{"id":61,"date":"2021-11-15T13:36:02","date_gmt":"2021-11-15T13:36:02","guid":{"rendered":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/?post_type=chapter&#038;p=61"},"modified":"2021-12-23T14:22:52","modified_gmt":"2021-12-23T14:22:52","slug":"7","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/chapter\/7\/","title":{"raw":"#7 \u00ab\u00a0<em>Mon copain dit que je n\u2019ai pas la migraine, parce que ce n\u2019est pas comme lui<\/em>\u00a0\u00bb","rendered":"#7 \u00ab\u00a0<em>Mon copain dit que je n\u2019ai pas la migraine, parce que ce n\u2019est pas comme lui<\/em>\u00a0\u00bb"},"content":{"raw":"<h1>Les variantes, les cousines et les sosies de la migraine<\/h1>\r\nMalgr\u00e9 les caract\u00e9ristiques d\u00e9crites ci-dessus qui permettent de diagnostiquer la migraine (voy. <i>supra<\/i>, #\u00a01), <i>les <\/i><i><b>crises varient<\/b><\/i><i> entre migraineux, mais aussi souvent chez le m\u00eame sujet d\u2019une fois \u00e0 l\u2019autre<\/i>. Toutes les migraines n\u2019ont pas la m\u00eame s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 et n\u2019entra\u00eenent pas le m\u00eame handicap (voy. <i>infra<\/i>, #\u00a09).\r\n\r\nDans l\u2019enqu\u00eate que nous avons men\u00e9e en 2008 parmi le personnel administratif et technique (PATO) de l\u2019Universit\u00e9 de Li\u00e8ge (G\u00e9rardy <i>et\u00a0al<\/i>., 2008), 50\u00a0% des 163\u00a0migraineux identifi\u00e9s par questionnaire avaient entre un et deux jours de migraine par mois, alors que plus d\u2019un sur trois avait des crises nettement plus fr\u00e9quentes. De m\u00eame, la dur\u00e9e des crises variait\u00a0: pr\u00e8s de 70\u00a0% des migraineux indiquaient une dur\u00e9e conforme aux crit\u00e8res de diagnostic (entre quatre heures et trois jours), mais chez 26\u00a0%, la dur\u00e9e \u00e9tait plus courte et chez 5\u00a0%, elle \u00e9tait plus longue (Fig.\u00a025).\r\n\r\nIl ne faut pas oublier, en effet, qu\u2019il n\u2019est pas n\u00e9cessaire que tous les crit\u00e8res de diagnostic soient r\u00e9unis pour retenir le diagnostic. Ainsi, dans l\u2019enqu\u00eate du PATO\u00a0ULg, 17\u00a0% des migraineux ne signalaient pas de photophobie\u00a0; chez 27\u00a0%, la douleur \u00e9tait bilat\u00e9rale et chez 34\u00a0%, il n\u2019y avait pas de naus\u00e9es (Fig.\u00a026).\r\n\r\nCela n\u2019exclut pas le diagnostic si d\u2019autres sympt\u00f4mes comme s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 importante, caract\u00e8re pulsatile ou lancinant de la douleur, aggravation par l\u2019activit\u00e9 physique et intol\u00e9rance au bruit et aux odeurs sont pr\u00e9sents. Au lieu d\u2019avoir des naus\u00e9es, certains sujets peuvent au contraire avoir faim pendant la crise.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_183\" align=\"aligncenter\" width=\"960\"]<img class=\"wp-image-183 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide25-e1640164625669.jpg\" alt=\"\" width=\"960\" height=\"614\" \/> <strong>Figure 25\u200b : Distribution de la fr\u00e9quence et de la dur\u00e9e des crises chez 163 migraineux.<\/strong> Enqu\u00eate PATO ULg - (G\u00e9rardy et al. Rev Med Li\u00e8ge 2007)\u200b[\/caption]\r\n\r\nSi des sensations de d\u00e9s\u00e9quilibre sont fr\u00e9quentes pendant les crises de migraine intenses, certains migraineux pr\u00e9sentent des crises r\u00e9currentes de vertiges aussi en dehors de la crise. On parle alors de <b>vertiges migraineux<\/b>.\r\n\r\nChez les sujets en dessous de 50\u00a0ans, la migraine est sans doute la cause la plus fr\u00e9quente de vertiges r\u00e9currents et souvent confondue avec la maladie de M\u00e9ni\u00e8re (Lempert <i>et\u00a0al<\/i>., 2012). Un examen ORL permet de faire le diagnostic diff\u00e9rentiel.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_184\" align=\"aligncenter\" width=\"960\"]<img class=\"wp-image-184 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide26-e1640164717368.jpg\" alt=\"\" width=\"960\" height=\"484\" \/> <strong>Figure 26 : Pr\u00e9valence compar\u00e9e des sympt\u00f4mes entre migraine et c\u00e9phal\u00e9es de tension\u200b.<\/strong> Enqu\u00eate PATO ULg - (G\u00e9rardy et al. Rev Med Li\u00e8ge 2007)[\/caption]\r\n\r\nLa crise de migraine commence souvent par une <b>douleur dans la nuque<\/b>. Il ne faut pas en conclure h\u00e2tivement que la cause se situe au niveau de la colonne cervicale ou du nerf grand occipital d\u2019Arnold (Arnoldite) et qu\u2019il faut faire des radiographies cervicales. La localisation nucale de la c\u00e9phal\u00e9e s\u2019explique en r\u00e9alit\u00e9 par le c\u00e2blage des fibres nerveuses qui, dans les m\u00e9ninges et le tronc c\u00e9r\u00e9bral, sont responsables de la douleur (voy. <i>infra<\/i>, #\u00a011).