{"id":211,"date":"2022-06-16T10:48:28","date_gmt":"2022-06-16T08:48:28","guid":{"rendered":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/?post_type=chapter&#038;p=211"},"modified":"2023-01-20T09:47:24","modified_gmt":"2023-01-20T08:47:24","slug":"apprendre-a-lire-et-a-ecrire-dans-une-langue","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/chapter\/apprendre-a-lire-et-a-ecrire-dans-une-langue\/","title":{"raw":"4.1. Apprendre \u00e0 lire et \u00e0 \u00e9crire dans une langue","rendered":"4.1. Apprendre \u00e0 lire et \u00e0 \u00e9crire dans une langue"},"content":{"raw":"L'apprentissage de la lecture est un processus complexe qui n\u00e9cessite la mise en \u0153uvre de plusieurs comp\u00e9tences. Pour lire, il faut combiner les savoir-faire permettant la reconnaissance des mots et ceux permettant d'acc\u00e9der \u00e0 la compr\u00e9hension. C'est ce qui est repr\u00e9sent\u00e9 dans la litt\u00e9rature scientifique par l'\u00e9quation \u00ab\u00a0L = R X C\u00a0\u00bb (Gough &amp; Tunmer, 1986)\u00a0; la lecture est le produit de la reconnaissance des mots et de la compr\u00e9hension orale. Chez le lecteur expert, la compr\u00e9hension du mat\u00e9riel \u00e9crit reposant sur la reconnaissance automatique des mots, elle s'effectuera sans effort cognitif (Guttentag &amp; Haith, 1978).\r\n<h1>Le d\u00e9codage et le niveau des mots<\/h1>\r\nIl existe plusieurs mod\u00e8les rendant compte du processus de lecture chez l'enfant ainsi que des diff\u00e9rentes \u00e9tapes ou stades par lesquels il doit passer pour acc\u00e9der \u00e0 la lecture experte.\u00a0 Ces mod\u00e8les qui diff\u00e8rent principalement par le nombre de stades identifi\u00e9s proposent de rendre compte des traitements cognitifs impliqu\u00e9s dans l'apprentissage et le traitement des mots. Dans la conception en stades de la lecture, il est n\u00e9cessaire de ma\u00eetriser les traitements cognitifs propres \u00e0 une \u00e9tape avant de passer \u00e0 la suivante. Un des mod\u00e8les les plus connus est sans doute celui d'Uta Frith (1985) reprenant trois stades\u00a0: (1) le stade logographique (4-5 ans, avant tout apprentissage formel de la lecture) caract\u00e9ris\u00e9 par la reconnaissance d'un certain nombre de mots familiers pr\u00e9sents dans le quotidien\u00a0; (2) le stade alphab\u00e9tique (entr\u00e9e \u00e0 l'\u00e9cole primaire) dans lequel l'enfant comprend que les mots sont compos\u00e9s de sous-unit\u00e9s pouvant \u00eatre mises en correspondance avec des unit\u00e9s sonores (c'est la correspondance graph\u00e8me-phon\u00e8me) et (3), le stade orthographique (fin de 1<sup>\u00e8re<\/sup> primaire) dans lequel l'enfant identifie un mot d\u00e9j\u00e0 lu comme une unit\u00e9 orthographique pour laquelle il a une repr\u00e9sentation en m\u00e9moire. Le mod\u00e8le de Ehri (2002) rendant compte du d\u00e9veloppement et de la reconnaissance des mots en quatre \u00e9tapes est aujourd'hui le plus utilis\u00e9.\r\n<h6><\/h6>\r\n<a href=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/encart-5-corrige\u0301.png\"><img class=\"aligncenter wp-image-680 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/encart-5-corrige\u0301.png\" alt=\"\" width=\"1744\" height=\"1890\" \/><\/a>\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_681\" align=\"aligncenter\" width=\"1460\"]<a href=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab-10.png\"><img class=\"wp-image-681 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab-10.png\" alt=\"\" width=\"1460\" height=\"2204\" \/><\/a> <em>Tableau 10\u00a0: \u00c9tapes du d\u00e9veloppement de la lecture d'apr\u00e8s Ehri (2002).