{"id":155,"date":"2022-06-15T13:58:43","date_gmt":"2022-06-15T11:58:43","guid":{"rendered":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/?post_type=chapter&#038;p=155"},"modified":"2023-01-20T09:44:01","modified_gmt":"2023-01-20T08:44:01","slug":"le-choix-des-langues-et-les-strategies-parentales-deducation-bilingue","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/chapter\/le-choix-des-langues-et-les-strategies-parentales-deducation-bilingue\/","title":{"raw":"2.2. Le choix des langues et les strat\u00e9gies parentales d\u2019\u00e9ducation bilingue","rendered":"2.2. Le choix des langues et les strat\u00e9gies parentales d\u2019\u00e9ducation bilingue"},"content":{"raw":"Les parents effectuent tr\u00e8s t\u00f4t un choix en termes de type d\u2019\u00e9ducation bilingue de leur enfant\u00a0; choix guid\u00e9 par des facteurs internes et\/ou externes \u00e0 la famille. D\u00e8s lors, plusieurs grandes cat\u00e9gories d\u2019\u00e9ducation bilingue sont envisageables en fonction de la ou des langues parl\u00e9es par les parents, celle de la communaut\u00e9 dans laquelle ils vivent et le choix de langue qu\u2019ils font pour les \u00e9changes quotidiens avec l\u2019enfant.\r\n<h1>Le choix linguistique parental<\/h1>\r\nLes enfants de couples bilingues sont naturellement expos\u00e9s \u00e0 deux langues. L\u2019exposition \u00e0 ces langues peut \u00eatre relativement \u00e9quilibr\u00e9e ou, et cela est relativement fr\u00e9quent, une langue est davantage pr\u00e9sente dans l\u2019environnement de l\u2019enfant (par exemple\u00a0: lorsqu\u2019un des deux parents parle la langue de la communaut\u00e9 dans laquelle vit la famille \u2013\u00a0cf. le Tableau 2 ci-avant).\r\n\r\nLorsque les parents font le choix d\u2019une \u00e9ducation bilingue pour leur enfant, une question fondamentale se pose\u00a0: quelle(s) langue(s) utiliser au quotidien et selon quelles modalit\u00e9s\u00a0? Ce choix rel\u00e8ve de ce que King et collaborateurs (2008) appellent la \u00ab\u00a0politique langagi\u00e8re familiale\u00a0\u00bb autrement dit une planification consciente prenant en compte\u00a0la langue des parents et les buts, attitudes et intentions li\u00e9s \u00e0 l\u2019utilisation de la langue au sein de la famille. Concr\u00e8tement, le choix de la langue peut directement d\u00e9couler\u00a0:\r\n\r\n(1) des pratiques spontan\u00e9es et de la nature de la langue utilis\u00e9e entre les parents eux-m\u00eames dans leurs \u00e9changes quotidiens (par exemple\u00a0: la langue d\u2019un des parents ou une troisi\u00e8me langue commune aux parents)\u00a0;\r\n\r\n(2) d\u2019un d\u00e9sir explicite de compenser le manque d\u2019exposition dans une des langues parl\u00e9es \u00e0 la maison (par exemple\u00a0: la langue maternelle d\u2019un des parents n\u2019est pas la langue de la communaut\u00e9 linguistique et n\u2019est donc pas parl\u00e9e en dehors du domicile et\/ou du cercle familial) ou encore\u00a0;\r\n\r\n(3) d\u2019un d\u00e9sir de marquer une identit\u00e9 et une appartenance \u00e0 une communaut\u00e9 d\u2019origine (par exemple\u00a0: dans le cadre d\u2019une immigration).\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nCe choix initial, qui ne rel\u00e8ve pas de l\u2019enfant lui-m\u00eame, aura un impact certain sur son d\u00e9veloppement bilingue m\u00eame s\u2019il n\u2019en est pas le seul d\u00e9terminant.\r\n<h3>Les strat\u00e9gies parentales d\u2019\u00e9ducation bilingue<\/h3>\r\nRomaine (1999) r\u00e9pertorie six grands types th\u00e9oriques de configurations \u00e9ducatives bilingues au sein desquels des d\u00e9clinaisons peuvent \u00e9videmment se faire en fonction de la dynamique familiale.