{"id":203,"date":"2022-06-16T10:18:12","date_gmt":"2022-06-16T08:18:12","guid":{"rendered":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/?post_type=chapter&#038;p=203"},"modified":"2023-01-18T09:20:50","modified_gmt":"2023-01-18T08:20:50","slug":"lalternance-des-codes-linguistiques-et-le-melange-des-langues-ou-quand-lenfant-passe-dune-langue-a-lautre","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/chapter\/lalternance-des-codes-linguistiques-et-le-melange-des-langues-ou-quand-lenfant-passe-dune-langue-a-lautre\/","title":{"raw":"3.5. L\u2019alternance des codes linguistiques et le m\u00e9lange des langues ou&nbsp;quand l'enfant passe d'une langue \u00e0 l'autre","rendered":"3.5. L\u2019alternance des codes linguistiques et le m\u00e9lange des langues ou&nbsp;quand l&rsquo;enfant passe d&rsquo;une langue \u00e0 l&rsquo;autre"},"content":{"raw":"Dans le contexte du bilinguisme, l\u2019alternance des codes ou <em>code-switching<\/em> et le m\u00e9lange des langues ou <em>code-mixing<\/em> sont, selon les auteurs, deux concepts diff\u00e9rents. Le premier fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la juxtaposition de deux codes linguistiques\/langues dans le contexte d'une conversation ou d'une interaction alors que le m\u00e9lange des langues renvoie \u00e0 la pr\u00e9sence de mots des deux langues dans une m\u00eame\u00a0 phrase\u00a0 (Yow <em>et al.<\/em>, 2016).\r\n\r\nChez le bilingue, l\u2019alternance des langues peut constituer une strat\u00e9gie de communication d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e dont les buts sont divers, par exemple\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>mettre en \u00e9vidence un point particulier dans une conversation ou accentuer une id\u00e9e\u00a0; changer de langue attirant immanquablement l'attention de l'interlocuteur\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>\u00e9viter une rupture de la communication, par exemple, en s\u00e9lectionnant un mot en L<sub>A<\/sub> quand on ne le connait pas en L<sub>B<\/sub>\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>exprimer une id\u00e9e de mani\u00e8re plus ad\u00e9quate ou potentialiser sa m\u00e9morisation en utilisant la langue jug\u00e9e la plus adapt\u00e9e (par exemple\u00a0: dans le domaine du management ou des sciences, utiliser des mots en anglais pour signifier des concepts particuliers)\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>marquer la distance sociale avec un interlocuteur c'est-\u00e0-dire le degr\u00e9 de familiarit\u00e9 ou de non-familiarit\u00e9\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>raconter une conversation dans la langue dans laquelle elle a eu lieu pour rendre compte plus fid\u00e8lement des id\u00e9es\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>marquer un changement de th\u00e8me ou de contexte (par exemple\u00a0: passer d'une r\u00e9union de travail \u00e0 une conversation priv\u00e9e avec le m\u00eame interlocuteur)\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>exprimer des \u00e9motions ou un changement d'humeur.<\/li>\r\n<\/ul>\r\nCes comportements sont tr\u00e8s fr\u00e9quents chez l'adulte et, la plupart du temps, nous ne les assimilons nullement \u00e0 une incomp\u00e9tence linguistique voire nous sommes admiratifs devant cette capacit\u00e9 \u00e0 passer d'une langue \u00e0 l'autre avec un naturel d\u00e9concertant. En revanche, ce m\u00eame type de comportement chez l'enfant angoisse les parents, alerte les enseignants et appelle \u00e0 la vigilance. Est-ce un comportement irrationnel ou justifi\u00e9, c'est ce que nous allons essayer de d\u00e9terminer dans ce qui suit.\r\n<div>\r\n<h5>Question 17\u00a0: l\u2019alternance et le m\u00e9lange des langues sont-ils le signe d'un manque de comp\u00e9tence de l'enfant dans chacune de ses langues ?<\/h5>\r\n<\/div>\r\nDans la litt\u00e9rature scientifique sur le bilinguisme, un grand nombre de recherches porte sur les pratiques de m\u00e9lange et d\u2019alternance des langues chez l'adulte signalant d\u00e9j\u00e0 le fait que ce n'est pas un ph\u00e9nom\u00e8ne propre \u00e0 l'enfant. Peu de travaux sont cependant men\u00e9s chez l'enfant.