{"id":78,"date":"2021-11-15T13:51:33","date_gmt":"2021-11-15T13:51:33","guid":{"rendered":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/?post_type=chapter&#038;p=78"},"modified":"2021-12-23T14:23:02","modified_gmt":"2021-12-23T14:23:02","slug":"14","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/chapter\/14\/","title":{"raw":"#14 \u00ab\u00a0<em>Qu\u2019est-ce que je fais en cas de crise\u00a0?<\/em>\u00a0\u00bb","rendered":"#14 \u00ab\u00a0<em>Qu\u2019est-ce que je fais en cas de crise\u00a0?<\/em>\u00a0\u00bb"},"content":{"raw":"<h1>Les traitements de la crise (ou aigus)<\/h1>\r\nLa 1<sup>re<\/sup>\u00a0\u00e9tape du traitement de la crise migraineuse est <b>le repos<\/b>\u2026 s\u2019il est possible. Le migraineux peut se coucher ou simplement se reposer \u00e0 l\u2019\u00e9cart dans une chambre \u00e0 lumi\u00e8re tamis\u00e9e et peu bruyante, s\u2019il est \u00e0 son domicile, ou utiliser un endroit calme et sombre \u00e0 son lieu de travail pour autant que son employeur soit sensibilis\u00e9 et ait pr\u00e9vu cette possibilit\u00e9. Le repos ou la sieste, ne f\u00fbt-ce que d\u2019un quart d\u2019heure, suffisent rarement seuls, sauf parfois chez l\u2019enfant, mais renforcent clairement l\u2019efficacit\u00e9 des traitements m\u00e9dicamenteux.\r\n\r\nParmi les m\u00e9dicaments les plus anciens utilis\u00e9s pour traiter une crise de migraine figure pour m\u00e9moire le <i>tartrate d\u2019ergotamine<\/i>, un d\u00e9riv\u00e9 de l\u2019ergot de seigle, souvent combin\u00e9 \u00e0 la caf\u00e9ine (Cafergot\u00ae). Il devrait \u00eatre abandonn\u00e9 pour trois raisons\u00a0: son effet vasoconstricteur puissant et durable est dangereux pour le c\u0153ur, son efficacit\u00e9 est inf\u00e9rieure \u00e0 celle des m\u00e9dicaments modernes et sa surconsommation entra\u00eene facilement des c\u00e9phal\u00e9es par abus m\u00e9dicamenteux (Tfelt-Hansen <i>et\u00a0al<\/i>., 2000) (voy. <i>supra<\/i>, #\u00a06).\r\n\r\nOn distingue parmi les <b>m\u00e9dicaments de la crise migraineuse<\/b> les antalgiques simples (aspirine, parac\u00e9tamol), les antalgiques combin\u00e9s o\u00f9 ces substances sont associ\u00e9es entre elles, et\/ou \u00e0 la caf\u00e9ine ou la cod\u00e9ine, les anti-inflammatoires non st\u00e9ro\u00efdiens (AINS), aussi utilis\u00e9s dans les rhumatismes, et les triptans qui sont seuls \u00e0 \u00eatre sp\u00e9cifiques pour la migraine. Des nouvelles mol\u00e9cules, comme les ditans et les g\u00e9pants, \u00e9galement sp\u00e9cifiques \u00e0 la migraine, sont d\u00e9j\u00e0 sur le march\u00e9 aux USA et le seront bient\u00f4t en Europe. Elles ne sont pas plus efficaces que les triptans, mais n\u2019ont pas d\u2019effet vasculaire, ce qui permet de les utiliser avec plus de s\u00e9curit\u00e9 chez les migraineux souffrant de pathologies cardio-vasculaires (F\u00e4rkkil\u00e4 <i>et\u00a0al<\/i>., 2012). Un autre avantage probable des g\u00e9pants pourrait \u00eatre de ne pas induire de c\u00e9phal\u00e9es par surconsommation, contrairement \u00e0 tous les autres antimigraineux de crise, et de pouvoir d\u00e8s lors \u00eatre utilis\u00e9s comme traitement pr\u00e9ventif \u00e0 condition d\u2019en ing\u00e9rer tous les jours (Fig.\u00a072).\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_294\" align=\"aligncenter\" width=\"921\"]<img class=\"wp-image-294 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide72-e1640252470312.jpg\" alt=\"\" width=\"921\" height=\"600\" \/> <strong>Figure 72 : Traitements m\u00e9dicamenteux de la crise migraineuse<\/strong>[\/caption]\r\n\r\nTous les traitements aigus sont plus efficaces, s\u2019ils sont pris t\u00f4t d\u00e8s le d\u00e9but de la crise. Cependant, pour \u00e9viter une surconsommation de triptans et parce que les crises de migraine varient en s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 chez le m\u00eame individu et entre individus (voy. <i>supra<\/i>, #\u00a07), il est pr\u00e9f\u00e9rable de stratifier le traitement (Fig.