\r\n\r\nUne autre c\u00e9phal\u00e9e qui atteint fr\u00e9quemment la nuque est la <b>c\u00e9phal\u00e9e de tension<\/b> (Schoenen et Sava, 2013). Nous pouvons presque tous en avoir apr\u00e8s un travail \u00e9reintant, une mauvaise position de travail, ou la conduite prolong\u00e9e d\u2019un v\u00e9hicule, surtout si nous sommes stress\u00e9s. Il s\u2019agit d\u2019un mal de t\u00eate diffus et\/ou nucal, ou localis\u00e9 aux tempes ou au front, l\u00e9ger, compressif (\u00ab\u00a0comme un \u00e9tau\u00a0\u00bb), g\u00eanant plut\u00f4t que douloureux, qui, compar\u00e9 \u00e0 la migraine, n\u2019a aucune caract\u00e9ristique particuli\u00e8re en dehors de la c\u00e9phal\u00e9e et n\u2019emp\u00eache pas la poursuite des activit\u00e9s (Fig.\u00a026 et 27).\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_185\" align=\"aligncenter\" width=\"871\"]<img class=\"wp-image-185 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide27-e1640165827578.jpg\" alt=\"\" width=\"871\" height=\"637\" \/> <strong>Figure 27 : C\u00e9phal\u00e9e de tension: crit\u00e8res diagnostiques\u200b.<\/strong> (ICHD-3 code 2.1)\u200b[\/caption]\r\n\r\nSi elle est occasionnelle, la c\u00e9phal\u00e9e de tension n\u2019est pas un probl\u00e8me de sant\u00e9 et elle est facilement contr\u00f4l\u00e9e par quelques exercices d\u2019\u00e9tirement ou de relaxation et\/ou la prise d\u2019un antalgique ou anti-inflammatoire. Dans la population g\u00e9n\u00e9rale, plus de 70\u00a0% des personnes pr\u00e9sentent une telle c\u00e9phal\u00e9e de tension <i>\u00e9pisodique<\/i> quelques fois dans leur vie. Lorsqu\u2019elles surviennent plusieurs fois par mois ou, <i>a\u00a0fortiori<\/i>, sont quotidiennes (\u00ab\u00a0chroniques\u00a0\u00bb), les c\u00e9phal\u00e9es de tension deviennent invalidantes.\r\n\r\nLes c\u00e9phal\u00e9es de tension <i>chroniques<\/i> touchent moins d\u20191\u00a0% de la population. Comme elle n\u2019a pas de caract\u00e9ristiques cliniques distinctives, la c\u00e9phal\u00e9e de tension peut \u00eatre confondue avec une c\u00e9phal\u00e9e secondaire (voy. <i>supra<\/i>, #\u00a01), surtout si elle est d\u2019apparition r\u00e9cente\u00a0; des examens compl\u00e9mentaires sont alors indiqu\u00e9s. Elle peut aussi mimer une migraine sans aura peu intense ou se transformer en migraine.\r\n\r\nChez 30\u00a0% des enfants, par exemple, des c\u00e9phal\u00e9es de tension se transforment en migraines typiques entre 6 et 13\u00a0ans, mais la transformation en sens inverse est aussi possible. Dans une \u00e9tude am\u00e9ricaine (Lipton <i>et\u00a0al<\/i>., 2002), la plupart des adultes diagnostiqu\u00e9s au d\u00e9part comme souffrant de c\u00e9phal\u00e9es de tension ont re\u00e7u un diagnostic de migraine apr\u00e8s avoir rempli pendant quelques semaines un calendrier semblable \u00e0 celui de la figure\u00a05.\r\n\r\nChez certains migraineux, la douleur est localis\u00e9e au niveau du visage et non pas dans le cr\u00e2ne, c\u2019est la <b>migraine oro-faciale<\/b> (Gaul <i>et\u00a0al<\/i>., 2007), qu\u2019il ne faut pas confondre avec un probl\u00e8me au niveau des dents, de l\u2019articulation de la m\u00e2choire (temporo-mandibulaire), des yeux ou des sinus, ni avec une n\u00e9vralgie du trijumeau ou une algie vasculaire de la face (voy. <i>infra<\/i>).\r\n\r\nCette forme affecte environ 10\u00a0% des migraineux et s\u2019accompagne une fois sur deux de signes dits \u00ab\u00a0autonomes\u00a0\u00bb au niveau de la face du c\u00f4t\u00e9 de la douleur\u00a0: larmoiement, \u0153il rouge et plus petit, gonflement des paupi\u00e8res, nez bouch\u00e9 ou coulant.\r\n\r\nIl existe un type de douleur faciale o\u00f9 de tels signes autonomes sont bien plus flagrants et syst\u00e9matiques\u00a0: ce sont les <b>algies vasculaires de la face<\/b> (AVF) (appel\u00e9es <i><b>cluster headache<\/b><\/i> en anglais, c\u2019est-\u00e0-dire c\u00e9phal\u00e9es en grappes, anciennement \u00ab\u00a0c\u00e9phal\u00e9e de Horton\u00a0\u00bb) (Horton <i>et\u00a0al<\/i>., 1939). Il s\u2019agit de crises extr\u00eamement douloureuses, qui durent en moyenne 45\u00a0minutes et surviennent une ou plusieurs fois sur 24\u00a0heures, volontiers pendant la nuit (souvent \u00e0 la m\u00eame heure) ou au r\u00e9veil d\u2019une sieste (Schoenen, 2001) (Fig.\u00a028).\r\n\r\nLa douleur est insupportable en quelques minutes et peut \u00eatre d\u00e9clench\u00e9e par un verre d\u2019une boisson alcoolis\u00e9e. Elle est centr\u00e9e sur l\u2019\u0153il toujours du m\u00eame c\u00f4t\u00e9 et s\u2019accompagne de fa\u00e7on caract\u00e9ristique de signes autonomes ipsilat\u00e9raux (Fig.\u00a029A-E, G). \u00c0 l\u2019inverse du migraineux qui se retire au calme, le sujet qui fait une crise d\u2019AVF ne tient pas en place et tend \u00e0 \u00ab\u00a0grimper au mur\u00a0\u00bb. Ce qui a donn\u00e9 le nom de \u00ab\u00a0<i>cluster headache<\/i> ou c\u00e9phal\u00e9es en grappes\u00a0\u00bb \u00e0 la maladie, c\u2019est son \u00e9volution dans le temps (Willis, 1694, <i>in<\/i> Zanchin, 2010).