u2019ils sont curieux de l\u2019interpr\u00e9tation faite par l\u2019animatrice et de la diff\u00e9rence de r\u00e9sultats entre exploitations. La r\u00e9flexion collective permet d\u2019avancer et de se poser des questions.<\/p>\n<p>Reste \u00e0 trouver le bon format et le bon moment pour parler au plus grand nombre.<\/p>\n<h1>Synth\u00e8se et perspectives<\/h1>\n<p>Les sept ann\u00e9es (2014-2020) de suivi REH sur les BAC de Baugy et l\u2019Hospice n\u2019ont pas g\u00e9n\u00e9r\u00e9, vu le temps de percolation en zone vadose, de r\u00e9sultats concrets sur l\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de l\u2019eau.<\/p>\n<p>Les pratiques des agriculteurs en termes de fertilisation ne semblent pas avoir \u00e9volu\u00e9 au cours de ces sept ann\u00e9es. La recherche de l\u2019optimum technique (maximiser les rendements) restant la norme au d\u00e9triment de l\u2019optimum technico-\u00e9conomique. Pour les CIPAN, leur importance est mieux comprise et leur implantation mieux maitris\u00e9e (vari\u00e9t\u00e9, m\u00e9langes d\u2019esp\u00e8ces) mais leur &lsquo;r\u00e9ussite&rsquo; reste un facteur cl\u00e9 \u00e0 optimiser.<\/p>\n<p>Ce suivi REH a permis d\u2019\u00e9valuer la pression nitrate et a soulev\u00e9 beaucoup de questionnements sur la fa\u00e7on d\u2019am\u00e9liorer les choses.<\/p>\n<p>En outre, la connaissance du reliquat azot\u00e9 en d\u00e9but de p\u00e9riode de drainage s\u2019av\u00e8re \u00eatre un bon outil pour \u00e9tablir et maintenir un lien avec les exploitants agricoles sur la protection de la ressource en eau (am\u00e9lioration des pratiques agricoles pour atteindre un objectif de qualit\u00e9).<\/p>\n<p>Toutefois, il est difficile de mobiliser un aussi grand nombre d\u2019exploitants (environ 200) sur un BAC aussi grand (24 000 ha). L\u2019animation faite par un bureau d\u2019\u00e9tude est une action co\u00fbteuse (pour la collectivit\u00e9 et l\u2019AESN) car tr\u00e8s chronophage mais n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>La fixation aupr\u00e8s des agriculteurs d&rsquo;un objectif de REH visant \u00e0 am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de l&rsquo;eau est essentielle pour \u00ab\u00a0faire bouger les lignes\u00a0\u00bb. Ces r\u00e9flexions doivent \u00e9galement int\u00e9grer une logique \u00e9conomique pour les exploitants agricoles (l\u2019azote lixivi\u00e9 est aussi une perte \u00e9conomique pour leur exploitation).<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019avenir, l\u2019ARC envisage d\u2019associer des op\u00e9rateurs \u00e9conomiques agricoles \u00e0 la th\u00e9matique. En effet, ces acteurs (Chambre d\u2019Agriculture, Coop\u00e9ratives agricoles, pap\u00e8teries, sucreries\u2026) font \u00e9galement r\u00e9aliser des mesures de reliquat azot\u00e9. Il sera int\u00e9ressant de pouvoir partager ces donn\u00e9es au sein d\u2019une base de donn\u00e9es commune afin d\u2019enrichir les connaissances du territoire. De plus, impliquer les acteurs \u00e9conomiques permettra \u00e9galement de leur montrer qu\u2019ils peuvent jouer un r\u00f4le dans la pr\u00e9vention de la lixiviation du nitrate (par exemple, la sensibilisation des coop\u00e9ratives agricoles pour une r\u00e9ussite plus r\u00e9guli\u00e8re des semis de CIPAN).<\/p>\n<h1>Bibliographie<\/h1>\n<p>Burns I.G., 1976. Equations to predict the leaching of nitrate uniformly incorporated to a known depth or uniformly distributed throughout a soil profile. <em>Journal of Agricultural Science<\/em>, 86, 305-313.<\/p>\n<p>SAFEGE, 2009. Etude des bassins d\u2019alimentation des captages de Baugy et de l\u2019Hospice.<\/p>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-136-1\">Exprim\u00e9 en kg Nmin.ha-1 (Nmin = N-NO<sub>3<\/sub>\u02c9 + N-NH<sub>4<\/sub><sup>+<\/sup>) <a href=\"#return-footnote-136-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-136-2\">Programme d\u2019Actions National nitrates <a href=\"#return-footnote-136-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-136-3\">projet QuEau Vadis qui consiste \u00e0 analyser l\u2019animation en place (plan d\u2019actions, objectifs, acteurs, moyens d\u00e9ploy\u00e9s). <a href=\"#return-footnote-136-3\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 3\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":10,"menu_order":5,"template":"","meta":{"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["vincent-perrin"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[75],"license":[],"class_list":["post-136","chapter","type-chapter","status-publish","hentry","contributor-vincent-perrin"],"part":104,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/136"}],"collection":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"version-history":[{"count":38,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/136\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2126,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/136\/revisions\/2126"}],"part":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/104"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/136\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=136"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=136"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=136"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=136"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}