\u00a073).\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[video width=\"1440\" height=\"1080\" m4v=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/fig-73.m4v\"][\/video]\r\n<p data-pm-slice=\"1 1 []\"><sup><strong>Figure 73 : Le traitement de la crise \u00ab\u00a0par paliers\u00a0\u00bb<\/strong><\/sup><\/p>\r\nPour cela, il est n\u00e9cessaire de <b>doter le migraineux de plusieurs armes de puissance diff\u00e9rente<\/b> qu\u2019il peut utiliser selon l\u2019intensit\u00e9 de la crise, le moment auquel il d\u00e9cide de la traiter et son exp\u00e9rience ant\u00e9rieure avec les traitements. En g\u00e9n\u00e9ral, les antalgiques ou les AINS suffisent pour interrompre une crise l\u00e9g\u00e8re (<i>palier\u00a01<\/i>), \u00e9ventuellement associ\u00e9s \u00e0 un spray intranasal de lidoca\u00efne (Xyloca\u00efne\u00ae) 4\u00a0%. Les AINS sont plus efficaces que les antalgiques \u00e0 condition d\u2019\u00eatre pris \u00e0 dose suffisante (p.\u00a0ex., 600-1200\u00a0mg d\u2019ibuprof\u00e8ne) et moins susceptibles de chroniciser la migraine en cas d\u2019utilisation fr\u00e9quente (P\u00e1rdutz et Schoenen, 2010). Il faut donc les pr\u00e9f\u00e9rer, sauf s\u2019il y a une insuffisance r\u00e9nale, une hypertension art\u00e9rielle ou une contrindication gastroent\u00e9rologique. Dans ce dernier cas, on peut choisir un AINS qui bloque sp\u00e9cifiquement la cyclo-oxyg\u00e9nase\u00a02 (anti-COX2) et est moins dangereux pour l\u2019estomac.\r\n\r\nSi la crise est plus intense, les triptans oraux sont plus efficaces\u00a0: deux heures apr\u00e8s la prise, 60\u00a0% des c\u00e9phal\u00e9es sont att\u00e9nu\u00e9es, 30\u00a0% ont disparu compl\u00e8tement. Parmi les trois triptans oraux rembours\u00e9s par l\u2019INAMI en Belgique, on constate globalement que l\u2019efficacit\u00e9 augmente l\u00e9g\u00e8rement en passant du naratriptan par le sumatriptan au zolmitriptan, mais c\u2019est aussi le cas pour les effets ind\u00e9sirables. L\u2019efficacit\u00e9 et la tol\u00e9rance de ces mol\u00e9cules, cependant, varient d\u2019un sujet \u00e0 l\u2019autre. Si un triptan n\u2019est pas efficace ou mal tol\u00e9r\u00e9, il faut en essayer un autre (Diener <i>et\u00a0al<\/i>., 2002), ou parfois augmenter la dose. Si les triptans oraux n\u2019aident pas, et surtout si les naus\u00e9es sont importantes, on peut y associer un suppositoire comprenant un AINS, de la caf\u00e9ine, du domp\u00e9ridone (Motilium\u00ae) et de l\u2019amyloca\u00efne ou de la lidoca\u00efne (\u00ab\u00a0ICAM\u00a0\u00bb) (<i>palier\u00a02<\/i>).\r\n\r\nPour une crise tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8re, l\u2019injection sous-cutan\u00e9e de sumatriptan par auto-injecteur (Imitrex\u00ae) est le plus efficace (Schoenen <i>et\u00a0al<\/i>., 1994), mais ses effets secondaires, quoique non dangereux, peuvent \u00eatre d\u00e9sagr\u00e9ables pendant une quinzaine de minutes\u00a0; l\u2019alternative, ou le compl\u00e9ment, est le suppositoire ICAM (<i>palier\u00a03<\/i>). Pour une crise rebelle ou un \u00e9tat de mal migraineux (voy. <i>supra<\/i>, #\u00a06), il peut \u00eatre n\u00e9cessaire d\u2019administrer en injections intramusculaires un AINS (Ketorolac-Taradyl\u00ae ou K\u00e9toprof\u00e8ne-Rofenid\u00ae) et un antinaus\u00e9eux (Tiapride-Tiapridal\u00ae ou Alizapride-Litican\u00ae) pendant plusieurs jours, voire d\u2019hospitaliser le patient pour un traitement intraveineux par clomipramine (Anafranil\u00ae) ou cortico\u00efde (Solum\u00e9drol\u00ae) (<i>palier\u00a04<\/i>) (Paemeleire <i>et\u00a0al<\/i>., 2017\u00a0; Ducros <i>et\u00a0al<\/i>., 2021\u00a0; Ashina <i>et\u00a0al<\/i>., 2021) (Fig.\u00a073).