\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_186\" align=\"aligncenter\" width=\"862\"]<img class=\"wp-image-186 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide28-e1640165848943.jpg\" alt=\"\" width=\"862\" height=\"662\" \/> <strong>Figure 28 : Algie vasculaire de la face (AVF ou \u00ab Cluster Headache \u00bb) : crit\u00e8res diagnostiques\u200b.<\/strong> (ICHD-3 code 3.1)\u200b[\/caption]\r\n\r\nLes crises (quasi) quotidiennes se groupent en effet par grappes de plusieurs semaines ou mois, puis disparaissent pendant plusieurs mois (ou ann\u00e9es) avant de resurgir. Les rechutes ont parfois un caract\u00e8re saisonnier avec une p\u00e9riode au printemps et une autre \u00e0 l\u2019automne. Cette forme d\u2019AVF est dite <i>\u00e9pisodique<\/i> et repr\u00e9sente \u00b1\u00a070-80\u00a0% des cas. Certains patients (20-30\u00a0%) \u00e9voluent vers (ou pr\u00e9sentent d\u2019embl\u00e9e) une forme <i>chronique<\/i> o\u00f9 les crises sont incessantes sans p\u00e9riodes de r\u00e9mission et ruinent la qualit\u00e9 de vie. C\u2019est l\u2019AVF chronique qui a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9e \u00ab\u00a0c\u00e9phal\u00e9e suicidaire\u00a0\u00bb (Fig.\u00a028) (Pohl <i>et\u00a0al<\/i>., 2020). L\u2019AVF est moins fr\u00e9quente que la migraine (\u00b1\u00a00,1\u00a0% de la population) et atteint principalement les hommes \u00e0 partir de 30\u00a0ans\u00a0; dans 10\u00a0% des cas, elle est familiale et se d\u00e9clare \u00e0 un \u00e2ge plus jeune. Les crises sont d\u2019une violence telle que certains sujets s\u2019automutilent en se frottant la t\u00eate contre un mur ou l\u2019oreiller (Fig.\u00a029H) ou en s\u2019injectant dans la joue des anesth\u00e9siques locaux (Fig.\u00a029I). \u00c0 la longue, elle peut entra\u00eener des plis profonds au niveau du front et de la face, ce qui est d\u00e9crit comme un \u00ab\u00a0facies l\u00e9onin\u00a0\u00bb (Fig.\u00a029F).\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_187\" align=\"aligncenter\" width=\"960\"]<img class=\"wp-image-187 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide29-e1640165877248.jpg\" alt=\"\" width=\"960\" height=\"703\" \/> <strong>Figure 29 : AVF<\/strong>[\/caption]\r\n\r\nM\u00eame des m\u00e9decins confondent parfois l\u2019AVF avec la <b>n\u00e9vralgie du trijumeau<\/b> bien que les douleurs soient tr\u00e8s diff\u00e9rentes (Maertens de Noordhout et Schoenen, 1986\u00a0; Schoenen <i>et\u00a0al<\/i>., 2011) (Fig.\u00a030). La n\u00e9vralgie du trijumeau provoque des douleurs tr\u00e8s vives mais tr\u00e8s br\u00e8ves (\u00ab\u00a0comme des d\u00e9charges \u00e9lectriques\u00a0\u00bb) situ\u00e9es d\u2019un c\u00f4t\u00e9 du visage, le plus souvent \u00e0 la joue, l\u2019aile du nez, la l\u00e8vre et les gencives. La douleur est souvent d\u00e9clench\u00e9e par le simple toucher du visage ou des gencives en se lavant, en se rasant, en parlant ou en mangeant. Elle peut \u00eatre si vive que le sujet fait une grimace, d\u2019o\u00f9 le nom de \u00ab\u00a0tic douloureux de la face\u00a0\u00bb parfois donn\u00e9 \u00e0 la maladie. Le patient, g\u00e9n\u00e9ralement \u00e2g\u00e9 de plus de 50\u00a0ans, a des dizaines de crises sur la journ\u00e9e et il s\u2019agit quatre fois plus souvent d\u2019une femme que d\u2019un homme. Des r\u00e9missions spontan\u00e9es de la maladie sont possibles, mais souvent transitoires. La n\u00e9vralgie est caus\u00e9e par le frottement d\u2019une art\u00e8re, dont la paroi est enraidie par l\u2019\u00e2ge et \u00e9ventuellement l\u2019hypertension art\u00e9rielle, sur le nerf trijumeau \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 il sort du tronc c\u00e9r\u00e9bral. Ceci entra\u00eene une perte locale de la gaine de my\u00e9line qui entoure et isole les fibres nerveuses\u00a0; il en d\u00e9coule des courts-circuits entre ces fibres responsables de douleurs fulgurantes. Plus rarement (1-2\u00a0% des cas), la n\u00e9vralgie du trijumeau est familiale et caus\u00e9e par une mutation g\u00e9n\u00e9tique qui augmente l\u2019excitabilit\u00e9 des fibres nerveuses (Di Stefano <i>et\u00a0al<\/i>., 2020).\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_188\" align=\"aligncenter\" width=\"960\"]<img class=\"wp-image-188 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide30-e1640165675389.jpg\" alt=\"\" width=\"960\" height=\"703\" \/> <strong>Figure 30 : N\u00e9vralgie du Trijumeau versus Cluster Headache : \u200ble diagnostic diff\u00e9rentiel\u200b<\/strong>[\/caption]\r\n\r\nChez les sujets jeunes, une n\u00e9vralgie du trijumeau peut \u00eatre provoqu\u00e9e par la d\u00e9my\u00e9linisation du nerf due \u00e0 la <i>scl\u00e9rose en plaques<\/i> (Laakso <i>et\u00a0al<\/i>., 2020). Des douleurs faciales mimant la n\u00e9vralgie du trijumeau peuvent aussi \u00eatre secondaires \u00e0 une tumeur de la base du cr\u00e2ne, un traumatisme facial ou une intervention chirurgicale maxillo-faciale ou dentaire. Dans ces cas, les douleurs sont quasi permanentes sans r\u00e9mission entre les paroxysmes et il y a d\u2019autres anomalies, comme une perte de sensibilit\u00e9, des br\u00fblures et une allodynie. On parle de <i>douleurs neuropathiques trig\u00e9minales<\/i>.