{"id":152,"date":"2022-03-01T12:08:24","date_gmt":"2022-03-01T11:08:24","guid":{"rendered":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/?post_type=chapter&#038;p=152"},"modified":"2022-12-20T16:23:46","modified_gmt":"2022-12-20T15:23:46","slug":"reh-eau-de-paris","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/chapter\/reh-eau-de-paris\/","title":{"raw":"Le REH comme objectif de r\u00e9sultat pour am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de l\u2019eau de Paris","rendered":"Le REH comme objectif de r\u00e9sultat pour am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de l\u2019eau de Paris"},"content":{"raw":"<div class=\"textbox\">\r\n\r\n<strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\r\n\r\nDepuis 2020, Eau de Paris, op\u00e9rateur public en charge de la production et distribution de l\u2019eau potable \u00e0 Paris, propose aux agriculteurs actifs dans les aires d\u2019alimentation de captage (AAC) qu\u2019elle g\u00e8re un nouveau syst\u00e8me d\u2019appui financier, co-financ\u00e9 \u00e0 80\u00a0% par l\u2019Agence de l\u2019Eau Seine Normandie. Ce dispositif (paiement pour services environnementaux - PSE) s\u2019int\u00e8gre dans une d\u00e9marche globale vers un changement de pratiques agricoles favorable \u00e0 la qualit\u00e9 de l\u2019eau. Pour inciter les agriculteurs \u00e0 r\u00e9duire les pertes de nitrate dans leurs parcelles, Eau de Paris a choisi de se baser sur un indicateur de r\u00e9sultat, le reliquat entr\u00e9e hiver (REH).\r\n\r\nChaque ann\u00e9e, dans les exploitations engag\u00e9es, des mesures de REH sont effectu\u00e9es dans plusieurs parcelles repr\u00e9sentatives des successions de culture de l\u2019exploitation. Le REH moyen de chacune de ces exploitation est ensuite compar\u00e9 \u00e0 un objectif pr\u00e9alablement fix\u00e9 (REH<sub>obj<\/sub>). Les agriculteurs engag\u00e9s dans les mesures d\u2019aide \"Grandes cultures et Elevage conventionnels\" re\u00e7oivent un bonus financier (40 \u20ac par hectare de parcelle engag\u00e9e dans l\u2019AAC) si leur REH moyen est inf\u00e9rieur ou \u00e9gal REH<sub>obj<\/sub>. Les agriculteurs sont ainsi incit\u00e9s \u00e0 trouver des solutions agronomiques permettant de r\u00e9duire leur REH. Pour les y aider, Eau de Paris s\u2019appuie sur les \u00e9changes d'exp\u00e9rience entre agriculteurs et sur l\u2019accompagnement de conseillers agricoles locaux.\r\n\r\nEn 2020, 45 agriculteurs se sont engag\u00e9s dans les mesures PSE propos\u00e9es par Eau de Paris incluant un bonus <em>Nitrate<\/em>. Une premi\u00e8re campagne de mesure de REH dans 279 parcelles a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e en novembre 2020 chez ces agriculteurs.\u00a0 En 2021, des pr\u00e9l\u00e8vements ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s dans 477 parcelles r\u00e9parties dans 75 exploitations agricoles.\r\n\r\nCes suivis ont permis de mettre en \u00e9vidence le fait que certains agriculteurs ont des pratiques engendrant de faibles pertes hivernales de nitrate, donc compatibles avec la protection de l\u2019eau. Il appara\u00eet \u00e9galement que les obligations de moyens ciblant entre autres, la gestion de la fertilisation, ne sont pas en soi une garantie de faibles pertes de nitrate.\r\n\r\n<\/div>\r\n<h1>Une probl\u00e9matique Nitrate au niveau de captages d\u2019Eau de Paris<\/h1>\r\nEau de Paris, entreprise publique en charge de la production, du transport et de la distribution de l\u2019eau \u00e0 la ville de Paris, se doit de d\u00e9livrer une eau dont la teneur en nitrate est inf\u00e9rieure \u00e0 la norme de potabilit\u00e9 fix\u00e9e \u00e0 50 mg.L<sup>-1<\/sup>. Le service <em>Protection de la ressource et biodiversit\u00e9<\/em> intervient sur plusieurs AAC (figure 1)\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>sources de la Voulzie, du Durteint et du Dragon en centre Seine-et-Marne,<\/li>\r\n \t<li>sources de la Joie-Chaintr\u00e9auville, Villeron et Villemer au sud Seine-et-Marne,<\/li>\r\n \t<li>sources de la Vigne et captages de Vert-en-Drouais \u00e0 l\u2019ouest de Dreux,<\/li>\r\n \t<li>sources de la Vall\u00e9e de la Vanne \u00e0 l\u2019est de Sens.<\/li>\r\n<\/ul>\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1411\" align=\"aligncenter\" width=\"1657\"]<img class=\"wp-image-1411 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig1hq-scaled-e1666880833745.jpg\" alt=\"\" width=\"1657\" height=\"1004\" \/> Figure 1. Sch\u00e9ma d\u2019alimentation en eau de Paris et aires d\u2019alimentation concern\u00e9es par les PSE (mesures 1 \u00e0 4).[\/caption]\r\n\r\nPlusieurs captages pr\u00e9sentent en effet des concentrations en nitrate sup\u00e9rieures \u00e0 la limite de qualit\u00e9. La diversit\u00e9 du sch\u00e9ma d\u2019approvisionnement permet jusqu\u2019\u00e0 maintenant de respecter cette norme sans avoir eu besoin de traitements de d\u00e9nitrification en usine\u00a0; les eaux les plus concentr\u00e9es en nitrate sont m\u00e9lang\u00e9es avec des eaux souterraines d\u2019autres captages dont la teneur en nitrate est plus faible.\r\n\r\nAfin d\u2019am\u00e9liorer la qualit\u00e9 des eaux brutes et ainsi de s\u00e9curiser l\u2019approvisionnement sur le long terme, Eau de Paris s\u2019appuie sur une strat\u00e9gie de protection de la ressource en eau\u00a0: sur chaque AAC, un accompagnement technique et financier est propos\u00e9 aux agriculteurs pour construire des syst\u00e8mes agricoles limitant les pertes de nitrate et pesticides vers les eaux souterraines.\r\n<h1>Accompagner les agriculteurs dans leur transition vers des syst\u00e8mes qui prot\u00e8gent l\u2019eau<\/h1>\r\nEau de Paris a mis en \u0153uvre, d\u00e8s les ann\u00e9es 1990, des actions avec les agriculteurs\u00a0: am\u00e9lioration de la gestion de la fertilisation (dispositif FertiMieux), r\u00e9duction des doses apport\u00e9es (Mesures Agri-Environnementales), tout en effectuant des suivis du reliquat azot\u00e9 dans le sol en entr\u00e9e et sortie d\u2019hiver sur un r\u00e9seau de parcelles. Les suivis ont permis de mettre en \u00e9vidence le fait que certains agriculteurs ont des pratiques engendrant de faibles pertes de nitrate hivernales, donc compatibles avec la protection de l\u2019eau. Ce suivi a \u00e9galement mis en \u00e9vidence que les obligations de moyens ciblant la gestion de la fertilisation ne sont pas en soi une garantie de faibles pertes de nitrate.\r\n\r\nDepuis 2020, Eau de Paris propose un nouveau syst\u00e8me d\u2019appui financier aux agriculteurs actif dans les AAC qu\u2019elle g\u00e8re. Ce dispositif est financ\u00e9 \u00e0 hauteur de 80\u00a0% par l\u2019Agence de l\u2019Eau Seine Normandie, et \u00e0 hauteur de 20\u00a0% par Eau de Paris. Il s\u2019agit d\u2019un PSE qui s\u2019int\u00e8gre \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de chaque territoire, dans une d\u00e9marche globale d\u2019accompagnement des agriculteurs vers un changement de pratiques agricoles favorable \u00e0 la qualit\u00e9 de l\u2019eau (conseil individuel, mise en r\u00e9seau avec d\u2019autres agriculteurs, appui au d\u00e9veloppement de fili\u00e8res, etc.). Quatre types de mesures sont propos\u00e9es aux agriculteurs\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>Mesure 1 (M01)\u00a0: Syst\u00e8me grandes cultures \u00e9conome en intrants<\/li>\r\n \t<li>Mesure 2 (M02)\u00a0: Syst\u00e8me de polyculture-\u00e9levage maximisant l\u2019herbe<\/li>\r\n \t<li>Mesure 3 (M03)\u00a0: Eau &amp; Bio grandes cultures et \u00e9levage<\/li>\r\n \t<li>Mesure 4 (M04)\u00a0: Eau &amp; Zones sensibles (\u00e0 combiner avec une des autres mesures)<\/li>\r\n<\/ul>\r\nLes principaux engagements du cahier des charges de ces mesures sont d\u00e9taill\u00e9s dans le tableau suivant (tableau 1).\r\n\r\nLe PSE est propos\u00e9 sur les zones d\u2019action pilotes d\u2019Eau de Paris (sud et centre Seine-et-Marne, Vall\u00e9e de la Vanne en Bourgogne, sources de la Vigne en Normandie et Eure-et-Loir), soit environ 87 000 ha de surfaces agricoles (figure 1). Les syst\u00e8mes agricoles majoritaires de ces territoires sont de type grandes cultures (bl\u00e9 (<em>Triticum aestivum<\/em>), orge (<em>Hordeum vulgare<\/em>), colza (<em>Brassica napus L.<\/em>), betterave (<em>Beta vulgaris<\/em>)), et polyculture-\u00e9levage bovin principalement en Normandie (tableau 2).