\r\n\r\nLorsque les parents s\u2019interrogent sur le type d\u2019\u00e9ducation bilingue qu\u2019ils vont donner \u00e0 leur enfant, plusieurs questions reviennent souvent\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>Nous sommes un couple bilingue, quelle langue devons-nous parler \u00e0 notre enfant ?<\/li>\r\n \t<li>Est-il pr\u00e9f\u00e9rable que chacun d\u2019entre nous parle uniquement sa langue maternelle \u00e0 l\u2019enfant sans passer d\u2019une langue \u00e0 l\u2019autre ?<\/li>\r\n \t<li>Pour nous comprendre, mon conjoint et moi utilisons une autre langue que nos langues maternelles. Est-il pr\u00e9f\u00e9rable de ne pas l\u2019utiliser devant notre enfant ?<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<h6><a href=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig3a.png\"><img class=\"aligncenter wp-image-407 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig3a.png\" alt=\"\" width=\"1370\" height=\"2008\" \/><\/a><\/h6>\r\n[caption id=\"attachment_408\" align=\"aligncenter\" width=\"1366\"]<a href=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig3aa.png\"><img class=\"wp-image-408 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig3aa.png\" alt=\"\" width=\"1366\" height=\"344\" \/><\/a> <em>Tableau 3\u00a0: Les diff\u00e9rents grands types d'\u00e9ducation bilingue (d'apr\u00e8s Romaine, 1999).<\/em>[\/caption]\r\n\r\nR\u00e9pondre \u00e0 ces questions n\u2019est pas toujours simple. Comme on l\u2019a compris, le bilinguisme est quelque chose de complexe, de dynamique recouvrant des r\u00e9alit\u00e9s multiples. D\u00e8s lors la r\u00e9ponse qu\u2019on fera \u00e0 une famille n\u2019est pas n\u00e9cessairement celle qu\u2019on fera \u00e0 une autre, et ce m\u00eame si les situations semblent similaires. Nous ne reprendrons pas en d\u00e9tail ici les configurations d\u00e9crites dans le Tableau 3, nous nous contenterons juste d\u2019attirer l\u2019attention sur le concept \u00ab\u00a0un parent \u2013 une langue\u00a0\u00bb souvent conseill\u00e9 et mis en avant dans les pratiques \u00e9ducatives bilingues.\r\n<div>\r\n<h5>Question 1\u00a0: la strat\u00e9gie un parent \u2013 une langue est-elle la plus efficace\u00a0?<\/h5>\r\n<\/div>\r\nLa configuration \u00ab un parent \u2013 une langue \u00bb[footnote]Dans la litt\u00e9rature anglophone cette configuration est d\u00e9sign\u00e9e par l\u2019acronyme OPOL pour \"one-parent one-language\".[\/footnote]\u00a0est souvent appel\u00e9e \u00ab\u00a0loi de Grammont\u00a0\u00bb\u00a0en r\u00e9f\u00e9rence au linguiste Maurice Grammont qui, \u00e9crivant \u00e0 Jules Ronjat un des pr\u00e9curseurs de l\u2019\u00e9tude scientifique du bilinguisme pr\u00e9coce, disait\u00a0ceci en parlant de la future \u00e9ducation langagi\u00e8re des enfants de Ronjat\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Il n\u2019y a rien \u00e0 lui (ndlr\u00a0: \u00e0 l'enfant) apprendre ou \u00e0 lui enseigner. Il suffit que lorsqu\u2019on a quelque chose \u00e0 lui dire on le lui dise dans l\u2019une des langues qu\u2019on veut qu\u2019il sache. Mais voici le point important\u00a0: que chaque langue soit repr\u00e9sent\u00e9e par une personne diff\u00e9rente. Que vous, par exemple, vous lui parliez toujours fran\u00e7ais, sa m\u00e8re allemand. N\u2019intervertissez jamais les r\u00f4les. De cette fa\u00e7on, il parlera deux langues sans s\u2019en douter et sans avoir fait aucun effort sp\u00e9cial pour les apprendre<\/em>\u00a0\u00bb.