\r\n\r\nS\u2019il s\u2019agit d\u2019une crise de migraine avec aura, il n\u2019est pas conseill\u00e9 de prendre un triptan au moment de l\u2019aura, mais seulement lorsque le mal de t\u00eate est d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent\u00a0; s\u2019ils sont pris trop longtemps avant la c\u00e9phal\u00e9e, les triptans sont peu ou pas efficaces, contrairement aux AINS (Olesen <i>et\u00a0al<\/i>., 2004).\r\n\r\n<i>Chez les enfants<\/i>, la crise peut souvent \u00eatre g\u00e9r\u00e9e par un AINS associ\u00e9 \u00e9ventuellement \u00e0 un antinaus\u00e9eux et une sieste. Pour diverses raisons, les triptans sont en g\u00e9n\u00e9ral moins efficaces chez l\u2019enfant et l\u2019adolescent que chez l\u2019adulte (Lant\u00e9ri-Minet <i>et\u00a0al<\/i>., 2014).\r\n\r\n&nbsp;\r\n<div class=\"textbox\"><b># bref.<\/b> <i>Les crises de migraine l\u00e9g\u00e8res peuvent \u00eatre g\u00e9r\u00e9es par les anti-inflammatoires et les antalgiques\u00a0; les crises plus intenses requi\u00e8rent un triptan oral ou injectable, voire un suppositoire comprenant anti-inflammatoire, caf\u00e9ine et antinaus\u00e9eux. Le risque de tous ces traitements de crise est d\u2019aggraver la migraine en cas de surconsommation.<\/i><\/div>\r\n&nbsp;","rendered":"<h1>Les traitements de la crise (ou aigus)<\/h1>\n<p>La 1<sup>re<\/sup>\u00a0\u00e9tape du traitement de la crise migraineuse est <b>le repos<\/b>\u2026 s\u2019il est possible. Le migraineux peut se coucher ou simplement se reposer \u00e0 l\u2019\u00e9cart dans une chambre \u00e0 lumi\u00e8re tamis\u00e9e et peu bruyante, s\u2019il est \u00e0 son domicile, ou utiliser un endroit calme et sombre \u00e0 son lieu de travail pour autant que son employeur soit sensibilis\u00e9 et ait pr\u00e9vu cette possibilit\u00e9. Le repos ou la sieste, ne f\u00fbt-ce que d\u2019un quart d\u2019heure, suffisent rarement seuls, sauf parfois chez l\u2019enfant, mais renforcent clairement l\u2019efficacit\u00e9 des traitements m\u00e9dicamenteux.<\/p>\n<p>Parmi les m\u00e9dicaments les plus anciens utilis\u00e9s pour traiter une crise de migraine figure pour m\u00e9moire le <i>tartrate d\u2019ergotamine<\/i>, un d\u00e9riv\u00e9 de l\u2019ergot de seigle, souvent combin\u00e9 \u00e0 la caf\u00e9ine (Cafergot\u00ae). Il devrait \u00eatre abandonn\u00e9 pour trois raisons\u00a0: son effet vasoconstricteur puissant et durable est dangereux pour le c\u0153ur, son efficacit\u00e9 est inf\u00e9rieure \u00e0 celle des m\u00e9dicaments modernes et sa surconsommation entra\u00eene facilement des c\u00e9phal\u00e9es par abus m\u00e9dicamenteux (Tfelt-Hansen <i>et\u00a0al<\/i>., 2000) (voy. <i>supra<\/i>, #\u00a06).<\/p>\n<p>On distingue parmi les <b>m\u00e9dicaments de la crise migraineuse<\/b> les antalgiques simples (aspirine, parac\u00e9tamol), les antalgiques combin\u00e9s o\u00f9 ces substances sont associ\u00e9es entre elles, et\/ou \u00e0 la caf\u00e9ine ou la cod\u00e9ine, les anti-inflammatoires non st\u00e9ro\u00efdiens (AINS), aussi utilis\u00e9s dans les rhumatismes, et les triptans qui sont seuls \u00e0 \u00eatre sp\u00e9cifiques pour la migraine. Des nouvelles mol\u00e9cules, comme les ditans et les g\u00e9pants, \u00e9galement sp\u00e9cifiques \u00e0 la migraine, sont d\u00e9j\u00e0 sur le march\u00e9 aux USA et le seront bient\u00f4t en Europe. Elles ne sont pas plus efficaces que les triptans, mais n\u2019ont pas d\u2019effet vasculaire, ce qui permet de les utiliser avec plus de s\u00e9curit\u00e9 chez les migraineux souffrant de pathologies cardio-vasculaires (F\u00e4rkkil\u00e4 <i>et\u00a0al<\/i>., 2012). Un autre avantage probable des g\u00e9pants pourrait \u00eatre de ne pas induire de c\u00e9phal\u00e9es par surconsommation, contrairement \u00e0 tous les autres antimigraineux de crise, et de pouvoir d\u00e8s lors \u00eatre utilis\u00e9s comme traitement pr\u00e9ventif \u00e0 condition d\u2019en ing\u00e9rer tous les jours (Fig.\u00a072).