\r\n\r\n<em>Tableau 1\u00a0: Contenu des cahiers des charges des mesures du PSE Eau de Paris.<\/em>\r\n<a href=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab1-1.png\"><img class=\"aligncenter wp-image-1372 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab1-1.png\" alt=\"\" width=\"1566\" height=\"1670\" \/><\/a>\r\n\r\n<em>Tableau 2\u00a0: Contexte agro-p\u00e9do-climatique des diff\u00e9rentes aires d\u2019alimentation de captages<\/em>\r\n\r\n<a href=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab2.png\"><img class=\"aligncenter wp-image-1373 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab2.png\" alt=\"\" width=\"1556\" height=\"1528\" \/><\/a>\r\n<h1>Un bonus financier pour inciter les agriculteurs \u00e0 r\u00e9duire les valeurs de REH<\/h1>\r\nPour inciter les agriculteurs \u00e0 travailler sur la r\u00e9duction des pertes hivernales de nitrate dans leurs parcelles, Eau de Paris a choisi de se baser sur un indicateur de r\u00e9sultat, le REH d\u00e9fini comme la teneur en azote min\u00e9ral[footnote]Eau de Paris prend en compte la teneur en azote min\u00e9ral sous forme nitrique (ion nitrate) et en partie sous forme ammoniacale \u2013 susceptible d\u2019\u00eatre transform\u00e9e en nitrate\u00a0: seul l\u2019azote ammoniacal du premier horizon est pris en compte, avec un plafond \u00e0 20 kg N-NH<sub>4<\/sub><sup>+<\/sup>.ha<sup>-1<\/sup>. Un facteur correctif li\u00e9 \u00e0 la pierrosit\u00e9 des sols est \u00e9galement pris en compte.[\/footnote] du sol au moment o\u00f9 la r\u00e9serve utile en eau des sols est pleine, juste avant le d\u00e9but de la p\u00e9riode de drainage.\r\n\r\nPour limiter la teneur en nitrate aux sources, Eau de Paris a fix\u00e9 comme objectif de ne pas d\u00e9passer 50 mg.L<sup>-1<\/sup> de nitrate dans l\u2019eau qui s\u2019infiltre sous les parcelles agricoles. Sur la base du mod\u00e8le de Burns, des donn\u00e9es climatiques moyennes entre 2007 et 2017 (pluie et \u00e9vapotranspiration r\u00e9elle) et de donn\u00e9es p\u00e9dologiques disponibles, cet objectif de concentration en nitrate a pu \u00eatre traduit en diff\u00e9rentes valeurs objectifs de REH sur chaque territoire (calcul sur la base d\u2019un sol \u00ab moyen \u00bb repr\u00e9sentatif du territoire). Les valeurs de REH \u00ab objectif \u00bb obtenues \u00e9tant toutes comprises entre 40 et 55 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de fixer un seul objectif de 50 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> (REH<sub>obj<\/sub>) pour tous les territoires, par souci de simplification et de lisibilit\u00e9 aupr\u00e8s des agriculteurs.\r\n\r\nChaque ann\u00e9e, des pr\u00e9l\u00e8vements sont r\u00e9alis\u00e9s sur des parcelles repr\u00e9sentatives des diff\u00e9rentes successions de culture de chaque exploitation (culture pr\u00e9c\u00e9dente \u2013 interculture \u2013 culture suivante). Ensuite, un calcul du reliquat moyen de chaque exploitation, pond\u00e9r\u00e9 par la surface de chaque culture, est effectu\u00e9 et compar\u00e9 au REH<sub>obj<\/sub>. Le but est d'\u00e9valuer l\u2019impact moyen de chaque exploitation en termes de risque de pertes de nitrate sur l\u2019AAC.\r\n\r\nLes agriculteurs engag\u00e9s dans les mesures d\u2019aide M01 et M02 (tableau 1) re\u00e7oivent un \u00ab bonus \u00bb financier de 40 \u20ac.ha<sup>-1<\/sup> pour les parcelles engag\u00e9es dans l\u2019AAC si leur REH est inf\u00e9rieur ou \u00e9gal au REH<sub>obj<\/sub>. Ce montant a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 suffisamment attrayant pour motiver des changements de pratiques tels que l\u2019implantation plus massive de couverts en interculture. Ce montant a aussi \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 de mani\u00e8re \u00e0 conserver une coh\u00e9rence entre les diff\u00e9rentes mesures d\u2019aides\u00a0\u00a0: les montants sont de plus en plus incitatifs en fonction du niveau d\u2019ambition de la mesure.\r\n\r\nFixer un bonus en fonction d\u2019un objectif de r\u00e9sultat permet de laisser les agriculteurs libres des moyens\/techniques \u00e0 mettre en \u0153uvre sur leur exploitation pour faire diminuer les REH.\r\n\r\nCe bonus ne concerne pas la mesure d\u2019aide d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l\u2019agriculture biologique, mais la valeur objectif est reprise dans le cadre d\u2019un accompagnement sp\u00e9cifique azote obligatoire. Les agriculteurs concern\u00e9s sont ainsi incit\u00e9s \u00e0 trouver des solutions agronomiques permettant de r\u00e9duire leur REH. Pour les y aider, Eau de Paris s\u2019appuie sur les \u00e9changes entre agriculteurs et sur l\u2019accompagnement par des conseillers agricoles locaux financ\u00e9s dans le cadre du r\u00e9gime d\u2019aide.\r\n<h1>M\u00e9thodologie des campagnes de mesures du REH<\/h1>\r\nChaque ann\u00e9e, durant l\u2019\u00e9t\u00e9, les charg\u00e9s de mission <em>Agriculture et Territoire<\/em> d\u2019Eau de Paris choisissent les parcelles sur lesquelles seront r\u00e9alis\u00e9s des pr\u00e9l\u00e8vements de sol, sur base des successions de culture sur chaque parcelle (culture r\u00e9colt\u00e9e et culture \u00e0 venir). Les points de pr\u00e9l\u00e8vement dans chaque parcelle sont g\u00e9or\u00e9f\u00e9renc\u00e9s sur une carte et valid\u00e9s avec chaque agriculteur pour que le point choisi corresponde \u00e0 une zone repr\u00e9sentative de la parcelle.\r\n\r\nUne attention particuli\u00e8re est port\u00e9e sur les conditions de r\u00e9alisation des pr\u00e9l\u00e8vements. Il est en effet essentiel que les agriculteurs aient confiance dans le dispositif de mesure, d\u2019autant plus quand les r\u00e9sultats ont des implications financi\u00e8res.\r\n\r\nDans le cadre de leur prestation avec Eau de Paris, les pr\u00e9leveurs sont tenus de r\u00e9aliser au moins 12 pr\u00e9l\u00e8vements de sol dans un cercle autour du point GPS fix\u00e9 au pr\u00e9alable par Eau de Paris. Ces pr\u00e9l\u00e8vements doivent \u00eatre r\u00e9alis\u00e9s avant que la p\u00e9riode de drainage n\u2019ait commenc\u00e9 et sur une p\u00e9riode limit\u00e9e afin qu\u2019il n\u2019y ait pas trop d\u2019\u00e9cart de dates entre le premier et dernier pr\u00e9l\u00e8vement. En pratique, les dates de d\u00e9clenchement des pr\u00e9l\u00e8vements sont fix\u00e9es \u00e0 partir\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>du suivi de la pluviom\u00e9trie,<\/li>\r\n \t<li>des \u00e9changes avec des partenaires de Eau de Paris comp\u00e9tents dans le suivi du remplissage des r\u00e9serves utiles en eau des sols et<\/li>\r\n \t<li>du suivi sur le terrain de l\u2019humidit\u00e9 du sol dans quelques parcelles \u00e0 partir de mi-septembre.<\/li>\r\n<\/ul>\r\nDans les cas o\u00f9 un r\u00e9sultat d\u2019analyse pr\u00e9sente un taux d\u2019azote ammoniacal particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9 (susceptible d\u2019indiquer une mauvaise conservation de l\u2019\u00e9chantillon ou la pr\u00e9sence de mati\u00e8re organique fra\u00eeche sur le sol lors de l'\u00e9chantillonnage), un nouveau pr\u00e9l\u00e8vement est effectu\u00e9 dans la parcelle concern\u00e9e. En fonction des r\u00e9sultats, soit la mesure initiale soit la contre-mesure est conserv\u00e9e pour le calcul du reliquat moyen de l\u2019exploitation.\r\n<h1>R\u00e9sultats des trois premi\u00e8res campagnes de mesures du REH<\/h1>\r\nUne premi\u00e8re campagne de mesures de REH a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e en novembre 2019, uniquement sur les AAC de la Vanne et du Lunain, pour tester cette m\u00e9thodologie. Des pr\u00e9l\u00e8vements ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s dans 92 parcelles.\r\n\r\nEn novembre 2020, 279 parcelles ont \u00e9t\u00e9 suivies dans 45 exploitations agricoles r\u00e9parties sur l\u2019ensemble des territoires o\u00f9 un PSE \u00e9tait propos\u00e9.\r\n\r\nEn novembre 2021, des mesures de REH ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es dans 477 parcelles, chez 75 agriculteurs. Il s'agit principalement d'agriculteurs engag\u00e9s en PSE mais aussi d'agriculteurs non encore engag\u00e9s et int\u00e9ress\u00e9s par la question des pertes de nitrate.