<\/em>[\/caption]\r\n\r\n<strong>\u00a0<\/strong>\r\n\r\nLes mod\u00e8les en stades tels que ceux de Frith (1985) ou de Ehri (2002) r\u00e9pondent \u00e0 la question du parcours d\u00e9veloppemental de l'enfant, mais pour pouvoir comprendre les sections qui vont suivre, il est important de comprendre comment nous lisons au quotidien. C'est ce que les mod\u00e8les \u00e0 doubles voies comme celui de Coltheart et collaborateurs (1993, 2001) tentent d\u2019expliquer en identifiant les proc\u00e9dures potentiellement mises en \u0153uvre dans une activit\u00e9 de lecture. Sans entrer dans les d\u00e9tails, les mod\u00e8les \u00e0 doubles voies d\u00e9crivent deux proc\u00e9dures d'identification et de reconnaissance des mots \u00e9crits\u00a0: une voie directe \u00e9galement appel\u00e9e proc\u00e9dure par adressage et une voie indirecte ou proc\u00e9dure par assemblage.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_386\" align=\"aligncenter\" width=\"3414\"]<a href=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab11.png\"><img class=\"wp-image-386 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab11.png\" alt=\"\" width=\"3414\" height=\"1250\" \/><\/a> <em>Tableau 11\u00a0:\u00a0 Mise en parall\u00e8le des proc\u00e9dures de lecture par voie d'assemblage et voie d'adressage.<\/em>[\/caption]\r\n<p data-wp-editing=\"1\">La lecture efficace de mots implique la ma\u00eetrise de ces deux voies de lecture. Selon le type de mots, une voie pourra \u00eatre privil\u00e9gi\u00e9e par rapport \u00e0 l'autre\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<ul>\r\n \t<li>les mots r\u00e9guliers pourront \u00eatre lus par la voie d'adressage (s'ils sont familiers et connus du lecteur) et par assemblage (s'ils sont non-familiers ou inconnus du lecteur)\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>les mots irr\u00e9guliers, ne pouvant \u00eatre lus correctement par une simple mise en correspondance 'graph\u00e8me-phon\u00e8me', seront lus par la voie d'adressage. Le lecteur devra alors r\u00e9cup\u00e9rer en m\u00e9moire la repr\u00e9sentation de la forme du mot. Il est clair que ce passage par la voie d'adressage ne peut se faire que si le lecteur a d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9 le mot et que celui-ci se trouve bien dans son stock orthographique. Dans le cas contraire, il sera contraint de proc\u00e9der par assemblage et donc par approximations avant de lire le mot correctement et de le m\u00e9moriser.<\/li>\r\n<\/ul>\r\nLors de l'acquisition de la lecture, l'apprenti-lecteur n'est pas encore capable d'utiliser efficacement ces deux proc\u00e9dures. Il utilisera dans un premier temps l'assemblage pour d\u00e9couvrir les mots et se construire progressivement un lexique mental dans lequel il va stocker les repr\u00e9sentations \u00e9crites des mots rencontr\u00e9s. Au terme du processus d'apprentissage, le lecteur expert pourra utiliser davantage la proc\u00e9dure d'adressage, reconna\u00eetre rapidement les mots familiers et acc\u00e9der \u00e0 leur repr\u00e9sentation phonologique et s\u00e9mantique.\r\n\r\nSi le d\u00e9veloppement de chacune de ces voies est perturb\u00e9, cela conduit alors \u00e0 des difficult\u00e9s de lecture ou \u00e0 des troubles de l'apprentissage du langage \u00e9crit.\r\n<h1>La compr\u00e9hension et le niveau des textes<\/h1>\r\nLorsque la reconnaissance des mots est op\u00e9rationnelle, elle permet au lecteur de lib\u00e9rer des ressources attentionnelles et cognitives qu'il pourra alors consacrer \u00e0 la compr\u00e9hension de ce qu'il lit. La compr\u00e9hension d\u00e9pend d'une s\u00e9rie de capacit\u00e9s incluant en plus du d\u00e9codage, le vocabulaire, la syntaxe, la m\u00e9moire de travail, la capacit\u00e9 \u00e0 faire des inf\u00e9rences, d\u2019int\u00e9grer de l\u2019information et de comprendre la structure d\u2019une histoire (Oakhill <em>et al.<\/em>, 2003).