\r\n\r\nChez la personne \u00e2g\u00e9e de plus de 60\u00a0ans, une c\u00e9phal\u00e9e temporale unilat\u00e9rale et battante d\u2019apparition r\u00e9cente doit faire suspecter une <b>art\u00e9rite temporale de Horton<\/b> (aussi appel\u00e9e \u00ab maladie de Horton \u00bb). La c\u00e9phal\u00e9e est souvent associ\u00e9e \u00e0 des douleurs articulaires et \u00e0 une alt\u00e9ration de l\u2019\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral. Le diagnostic se fait par l\u2019examen clinique qui montre une art\u00e8re temporale superficielle turgescente, indur\u00e9e et douloureuse \u00e0 la palpation, par l\u2019\u00e9l\u00e9vation de la vitesse de s\u00e9dimentation \u00e0 la prise de sang et par une biopsie de l\u2019art\u00e8re qui confirme l\u2019infiltration de la paroi art\u00e9rielle n\u00e9cros\u00e9e par des cellules inflammatoires et g\u00e9antes (Fig. 31).\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_189\" align=\"aligncenter\" width=\"960\"]<img class=\"wp-image-189 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide31-e1640165747541.jpg\" alt=\"\" width=\"960\" height=\"640\" \/> <strong>Figure 31 : Art\u00e9rite temporale de Horton\u200b<\/strong>[\/caption]\r\n\r\nC\u2019est une maladie inflammatoire grave des parois art\u00e9rielles qui doit \u00eatre trait\u00e9e sans retard par des cortico\u00efdes, car l\u2019isch\u00e9mie de la r\u00e9tine suite \u00e0 l\u2019atteinte de l\u2019art\u00e8re r\u00e9tinienne peut rapidement rendre aveugle.\r\n\r\n&nbsp;\r\n<div class=\"textbox\">\r\n\r\n<b># bref.<\/b> <i>Les crises de migraine varient entre migraineux par certains sympt\u00f4mes et par leur intensit\u00e9, et chez le m\u00eame migraineux au cours de sa vie. La migraine doit notamment \u00eatre distingu\u00e9e de la c\u00e9phal\u00e9e de tension, des algies vasculaires de la face (<\/i>cluster headache<i>), de la n\u00e9vralgie du trijumeau et de l\u2019art\u00e9rite temporale. La plupart des pr\u00e9tendues \u00ab\u00a0Arnoldites\u00a0\u00bb sont des migraines.<\/i>\r\n\r\n<\/div>\r\n&nbsp;","rendered":"<h1>Les variantes, les cousines et les sosies de la migraine<\/h1>\n<p>Malgr\u00e9 les caract\u00e9ristiques d\u00e9crites ci-dessus qui permettent de diagnostiquer la migraine (voy. <i>supra<\/i>, #\u00a01), <i>les <\/i><i><b>crises varient<\/b><\/i><i> entre migraineux, mais aussi souvent chez le m\u00eame sujet d\u2019une fois \u00e0 l\u2019autre<\/i>. Toutes les migraines n\u2019ont pas la m\u00eame s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 et n\u2019entra\u00eenent pas le m\u00eame handicap (voy. <i>infra<\/i>, #\u00a09).<\/p>\n<p>Dans l\u2019enqu\u00eate que nous avons men\u00e9e en 2008 parmi le personnel administratif et technique (PATO) de l\u2019Universit\u00e9 de Li\u00e8ge (G\u00e9rardy <i>et\u00a0al<\/i>., 2008), 50\u00a0% des 163\u00a0migraineux identifi\u00e9s par questionnaire avaient entre un et deux jours de migraine par mois, alors que plus d\u2019un sur trois avait des crises nettement plus fr\u00e9quentes. De m\u00eame, la dur\u00e9e des crises variait\u00a0: pr\u00e8s de 70\u00a0% des migraineux indiquaient une dur\u00e9e conforme aux crit\u00e8res de diagnostic (entre quatre heures et trois jours), mais chez 26\u00a0%, la dur\u00e9e \u00e9tait plus courte et chez 5\u00a0%, elle \u00e9tait plus longue (Fig.\u00a025).<\/p>\n<p>Il ne faut pas oublier, en effet, qu\u2019il n\u2019est pas n\u00e9cessaire que tous les crit\u00e8res de diagnostic soient r\u00e9unis pour retenir le diagnostic. Ainsi, dans l\u2019enqu\u00eate du PATO\u00a0ULg, 17\u00a0% des migraineux ne signalaient pas de photophobie\u00a0; chez 27\u00a0%, la douleur \u00e9tait bilat\u00e9rale et chez 34\u00a0%, il n\u2019y avait pas de naus\u00e9es (Fig.\u00a026).<\/p>\n<p>Cela n\u2019exclut pas le diagnostic si d\u2019autres sympt\u00f4mes comme s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 importante, caract\u00e8re pulsatile ou lancinant de la douleur, aggravation par l\u2019activit\u00e9 physique et intol\u00e9rance au bruit et aux odeurs sont pr\u00e9sents. Au lieu d\u2019avoir des naus\u00e9es, certains sujets peuvent au contraire avoir faim pendant la crise.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_183\" aria-describedby=\"caption-attachment-183\" style=\"width: 960px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-183 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide25-e1640164625669.jpg\" alt=\"\" width=\"960\" height=\"614\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide25-e1640164625669.jpg 960w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide25-e1640164625669-300x192.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide25-e1640164625669-768x491.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide25-e1640164625669-65x42.