\r\n\r\nEn 2021, hormis quelques pr\u00e9l\u00e8vements plus tardifs sur des parcelles de ma\u00efs (<em>Zea mays<\/em>), les pr\u00e9l\u00e8vements de terre ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s la premi\u00e8re semaine de novembre au cours d'une p\u00e9riode restreinte (entre 4 et 7 jours selon les territoires), avec peu de pluie, ce qui a permis de limiter les biais li\u00e9s aux \u00e9carts de dates de pr\u00e9l\u00e8vement.\r\n\r\nLes quatre territoires suivis pr\u00e9sentent des diff\u00e9rences importantes en termes de climat, sol et syst\u00e8mes de culture (tableau 1), qui se refl\u00e8tent dans les r\u00e9sultats de REH mesur\u00e9s ces trois derni\u00e8res ann\u00e9es. Comme le met en \u00e9vidence la figure 2, l\u2019AAC de la Vall\u00e9e de la Vanne est le territoire dont les valeurs de REH sont les plus basses et l\u2019AAC de la Vigne est celui dont elles sont les plus \u00e9lev\u00e9es.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1412\" align=\"aligncenter\" width=\"1593\"]<img class=\"wp-image-1412 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig2hq-scaled-e1666880880447.jpg\" alt=\"\" width=\"1593\" height=\"985\" \/> Figure 2. REH (kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>) moyens par territoire et par ann\u00e9e.[\/caption]\r\n\r\nLes r\u00e9sultats REH peuvent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s sous l\u2019angle des successions de culture (couple culture pr\u00e9c\u00e9dente \u2013 interculture - culture suivante). En 2021, les valeurs obtenues pour les diff\u00e9rentes successions de cultures (figure 3) confirment des tendances d\u00e9j\u00e0 \u00e9tay\u00e9es par la bibliographie (Beillouin, 2017\u00a0; Comifer, 2002)\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>la culture du colza valorise bien l\u2019azote, quelle que soit la culture pr\u00e9c\u00e9dente, ce qui permet d\u2019obtenir des REH faibles. Ce constat est toutefois plus nuanc\u00e9 sur l\u2019AAC de la Vigne o\u00f9 les REH sont relativement \u00e9lev\u00e9es (\u00e9checs de lev\u00e9es de colza sur certaines parcelles ayant entra\u00een\u00e9 de tr\u00e8s forts REH)\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>la betterave est un pr\u00e9c\u00e9dent qui laisse peu d'azote min\u00e9ral dans le sol \u00e0 l\u2019automne\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>la succession l\u00e9gumineuses ou prairies \u21d2 culture d\u2019hiver (hors colza) est la plus probl\u00e9matique en termes de REH\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>un pr\u00e9c\u00e9dent ma\u00efs avant une c\u00e9r\u00e9ale d\u2019hiver conduit \u00e0 des REH g\u00e9n\u00e9ralement importants\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>les successions de deux c\u00e9r\u00e9ales d\u2019hiver conduisent \u00e0 des REH g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9lev\u00e9s\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>les prairies ou l\u00e9gumineuses en place depuis un an ou deux conduisent \u00e0 des REH relativement \u00e9lev\u00e9s et plus particuli\u00e8rement sur l\u2019AAC de la Vigne.<\/li>\r\n<\/ul>\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1413\" align=\"aligncenter\" width=\"1651\"]<img class=\"wp-image-1413 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig3hq-scaled-e1666880924677.jpg\" alt=\"\" width=\"1651\" height=\"1081\" \/> Figure 3. REH (kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>) par succession de culture pr\u00e9c\u00e9dent-suivant pour chaque territoire.[\/caption]\r\n\r\nEn 2020 et 2021, des pes\u00e9es de biomasse de couverts d\u2019interculture ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es dans une vingtaine de parcelles fin octobre, sur les territoires Voulzie-Durteint-Dragon et Vall\u00e9e du Lunain. La quantit\u00e9 d\u2019azote pi\u00e9g\u00e9e par les couverts a \u00e9t\u00e9 estim\u00e9e via la m\u00e9thode MERCI[footnote]M\u00e9thode MERCI\u00a0: M\u00e9thode d\u2019Estimation des Restitutions par les Cultures Interm\u00e9diaires, d\u00e9velopp\u00e9e en 2010 par la Chambre R\u00e9gionale d\u2019Agriculture Nouvelle-Aquitaine\u00a0(https:\/\/methode-merci.fr)[\/footnote]. Comme le montre la figure 4, la majorit\u00e9 des parcelles pr\u00e9sentant des REH \u00e9lev\u00e9s en 2021 co\u00efncide avec une faible absorption d\u2019azote par les couverts. La figure 4 illustre aussi qu\u2019un faible d\u00e9veloppement des couverts n\u2019est pas forc\u00e9ment synonyme de REH \u00e9lev\u00e9s\u00a0: dans ces cas, c\u2019est peut-\u00eatre une faible disponibilit\u00e9 en azote qui explique le faible d\u00e9veloppement des couverts.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1414\" align=\"aligncenter\" width=\"1676\"]<img class=\"wp-image-1414 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig4hq-scaled-e1666880964772.jpg\" alt=\"\" width=\"1676\" height=\"1139\" \/> Figure 4. REH (kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>) et quantit\u00e9 d\u2019azote pi\u00e9g\u00e9e par les couverts en 2020 et 2021.[\/caption]\r\n\r\nAfin d\u2019\u00e9valuer l\u2019effet \"agriculteur\" sur les r\u00e9sultats REH, il est int\u00e9ressant de se pencher sur les valeurs de reliquats moyens de chaque exploitation pond\u00e9r\u00e9s par la surface de chaque culture (figure 5).\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1415\" align=\"aligncenter\" width=\"1644\"]<img class=\"wp-image-1415 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig5hq-scaled-e1666881011110.jpg\" alt=\"\" width=\"1644\" height=\"774\" \/> Figure 5. REH (kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>) moyens par exploitation en 2021.[\/caption]\r\n\r\nEn 2021, tr\u00e8s peu d\u2019agriculteurs ont obtenu un REH moyen inf\u00e9rieur au REH<sub>obj<\/sub> fix\u00e9 \u00e0 50\u00a0kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>. Par ailleurs, comme l\u2019illustre la figure 5, il existe de tr\u00e8s forts \u00e9carts entre exploitations.\r\n\r\nL\u2019\u00e9tude men\u00e9e par Benoit M. (2014) avait mis en \u00e9vidence, pour le groupe d\u2019exploitations \u00e9tudi\u00e9, la bonne performance des syst\u00e8mes en agriculture biologique (par rapport \u00e0 l'agriculture dite conventionnelle) vis-\u00e0-vis des pertes de nitrate\u00a0: la concentration sous-racinaire est en moyenne inf\u00e9rieure de 29\u00a0%. Dans le cadre des suivis REH men\u00e9s par Eau de Paris, une tr\u00e8s grande variabilit\u00e9 de r\u00e9sultats a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9e au sein des exploitations en agriculture biologique, probablement li\u00e9e <span style=\"font-size: 1em\">aux diff\u00e9rences p\u00e9dologiques et <\/span><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">\u00e0 la diversit\u00e9 des pratiques observ\u00e9es\u00a0:<\/span>\r\n<ul>\r\n \t<li><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">apports ou non de mati\u00e8res organiques, <\/span><\/li>\r\n \t<li><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">pr\u00e9sence ou non de couverts d'interculture, <\/span><\/li>\r\n \t<li><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">fr\u00e9quence de retour des l\u00e9gumineuses, <\/span><\/li>\r\n \t<li><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">travail du sol plus ou moins fr\u00e9quent, <\/span><\/li>\r\n \t<li><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">part de cultures laissant de forts REH.<\/span><\/li>\r\n<\/ul>\r\nAvec \u00ab seulement \u00bb trois ann\u00e9es de recul, il est pr\u00e9matur\u00e9 de juger de la performance (en terme de limitation des pertes de nitrate) des diff\u00e9rents syst\u00e8mes de culture dans les AAC suivies. Dans un premier temps, des facteurs d\u2019explication des r\u00e9sultats sont recherch\u00e9s au cours d\u2019\u00e9changes individuels avec chaque agriculteur. Ceux-ci participent volontiers \u00e0 ces \u00e9changes et manifestent une curiosit\u00e9 pour interpr\u00e9ter les r\u00e9sultats. G\u00e9n\u00e9ralement, les REH \u00e9lev\u00e9s sont expliqu\u00e9s par un mauvais rendement de la culture r\u00e9colt\u00e9e, une absence de couvert d'interculture, une culture pr\u00e9c\u00e9dente de type l\u00e9gumineuse, etc. Il reste n\u00e9anmoins de nombreuses inconnues et certains r\u00e9sultats demeurent surprenants. Beaucoup d\u2019agriculteurs sont encore sceptiques quant \u00e0 la fiabilit\u00e9 des mesures de REH et peu convaincus de l\u2019impact de leurs pratiques sur le REH, au regard de l\u2019effet du climat et des caract\u00e9ristiques intrins\u00e8ques de leurs sols.