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_294\" aria-describedby=\"caption-attachment-294\" style=\"width: 921px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-294 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide72-e1640252470312.jpg\" alt=\"\" width=\"921\" height=\"600\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide72-e1640252470312.jpg 921w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide72-e1640252470312-300x195.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide72-e1640252470312-768x500.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide72-e1640252470312-65x42.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide72-e1640252470312-225x147.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide72-e1640252470312-350x228.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 921px) 100vw, 921px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-294\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 72 : Traitements m\u00e9dicamenteux de la crise migraineuse<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<p>Tous les traitements aigus sont plus efficaces, s\u2019ils sont pris t\u00f4t d\u00e8s le d\u00e9but de la crise. Cependant, pour \u00e9viter une surconsommation de triptans et parce que les crises de migraine varient en s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 chez le m\u00eame individu et entre individus (voy. <i>supra<\/i>, #\u00a07), il est pr\u00e9f\u00e9rable de stratifier le traitement (Fig.\u00a073).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div style=\"width: 1440px;\" class=\"wp-video\"><!--[if lt IE 9]><script>document.createElement('video');<\/script><![endif]--><br \/>\n<video class=\"wp-video-shortcode\" id=\"video-78-1\" width=\"1440\" height=\"1080\" preload=\"metadata\" controls=\"controls\"><source type=\"video\/mp4\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/fig-73.m4v?_=1\" \/><a href=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/fig-73.m4v\">https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/fig-73.m4v<\/a><\/video><\/div>\n<p data-pm-slice=\"1 1 []\"><sup><strong>Figure 73 : Le traitement de la crise \u00ab\u00a0par paliers\u00a0\u00bb<\/strong><\/sup><\/p>\n<p>Pour cela, il est n\u00e9cessaire de <b>doter le migraineux de plusieurs armes de puissance diff\u00e9rente<\/b> qu\u2019il peut utiliser selon l\u2019intensit\u00e9 de la crise, le moment auquel il d\u00e9cide de la traiter et son exp\u00e9rience ant\u00e9rieure avec les traitements. En g\u00e9n\u00e9ral, les antalgiques ou les AINS suffisent pour interrompre une crise l\u00e9g\u00e8re (<i>palier\u00a01<\/i>), \u00e9ventuellement associ\u00e9s \u00e0 un spray intranasal de lidoca\u00efne (Xyloca\u00efne\u00ae) 4\u00a0%. Les AINS sont plus efficaces que les antalgiques \u00e0 condition d\u2019\u00eatre pris \u00e0 dose suffisante (p.\u00a0ex., 600-1200\u00a0mg d\u2019ibuprof\u00e8ne) et moins susceptibles de chroniciser la migraine en cas d\u2019utilisation fr\u00e9quente (P\u00e1rdutz et Schoenen, 2010). Il faut donc les pr\u00e9f\u00e9rer, sauf s\u2019il y a une insuffisance r\u00e9nale, une hypertension art\u00e9rielle ou une contrindication gastroent\u00e9rologique. Dans ce dernier cas, on peut choisir un AINS qui bloque sp\u00e9cifiquement la cyclo-oxyg\u00e9nase\u00a02 (anti-COX2) et est moins dangereux pour l\u2019estomac.<\/p>\n<p>Si la crise est plus intense, les triptans oraux sont plus efficaces\u00a0: deux heures apr\u00e8s la prise, 60\u00a0% des c\u00e9phal\u00e9es sont att\u00e9nu\u00e9es, 30\u00a0% ont disparu compl\u00e8tement. Parmi les trois triptans oraux rembours\u00e9s par l\u2019INAMI en Belgique, on constate globalement que l\u2019efficacit\u00e9 augmente l\u00e9g\u00e8rement en passant du naratriptan par le sumatriptan au zolmitriptan, mais c\u2019est aussi le cas pour les effets ind\u00e9sirables. L\u2019efficacit\u00e9 et la tol\u00e9rance de ces mol\u00e9cules, cependant, varient d\u2019un sujet \u00e0 l\u2019autre. Si un triptan n\u2019est pas efficace ou mal tol\u00e9r\u00e9, il faut en essayer un autre (Diener <i>et\u00a0al<\/i>., 2002), ou parfois augmenter la dose. Si les triptans oraux n\u2019aident pas, et surtout si les naus\u00e9es sont importantes, on peut y associer un suppositoire comprenant un AINS, de la caf\u00e9ine, du domp\u00e9ridone (Motilium\u00ae) et de l\u2019amyloca\u00efne ou de la lidoca\u00efne (\u00ab\u00a0ICAM\u00a0\u00bb) (<i>palier\u00a02<\/i>).