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide25-e1640164625669-225x144.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide25-e1640164625669-350x224.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 960px) 100vw, 960px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-183\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 25\u200b : Distribution de la fr\u00e9quence et de la dur\u00e9e des crises chez 163 migraineux.<\/strong> Enqu\u00eate PATO ULg &#8211; (G\u00e9rardy et al. Rev Med Li\u00e8ge 2007)\u200b<\/figcaption><\/figure>\n<p>Si des sensations de d\u00e9s\u00e9quilibre sont fr\u00e9quentes pendant les crises de migraine intenses, certains migraineux pr\u00e9sentent des crises r\u00e9currentes de vertiges aussi en dehors de la crise. On parle alors de <b>vertiges migraineux<\/b>.<\/p>\n<p>Chez les sujets en dessous de 50\u00a0ans, la migraine est sans doute la cause la plus fr\u00e9quente de vertiges r\u00e9currents et souvent confondue avec la maladie de M\u00e9ni\u00e8re (Lempert <i>et\u00a0al<\/i>., 2012). Un examen ORL permet de faire le diagnostic diff\u00e9rentiel.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_184\" aria-describedby=\"caption-attachment-184\" style=\"width: 960px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-184 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide26-e1640164717368.jpg\" alt=\"\" width=\"960\" height=\"484\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide26-e1640164717368.jpg 960w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide26-e1640164717368-300x151.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide26-e1640164717368-768x387.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide26-e1640164717368-65x33.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide26-e1640164717368-225x113.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide26-e1640164717368-350x176.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 960px) 100vw, 960px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-184\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 26 : Pr\u00e9valence compar\u00e9e des sympt\u00f4mes entre migraine et c\u00e9phal\u00e9es de tension\u200b.<\/strong> Enqu\u00eate PATO ULg &#8211; (G\u00e9rardy et al. Rev Med Li\u00e8ge 2007)<\/figcaption><\/figure>\n<p>La crise de migraine commence souvent par une <b>douleur dans la nuque<\/b>. Il ne faut pas en conclure h\u00e2tivement que la cause se situe au niveau de la colonne cervicale ou du nerf grand occipital d\u2019Arnold (Arnoldite) et qu\u2019il faut faire des radiographies cervicales. La localisation nucale de la c\u00e9phal\u00e9e s\u2019explique en r\u00e9alit\u00e9 par le c\u00e2blage des fibres nerveuses qui, dans les m\u00e9ninges et le tronc c\u00e9r\u00e9bral, sont responsables de la douleur (voy. <i>infra<\/i>, #\u00a011).<\/p>\n<p>Une autre c\u00e9phal\u00e9e qui atteint fr\u00e9quemment la nuque est la <b>c\u00e9phal\u00e9e de tension<\/b> (Schoenen et Sava, 2013). Nous pouvons presque tous en avoir apr\u00e8s un travail \u00e9reintant, une mauvaise position de travail, ou la conduite prolong\u00e9e d\u2019un v\u00e9hicule, surtout si nous sommes stress\u00e9s. Il s\u2019agit d\u2019un mal de t\u00eate diffus et\/ou nucal, ou localis\u00e9 aux tempes ou au front, l\u00e9ger, compressif (\u00ab\u00a0comme un \u00e9tau\u00a0\u00bb), g\u00eanant plut\u00f4t que douloureux, qui, compar\u00e9 \u00e0 la migraine, n\u2019a aucune caract\u00e9ristique particuli\u00e8re en dehors de la c\u00e9phal\u00e9e et n\u2019emp\u00eache pas la poursuite des activit\u00e9s (Fig.\u00a026 et 27).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_185\" aria-describedby=\"caption-attachment-185\" style=\"width: 871px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-185 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide27-e1640165827578.jpg\" alt=\"\" width=\"871\" height=\"637\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide27-e1640165827578.jpg 871w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide27-e1640165827578-300x219.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide27-e1640165827578-768x562.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide27-e1640165827578-65x48.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide27-e1640165827578-225x165.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide27-e1640165827578-350x256.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 871px) 100vw, 871px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-185\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 27 : C\u00e9phal\u00e9e de tension: crit\u00e8res diagnostiques\u200b.