\r\n\r\nPar cons\u00e9quent, m\u00eame si c\u2019est l\u2019objet de l\u2019accompagnement technique individuel des agriculteurs (r\u00e9alis\u00e9 par des conseillers de structures prestataires ou partenaires financ\u00e9es par Eau de Paris), il n\u2019est pas toujours ais\u00e9 de d\u00e9finir avec les agriculteurs des axes d\u2019actions permettant de r\u00e9duire les valeurs de REH. En outre, certaines actions pr\u00e9conis\u00e9es telles que l\u2019implantation de couverts v\u00e9g\u00e9taux peuvent se trouver en contradiction avec des actions n\u00e9cessaires \u00e0 la ma\u00eetrise des adventices (faux-semis notamment).\r\n\r\nDes modifications de pratiques sont n\u00e9anmoins observ\u00e9es chez certains agriculteurs engag\u00e9s dans le PSE\u00a0: utilisation de la m\u00e9thode APPI-N[footnote]https:\/\/www6.versailles-grignon.inrae.fr\/agronomie\/Productions\/Outils-et-modeles\/Appi-N[\/footnote], r\u00e9duction des doses d\u2019engrais apport\u00e9es, avancement de la p\u00e9riode de semis des couverts en interculture. Il semble que la majorit\u00e9 des agriculteurs nouvellement engag\u00e9s dans nos PSE se soient focalis\u00e9s en premier lieu sur la gestion des herbicides, qui constitue pour eux la principale difficult\u00e9 du cahier des charges (tableau 1). L'espoir de voir se mat\u00e9rialiser plus de modifications des pratiques agricoles pour r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019enjeu nitrate est attendu dans les prochaines campagnes de mesures REH, l\u2019accompagnement technique mis en place commen\u00e7ant \u00e0 porter ses fruits. En outre, Eau de Paris envisage des adaptations du bonus Nitrate (montant, objectif) afin de le rendre plus efficace.\r\n<h1>Perspectives<\/h1>\r\nAu cours de l\u2019ann\u00e9e 2022, il est pr\u00e9vu de mod\u00e9liser les pertes d\u2019azote \u00e0 l\u2019aide du mod\u00e8le <em>Syst\u2019N\u00ae<\/em> (Parnaudeau et. al., 2012), dans diff\u00e9rents syst\u00e8mes de culture associ\u00e9s \u00e0 diff\u00e9rents contextes p\u00e9doclimatiques rencontr\u00e9s sur les AAC d\u2019Eau de Paris. Les objectifs de ce travail sont de\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>mieux hi\u00e9rarchiser les diff\u00e9rents facteurs influen\u00e7ant la teneur en azote min\u00e9ral dans le sol\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>distinguer l\u2019effet des contextes p\u00e9doclimatiques et des pratiques agricoles et<\/li>\r\n \t<li>estimer les concentrations en nitrate de l\u2019eau lixivi\u00e9e sous chaque syst\u00e8me de culture.<\/li>\r\n<\/ul>\r\nLes REH mesur\u00e9s dans les parcelles seront utilis\u00e9s pour caler ce mod\u00e8le. Une fois les syst\u00e8mes de culture param\u00e9tr\u00e9s, diff\u00e9rentes simulations de changements de pratiques seront effectu\u00e9es, en associant au maximum les agriculteurs concern\u00e9s.\r\n<h1>Bibliographie<\/h1>\r\nBenoit M., 2014. <em>Les fuites d\u2019azote en grandes cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res\u202f: lixiviation et \u00e9missions atmosph\u00e9riques dans des syst\u00e8mes biologiques et conventionnels du bassin de la Seine (France)<\/em>. France, Paris VI: Universit\u00e9 Pierre et Marie Curie.\r\n\r\nBeillouin D., Schneider A., Carrou\u00e9e B., Flenet F., Champolivier L., Cohan J.-P., Jeuffroy M.-H., 2017. Risques de pertes de nitrate par lixiviation \u00e0 court et moyen terme dans les rotations c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res incluant du pois ou du colza. <em>Innovations Agronomiques,<\/em> 60 1\u201118. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.15454\/1.513851030858317E12.\">https:\/\/doi.org\/10.15454\/1.513851030858317E12.<\/a>\r\n\r\nComifer, Groupe Azote. 2002. Lessivage des nitrates en syst\u00e8mes de cultures annuelles. Diagnostic du risque et propositions de gestion de l\u2019interculture. Comifer. <a href=\"https:\/\/comifer.asso.fr\/images\/fichiers\/Comifer_2002_interculture.pdf\">https:\/\/comifer.asso.fr\/images\/fichiers\/Comifer_2002_interculture.pdf<\/a>\r\n\r\nParnaudeau V., Reau R., Dubrulle P. 2012. Un outil d'\u00e9valuation des fuites d'azote vers l'environnement \u00e0 l'\u00e9chelle du syst\u00e8me de culture\u00a0: le logiciel Syst'N. <em>Innovations Agronomiques,<\/em> 21, 59-70.","rendered":"<div class=\"textbox\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Depuis 2020, Eau de Paris, op\u00e9rateur public en charge de la production et distribution de l\u2019eau potable \u00e0 Paris, propose aux agriculteurs actifs dans les aires d\u2019alimentation de captage (AAC) qu\u2019elle g\u00e8re un nouveau syst\u00e8me d\u2019appui financier, co-financ\u00e9 \u00e0 80\u00a0% par l\u2019Agence de l\u2019Eau Seine Normandie. Ce dispositif (paiement pour services environnementaux &#8211; PSE) s\u2019int\u00e8gre dans une d\u00e9marche globale vers un changement de pratiques agricoles favorable \u00e0 la qualit\u00e9 de l\u2019eau. Pour inciter les agriculteurs \u00e0 r\u00e9duire les pertes de nitrate dans leurs parcelles, Eau de Paris a choisi de se baser sur un indicateur de r\u00e9sultat, le reliquat entr\u00e9e hiver (REH).<\/p>\n<p>Chaque ann\u00e9e, dans les exploitations engag\u00e9es, des mesures de REH sont effectu\u00e9es dans plusieurs parcelles repr\u00e9sentatives des successions de culture de l\u2019exploitation. Le REH moyen de chacune de ces exploitation est ensuite compar\u00e9 \u00e0 un objectif pr\u00e9alablement fix\u00e9 (REH<sub>obj<\/sub>). Les agriculteurs engag\u00e9s dans les mesures d\u2019aide \u00ab\u00a0Grandes cultures et Elevage conventionnels\u00a0\u00bb re\u00e7oivent un bonus financier (40 \u20ac par hectare de parcelle engag\u00e9e dans l\u2019AAC) si leur REH moyen est inf\u00e9rieur ou \u00e9gal REH<sub>obj<\/sub>. Les agriculteurs sont ainsi incit\u00e9s \u00e0 trouver des solutions agronomiques permettant de r\u00e9duire leur REH. Pour les y aider, Eau de Paris s\u2019appuie sur les \u00e9changes d&rsquo;exp\u00e9rience entre agriculteurs et sur l\u2019accompagnement de conseillers agricoles locaux.<\/p>\n<p>En 2020, 45 agriculteurs se sont engag\u00e9s dans les mesures PSE propos\u00e9es par Eau de Paris incluant un bonus <em>Nitrate<\/em>. Une premi\u00e8re campagne de mesure de REH dans 279 parcelles a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e en novembre 2020 chez ces agriculteurs.\u00a0 En 2021, des pr\u00e9l\u00e8vements ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s dans 477 parcelles r\u00e9parties dans 75 exploitations agricoles.<\/p>\n<p>Ces suivis ont permis de mettre en \u00e9vidence le fait que certains agriculteurs ont des pratiques engendrant de faibles pertes hivernales de nitrate, donc compatibles avec la protection de l\u2019eau. Il appara\u00eet \u00e9galement que les obligations de moyens ciblant entre autres, la gestion de la fertilisation, ne sont pas en soi une garantie de faibles pertes de nitrate.<\/p>\n<\/div>\n<h1>Une probl\u00e9matique Nitrate au niveau de captages d\u2019Eau de Paris<\/h1>\n<p>Eau de Paris, entreprise publique en charge de la production, du transport et de la distribution de l\u2019eau \u00e0 la ville de Paris, se doit de d\u00e9livrer une eau dont la teneur en nitrate est inf\u00e9rieure \u00e0 la norme de potabilit\u00e9 fix\u00e9e \u00e0 50 mg.L<sup>-1<\/sup>. Le service <em>Protection de la ressource et biodiversit\u00e9<\/em> intervient sur plusieurs AAC (figure 1)\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>sources de la Voulzie, du Durteint et du Dragon en centre Seine-et-Marne,<\/li>\n<li>sources de la Joie-Chaintr\u00e9auville, Villeron et Villemer au sud Seine-et-Marne,<\/li>\n<li>sources de la Vigne et captages de Vert-en-Drouais \u00e0 l\u2019ouest de Dreux,<\/li>\n<li>sources de la Vall\u00e9e de la Vanne \u00e0 l\u2019est de Sens.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1411\" aria-describedby=\"caption-attachment-1411\" style=\"width: 1657px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1411 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig1hq-scaled-e1666880833745.jpg\" alt=\"\" width=\"1657\" height=\"1004\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig1hq-scaled-e1666880833745.jpg 1657w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig1hq-scaled-e1666880833745-300x182.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig1hq-scaled-e1666880833745-1024x620.