\r\n\r\nCette strat\u00e9gie \u00e9ducative est sans doute la plus connue et la plus recommand\u00e9e par simple \u00ab principe de pr\u00e9caution \u00bb pour \u00e9viter, et c\u2019est ce que sous-entend l\u2019\u00e9crit de Grammont, que l\u2019enfant ne m\u00e9lange les langues. Dans la r\u00e9alit\u00e9, ce principe est tr\u00e8s difficile \u00e0 appliquer de mani\u00e8re stricte. Certains auteurs le d\u00e9crivent m\u00eame comme physiquement et \u00e9motionnellement tr\u00e8s co\u00fbteux pour les familles (on verra Barron-Hauwaert, 2011\u00a0; Olmedo, 2005 ou encore Okita, 2002). Par ailleurs, il suppose que l\u2019enfant interagit de mani\u00e8re \u00e9gale et \u00e9quivalente avec chacun des parents ce qui, d\u2019une part, est tr\u00e8s illusoire et, d\u2019autre part, nie totalement la dynamique communicationnelle familiale. Mais au-del\u00e0 de ces consid\u00e9rations g\u00e9n\u00e9rales, peut-on d\u00e9montrer l\u2019efficacit\u00e9 certaine de cette approche \u00e9ducative ? Auquel cas, il serait sans doute utile d\u2019en respecter scrupuleusement le principe m\u00eame s\u2019il est fonctionnellement exigeant.\r\n\r\nLes \u00e9tudes sur ce sujet sont assez peu nombreuses. Les premi\u00e8res remontent au d\u00e9but du XX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle quand Ronjat (1913) et Leopold (1939, 1947, 1949a, 1949b) \u00e9tudiaient le d\u00e9veloppement langagier de leurs enfants \u00e9lev\u00e9s selon le principe \u00ab un parent \u2013 une langue \u00bb recommand\u00e9 par Maurice Grammont. Ces \u00e9tudes, bien que qualitativement tr\u00e8s riches au point de vue de la description du d\u00e9veloppement langagier des enfants concern\u00e9s, ne nous donnent pas d\u2019indication sur l\u2019efficacit\u00e9 de ce principe dans la population g\u00e9n\u00e9rale. L\u2019\u00e9tude \u00e0 grande \u00e9chelle la plus connue \u00e0 ce sujet est d'Annick De Houwer (2007). Elle a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur un \u00e9chantillon de pr\u00e8s de 2.000 familles belges flamandes dans lesquelles un des parents au moins s\u2019adressait en n\u00e9erlandais \u00e0 l\u2019enfant (langue dominante de la soci\u00e9t\u00e9) et l\u2019autre parent dans une autre langue (langue minoritaire dans la soci\u00e9t\u00e9). Au terme de cette \u00e9tude, elle constate que 25\u00a0% des familles observ\u00e9es n\u2019atteignent pas l\u2019objectif de bilinguisme qu\u2019elles s\u2019\u00e9taient fix\u00e9, et ce principalement en raison de stimulations insuffisantes dans la langue minoritaire. Ces r\u00e9sultats am\u00e8nent De Houwer \u00e0 sugg\u00e9rer que la strat\u00e9gie \u00ab un parent \u2013 une langue \u00bb ne fournit pas un contexte n\u00e9cessaire ni m\u00eame suffisant pour garantir le d\u00e9veloppement bilingue d\u2019un enfant et que d\u2019autres facteurs vont naturellement peser sur le devenir linguistique de l\u2019enfant.\r\n\r\nLes familles \u00e9tudi\u00e9es par de Houwer (2007) sont dans une situation assez \u00ab classique \u00bb de bilinguisme familial\u00a0: une langue dominante, celle de la soci\u00e9t\u00e9, et une autre minoritaire parl\u00e9e \u00e0 la maison. Il existe, bien \u00e9videmment, d\u2019autres configurations langagi\u00e8res \u00ab langue dominante \u2013 langue minoritaire \u00bb dans lesquelles le principe \u00ab un parent \u2013 une langue \u00bb peut \u00eatre d\u2019application. On rel\u00e8vera plus particuli\u00e8rement les situations de multilinguisme dans lesquelles les deux parents parlent chacun une langue minoritaire \u00e0 la maison, la langue dominante de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tant une troisi\u00e8me langue (on verra la situation 4 illustr\u00e9e dans le Tableau 3) ainsi que les situations o\u00f9 l\u2019un des