<\/strong> (ICHD-3 code 2.1)\u200b<\/figcaption><\/figure>\n<p>Si elle est occasionnelle, la c\u00e9phal\u00e9e de tension n\u2019est pas un probl\u00e8me de sant\u00e9 et elle est facilement contr\u00f4l\u00e9e par quelques exercices d\u2019\u00e9tirement ou de relaxation et\/ou la prise d\u2019un antalgique ou anti-inflammatoire. Dans la population g\u00e9n\u00e9rale, plus de 70\u00a0% des personnes pr\u00e9sentent une telle c\u00e9phal\u00e9e de tension <i>\u00e9pisodique<\/i> quelques fois dans leur vie. Lorsqu\u2019elles surviennent plusieurs fois par mois ou, <i>a\u00a0fortiori<\/i>, sont quotidiennes (\u00ab\u00a0chroniques\u00a0\u00bb), les c\u00e9phal\u00e9es de tension deviennent invalidantes.<\/p>\n<p>Les c\u00e9phal\u00e9es de tension <i>chroniques<\/i> touchent moins d\u20191\u00a0% de la population. Comme elle n\u2019a pas de caract\u00e9ristiques cliniques distinctives, la c\u00e9phal\u00e9e de tension peut \u00eatre confondue avec une c\u00e9phal\u00e9e secondaire (voy. <i>supra<\/i>, #\u00a01), surtout si elle est d\u2019apparition r\u00e9cente\u00a0; des examens compl\u00e9mentaires sont alors indiqu\u00e9s. Elle peut aussi mimer une migraine sans aura peu intense ou se transformer en migraine.<\/p>\n<p>Chez 30\u00a0% des enfants, par exemple, des c\u00e9phal\u00e9es de tension se transforment en migraines typiques entre 6 et 13\u00a0ans, mais la transformation en sens inverse est aussi possible. Dans une \u00e9tude am\u00e9ricaine (Lipton <i>et\u00a0al<\/i>., 2002), la plupart des adultes diagnostiqu\u00e9s au d\u00e9part comme souffrant de c\u00e9phal\u00e9es de tension ont re\u00e7u un diagnostic de migraine apr\u00e8s avoir rempli pendant quelques semaines un calendrier semblable \u00e0 celui de la figure\u00a05.<\/p>\n<p>Chez certains migraineux, la douleur est localis\u00e9e au niveau du visage et non pas dans le cr\u00e2ne, c\u2019est la <b>migraine oro-faciale<\/b> (Gaul <i>et\u00a0al<\/i>., 2007), qu\u2019il ne faut pas confondre avec un probl\u00e8me au niveau des dents, de l\u2019articulation de la m\u00e2choire (temporo-mandibulaire), des yeux ou des sinus, ni avec une n\u00e9vralgie du trijumeau ou une algie vasculaire de la face (voy. <i>infra<\/i>).<\/p>\n<p>Cette forme affecte environ 10\u00a0% des migraineux et s\u2019accompagne une fois sur deux de signes dits \u00ab\u00a0autonomes\u00a0\u00bb au niveau de la face du c\u00f4t\u00e9 de la douleur\u00a0: larmoiement, \u0153il rouge et plus petit, gonflement des paupi\u00e8res, nez bouch\u00e9 ou coulant.<\/p>\n<p>Il existe un type de douleur faciale o\u00f9 de tels signes autonomes sont bien plus flagrants et syst\u00e9matiques\u00a0: ce sont les <b>algies vasculaires de la face<\/b> (AVF) (appel\u00e9es <i><b>cluster headache<\/b><\/i> en anglais, c\u2019est-\u00e0-dire c\u00e9phal\u00e9es en grappes, anciennement \u00ab\u00a0c\u00e9phal\u00e9e de Horton\u00a0\u00bb) (Horton <i>et\u00a0al<\/i>., 1939). Il s\u2019agit de crises extr\u00eamement douloureuses, qui durent en moyenne 45\u00a0minutes et surviennent une ou plusieurs fois sur 24\u00a0heures, volontiers pendant la nuit (souvent \u00e0 la m\u00eame heure) ou au r\u00e9veil d\u2019une sieste (Schoenen, 2001) (Fig.\u00a028).<\/p>\n<p>La douleur est insupportable en quelques minutes et peut \u00eatre d\u00e9clench\u00e9e par un verre d\u2019une boisson alcoolis\u00e9e. Elle est centr\u00e9e sur l\u2019\u0153il toujours du m\u00eame c\u00f4t\u00e9 et s\u2019accompagne de fa\u00e7on caract\u00e9ristique de signes autonomes ipsilat\u00e9raux (Fig.\u00a029A-E, G). \u00c0 l\u2019inverse du migraineux qui se retire au calme, le sujet qui fait une crise d\u2019AVF ne tient pas en place et tend \u00e0 \u00ab\u00a0grimper au mur\u00a0\u00bb. Ce qui a donn\u00e9 le nom de \u00ab\u00a0<i>cluster headache<\/i> ou c\u00e9phal\u00e9es en grappes\u00a0\u00bb \u00e0 la maladie, c\u2019est son \u00e9volution dans le temps (Willis, 1694, <i>in<\/i> Zanchin, 2010).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_186\" aria-describedby=\"caption-attachment-186\" style=\"width: 862px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-186 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide28-e1640165848943.jpg\" alt=\"\" width=\"862\" height=\"662\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide28-e1640165848943.jpg 862w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide28-e1640165848943-300x230.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide28-e1640165848943-768x590.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide28-e1640165848943-65x50.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide28-e1640165848943-225x173.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide28-e1640165848943-350x269.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 862px) 100vw, 862px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-186\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 28 : Algie vasculaire de la face (AVF ou \u00ab Cluster Headache \u00bb) : crit\u00e8res diagnostiques\u200b.