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig1hq-scaled-e1666880833745-768x465.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig1hq-scaled-e1666880833745-1536x931.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig1hq-scaled-e1666880833745-65x39.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig1hq-scaled-e1666880833745-225x136.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig1hq-scaled-e1666880833745-350x212.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1657px) 100vw, 1657px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1411\" class=\"wp-caption-text\">Figure 1. Sch\u00e9ma d\u2019alimentation en eau de Paris et aires d\u2019alimentation concern\u00e9es par les PSE (mesures 1 \u00e0 4).<\/figcaption><\/figure>\n<p>Plusieurs captages pr\u00e9sentent en effet des concentrations en nitrate sup\u00e9rieures \u00e0 la limite de qualit\u00e9. La diversit\u00e9 du sch\u00e9ma d\u2019approvisionnement permet jusqu\u2019\u00e0 maintenant de respecter cette norme sans avoir eu besoin de traitements de d\u00e9nitrification en usine\u00a0; les eaux les plus concentr\u00e9es en nitrate sont m\u00e9lang\u00e9es avec des eaux souterraines d\u2019autres captages dont la teneur en nitrate est plus faible.<\/p>\n<p>Afin d\u2019am\u00e9liorer la qualit\u00e9 des eaux brutes et ainsi de s\u00e9curiser l\u2019approvisionnement sur le long terme, Eau de Paris s\u2019appuie sur une strat\u00e9gie de protection de la ressource en eau\u00a0: sur chaque AAC, un accompagnement technique et financier est propos\u00e9 aux agriculteurs pour construire des syst\u00e8mes agricoles limitant les pertes de nitrate et pesticides vers les eaux souterraines.<\/p>\n<h1>Accompagner les agriculteurs dans leur transition vers des syst\u00e8mes qui prot\u00e8gent l\u2019eau<\/h1>\n<p>Eau de Paris a mis en \u0153uvre, d\u00e8s les ann\u00e9es 1990, des actions avec les agriculteurs\u00a0: am\u00e9lioration de la gestion de la fertilisation (dispositif FertiMieux), r\u00e9duction des doses apport\u00e9es (Mesures Agri-Environnementales), tout en effectuant des suivis du reliquat azot\u00e9 dans le sol en entr\u00e9e et sortie d\u2019hiver sur un r\u00e9seau de parcelles. Les suivis ont permis de mettre en \u00e9vidence le fait que certains agriculteurs ont des pratiques engendrant de faibles pertes de nitrate hivernales, donc compatibles avec la protection de l\u2019eau. Ce suivi a \u00e9galement mis en \u00e9vidence que les obligations de moyens ciblant la gestion de la fertilisation ne sont pas en soi une garantie de faibles pertes de nitrate.<\/p>\n<p>Depuis 2020, Eau de Paris propose un nouveau syst\u00e8me d\u2019appui financier aux agriculteurs actif dans les AAC qu\u2019elle g\u00e8re. Ce dispositif est financ\u00e9 \u00e0 hauteur de 80\u00a0% par l\u2019Agence de l\u2019Eau Seine Normandie, et \u00e0 hauteur de 20\u00a0% par Eau de Paris. Il s\u2019agit d\u2019un PSE qui s\u2019int\u00e8gre \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de chaque territoire, dans une d\u00e9marche globale d\u2019accompagnement des agriculteurs vers un changement de pratiques agricoles favorable \u00e0 la qualit\u00e9 de l\u2019eau (conseil individuel, mise en r\u00e9seau avec d\u2019autres agriculteurs, appui au d\u00e9veloppement de fili\u00e8res, etc.). Quatre types de mesures sont propos\u00e9es aux agriculteurs\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Mesure 1 (M01)\u00a0: Syst\u00e8me grandes cultures \u00e9conome en intrants<\/li>\n<li>Mesure 2 (M02)\u00a0: Syst\u00e8me de polyculture-\u00e9levage maximisant l\u2019herbe<\/li>\n<li>Mesure 3 (M03)\u00a0: Eau &amp; Bio grandes cultures et \u00e9levage<\/li>\n<li>Mesure 4 (M04)\u00a0: Eau &amp; Zones sensibles (\u00e0 combiner avec une des autres mesures)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les principaux engagements du cahier des charges de ces mesures sont d\u00e9taill\u00e9s dans le tableau suivant (tableau 1).<\/p>\n<p>Le PSE est propos\u00e9 sur les zones d\u2019action pilotes d\u2019Eau de Paris (sud et centre Seine-et-Marne, Vall\u00e9e de la Vanne en Bourgogne, sources de la Vigne en Normandie et Eure-et-Loir), soit environ 87 000 ha de surfaces agricoles (figure 1). Les syst\u00e8mes agricoles majoritaires de ces territoires sont de type grandes cultures (bl\u00e9 (<em>Triticum aestivum<\/em>), orge (<em>Hordeum vulgare<\/em>), colza (<em>Brassica napus L.<\/em>), betterave (<em>Beta vulgaris<\/em>)), et polyculture-\u00e9levage bovin principalement en Normandie (tableau 2).<\/p>\n<p><em>Tableau 1\u00a0: Contenu des cahiers des charges des mesures du PSE Eau de Paris.<\/em><br \/>\n<a href=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab1-1.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1372 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab1-1.png\" alt=\"\" width=\"1566\" height=\"1670\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab1-1.png 1566w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab1-1-281x300.png 281w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab1-1-960x1024.png 960w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab1-1-768x819.png 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab1-1-1440x1536.png 1440w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab1-1-65x69.png 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab1-1-225x240.png 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab1-1-350x373.png 350w\" sizes=\"(max-width: 1566px) 100vw, 1566px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>Tableau 2\u00a0: Contexte agro-p\u00e9do-climatique des diff\u00e9rentes aires d\u2019alimentation de captages<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab2.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1373 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab2.png\" alt=\"\" width=\"1556\" height=\"1528\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab2.png 1556w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab2-300x295.png 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab2-1024x1006.png 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab2-768x754.png 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab2-1536x1508.png 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab2-65x64.png 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab2-225x221.png 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/03\/Nataf-tab2-350x344.png 350w\" sizes=\"(max-width: 1556px) 100vw, 1556px\" \/><\/a><\/p>\n<h1>Un bonus financier pour inciter les agriculteurs \u00e0 r\u00e9duire les valeurs de REH<\/h1>\n<p>Pour inciter les agriculteurs \u00e0 travailler sur la r\u00e9duction des pertes hivernales de nitrate dans leurs parcelles, Eau de Paris a choisi de se baser sur un indicateur de r\u00e9sultat, le REH d\u00e9fini comme la teneur en azote min\u00e9ral<a class=\"footnote\" title=\"Eau de Paris prend en compte la teneur en azote min\u00e9ral sous forme nitrique (ion nitrate) et en partie sous forme ammoniacale \u2013 susceptible d\u2019\u00eatre transform\u00e9e en nitrate\u00a0: seul l\u2019azote ammoniacal du premier horizon est pris en compte, avec un plafond \u00e0 20 kg N-NH4+.ha-1. Un facteur correctif li\u00e9 \u00e0 la pierrosit\u00e9 des sols est \u00e9galement pris en compte.\" id=\"return-footnote-152-1\" href=\"#footnote-152-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a> du sol au moment o\u00f9 la r\u00e9serve utile en eau des sols est pleine, juste avant le d\u00e9but de la p\u00e9riode de drainage.<\/p>\n<p>Pour limiter la teneur en nitrate aux sources, Eau de Paris a fix\u00e9 comme objectif de ne pas d\u00e9passer 50 mg.L<sup>-1<\/sup> de nitrate dans l\u2019eau qui s\u2019infiltre sous les parcelles agricoles. Sur la base du mod\u00e8le de Burns, des donn\u00e9es climatiques moyennes entre 2007 et 2017 (pluie et \u00e9vapotranspiration r\u00e9elle) et de donn\u00e9es p\u00e9dologiques disponibles, cet objectif de concentration en nitrate a pu \u00eatre traduit en diff\u00e9rentes valeurs objectifs de REH sur chaque territoire (calcul sur la base d\u2019un sol \u00ab moyen \u00bb repr\u00e9sentatif du territoire). Les valeurs de REH \u00ab objectif \u00bb obtenues \u00e9tant toutes comprises entre 40 et 55 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de fixer un seul objectif de 50 kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup> (REH<sub>obj<\/sub>) pour tous les territoires, par souci de simplification et de lisibilit\u00e9 aupr\u00e8s des agriculteurs.