parents fait le choix de parler \u00e0 l\u2019enfant une autre langue que sa langue maternelle et celle de la soci\u00e9t\u00e9 (on verra la situation 5 illustr\u00e9e dans le Tableau 3). Ces deux cas ont notamment \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s par Montanari (2009), Quay (2012) ou encore Kennedy et Romo (2013) pour la premi\u00e8re et par Nakamura et Quay (2012) pour la seconde. Le point commun entre ces \u00e9tudes est qu\u2019aucune d\u2019entre elles ne met en \u00e9vidence de probl\u00e8me particulier dans l\u2019acquisition de la langue dominante (celle de la soci\u00e9t\u00e9) alors que le degr\u00e9 de ma\u00eetrise atteint dans la (les) langue(s) minoritaire(s) est, lui, assez variable. Celui-ci semble notamment li\u00e9 aux strat\u00e9gies communicationnelles adopt\u00e9es par les parents. Ainsi, l\u2019application stricte du principe \u00ab\u00a0un parent \u2013 une langue \u00bb allant jusqu\u2019\u00e0 feindre de ne pas comprendre la langue dominante lorsqu\u2019elle est employ\u00e9e par l\u2019enfant, stimule l\u2019utilisation de la langue minoritaire \u00e0 la maison et favorise le d\u00e9veloppement d\u2019un bilinguisme actif chez l\u2019enfant. Par contre, l\u2019utilisation de strat\u00e9gies d\u2019alternance dans lesquelles les parents passent de la langue dominante \u00e0 la langue minoritaire dans les interactions familiales et acceptent que l\u2019enfant s\u2019exprime principalement dans la langue dominante \u00e0 la maison est moins propice au d\u00e9veloppement bilingue de l\u2019enfant (Quay &amp; Montanari, 2016). Notons que dans ce dernier cas de figure, le probl\u00e8me r\u00e9side moins dans l\u2019alternance des langues qui induirait une confusion des langues chez l\u2019enfant (voir le Chapitre 2 de cet ouvrage et plus particuli\u00e8rement les sections se rapportant aux capacit\u00e9s de l\u2019enfant \u00e0 discriminer et diff\u00e9rencier les langues en pr\u00e9sence) que dans l\u2019utilisation d\u2019une strat\u00e9gie communicationnelle qui ne favorise pas l\u2019utilisation de la langue minoritaire et en r\u00e9duit quantitativement l\u2019exposition. Ces derni\u00e8res donn\u00e9es plaident en faveur de l'utilisation du principe \u00ab\u00a0un parent \u2013 une langue \u00bb, non parce que l'alternance des langues chez les parents serait de nature \u00e0 embrouiller l'enfant, mais bien parce qu'il permet, du moins th\u00e9oriquement, d'avoir une quantit\u00e9 d\u2019exposition suffisante dans les deux langues pour permettre leur d\u00e9veloppement harmonieux.","rendered":"<p>Les parents effectuent tr\u00e8s t\u00f4t un choix en termes de type d\u2019\u00e9ducation bilingue de leur enfant\u00a0; choix guid\u00e9 par des facteurs internes et\/ou externes \u00e0 la famille. D\u00e8s lors, plusieurs grandes cat\u00e9gories d\u2019\u00e9ducation bilingue sont envisageables en fonction de la ou des langues parl\u00e9es par les parents, celle de la communaut\u00e9 dans laquelle ils vivent et le choix de langue qu\u2019ils font pour les \u00e9changes quotidiens avec l\u2019enfant.<\/p>\n<h1>Le choix linguistique parental<\/h1>\n<p>Les enfants de couples bilingues sont naturellement expos\u00e9s \u00e0 deux langues. L\u2019exposition \u00e0 ces langues peut \u00eatre relativement \u00e9quilibr\u00e9e ou, et cela est relativement fr\u00e9quent, une langue est davantage pr\u00e9sente dans l\u2019environnement de l\u2019enfant (par exemple\u00a0: lorsqu\u2019un des deux parents parle la langue de la communaut\u00e9 dans laquelle vit la famille \u2013\u00a0cf. le Tableau 2 ci-avant).