\r\n\r\nHistoriquement, ces ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s chez l'enfant comme un signe de non-ma\u00eetrise des langues, voire, de perte de comp\u00e9tence dans une ou les deux langues (on verra notamment Labov, 1972). Cependant la fr\u00e9quence et la quasi-syst\u00e9maticit\u00e9 du ph\u00e9nom\u00e8ne chez les enfants bilingues m\u00e8nent \u00e0 penser que ce n'est pas le cas et que le m\u00e9lange et l\u2019alternance des langues seraient plut\u00f4t le signe d'une certaine comp\u00e9tence grammaticale et pragmatique de l'enfant (on verra notamment Paradis <em>et al.<\/em>, 2000). Selon Genesee (2002), si l'enfant recourt \u00e0 l\u2019alternance et\/ou au m\u00e9lange des langues c'est qu'il en la comp\u00e9tence tant d'un point de vue strictement langagier que communicatif. D\u00e8s lors, plut\u00f4t que d'\u00eatre le signe d'un manque ou d'une perte de comp\u00e9tence dans la ou les langues en jeu, ces pratiques seraient davantage le signe que les enfants sont comp\u00e9tents dans chacune d'entre elles voire qu'ils les ma\u00eetrisent de mani\u00e8re \u00e9quivalente. Ces pratiques seraient donc le signe que le jeune enfant poss\u00e8de d\u00e9j\u00e0 des connaissances sur la mani\u00e8re d'utiliser deux langues dans une m\u00eame phrase ou dans un m\u00eame \u00e9change, et ce m\u00eame s'il est toujours dans un processus d'acquisition du langage (MacSwan, 2012). Tous les chercheurs ne partagent cependant pas cet optimisme. Notamment parce que beaucoup de travaux menant \u00e0 ces conclusions sont des \u00e9tudes de cas unique difficilement g\u00e9n\u00e9ralisables, et qu'elles sont majoritairement men\u00e9es sur des cas de bilinguisme simultan\u00e9s mettant en pr\u00e9sence deux langues valoris\u00e9es par la communaut\u00e9. Kaufman et Aronoff (1991) sugg\u00e8rent d'ailleurs que les enfants issus de l'immigration expos\u00e9s de mani\u00e8re importante \u00e0 une L<sub>2<\/sub> seraient davantage susceptibles que d'autres enfants bilingues de m\u00e9langer les langues dans une m\u00eame expression signant ainsi la perte progressive de leur L<sub>1<\/sub>. Cette position est assez radicale et elle n'est pas partag\u00e9e par tous. Ainsi, Guiberson et collaborateurs (2006) avancent que ce n'est pas r\u00e9ellement l\u2019alternance ou le m\u00e9lange des langues qui sont pr\u00e9dictifs de la perte d'une des langues chez ces enfants, mais plut\u00f4t la nature des erreurs grammaticales qu'ils commettent.\r\n\r\nRevenant au bilinguisme simultan\u00e9, une des \u00e9tudes de groupe les plus r\u00e9centes sur le ph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019alternance des langues a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e par Yow et collaborateurs (2016). Elle concerne un groupe de 36 enfants anglophones \u00e2g\u00e9s de 5 \u00bd ans \u00e0 6 \u00bd ans scolaris\u00e9s en chinois \u00e0 Singapour. Plusieurs mesures langagi\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 collect\u00e9es (richesse du vocabulaire, longueur moyenne des \u00e9nonc\u00e9s, nombre d\u2019\u00e9pisodes d\u2019alternance dans les productions). Les observations men\u00e9es sur les enfants l'\u00e9taient pour parts \u00e9gales \u00e0 leur domicile et \u00e0 l'\u00e9cole. Au terme de l'\u00e9tude, les auteurs rapportent que la quantit\u00e9 totale d'\u00e9pisodes d\u2019alternance dans les deux milieux de vie de l\u2019enfant n'impacte n\u00e9gativement aucune des deux langues. Pour eux, la fr\u00e9quence des \u00e9pisodes d\u2019alternance \u00e0 l'\u00e9cole (notamment avec les autres enfants) est fortement li\u00e9e \u00e0 la comp\u00e9tence croissante des enfants en chinois, langue peu, voire pas, pratiqu\u00e9e \u00e0 la maison.