\r\n\r\nChez l'apprenti-lecteur et chez le lecteur expert, les facteurs qui influencent la compr\u00e9hension \u00e0 la lecture diff\u00e8rent au fur et \u00e0 mesure de la progression dans la scolarit\u00e9. Pendant les premi\u00e8res ann\u00e9es de l'apprentissage de la lecture, le d\u00e9codage et les habilet\u00e9s associ\u00e9es (cf. la conscience phonologique, la reconnaissance des lettres) sont les pr\u00e9dicteurs les plus puissants de la compr\u00e9hension en lecture. Par contre, en fin de scolarit\u00e9 \u00e9l\u00e9mentaire, les capacit\u00e9s en langage oral comme, le niveau de vocabulaire du lecteur (Ouellette &amp; Beers, 2010) ou son niveau de connaissances morphologiques, c'est-\u00e0-dire de la mani\u00e8re dont les mots sont form\u00e9s (Deacon &amp; Kirby, 2004) constituent des facteurs explicatifs les plus importants des performances de compr\u00e9hension en lecture. En d'autres termes, une fois que le processus de d\u00e9codage est ma\u00eetris\u00e9, la compr\u00e9hension \u00e0 la lecture est largement influenc\u00e9e par les capacit\u00e9s g\u00e9n\u00e9rales de langage oral. On pressent ici l'impact que pourra avoir le bilinguisme sur la compr\u00e9hension \u00e0 la lecture, mais nous y reviendrons.\r\n\r\nL'exemple suivant repris et traduit de Paradis et collaborateurs (2021) illustre toute la complexit\u00e9 du processus de lecture et l'importance des capacit\u00e9s g\u00e9n\u00e9rales de langage dans la compr\u00e9hension d'un texte lu.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_217\" align=\"aligncenter\" width=\"1268\"]<a href=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig18.png\"><img class=\"wp-image-217 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig18.png\" alt=\"\" width=\"1268\" height=\"852\" \/><\/a> Figure 18\u00a0: Illustration de la complexit\u00e9 du processus de lecture (d'apr\u00e8s Paradis et\u00a0al., 2021).[\/caption]\r\n\r\nComme on l'aura compris, pour appr\u00e9hender la signification de ce texte, plusieurs savoir-faire autres que le seul d\u00e9codage individuel des mots sont n\u00e9cessaires\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>conna\u00eetre les mots-cl\u00e9s du texte dont 'dentiste', 'mal de dents', 'cabinet', 'contr\u00f4le', 'patient', 'salle d'attente' qui ne sont utilis\u00e9s que dans des contextes particuliers\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>conna\u00eetre la version \u00e9crite de ces mots afin de pouvoir en retrouver la signification en m\u00e9moire\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>comprendre les structures grammaticales des phrases qui composent le texte (par exemple\u00a0: la subordination des phrases, l'utilisation des pronoms, des adverbes, etc.)\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>comprendre de quel style de texte il s'agit et son organisation narrative (par exemple\u00a0: il s'agit d'un r\u00e9cit descriptif et non d'un conte ou d'un dialogue).<\/li>\r\n<\/ul>\r\nPar ailleurs, le lecteur doit avoir une certaine motivation pour lire le texte ou encore des connaissances g\u00e9n\u00e9rales sur ce qu'est un dentiste, ce qu'il fait, quand on va le consulter, etc. Les connaissances lexicales et conceptuelles jouent donc un r\u00f4le fondamental dans la compr\u00e9hension des textes. Poss\u00e9der un lexique mental organis\u00e9 et \u00e9tendu permet au lecteur d'\u00eatre plus disponible pour organiser son activit\u00e9 de compr\u00e9hension. Enfin, le lecteur doit \u00e9galement avoir suffisamment de ressources cognitives pour comprendre la structure de l'histoire, qui sont les principaux personnages et les relations qu'ils entretiennent.\r\n\r\nNous reviendrons ult\u00e9rieurement sur cet exemple qui, non seulement, nous aide \u00e0 comprendre toute la difficult\u00e9 de l'acte de lecture, mais \u00e9galement pourquoi, dans certains cas de bilinguisme (on pense notamment aux enfants issus de l'immigration), le rendement de la lecture n'est pas celui qu'on pourrait attendre sur la simple base des comp\u00e9tences en d\u00e9codage de l'enfant.