<\/p>\n<p>Chaque ann\u00e9e, des pr\u00e9l\u00e8vements sont r\u00e9alis\u00e9s sur des parcelles repr\u00e9sentatives des diff\u00e9rentes successions de culture de chaque exploitation (culture pr\u00e9c\u00e9dente \u2013 interculture \u2013 culture suivante). Ensuite, un calcul du reliquat moyen de chaque exploitation, pond\u00e9r\u00e9 par la surface de chaque culture, est effectu\u00e9 et compar\u00e9 au REH<sub>obj<\/sub>. Le but est d&rsquo;\u00e9valuer l\u2019impact moyen de chaque exploitation en termes de risque de pertes de nitrate sur l\u2019AAC.<\/p>\n<p>Les agriculteurs engag\u00e9s dans les mesures d\u2019aide M01 et M02 (tableau 1) re\u00e7oivent un \u00ab bonus \u00bb financier de 40 \u20ac.ha<sup>-1<\/sup> pour les parcelles engag\u00e9es dans l\u2019AAC si leur REH est inf\u00e9rieur ou \u00e9gal au REH<sub>obj<\/sub>. Ce montant a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 suffisamment attrayant pour motiver des changements de pratiques tels que l\u2019implantation plus massive de couverts en interculture. Ce montant a aussi \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 de mani\u00e8re \u00e0 conserver une coh\u00e9rence entre les diff\u00e9rentes mesures d\u2019aides\u00a0\u00a0: les montants sont de plus en plus incitatifs en fonction du niveau d\u2019ambition de la mesure.<\/p>\n<p>Fixer un bonus en fonction d\u2019un objectif de r\u00e9sultat permet de laisser les agriculteurs libres des moyens\/techniques \u00e0 mettre en \u0153uvre sur leur exploitation pour faire diminuer les REH.<\/p>\n<p>Ce bonus ne concerne pas la mesure d\u2019aide d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l\u2019agriculture biologique, mais la valeur objectif est reprise dans le cadre d\u2019un accompagnement sp\u00e9cifique azote obligatoire. Les agriculteurs concern\u00e9s sont ainsi incit\u00e9s \u00e0 trouver des solutions agronomiques permettant de r\u00e9duire leur REH. Pour les y aider, Eau de Paris s\u2019appuie sur les \u00e9changes entre agriculteurs et sur l\u2019accompagnement par des conseillers agricoles locaux financ\u00e9s dans le cadre du r\u00e9gime d\u2019aide.<\/p>\n<h1>M\u00e9thodologie des campagnes de mesures du REH<\/h1>\n<p>Chaque ann\u00e9e, durant l\u2019\u00e9t\u00e9, les charg\u00e9s de mission <em>Agriculture et Territoire<\/em> d\u2019Eau de Paris choisissent les parcelles sur lesquelles seront r\u00e9alis\u00e9s des pr\u00e9l\u00e8vements de sol, sur base des successions de culture sur chaque parcelle (culture r\u00e9colt\u00e9e et culture \u00e0 venir). Les points de pr\u00e9l\u00e8vement dans chaque parcelle sont g\u00e9or\u00e9f\u00e9renc\u00e9s sur une carte et valid\u00e9s avec chaque agriculteur pour que le point choisi corresponde \u00e0 une zone repr\u00e9sentative de la parcelle.<\/p>\n<p>Une attention particuli\u00e8re est port\u00e9e sur les conditions de r\u00e9alisation des pr\u00e9l\u00e8vements. Il est en effet essentiel que les agriculteurs aient confiance dans le dispositif de mesure, d\u2019autant plus quand les r\u00e9sultats ont des implications financi\u00e8res.<\/p>\n<p>Dans le cadre de leur prestation avec Eau de Paris, les pr\u00e9leveurs sont tenus de r\u00e9aliser au moins 12 pr\u00e9l\u00e8vements de sol dans un cercle autour du point GPS fix\u00e9 au pr\u00e9alable par Eau de Paris. Ces pr\u00e9l\u00e8vements doivent \u00eatre r\u00e9alis\u00e9s avant que la p\u00e9riode de drainage n\u2019ait commenc\u00e9 et sur une p\u00e9riode limit\u00e9e afin qu\u2019il n\u2019y ait pas trop d\u2019\u00e9cart de dates entre le premier et dernier pr\u00e9l\u00e8vement. En pratique, les dates de d\u00e9clenchement des pr\u00e9l\u00e8vements sont fix\u00e9es \u00e0 partir\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>du suivi de la pluviom\u00e9trie,<\/li>\n<li>des \u00e9changes avec des partenaires de Eau de Paris comp\u00e9tents dans le suivi du remplissage des r\u00e9serves utiles en eau des sols et<\/li>\n<li>du suivi sur le terrain de l\u2019humidit\u00e9 du sol dans quelques parcelles \u00e0 partir de mi-septembre.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans les cas o\u00f9 un r\u00e9sultat d\u2019analyse pr\u00e9sente un taux d\u2019azote ammoniacal particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9 (susceptible d\u2019indiquer une mauvaise conservation de l\u2019\u00e9chantillon ou la pr\u00e9sence de mati\u00e8re organique fra\u00eeche sur le sol lors de l&rsquo;\u00e9chantillonnage), un nouveau pr\u00e9l\u00e8vement est effectu\u00e9 dans la parcelle concern\u00e9e. En fonction des r\u00e9sultats, soit la mesure initiale soit la contre-mesure est conserv\u00e9e pour le calcul du reliquat moyen de l\u2019exploitation.<\/p>\n<h1>R\u00e9sultats des trois premi\u00e8res campagnes de mesures du REH<\/h1>\n<p>Une premi\u00e8re campagne de mesures de REH a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e en novembre 2019, uniquement sur les AAC de la Vanne et du Lunain, pour tester cette m\u00e9thodologie. Des pr\u00e9l\u00e8vements ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s dans 92 parcelles.<\/p>\n<p>En novembre 2020, 279 parcelles ont \u00e9t\u00e9 suivies dans 45 exploitations agricoles r\u00e9parties sur l\u2019ensemble des territoires o\u00f9 un PSE \u00e9tait propos\u00e9.<\/p>\n<p>En novembre 2021, des mesures de REH ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es dans 477 parcelles, chez 75 agriculteurs. Il s&rsquo;agit principalement d&rsquo;agriculteurs engag\u00e9s en PSE mais aussi d&rsquo;agriculteurs non encore engag\u00e9s et int\u00e9ress\u00e9s par la question des pertes de nitrate.<\/p>\n<p>En 2021, hormis quelques pr\u00e9l\u00e8vements plus tardifs sur des parcelles de ma\u00efs (<em>Zea mays<\/em>), les pr\u00e9l\u00e8vements de terre ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s la premi\u00e8re semaine de novembre au cours d&rsquo;une p\u00e9riode restreinte (entre 4 et 7 jours selon les territoires), avec peu de pluie, ce qui a permis de limiter les biais li\u00e9s aux \u00e9carts de dates de pr\u00e9l\u00e8vement.<\/p>\n<p>Les quatre territoires suivis pr\u00e9sentent des diff\u00e9rences importantes en termes de climat, sol et syst\u00e8mes de culture (tableau 1), qui se refl\u00e8tent dans les r\u00e9sultats de REH mesur\u00e9s ces trois derni\u00e8res ann\u00e9es. Comme le met en \u00e9vidence la figure 2, l\u2019AAC de la Vall\u00e9e de la Vanne est le territoire dont les valeurs de REH sont les plus basses et l\u2019AAC de la Vigne est celui dont elles sont les plus \u00e9lev\u00e9es.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1412\" aria-describedby=\"caption-attachment-1412\" style=\"width: 1593px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1412 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig2hq-scaled-e1666880880447.jpg\" alt=\"\" width=\"1593\" height=\"985\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig2hq-scaled-e1666880880447.jpg 1593w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig2hq-scaled-e1666880880447-300x185.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig2hq-scaled-e1666880880447-1024x633.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig2hq-scaled-e1666880880447-768x475.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig2hq-scaled-e1666880880447-1536x950.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig2hq-scaled-e1666880880447-65x40.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig2hq-scaled-e1666880880447-225x139.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig2hq-scaled-e1666880880447-350x216.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1593px) 100vw, 1593px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1412\" class=\"wp-caption-text\">Figure 2. REH (kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>) moyens par territoire et par ann\u00e9e.