\r\n\r\nAu terme d'une revue assez exhaustive de la litt\u00e9rature, Paradis et collaborateurs (2021) concluent que l\u2019alternance et le m\u00e9lange des langues sont des ph\u00e9nom\u00e8nes non seulement normaux dans le d\u00e9veloppement langagier de l'enfant bilingue, mais \u00e9galement omnipr\u00e9sents. Ils soulignent \u00e9galement que sans \u00e9valuation pr\u00e9cise et fouill\u00e9e des comp\u00e9tences de l'enfant dans les deux langues et sans prise en consid\u00e9ration du contexte global de d\u00e9veloppement, ces ph\u00e9nom\u00e8nes ne doivent pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme l'indice d'un retard ou d'un trouble dans le d\u00e9veloppement langagier de l'enfant. L\u2019alternance et le m\u00e9lange des langues ne doivent donc pas \u00eatre r\u00e9prim\u00e9s ou sanctionn\u00e9s. Ils repr\u00e9sentent chez l'enfant, comme chez l'adulte, une adaptation \u00e0 la situation de communication.","rendered":"<p>Dans le contexte du bilinguisme, l\u2019alternance des codes ou <em>code-switching<\/em> et le m\u00e9lange des langues ou <em>code-mixing<\/em> sont, selon les auteurs, deux concepts diff\u00e9rents. Le premier fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la juxtaposition de deux codes linguistiques\/langues dans le contexte d&rsquo;une conversation ou d&rsquo;une interaction alors que le m\u00e9lange des langues renvoie \u00e0 la pr\u00e9sence de mots des deux langues dans une m\u00eame\u00a0 phrase\u00a0 (Yow <em>et al.<\/em>, 2016).<\/p>\n<p>Chez le bilingue, l\u2019alternance des langues peut constituer une strat\u00e9gie de communication d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e dont les buts sont divers, par exemple\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>mettre en \u00e9vidence un point particulier dans une conversation ou accentuer une id\u00e9e\u00a0; changer de langue attirant immanquablement l&rsquo;attention de l&rsquo;interlocuteur\u00a0;<\/li>\n<li>\u00e9viter une rupture de la communication, par exemple, en s\u00e9lectionnant un mot en L<sub>A<\/sub> quand on ne le connait pas en L<sub>B<\/sub>\u00a0;<\/li>\n<li>exprimer une id\u00e9e de mani\u00e8re plus ad\u00e9quate ou potentialiser sa m\u00e9morisation en utilisant la langue jug\u00e9e la plus adapt\u00e9e (par exemple\u00a0: dans le domaine du management ou des sciences, utiliser des mots en anglais pour signifier des concepts particuliers)\u00a0;<\/li>\n<li>marquer la distance sociale avec un interlocuteur c&rsquo;est-\u00e0-dire le degr\u00e9 de familiarit\u00e9 ou de non-familiarit\u00e9\u00a0;<\/li>\n<li>raconter une conversation dans la langue dans laquelle elle a eu lieu pour rendre compte plus fid\u00e8lement des id\u00e9es\u00a0;<\/li>\n<li>marquer un changement de th\u00e8me ou de contexte (par exemple\u00a0: passer d&rsquo;une r\u00e9union de travail \u00e0 une conversation priv\u00e9e avec le m\u00eame interlocuteur)\u00a0;<\/li>\n<li>exprimer des \u00e9motions ou un changement d&rsquo;humeur.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces comportements sont tr\u00e8s fr\u00e9quents chez l&rsquo;adulte et, la plupart du temps, nous ne les assimilons nullement \u00e0 une incomp\u00e9tence linguistique voire nous sommes admiratifs devant cette capacit\u00e9 \u00e0 passer d&rsquo;une langue \u00e0 l&rsquo;autre avec un naturel d\u00e9concertant. En revanche, ce m\u00eame type de comportement chez l&rsquo;enfant angoisse les parents, alerte les enseignants et appelle \u00e0 la vigilance. Est-ce un comportement irrationnel ou justifi\u00e9, c&rsquo;est ce que nous allons essayer de d\u00e9terminer dans ce qui suit.<\/p>\n<div>\n<h5>Question 17\u00a0: l\u2019alternance et le m\u00e9lange des langues sont-ils le signe d&rsquo;un manque de comp\u00e9tence de l&rsquo;enfant dans chacune de ses langues ?<\/h5>\n<\/div>\n<p>Dans la litt\u00e9rature scientifique sur le bilinguisme, un grand nombre de recherches porte sur les pratiques de m\u00e9lange et d\u2019alternance des langues chez l&rsquo;adulte signalant d\u00e9j\u00e0 le fait que ce n&rsquo;est pas un ph\u00e9nom\u00e8ne propre \u00e0 l&rsquo;enfant. Peu de travaux sont cependant men\u00e9s chez l&rsquo;enfant.<\/p>\n<p>Historiquement, ces ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s chez l&rsquo;enfant comme un signe de non-ma\u00eetrise des langues, voire, de perte de comp\u00e9tence dans une ou les deux langues (on verra notamment Labov, 1972). Cependant la fr\u00e9quence et la quasi-syst\u00e9maticit\u00e9 du ph\u00e9nom\u00e8ne chez les enfants bilingues m\u00e8nent \u00e0 penser que ce n&rsquo;est pas le cas et que le m\u00e9lange et l\u2019alternance des langues seraient plut\u00f4t le signe d&rsquo;une certaine comp\u00e9tence grammaticale et pragmatique de l&rsquo;enfant (on verra notamment Paradis <em>et al.