\r\n\r\n&nbsp;","rendered":"<p>L&rsquo;apprentissage de la lecture est un processus complexe qui n\u00e9cessite la mise en \u0153uvre de plusieurs comp\u00e9tences. Pour lire, il faut combiner les savoir-faire permettant la reconnaissance des mots et ceux permettant d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 la compr\u00e9hension. C&rsquo;est ce qui est repr\u00e9sent\u00e9 dans la litt\u00e9rature scientifique par l&rsquo;\u00e9quation \u00ab\u00a0L = R X C\u00a0\u00bb (Gough &amp; Tunmer, 1986)\u00a0; la lecture est le produit de la reconnaissance des mots et de la compr\u00e9hension orale. Chez le lecteur expert, la compr\u00e9hension du mat\u00e9riel \u00e9crit reposant sur la reconnaissance automatique des mots, elle s&rsquo;effectuera sans effort cognitif (Guttentag &amp; Haith, 1978).<\/p>\n<h1>Le d\u00e9codage et le niveau des mots<\/h1>\n<p>Il existe plusieurs mod\u00e8les rendant compte du processus de lecture chez l&rsquo;enfant ainsi que des diff\u00e9rentes \u00e9tapes ou stades par lesquels il doit passer pour acc\u00e9der \u00e0 la lecture experte.\u00a0 Ces mod\u00e8les qui diff\u00e8rent principalement par le nombre de stades identifi\u00e9s proposent de rendre compte des traitements cognitifs impliqu\u00e9s dans l&rsquo;apprentissage et le traitement des mots. Dans la conception en stades de la lecture, il est n\u00e9cessaire de ma\u00eetriser les traitements cognitifs propres \u00e0 une \u00e9tape avant de passer \u00e0 la suivante. Un des mod\u00e8les les plus connus est sans doute celui d&rsquo;Uta Frith (1985) reprenant trois stades\u00a0: (1) le stade logographique (4-5 ans, avant tout apprentissage formel de la lecture) caract\u00e9ris\u00e9 par la reconnaissance d&rsquo;un certain nombre de mots familiers pr\u00e9sents dans le quotidien\u00a0; (2) le stade alphab\u00e9tique (entr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole primaire) dans lequel l&rsquo;enfant comprend que les mots sont compos\u00e9s de sous-unit\u00e9s pouvant \u00eatre mises en correspondance avec des unit\u00e9s sonores (c&rsquo;est la correspondance graph\u00e8me-phon\u00e8me) et (3), le stade orthographique (fin de 1<sup>\u00e8re<\/sup> primaire) dans lequel l&rsquo;enfant identifie un mot d\u00e9j\u00e0 lu comme une unit\u00e9 orthographique pour laquelle il a une repr\u00e9sentation en m\u00e9moire. Le mod\u00e8le de Ehri (2002) rendant compte du d\u00e9veloppement et de la reconnaissance des mots en quatre \u00e9tapes est aujourd&rsquo;hui le plus utilis\u00e9.<\/p>\n<h6><\/h6>\n<p><a href=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/encart-5-corrige\u0301.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-680 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/encart-5-corrige\u0301.png\" alt=\"\" width=\"1744\" height=\"1890\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/encart-5-corrige\u0301.png 1744w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/encart-5-corrige\u0301-277x300.png 277w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/encart-5-corrige\u0301-945x1024.png 945w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/encart-5-corrige\u0301-768x832.png 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/encart-5-corrige\u0301-1417x1536.png 1417w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/encart-5-corrige\u0301-65x70.png 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/encart-5-corrige\u0301-225x244.png 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/encart-5-corrige\u0301-350x379.png 350w\" sizes=\"(max-width: 1744px) 100vw, 1744px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_681\" aria-describedby=\"caption-attachment-681\" style=\"width: 1460px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab-10.