<\/p>\n<p>Lorsque les parents font le choix d\u2019une \u00e9ducation bilingue pour leur enfant, une question fondamentale se pose\u00a0: quelle(s) langue(s) utiliser au quotidien et selon quelles modalit\u00e9s\u00a0? Ce choix rel\u00e8ve de ce que King et collaborateurs (2008) appellent la \u00ab\u00a0politique langagi\u00e8re familiale\u00a0\u00bb autrement dit une planification consciente prenant en compte\u00a0la langue des parents et les buts, attitudes et intentions li\u00e9s \u00e0 l\u2019utilisation de la langue au sein de la famille. Concr\u00e8tement, le choix de la langue peut directement d\u00e9couler\u00a0:<\/p>\n<p>(1) des pratiques spontan\u00e9es et de la nature de la langue utilis\u00e9e entre les parents eux-m\u00eames dans leurs \u00e9changes quotidiens (par exemple\u00a0: la langue d\u2019un des parents ou une troisi\u00e8me langue commune aux parents)\u00a0;<\/p>\n<p>(2) d\u2019un d\u00e9sir explicite de compenser le manque d\u2019exposition dans une des langues parl\u00e9es \u00e0 la maison (par exemple\u00a0: la langue maternelle d\u2019un des parents n\u2019est pas la langue de la communaut\u00e9 linguistique et n\u2019est donc pas parl\u00e9e en dehors du domicile et\/ou du cercle familial) ou encore\u00a0;<\/p>\n<p>(3) d\u2019un d\u00e9sir de marquer une identit\u00e9 et une appartenance \u00e0 une communaut\u00e9 d\u2019origine (par exemple\u00a0: dans le cadre d\u2019une immigration).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ce choix initial, qui ne rel\u00e8ve pas de l\u2019enfant lui-m\u00eame, aura un impact certain sur son d\u00e9veloppement bilingue m\u00eame s\u2019il n\u2019en est pas le seul d\u00e9terminant.<\/p>\n<h3>Les strat\u00e9gies parentales d\u2019\u00e9ducation bilingue<\/h3>\n<p>Romaine (1999) r\u00e9pertorie six grands types th\u00e9oriques de configurations \u00e9ducatives bilingues au sein desquels des d\u00e9clinaisons peuvent \u00e9videmment se faire en fonction de la dynamique familiale.<\/p>\n<p>Lorsque les parents s\u2019interrogent sur le type d\u2019\u00e9ducation bilingue qu\u2019ils vont donner \u00e0 leur enfant, plusieurs questions reviennent souvent\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Nous sommes un couple bilingue, quelle langue devons-nous parler \u00e0 notre enfant ?<\/li>\n<li>Est-il pr\u00e9f\u00e9rable que chacun d\u2019entre nous parle uniquement sa langue maternelle \u00e0 l\u2019enfant sans passer d\u2019une langue \u00e0 l\u2019autre ?<\/li>\n<li>Pour nous comprendre, mon conjoint et moi utilisons une autre langue que nos langues maternelles. Est-il pr\u00e9f\u00e9rable de ne pas l\u2019utiliser devant notre enfant ?<\/li>\n<\/ul>\n<h6><a href=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig3a.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-407 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig3a.png\" alt=\"\" width=\"1370\" height=\"2008\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig3a.png 1370w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig3a-205x300.png 205w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig3a-699x1024.png 699w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig3a-768x1126.png 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig3a-1048x1536.png 1048w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig3a-65x95.png 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig3a-225x330.png 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig3a-350x513.png 350w\" sizes=\"(max-width: 1370px) 100vw, 1370px\" \/><\/a><\/h6>\n<figure id=\"attachment_408\" aria-describedby=\"caption-attachment-408\" style=\"width: 1366px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig3aa.