<\/strong> (ICHD-3 code 3.1)\u200b<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les crises (quasi) quotidiennes se groupent en effet par grappes de plusieurs semaines ou mois, puis disparaissent pendant plusieurs mois (ou ann\u00e9es) avant de resurgir. Les rechutes ont parfois un caract\u00e8re saisonnier avec une p\u00e9riode au printemps et une autre \u00e0 l\u2019automne. Cette forme d\u2019AVF est dite <i>\u00e9pisodique<\/i> et repr\u00e9sente \u00b1\u00a070-80\u00a0% des cas. Certains patients (20-30\u00a0%) \u00e9voluent vers (ou pr\u00e9sentent d\u2019embl\u00e9e) une forme <i>chronique<\/i> o\u00f9 les crises sont incessantes sans p\u00e9riodes de r\u00e9mission et ruinent la qualit\u00e9 de vie. C\u2019est l\u2019AVF chronique qui a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9e \u00ab\u00a0c\u00e9phal\u00e9e suicidaire\u00a0\u00bb (Fig.\u00a028) (Pohl <i>et\u00a0al<\/i>., 2020). L\u2019AVF est moins fr\u00e9quente que la migraine (\u00b1\u00a00,1\u00a0% de la population) et atteint principalement les hommes \u00e0 partir de 30\u00a0ans\u00a0; dans 10\u00a0% des cas, elle est familiale et se d\u00e9clare \u00e0 un \u00e2ge plus jeune. Les crises sont d\u2019une violence telle que certains sujets s\u2019automutilent en se frottant la t\u00eate contre un mur ou l\u2019oreiller (Fig.\u00a029H) ou en s\u2019injectant dans la joue des anesth\u00e9siques locaux (Fig.\u00a029I). \u00c0 la longue, elle peut entra\u00eener des plis profonds au niveau du front et de la face, ce qui est d\u00e9crit comme un \u00ab\u00a0facies l\u00e9onin\u00a0\u00bb (Fig.\u00a029F).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_187\" aria-describedby=\"caption-attachment-187\" style=\"width: 960px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-187 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide29-e1640165877248.jpg\" alt=\"\" width=\"960\" height=\"703\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide29-e1640165877248.jpg 960w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide29-e1640165877248-300x220.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide29-e1640165877248-768x562.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide29-e1640165877248-65x48.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide29-e1640165877248-225x165.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide29-e1640165877248-350x256.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 960px) 100vw, 960px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-187\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 29 : AVF<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<p>M\u00eame des m\u00e9decins confondent parfois l\u2019AVF avec la <b>n\u00e9vralgie du trijumeau<\/b> bien que les douleurs soient tr\u00e8s diff\u00e9rentes (Maertens de Noordhout et Schoenen, 1986\u00a0; Schoenen <i>et\u00a0al<\/i>., 2011) (Fig.\u00a030). La n\u00e9vralgie du trijumeau provoque des douleurs tr\u00e8s vives mais tr\u00e8s br\u00e8ves (\u00ab\u00a0comme des d\u00e9charges \u00e9lectriques\u00a0\u00bb) situ\u00e9es d\u2019un c\u00f4t\u00e9 du visage, le plus souvent \u00e0 la joue, l\u2019aile du nez, la l\u00e8vre et les gencives. La douleur est souvent d\u00e9clench\u00e9e par le simple toucher du visage ou des gencives en se lavant, en se rasant, en parlant ou en mangeant. Elle peut \u00eatre si vive que le sujet fait une grimace, d\u2019o\u00f9 le nom de \u00ab\u00a0tic douloureux de la face\u00a0\u00bb parfois donn\u00e9 \u00e0 la maladie. Le patient, g\u00e9n\u00e9ralement \u00e2g\u00e9 de plus de 50\u00a0ans, a des dizaines de crises sur la journ\u00e9e et il s\u2019agit quatre fois plus souvent d\u2019une femme que d\u2019un homme. Des r\u00e9missions spontan\u00e9es de la maladie sont possibles, mais souvent transitoires. La n\u00e9vralgie est caus\u00e9e par le frottement d\u2019une art\u00e8re, dont la paroi est enraidie par l\u2019\u00e2ge et \u00e9ventuellement l\u2019hypertension art\u00e9rielle, sur le nerf trijumeau \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 il sort du tronc c\u00e9r\u00e9bral. Ceci entra\u00eene une perte locale de la gaine de my\u00e9line qui entoure et isole les fibres nerveuses\u00a0; il en d\u00e9coule des courts-circuits entre ces fibres responsables de douleurs fulgurantes. Plus rarement (1-2\u00a0% des cas), la n\u00e9vralgie du trijumeau est familiale et caus\u00e9e par une mutation g\u00e9n\u00e9tique qui augmente l\u2019excitabilit\u00e9 des fibres nerveuses (Di Stefano <i>et\u00a0al<\/i>., 2020).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_188\" aria-describedby=\"caption-attachment-188\" style=\"width: 960px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-188 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide30-e1640165675389.jpg\" alt=\"\" width=\"960\" height=\"703\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide30-e1640165675389.jpg 960w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide30-e1640165675389-300x220.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide30-e1640165675389-768x562.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide30-e1640165675389-65x48.