<\/em>, 2000). Selon Genesee (2002), si l&rsquo;enfant recourt \u00e0 l\u2019alternance et\/ou au m\u00e9lange des langues c&rsquo;est qu&rsquo;il en la comp\u00e9tence tant d&rsquo;un point de vue strictement langagier que communicatif. D\u00e8s lors, plut\u00f4t que d&rsquo;\u00eatre le signe d&rsquo;un manque ou d&rsquo;une perte de comp\u00e9tence dans la ou les langues en jeu, ces pratiques seraient davantage le signe que les enfants sont comp\u00e9tents dans chacune d&rsquo;entre elles voire qu&rsquo;ils les ma\u00eetrisent de mani\u00e8re \u00e9quivalente. Ces pratiques seraient donc le signe que le jeune enfant poss\u00e8de d\u00e9j\u00e0 des connaissances sur la mani\u00e8re d&rsquo;utiliser deux langues dans une m\u00eame phrase ou dans un m\u00eame \u00e9change, et ce m\u00eame s&rsquo;il est toujours dans un processus d&rsquo;acquisition du langage (MacSwan, 2012). Tous les chercheurs ne partagent cependant pas cet optimisme. Notamment parce que beaucoup de travaux menant \u00e0 ces conclusions sont des \u00e9tudes de cas unique difficilement g\u00e9n\u00e9ralisables, et qu&rsquo;elles sont majoritairement men\u00e9es sur des cas de bilinguisme simultan\u00e9s mettant en pr\u00e9sence deux langues valoris\u00e9es par la communaut\u00e9. Kaufman et Aronoff (1991) sugg\u00e8rent d&rsquo;ailleurs que les enfants issus de l&rsquo;immigration expos\u00e9s de mani\u00e8re importante \u00e0 une L<sub>2<\/sub> seraient davantage susceptibles que d&rsquo;autres enfants bilingues de m\u00e9langer les langues dans une m\u00eame expression signant ainsi la perte progressive de leur L<sub>1<\/sub>. Cette position est assez radicale et elle n&rsquo;est pas partag\u00e9e par tous. Ainsi, Guiberson et collaborateurs (2006) avancent que ce n&rsquo;est pas r\u00e9ellement l\u2019alternance ou le m\u00e9lange des langues qui sont pr\u00e9dictifs de la perte d&rsquo;une des langues chez ces enfants, mais plut\u00f4t la nature des erreurs grammaticales qu&rsquo;ils commettent.<\/p>\n<p>Revenant au bilinguisme simultan\u00e9, une des \u00e9tudes de groupe les plus r\u00e9centes sur le ph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019alternance des langues a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e par Yow et collaborateurs (2016). Elle concerne un groupe de 36 enfants anglophones \u00e2g\u00e9s de 5 \u00bd ans \u00e0 6 \u00bd ans scolaris\u00e9s en chinois \u00e0 Singapour. Plusieurs mesures langagi\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 collect\u00e9es (richesse du vocabulaire, longueur moyenne des \u00e9nonc\u00e9s, nombre d\u2019\u00e9pisodes d\u2019alternance dans les productions). Les observations men\u00e9es sur les enfants l&rsquo;\u00e9taient pour parts \u00e9gales \u00e0 leur domicile et \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole. Au terme de l&rsquo;\u00e9tude, les auteurs rapportent que la quantit\u00e9 totale d&rsquo;\u00e9pisodes d\u2019alternance dans les deux milieux de vie de l\u2019enfant n&rsquo;impacte n\u00e9gativement aucune des deux langues. Pour eux, la fr\u00e9quence des \u00e9pisodes d\u2019alternance \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole (notamment avec les autres enfants) est fortement li\u00e9e \u00e0 la comp\u00e9tence croissante des enfants en chinois, langue peu, voire pas, pratiqu\u00e9e \u00e0 la maison.<\/p>\n<p>Au terme d&rsquo;une revue assez exhaustive de la litt\u00e9rature, Paradis et collaborateurs (2021) concluent que l\u2019alternance et le m\u00e9lange des langues sont des ph\u00e9nom\u00e8nes non seulement normaux dans le d\u00e9veloppement langagier de l&rsquo;enfant bilingue, mais \u00e9galement omnipr\u00e9sents. Ils soulignent \u00e9galement que sans \u00e9valuation pr\u00e9cise et fouill\u00e9e des comp\u00e9tences de l&rsquo;enfant dans les deux langues et sans prise en consid\u00e9ration du contexte global de d\u00e9veloppement, ces ph\u00e9nom\u00e8nes ne doivent pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme l&rsquo;indice d&rsquo;un retard ou d&rsquo;un trouble dans le d\u00e9veloppement langagier de l&rsquo;enfant. L\u2019alternance et le m\u00e9lange des langues ne doivent donc pas \u00eatre r\u00e9prim\u00e9s ou sanctionn\u00e9s. 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