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-408 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig3aa.png\" alt=\"\" width=\"1366\" height=\"344\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig3aa.png 1366w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig3aa-300x76.png 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig3aa-1024x258.png 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig3aa-768x193.png 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig3aa-65x16.png 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig3aa-225x57.png 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig3aa-350x88.png 350w\" sizes=\"(max-width: 1366px) 100vw, 1366px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-408\" class=\"wp-caption-text\"><em>Tableau 3\u00a0: Les diff\u00e9rents grands types d&rsquo;\u00e9ducation bilingue (d&rsquo;apr\u00e8s Romaine, 1999).<\/em><\/figcaption><\/figure>\n<p>R\u00e9pondre \u00e0 ces questions n\u2019est pas toujours simple. Comme on l\u2019a compris, le bilinguisme est quelque chose de complexe, de dynamique recouvrant des r\u00e9alit\u00e9s multiples. D\u00e8s lors la r\u00e9ponse qu\u2019on fera \u00e0 une famille n\u2019est pas n\u00e9cessairement celle qu\u2019on fera \u00e0 une autre, et ce m\u00eame si les situations semblent similaires. Nous ne reprendrons pas en d\u00e9tail ici les configurations d\u00e9crites dans le Tableau 3, nous nous contenterons juste d\u2019attirer l\u2019attention sur le concept \u00ab\u00a0un parent \u2013 une langue\u00a0\u00bb souvent conseill\u00e9 et mis en avant dans les pratiques \u00e9ducatives bilingues.<\/p>\n<div>\n<h5>Question 1\u00a0: la strat\u00e9gie un parent \u2013 une langue est-elle la plus efficace\u00a0?<\/h5>\n<\/div>\n<p>La configuration \u00ab un parent \u2013 une langue \u00bb<a class=\"footnote\" title=\"Dans la litt\u00e9rature anglophone cette configuration est d\u00e9sign\u00e9e par l\u2019acronyme OPOL pour &quot;one-parent one-language&quot;.\" id=\"return-footnote-155-1\" href=\"#footnote-155-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a>\u00a0est souvent appel\u00e9e \u00ab\u00a0loi de Grammont\u00a0\u00bb\u00a0en r\u00e9f\u00e9rence au linguiste Maurice Grammont qui, \u00e9crivant \u00e0 Jules Ronjat un des pr\u00e9curseurs de l\u2019\u00e9tude scientifique du bilinguisme pr\u00e9coce, disait\u00a0ceci en parlant de la future \u00e9ducation langagi\u00e8re des enfants de Ronjat\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Il n\u2019y a rien \u00e0 lui (ndlr\u00a0: \u00e0 l&rsquo;enfant) apprendre ou \u00e0 lui enseigner. Il suffit que lorsqu\u2019on a quelque chose \u00e0 lui dire on le lui dise dans l\u2019une des langues qu\u2019on veut qu\u2019il sache. Mais voici le point important\u00a0: que chaque langue soit repr\u00e9sent\u00e9e par une personne diff\u00e9rente. Que vous, par exemple, vous lui parliez toujours fran\u00e7ais, sa m\u00e8re allemand. N\u2019intervertissez jamais les r\u00f4les. De cette fa\u00e7on, il parlera deux langues sans s\u2019en douter et sans avoir fait aucun effort sp\u00e9cial pour les apprendre<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Cette strat\u00e9gie \u00e9ducative est sans doute la plus connue et la plus recommand\u00e9e par simple \u00ab principe de pr\u00e9caution \u00bb pour \u00e9viter, et c\u2019est ce que sous-entend l\u2019\u00e9crit de Grammont, que l\u2019enfant ne m\u00e9lange les langues. Dans la r\u00e9alit\u00e9, ce principe est tr\u00e8s difficile \u00e0 appliquer de mani\u00e8re stricte. Certains auteurs le d\u00e9crivent m\u00eame comme physiquement et \u00e9motionnellement tr\u00e8s co\u00fbteux pour les familles (on verra Barron-Hauwaert, 2011\u00a0; Olmedo, 2005 ou encore Okita, 2002). Par ailleurs, il suppose que l\u2019enfant interagit de mani\u00e8re \u00e9gale et \u00e9quivalente avec chacun des parents ce qui, d\u2019une part, est tr\u00e8s illusoire et, d\u2019autre part, nie totalement la dynamique communicationnelle familiale. Mais au-del\u00e0 de ces consid\u00e9rations g\u00e9n\u00e9rales, peut-on d\u00e9montrer l\u2019efficacit\u00e9 certaine de cette approche \u00e9ducative ? Auquel cas, il serait sans doute utile d\u2019en respecter scrupuleusement le principe m\u00eame s\u2019il est fonctionnellement exigeant.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudes sur ce sujet sont assez peu nombreuses. Les premi\u00e8res remontent au d\u00e9but du XX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle quand Ronjat (1913) et Leopold (1939, 1947, 1949a, 1949b) \u00e9tudiaient le d\u00e9veloppement langagier de leurs enfants \u00e9lev\u00e9s selon le principe \u00ab un parent \u2013 une langue \u00bb recommand\u00e9 par Maurice Grammont. Ces \u00e9tudes, bien que qualitativement tr\u00e8s riches au point de vue de la description du d\u00e9veloppement langagier des enfants concern\u00e9s, ne nous donnent pas d\u2019indication sur l\u2019efficacit\u00e9 de ce principe dans la population g\u00e9n\u00e9rale. L\u2019\u00e9tude \u00e0 grande \u00e9chelle la plus connue \u00e0 ce sujet est d&rsquo;Annick De Houwer (2007). Elle a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur un \u00e9chantillon de pr\u00e8s de 2.000 familles belges flamandes dans lesquelles un des parents au moins s\u2019adressait en n\u00e9erlandais \u00e0 l\u2019enfant (langue dominante de la soci\u00e9t\u00e9) et l\u2019autre parent dans une autre langue (langue minoritaire dans la soci\u00e9t\u00e9). Au terme de cette \u00e9tude, elle constate que 25\u00a0% des familles observ\u00e9es n\u2019atteignent pas l\u2019objectif de bilinguisme qu\u2019elles s\u2019\u00e9taient fix\u00e9, et ce principalement en raison de stimulations insuffisantes dans la langue minoritaire. Ces r\u00e9sultats am\u00e8nent De Houwer \u00e0 sugg\u00e9rer que la strat\u00e9gie \u00ab un parent \u2013 une langue \u00bb ne fournit pas un contexte n\u00e9cessaire ni m\u00eame suffisant pour garantir le d\u00e9veloppement bilingue d\u2019un enfant et que d\u2019autres facteurs vont naturellement peser sur le devenir linguistique de l\u2019enfant.<\/p>\n<p>Les familles \u00e9tudi\u00e9es par de Houwer (2007) sont dans une situation assez \u00ab classique \u00bb de bilinguisme familial\u00a0: une langue dominante, celle de la soci\u00e9t\u00e9, et une autre minoritaire parl\u00e9e \u00e0 la maison. Il existe, bien \u00e9videmment, d\u2019autres configurations langagi\u00e8res \u00ab langue dominante \u2013 langue minoritaire \u00bb dans lesquelles le principe \u00ab un parent \u2013 une langue \u00bb peut \u00eatre d\u2019application. On rel\u00e8vera plus particuli\u00e8rement les situations de multilinguisme dans lesquelles les deux parents parlent chacun une langue minoritaire \u00e0 la maison, la langue dominante de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tant une troisi\u00e8me langue (on verra la situation 4 illustr\u00e9e dans le Tableau 3) ainsi que les situations o\u00f9 l\u2019un des parents fait le choix de parler \u00e0 l\u2019enfant une autre langue que sa langue maternelle et celle de la soci\u00e9t\u00e9 (on verra la situation 5 illustr\u00e9e dans le Tableau 3). Ces deux cas ont notamment \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s par Montanari (2009), Quay (2012) ou encore Kennedy et Romo (2013) pour la premi\u00e8re et par Nakamura et Quay (2012) pour la seconde. Le point commun entre ces \u00e9tudes est qu\u2019aucune d\u2019entre elles ne met en \u00e9vidence de probl\u00e8me particulier dans l\u2019acquisition de la langue dominante (celle de la soci\u00e9t\u00e9) alors que le degr\u00e9 de ma\u00eetrise atteint dans la (les) langue(s) minoritaire(s) est, lui, assez variable. Celui-ci semble notamment li\u00e9 aux strat\u00e9gies communicationnelles adopt\u00e9es par les parents. Ainsi, l\u2019application stricte du principe \u00ab\u00a0un parent \u2013 une langue \u00bb allant jusqu\u2019\u00e0 feindre de ne pas comprendre la langue dominante lorsqu\u2019elle est employ\u00e9e par l\u2019enfant, stimule l\u2019utilisation de la langue minoritaire \u00e0 la maison et favorise le d\u00e9veloppement d\u2019un bilinguisme actif chez l\u2019enfant. Par contre, l\u2019utilisation de strat\u00e9gies d\u2019alternance dans lesquelles les parents passent de la langue dominante \u00e0 la langue minoritaire dans les interactions familiales et acceptent que l\u2019enfant s\u2019exprime principalement dans la langue dominante \u00e0 la maison est moins propice au d\u00e9veloppement bilingue de l\u2019enfant (Quay &amp; Montanari, 2016). Notons que dans ce dernier cas de figure, le probl\u00e8me r\u00e9side moins dans l\u2019alternance des langues qui induirait une confusion des langues chez l\u2019enfant (voir le Chapitre 2 de cet ouvrage et plus particuli\u00e8rement les sections se rapportant aux capacit\u00e9s de l\u2019enfant \u00e0 discriminer et diff\u00e9rencier les langues en pr\u00e9sence) que dans l\u2019utilisation d\u2019une strat\u00e9gie communicationnelle qui ne favorise pas l\u2019utilisation de la langue minoritaire et en r\u00e9duit quantitativement l\u2019exposition. Ces derni\u00e8res donn\u00e9es plaident en faveur de l&rsquo;utilisation du principe \u00ab\u00a0un parent \u2013 une langue \u00bb, non parce que l&rsquo;alternance des langues chez les parents serait de nature \u00e0 embrouiller l&rsquo;enfant, mais bien parce qu&rsquo;il permet, du moins th\u00e9oriquement, d&rsquo;avoir une quantit\u00e9 d\u2019exposition suffisante dans les deux langues pour permettre leur d\u00e9veloppement harmonieux.<\/p>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-155-1\">Dans la litt\u00e9rature anglophone cette configuration est d\u00e9sign\u00e9e par l\u2019acronyme OPOL pour \"one-parent one-language\". <a href=\"#return-footnote-155-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":12,"menu_order":2,"template":"","meta":{"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":[],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[],"license":[],"class_list":["post-155","chapter","type-chapter","status-publish","hentry"],"part":145,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/155"}],"collection":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/wp\/v2\/users\/12"}],"version-history":[{"count":29,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/155\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":883,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/155\/revisions\/883"}],"part":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/145"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/155\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=155"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=155"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=155"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=155"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}