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les r\u00e9sultats REH peuvent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s sous l\u2019angle des successions de culture (couple culture pr\u00e9c\u00e9dente \u2013 interculture &#8211; culture suivante). En 2021, les valeurs obtenues pour les diff\u00e9rentes successions de cultures (figure 3) confirment des tendances d\u00e9j\u00e0 \u00e9tay\u00e9es par la bibliographie (Beillouin, 2017\u00a0; Comifer, 2002)\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>la culture du colza valorise bien l\u2019azote, quelle que soit la culture pr\u00e9c\u00e9dente, ce qui permet d\u2019obtenir des REH faibles. Ce constat est toutefois plus nuanc\u00e9 sur l\u2019AAC de la Vigne o\u00f9 les REH sont relativement \u00e9lev\u00e9es (\u00e9checs de lev\u00e9es de colza sur certaines parcelles ayant entra\u00een\u00e9 de tr\u00e8s forts REH)\u00a0;<\/li>\n<li>la betterave est un pr\u00e9c\u00e9dent qui laisse peu d&rsquo;azote min\u00e9ral dans le sol \u00e0 l\u2019automne\u00a0;<\/li>\n<li>la succession l\u00e9gumineuses ou prairies \u21d2 culture d\u2019hiver (hors colza) est la plus probl\u00e9matique en termes de REH\u00a0;<\/li>\n<li>un pr\u00e9c\u00e9dent ma\u00efs avant une c\u00e9r\u00e9ale d\u2019hiver conduit \u00e0 des REH g\u00e9n\u00e9ralement importants\u00a0;<\/li>\n<li>les successions de deux c\u00e9r\u00e9ales d\u2019hiver conduisent \u00e0 des REH g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9lev\u00e9s\u00a0;<\/li>\n<li>les prairies ou l\u00e9gumineuses en place depuis un an ou deux conduisent \u00e0 des REH relativement \u00e9lev\u00e9s et plus particuli\u00e8rement sur l\u2019AAC de la Vigne.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1413\" aria-describedby=\"caption-attachment-1413\" style=\"width: 1651px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1413 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig3hq-scaled-e1666880924677.jpg\" alt=\"\" width=\"1651\" height=\"1081\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig3hq-scaled-e1666880924677.jpg 1651w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig3hq-scaled-e1666880924677-300x196.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig3hq-scaled-e1666880924677-1024x670.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig3hq-scaled-e1666880924677-768x503.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig3hq-scaled-e1666880924677-1536x1006.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig3hq-scaled-e1666880924677-65x43.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig3hq-scaled-e1666880924677-225x147.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig3hq-scaled-e1666880924677-350x229.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1651px) 100vw, 1651px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1413\" class=\"wp-caption-text\">Figure 3. REH (kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>) par succession de culture pr\u00e9c\u00e9dent-suivant pour chaque territoire.<\/figcaption><\/figure>\n<p>En 2020 et 2021, des pes\u00e9es de biomasse de couverts d\u2019interculture ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es dans une vingtaine de parcelles fin octobre, sur les territoires Voulzie-Durteint-Dragon et Vall\u00e9e du Lunain. La quantit\u00e9 d\u2019azote pi\u00e9g\u00e9e par les couverts a \u00e9t\u00e9 estim\u00e9e via la m\u00e9thode MERCI<a class=\"footnote\" title=\"M\u00e9thode MERCI\u00a0: M\u00e9thode d\u2019Estimation des Restitutions par les Cultures Interm\u00e9diaires, d\u00e9velopp\u00e9e en 2010 par la Chambre R\u00e9gionale d\u2019Agriculture Nouvelle-Aquitaine\u00a0(https:\/\/methode-merci.fr)\" id=\"return-footnote-152-2\" href=\"#footnote-152-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a>. Comme le montre la figure 4, la majorit\u00e9 des parcelles pr\u00e9sentant des REH \u00e9lev\u00e9s en 2021 co\u00efncide avec une faible absorption d\u2019azote par les couverts. La figure 4 illustre aussi qu\u2019un faible d\u00e9veloppement des couverts n\u2019est pas forc\u00e9ment synonyme de REH \u00e9lev\u00e9s\u00a0: dans ces cas, c\u2019est peut-\u00eatre une faible disponibilit\u00e9 en azote qui explique le faible d\u00e9veloppement des couverts.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1414\" aria-describedby=\"caption-attachment-1414\" style=\"width: 1676px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1414 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig4hq-scaled-e1666880964772.jpg\" alt=\"\" width=\"1676\" height=\"1139\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig4hq-scaled-e1666880964772.jpg 1676w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig4hq-scaled-e1666880964772-300x204.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig4hq-scaled-e1666880964772-1024x696.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig4hq-scaled-e1666880964772-768x522.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig4hq-scaled-e1666880964772-1536x1044.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig4hq-scaled-e1666880964772-65x44.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig4hq-scaled-e1666880964772-225x153.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig4hq-scaled-e1666880964772-350x238.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1676px) 100vw, 1676px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1414\" class=\"wp-caption-text\">Figure 4. REH (kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>) et quantit\u00e9 d\u2019azote pi\u00e9g\u00e9e par les couverts en 2020 et 2021.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Afin d\u2019\u00e9valuer l\u2019effet \u00ab\u00a0agriculteur\u00a0\u00bb sur les r\u00e9sultats REH, il est int\u00e9ressant de se pencher sur les valeurs de reliquats moyens de chaque exploitation pond\u00e9r\u00e9s par la surface de chaque culture (figure 5).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1415\" aria-describedby=\"caption-attachment-1415\" style=\"width: 1644px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1415 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/peyresq22\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig5hq-scaled-e1666881011110.jpg\" alt=\"\" width=\"1644\" height=\"774\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig5hq-scaled-e1666881011110.jpg 1644w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig5hq-scaled-e1666881011110-300x141.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig5hq-scaled-e1666881011110-1024x482.jpg 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig5hq-scaled-e1666881011110-768x362.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig5hq-scaled-e1666881011110-1536x723.jpg 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig5hq-scaled-e1666881011110-65x31.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig5hq-scaled-e1666881011110-225x106.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/10\/fn_fig5hq-scaled-e1666881011110-350x165.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 1644px) 100vw, 1644px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1415\" class=\"wp-caption-text\">Figure 5. REH (kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>) moyens par exploitation en 2021.<\/figcaption><\/figure>\n<p>En 2021, tr\u00e8s peu d\u2019agriculteurs ont obtenu un REH moyen inf\u00e9rieur au REH<sub>obj<\/sub> fix\u00e9 \u00e0 50\u00a0kg N<sub>min<\/sub>.ha<sup>-1<\/sup>. Par ailleurs, comme l\u2019illustre la figure 5, il existe de tr\u00e8s forts \u00e9carts entre exploitations.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude men\u00e9e par Benoit M. (2014) avait mis en \u00e9vidence, pour le groupe d\u2019exploitations \u00e9tudi\u00e9, la bonne performance des syst\u00e8mes en agriculture biologique (par rapport \u00e0 l&rsquo;agriculture dite conventionnelle) vis-\u00e0-vis des pertes de nitrate\u00a0: la concentration sous-racinaire est en moyenne inf\u00e9rieure de 29\u00a0%. Dans le cadre des suivis REH men\u00e9s par Eau de Paris, une tr\u00e8s grande variabilit\u00e9 de r\u00e9sultats a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9e au sein des exploitations en agriculture biologique, probablement li\u00e9e <span style=\"font-size: 1em\">aux diff\u00e9rences p\u00e9dologiques et <\/span><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">\u00e0 la diversit\u00e9 des pratiques observ\u00e9es\u00a0:<\/span><\/p>\n<ul>\n<li><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">apports ou non de mati\u00e8res organiques, <\/span><\/li>\n<li><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">pr\u00e9sence ou non de couverts d&rsquo;interculture, <\/span><\/li>\n<li><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">fr\u00e9quence de retour des l\u00e9gumineuses, <\/span><\/li>\n<li><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">travail du sol plus ou moins fr\u00e9quent, <\/span><\/li>\n<li><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">part de cultures laissant de forts REH.