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-681 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab-10.png\" alt=\"\" width=\"1460\" height=\"2204\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab-10.png 1460w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab-10-199x300.png 199w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab-10-678x1024.png 678w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab-10-768x1159.png 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab-10-1017x1536.png 1017w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab-10-1357x2048.png 1357w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab-10-65x98.png 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab-10-225x340.png 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab-10-350x528.png 350w\" sizes=\"(max-width: 1460px) 100vw, 1460px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-681\" class=\"wp-caption-text\"><em>Tableau 10\u00a0: \u00c9tapes du d\u00e9veloppement de la lecture d&rsquo;apr\u00e8s Ehri (2002).<\/em><\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Les mod\u00e8les en stades tels que ceux de Frith (1985) ou de Ehri (2002) r\u00e9pondent \u00e0 la question du parcours d\u00e9veloppemental de l&rsquo;enfant, mais pour pouvoir comprendre les sections qui vont suivre, il est important de comprendre comment nous lisons au quotidien. C&rsquo;est ce que les mod\u00e8les \u00e0 doubles voies comme celui de Coltheart et collaborateurs (1993, 2001) tentent d\u2019expliquer en identifiant les proc\u00e9dures potentiellement mises en \u0153uvre dans une activit\u00e9 de lecture. Sans entrer dans les d\u00e9tails, les mod\u00e8les \u00e0 doubles voies d\u00e9crivent deux proc\u00e9dures d&rsquo;identification et de reconnaissance des mots \u00e9crits\u00a0: une voie directe \u00e9galement appel\u00e9e proc\u00e9dure par adressage et une voie indirecte ou proc\u00e9dure par assemblage.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_386\" aria-describedby=\"caption-attachment-386\" style=\"width: 3414px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab11.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-386 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab11.png\" alt=\"\" width=\"3414\" height=\"1250\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab11.png 3414w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab11-300x110.png 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab11-1024x375.png 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab11-768x281.png 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab11-1536x562.png 1536w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab11-2048x750.png 2048w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab11-65x24.png 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab11-225x82.png 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/tab11-350x128.png 350w\" sizes=\"(max-width: 3414px) 100vw, 3414px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-386\" class=\"wp-caption-text\"><em>Tableau 11\u00a0:\u00a0 Mise en parall\u00e8le des proc\u00e9dures de lecture par voie d&rsquo;assemblage et voie d&rsquo;adressage.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n<p data-wp-editing=\"1\">La lecture efficace de mots implique la ma\u00eetrise de ces deux voies de lecture. Selon le type de mots, une voie pourra \u00eatre privil\u00e9gi\u00e9e par rapport \u00e0 l&rsquo;autre\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>les mots r\u00e9guliers pourront \u00eatre lus par la voie d&rsquo;adressage (s&rsquo;ils sont familiers et connus du lecteur) et par assemblage (s&rsquo;ils sont non-familiers ou inconnus du lecteur)\u00a0;<\/li>\n<li>les mots irr\u00e9guliers, ne pouvant \u00eatre lus correctement par une simple mise en correspondance &lsquo;graph\u00e8me-phon\u00e8me&rsquo;, seront lus par la voie d&rsquo;adressage. Le lecteur devra alors r\u00e9cup\u00e9rer en m\u00e9moire la repr\u00e9sentation de la forme du mot. Il est clair que ce passage par la voie d&rsquo;adressage ne peut se faire que si le lecteur a d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9 le mot et que celui-ci se trouve bien dans son stock orthographique. Dans le cas contraire, il sera contraint de proc\u00e9der par assemblage et donc par approximations avant de lire le mot correctement et de le m\u00e9moriser.