<\/p>\n<p>Pour une crise tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8re, l\u2019injection sous-cutan\u00e9e de sumatriptan par auto-injecteur (Imitrex\u00ae) est le plus efficace (Schoenen <i>et\u00a0al<\/i>., 1994), mais ses effets secondaires, quoique non dangereux, peuvent \u00eatre d\u00e9sagr\u00e9ables pendant une quinzaine de minutes\u00a0; l\u2019alternative, ou le compl\u00e9ment, est le suppositoire ICAM (<i>palier\u00a03<\/i>). Pour une crise rebelle ou un \u00e9tat de mal migraineux (voy. <i>supra<\/i>, #\u00a06), il peut \u00eatre n\u00e9cessaire d\u2019administrer en injections intramusculaires un AINS (Ketorolac-Taradyl\u00ae ou K\u00e9toprof\u00e8ne-Rofenid\u00ae) et un antinaus\u00e9eux (Tiapride-Tiapridal\u00ae ou Alizapride-Litican\u00ae) pendant plusieurs jours, voire d\u2019hospitaliser le patient pour un traitement intraveineux par clomipramine (Anafranil\u00ae) ou cortico\u00efde (Solum\u00e9drol\u00ae) (<i>palier\u00a04<\/i>) (Paemeleire <i>et\u00a0al<\/i>., 2017\u00a0; Ducros <i>et\u00a0al<\/i>., 2021\u00a0; Ashina <i>et\u00a0al<\/i>., 2021) (Fig.\u00a073).<\/p>\n<p>S\u2019il s\u2019agit d\u2019une crise de migraine avec aura, il n\u2019est pas conseill\u00e9 de prendre un triptan au moment de l\u2019aura, mais seulement lorsque le mal de t\u00eate est d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent\u00a0; s\u2019ils sont pris trop longtemps avant la c\u00e9phal\u00e9e, les triptans sont peu ou pas efficaces, contrairement aux AINS (Olesen <i>et\u00a0al<\/i>., 2004).<\/p>\n<p><i>Chez les enfants<\/i>, la crise peut souvent \u00eatre g\u00e9r\u00e9e par un AINS associ\u00e9 \u00e9ventuellement \u00e0 un antinaus\u00e9eux et une sieste. Pour diverses raisons, les triptans sont en g\u00e9n\u00e9ral moins efficaces chez l\u2019enfant et l\u2019adolescent que chez l\u2019adulte (Lant\u00e9ri-Minet <i>et\u00a0al<\/i>., 2014).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"textbox\"><b># bref.<\/b> <i>Les crises de migraine l\u00e9g\u00e8res peuvent \u00eatre g\u00e9r\u00e9es par les anti-inflammatoires et les antalgiques\u00a0; les crises plus intenses requi\u00e8rent un triptan oral ou injectable, voire un suppositoire comprenant anti-inflammatoire, caf\u00e9ine et antinaus\u00e9eux. Le risque de tous ces traitements de crise est d\u2019aggraver la migraine en cas de surconsommation.<\/i><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"menu_order":14,"template":"","meta":{"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":[],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[],"license":[],"class_list":["post-78","chapter","type-chapter","status-publish","hentry"],"part":3,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/78"}],"collection":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/78\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":296,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/78\/revisions\/296"}],"part":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/3"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/78\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=78"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=78"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=78"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=78"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}