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p>Avec \u00ab seulement \u00bb trois ann\u00e9es de recul, il est pr\u00e9matur\u00e9 de juger de la performance (en terme de limitation des pertes de nitrate) des diff\u00e9rents syst\u00e8mes de culture dans les AAC suivies. Dans un premier temps, des facteurs d\u2019explication des r\u00e9sultats sont recherch\u00e9s au cours d\u2019\u00e9changes individuels avec chaque agriculteur. Ceux-ci participent volontiers \u00e0 ces \u00e9changes et manifestent une curiosit\u00e9 pour interpr\u00e9ter les r\u00e9sultats. G\u00e9n\u00e9ralement, les REH \u00e9lev\u00e9s sont expliqu\u00e9s par un mauvais rendement de la culture r\u00e9colt\u00e9e, une absence de couvert d&rsquo;interculture, une culture pr\u00e9c\u00e9dente de type l\u00e9gumineuse, etc. Il reste n\u00e9anmoins de nombreuses inconnues et certains r\u00e9sultats demeurent surprenants. Beaucoup d\u2019agriculteurs sont encore sceptiques quant \u00e0 la fiabilit\u00e9 des mesures de REH et peu convaincus de l\u2019impact de leurs pratiques sur le REH, au regard de l\u2019effet du climat et des caract\u00e9ristiques intrins\u00e8ques de leurs sols.<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, m\u00eame si c\u2019est l\u2019objet de l\u2019accompagnement technique individuel des agriculteurs (r\u00e9alis\u00e9 par des conseillers de structures prestataires ou partenaires financ\u00e9es par Eau de Paris), il n\u2019est pas toujours ais\u00e9 de d\u00e9finir avec les agriculteurs des axes d\u2019actions permettant de r\u00e9duire les valeurs de REH. En outre, certaines actions pr\u00e9conis\u00e9es telles que l\u2019implantation de couverts v\u00e9g\u00e9taux peuvent se trouver en contradiction avec des actions n\u00e9cessaires \u00e0 la ma\u00eetrise des adventices (faux-semis notamment).<\/p>\n<p>Des modifications de pratiques sont n\u00e9anmoins observ\u00e9es chez certains agriculteurs engag\u00e9s dans le PSE\u00a0: utilisation de la m\u00e9thode APPI-N<a class=\"footnote\" title=\"https:\/\/www6.versailles-grignon.inrae.fr\/agronomie\/Productions\/Outils-et-modeles\/Appi-N\" id=\"return-footnote-152-3\" href=\"#footnote-152-3\" aria-label=\"Footnote 3\"><sup class=\"footnote\">[3]<\/sup><\/a>, r\u00e9duction des doses d\u2019engrais apport\u00e9es, avancement de la p\u00e9riode de semis des couverts en interculture. Il semble que la majorit\u00e9 des agriculteurs nouvellement engag\u00e9s dans nos PSE se soient focalis\u00e9s en premier lieu sur la gestion des herbicides, qui constitue pour eux la principale difficult\u00e9 du cahier des charges (tableau 1). L&rsquo;espoir de voir se mat\u00e9rialiser plus de modifications des pratiques agricoles pour r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019enjeu nitrate est attendu dans les prochaines campagnes de mesures REH, l\u2019accompagnement technique mis en place commen\u00e7ant \u00e0 porter ses fruits. En outre, Eau de Paris envisage des adaptations du bonus Nitrate (montant, objectif) afin de le rendre plus efficace.<\/p>\n<h1>Perspectives<\/h1>\n<p>Au cours de l\u2019ann\u00e9e 2022, il est pr\u00e9vu de mod\u00e9liser les pertes d\u2019azote \u00e0 l\u2019aide du mod\u00e8le <em>Syst\u2019N\u00ae<\/em> (Parnaudeau et. al., 2012), dans diff\u00e9rents syst\u00e8mes de culture associ\u00e9s \u00e0 diff\u00e9rents contextes p\u00e9doclimatiques rencontr\u00e9s sur les AAC d\u2019Eau de Paris. Les objectifs de ce travail sont de\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>mieux hi\u00e9rarchiser les diff\u00e9rents facteurs influen\u00e7ant la teneur en azote min\u00e9ral dans le sol\u00a0;<\/li>\n<li>distinguer l\u2019effet des contextes p\u00e9doclimatiques et des pratiques agricoles et<\/li>\n<li>estimer les concentrations en nitrate de l\u2019eau lixivi\u00e9e sous chaque syst\u00e8me de culture.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les REH mesur\u00e9s dans les parcelles seront utilis\u00e9s pour caler ce mod\u00e8le. Une fois les syst\u00e8mes de culture param\u00e9tr\u00e9s, diff\u00e9rentes simulations de changements de pratiques seront effectu\u00e9es, en associant au maximum les agriculteurs concern\u00e9s.<\/p>\n<h1>Bibliographie<\/h1>\n<p>Benoit M., 2014. <em>Les fuites d\u2019azote en grandes cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res\u202f: lixiviation et \u00e9missions atmosph\u00e9riques dans des syst\u00e8mes biologiques et conventionnels du bassin de la Seine (France)<\/em>. France, Paris VI: Universit\u00e9 Pierre et Marie Curie.<\/p>\n<p>Beillouin D., Schneider A., Carrou\u00e9e B., Flenet F., Champolivier L., Cohan J.-P., Jeuffroy M.-H., 2017. Risques de pertes de nitrate par lixiviation \u00e0 court et moyen terme dans les rotations c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res incluant du pois ou du colza. <em>Innovations Agronomiques,<\/em> 60 1\u201118. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.15454\/1.513851030858317E12.\">https:\/\/doi.org\/10.15454\/1.513851030858317E12.<\/a><\/p>\n<p>Comifer, Groupe Azote. 2002. Lessivage des nitrates en syst\u00e8mes de cultures annuelles. Diagnostic du risque et propositions de gestion de l\u2019interculture. Comifer. <a href=\"https:\/\/comifer.asso.fr\/images\/fichiers\/Comifer_2002_interculture.pdf\">https:\/\/comifer.asso.fr\/images\/fichiers\/Comifer_2002_interculture.pdf<\/a><\/p>\n<p>Parnaudeau V., Reau R., Dubrulle P. 2012. Un outil d&rsquo;\u00e9valuation des fuites d&rsquo;azote vers l&rsquo;environnement \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle du syst\u00e8me de culture\u00a0: le logiciel Syst&rsquo;N. <em>Innovations Agronomiques,<\/em> 21, 59-70.<\/p>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-152-1\">Eau de Paris prend en compte la teneur en azote min\u00e9ral sous forme nitrique (ion nitrate) et en partie sous forme ammoniacale \u2013 susceptible d\u2019\u00eatre transform\u00e9e en nitrate\u00a0: seul l\u2019azote ammoniacal du premier horizon est pris en compte, avec un plafond \u00e0 20 kg N-NH<sub>4<\/sub><sup>+<\/sup>.ha<sup>-1<\/sup>. Un facteur correctif li\u00e9 \u00e0 la pierrosit\u00e9 des sols est \u00e9galement pris en compte. <a href=\"#return-footnote-152-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-152-2\">M\u00e9thode MERCI\u00a0: M\u00e9thode d\u2019Estimation des Restitutions par les Cultures Interm\u00e9diaires, d\u00e9velopp\u00e9e en 2010 par la Chambre R\u00e9gionale d\u2019Agriculture Nouvelle-Aquitaine\u00a0(https:\/\/methode-merci.fr) <a href=\"#return-footnote-152-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-152-3\">https:\/\/www6.versailles-grignon.inrae.fr\/agronomie\/Productions\/Outils-et-modeles\/Appi-N <a href=\"#return-footnote-152-3\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 3\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":10,"menu_order":2,"template":"","meta":{"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["florine-nataf"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[82],"license":[],"class_list":["post-152","chapter","type-chapter","status-publish","hentry","contributor-florine-nataf"],"part":148,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/152"}],"collection":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"version-history":[{"count":65,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/152\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2133,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/152\/revisions\/2133"}],"part":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/148"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/152\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=152"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=152"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=152"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/APL_REH_RDD\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=152"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}