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Lors de l&rsquo;acquisition de la lecture, l&rsquo;apprenti-lecteur n&rsquo;est pas encore capable d&rsquo;utiliser efficacement ces deux proc\u00e9dures. Il utilisera dans un premier temps l&rsquo;assemblage pour d\u00e9couvrir les mots et se construire progressivement un lexique mental dans lequel il va stocker les repr\u00e9sentations \u00e9crites des mots rencontr\u00e9s. Au terme du processus d&rsquo;apprentissage, le lecteur expert pourra utiliser davantage la proc\u00e9dure d&rsquo;adressage, reconna\u00eetre rapidement les mots familiers et acc\u00e9der \u00e0 leur repr\u00e9sentation phonologique et s\u00e9mantique.<\/p>\n<p>Si le d\u00e9veloppement de chacune de ces voies est perturb\u00e9, cela conduit alors \u00e0 des difficult\u00e9s de lecture ou \u00e0 des troubles de l&rsquo;apprentissage du langage \u00e9crit.<\/p>\n<h1>La compr\u00e9hension et le niveau des textes<\/h1>\n<p>Lorsque la reconnaissance des mots est op\u00e9rationnelle, elle permet au lecteur de lib\u00e9rer des ressources attentionnelles et cognitives qu&rsquo;il pourra alors consacrer \u00e0 la compr\u00e9hension de ce qu&rsquo;il lit. La compr\u00e9hension d\u00e9pend d&rsquo;une s\u00e9rie de capacit\u00e9s incluant en plus du d\u00e9codage, le vocabulaire, la syntaxe, la m\u00e9moire de travail, la capacit\u00e9 \u00e0 faire des inf\u00e9rences, d\u2019int\u00e9grer de l\u2019information et de comprendre la structure d\u2019une histoire (Oakhill <em>et al.<\/em>, 2003).<\/p>\n<p>Chez l&rsquo;apprenti-lecteur et chez le lecteur expert, les facteurs qui influencent la compr\u00e9hension \u00e0 la lecture diff\u00e8rent au fur et \u00e0 mesure de la progression dans la scolarit\u00e9. Pendant les premi\u00e8res ann\u00e9es de l&rsquo;apprentissage de la lecture, le d\u00e9codage et les habilet\u00e9s associ\u00e9es (cf. la conscience phonologique, la reconnaissance des lettres) sont les pr\u00e9dicteurs les plus puissants de la compr\u00e9hension en lecture. Par contre, en fin de scolarit\u00e9 \u00e9l\u00e9mentaire, les capacit\u00e9s en langage oral comme, le niveau de vocabulaire du lecteur (Ouellette &amp; Beers, 2010) ou son niveau de connaissances morphologiques, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la mani\u00e8re dont les mots sont form\u00e9s (Deacon &amp; Kirby, 2004) constituent des facteurs explicatifs les plus importants des performances de compr\u00e9hension en lecture. En d&rsquo;autres termes, une fois que le processus de d\u00e9codage est ma\u00eetris\u00e9, la compr\u00e9hension \u00e0 la lecture est largement influenc\u00e9e par les capacit\u00e9s g\u00e9n\u00e9rales de langage oral. On pressent ici l&rsquo;impact que pourra avoir le bilinguisme sur la compr\u00e9hension \u00e0 la lecture, mais nous y reviendrons.<\/p>\n<p>L&rsquo;exemple suivant repris et traduit de Paradis et collaborateurs (2021) illustre toute la complexit\u00e9 du processus de lecture et l&rsquo;importance des capacit\u00e9s g\u00e9n\u00e9rales de langage dans la compr\u00e9hension d&rsquo;un texte lu.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_217\" aria-describedby=\"caption-attachment-217\" style=\"width: 1268px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig18.