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide30-e1640165675389-225x165.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide30-e1640165675389-350x256.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 960px) 100vw, 960px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-188\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 30 : N\u00e9vralgie du Trijumeau versus Cluster Headache : \u200ble diagnostic diff\u00e9rentiel\u200b<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<p>Chez les sujets jeunes, une n\u00e9vralgie du trijumeau peut \u00eatre provoqu\u00e9e par la d\u00e9my\u00e9linisation du nerf due \u00e0 la <i>scl\u00e9rose en plaques<\/i> (Laakso <i>et\u00a0al<\/i>., 2020). Des douleurs faciales mimant la n\u00e9vralgie du trijumeau peuvent aussi \u00eatre secondaires \u00e0 une tumeur de la base du cr\u00e2ne, un traumatisme facial ou une intervention chirurgicale maxillo-faciale ou dentaire. Dans ces cas, les douleurs sont quasi permanentes sans r\u00e9mission entre les paroxysmes et il y a d\u2019autres anomalies, comme une perte de sensibilit\u00e9, des br\u00fblures et une allodynie. On parle de <i>douleurs neuropathiques trig\u00e9minales<\/i>.<\/p>\n<p>Chez la personne \u00e2g\u00e9e de plus de 60\u00a0ans, une c\u00e9phal\u00e9e temporale unilat\u00e9rale et battante d\u2019apparition r\u00e9cente doit faire suspecter une <b>art\u00e9rite temporale de Horton<\/b> (aussi appel\u00e9e \u00ab maladie de Horton \u00bb). La c\u00e9phal\u00e9e est souvent associ\u00e9e \u00e0 des douleurs articulaires et \u00e0 une alt\u00e9ration de l\u2019\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral. Le diagnostic se fait par l\u2019examen clinique qui montre une art\u00e8re temporale superficielle turgescente, indur\u00e9e et douloureuse \u00e0 la palpation, par l\u2019\u00e9l\u00e9vation de la vitesse de s\u00e9dimentation \u00e0 la prise de sang et par une biopsie de l\u2019art\u00e8re qui confirme l\u2019infiltration de la paroi art\u00e9rielle n\u00e9cros\u00e9e par des cellules inflammatoires et g\u00e9antes (Fig. 31).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_189\" aria-describedby=\"caption-attachment-189\" style=\"width: 960px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-189 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide31-e1640165747541.jpg\" alt=\"\" width=\"960\" height=\"640\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide31-e1640165747541.jpg 960w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide31-e1640165747541-300x200.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide31-e1640165747541-768x512.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide31-e1640165747541-65x43.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide31-e1640165747541-225x150.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide31-e1640165747541-350x233.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 960px) 100vw, 960px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-189\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 31 : Art\u00e9rite temporale de Horton\u200b<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<p>C\u2019est une maladie inflammatoire grave des parois art\u00e9rielles qui doit \u00eatre trait\u00e9e sans retard par des cortico\u00efdes, car l\u2019isch\u00e9mie de la r\u00e9tine suite \u00e0 l\u2019atteinte de l\u2019art\u00e8re r\u00e9tinienne peut rapidement rendre aveugle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"textbox\">\n<p><b># bref.<\/b> <i>Les crises de migraine varient entre migraineux par certains sympt\u00f4mes et par leur intensit\u00e9, et chez le m\u00eame migraineux au cours de sa vie. La migraine doit notamment \u00eatre distingu\u00e9e de la c\u00e9phal\u00e9e de tension, des algies vasculaires de la face (<\/i>cluster headache<i>), de la n\u00e9vralgie du trijumeau et de l\u2019art\u00e9rite temporale. La plupart des pr\u00e9tendues \u00ab\u00a0Arnoldites\u00a0\u00bb sont des migraines.<\/i><\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"menu_order":7,"template":"","meta":{"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":[],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[],"license":[],"class_list":["post-61","chapter","type-chapter","status-publish","hentry"],"part":3,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/61"}],"collection":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/61\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":196,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/61\/revisions\/196"}],"part":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/3"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/61\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=61"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=61"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=61"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=61"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}