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-217 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig18.png\" alt=\"\" width=\"1268\" height=\"852\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig18.png 1268w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig18-300x202.png 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig18-1024x688.png 1024w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig18-768x516.png 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig18-65x44.png 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig18-225x151.png 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2022\/06\/fig18-350x235.png 350w\" sizes=\"(max-width: 1268px) 100vw, 1268px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-217\" class=\"wp-caption-text\">Figure 18\u00a0: Illustration de la complexit\u00e9 du processus de lecture (d&rsquo;apr\u00e8s Paradis et\u00a0al., 2021).<\/figcaption><\/figure>\n<p>Comme on l&rsquo;aura compris, pour appr\u00e9hender la signification de ce texte, plusieurs savoir-faire autres que le seul d\u00e9codage individuel des mots sont n\u00e9cessaires\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>conna\u00eetre les mots-cl\u00e9s du texte dont &lsquo;dentiste&rsquo;, &lsquo;mal de dents&rsquo;, &lsquo;cabinet&rsquo;, &lsquo;contr\u00f4le&rsquo;, &lsquo;patient&rsquo;, &lsquo;salle d&rsquo;attente&rsquo; qui ne sont utilis\u00e9s que dans des contextes particuliers\u00a0;<\/li>\n<li>conna\u00eetre la version \u00e9crite de ces mots afin de pouvoir en retrouver la signification en m\u00e9moire\u00a0;<\/li>\n<li>comprendre les structures grammaticales des phrases qui composent le texte (par exemple\u00a0: la subordination des phrases, l&rsquo;utilisation des pronoms, des adverbes, etc.)\u00a0;<\/li>\n<li>comprendre de quel style de texte il s&rsquo;agit et son organisation narrative (par exemple\u00a0: il s&rsquo;agit d&rsquo;un r\u00e9cit descriptif et non d&rsquo;un conte ou d&rsquo;un dialogue).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Par ailleurs, le lecteur doit avoir une certaine motivation pour lire le texte ou encore des connaissances g\u00e9n\u00e9rales sur ce qu&rsquo;est un dentiste, ce qu&rsquo;il fait, quand on va le consulter, etc. Les connaissances lexicales et conceptuelles jouent donc un r\u00f4le fondamental dans la compr\u00e9hension des textes. Poss\u00e9der un lexique mental organis\u00e9 et \u00e9tendu permet au lecteur d&rsquo;\u00eatre plus disponible pour organiser son activit\u00e9 de compr\u00e9hension. Enfin, le lecteur doit \u00e9galement avoir suffisamment de ressources cognitives pour comprendre la structure de l&rsquo;histoire, qui sont les principaux personnages et les relations qu&rsquo;ils entretiennent.<\/p>\n<p>Nous reviendrons ult\u00e9rieurement sur cet exemple qui, non seulement, nous aide \u00e0 comprendre toute la difficult\u00e9 de l&rsquo;acte de lecture, mais \u00e9galement pourquoi, dans certains cas de bilinguisme (on pense notamment aux enfants issus de l&rsquo;immigration), le rendement de la lecture n&rsquo;est pas celui qu&rsquo;on pourrait attendre sur la simple base des comp\u00e9tences en d\u00e9codage de l&rsquo;enfant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":12,"menu_order":1,"template":"","meta":{"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":[],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[],"license":[],"class_list":["post-211","chapter","type-chapter","status-publish","hentry"],"part":208,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/211"}],"collection":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/wp\/v2\/users\/12"}],"version-history":[{"count":31,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/211\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":886,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/211\/revisions\/886"}],"part":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/208"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/211\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=211"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=211"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=211"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/bilinguisme\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=211"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}