{"id":93,"date":"2021-11-15T14:06:13","date_gmt":"2021-11-15T14:06:13","guid":{"rendered":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/?post_type=chapter&#038;p=93"},"modified":"2022-01-11T14:30:50","modified_gmt":"2022-01-11T14:30:50","slug":"21","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/chapter\/21\/","title":{"raw":"#21 \u00ab\u00a0<em>Est-ce qu'il y a aussi un traitement pour les AVF de mon homme et la c\u00e9phal\u00e9e de tension de ma fille ? <\/em>\u00bb","rendered":"#21 \u00ab\u00a0<em>Est-ce qu&rsquo;il y a aussi un traitement pour les AVF de mon homme et la c\u00e9phal\u00e9e de tension de ma fille ? <\/em>\u00bb"},"content":{"raw":"<h1>Traitements des autres c\u00e9phal\u00e9es primaires\u2026 en bref<\/h1>\r\nPour terminer, mentionnons bri\u00e8vement les traitements des autres c\u00e9phal\u00e9es primaires.\r\n\r\n<i>Pour les crises d\u2019<\/i><b>algies vasculaires de la face<\/b> (AVF ou <i>cluster headache<\/i>) (Fig.\u00a0103), le traitement le plus efficace est l\u2019injection sous-cutan\u00e9e de sumatriptan (Imitrex\u00ae) par auto-injecteur qui supprime la douleur en 5-10\u00a0minutes dans pr\u00e8s de 90\u00a0% des cas. Vu son prix \u00e9lev\u00e9, certains patients ne s\u2019injectent que la moiti\u00e9 de la dose commercialis\u00e9e de 6\u00a0mg d\u2019Imitrex\u00ae en utilisant un proc\u00e9d\u00e9 qui s\u2019est fait conna\u00eetre <i>via<\/i> les r\u00e9seaux sociaux.\r\n\r\nL\u2019inhalation d\u2019oxyg\u00e8ne pur par masque (12-15\u00a0l\/min) est efficace 6-7\u00a0fois sur 10 en 15-20\u00a0minutes, mais la douleur peut resurgir apr\u00e8s quelques dizaines de minutes. L\u2019avantage de l\u2019oxyg\u00e8ne est l\u2019absence d\u2019effets secondaires, son d\u00e9savantage, les contraintes de l\u2019\u00e9quipement encombrant. Les autres traitements parfois utiles pour la crise sont le zolmitriptan (Zomig\u00ae) en spray nasal, un spray nasal de lidoca\u00efne (Xyloca\u00efne\u00ae) 9\u00a0%, et, dans une moindre mesure, les antalgiques ou le cannabidiol.\r\n\r\nL\u2019application intranasale de liquide de Bonain pour inhiber le ganglion sph\u00e9no-palatin est un traitement obsol\u00e8te des crises d\u2019AVF qui, en cas d\u2019utilisation exag\u00e9r\u00e9e, peut provoquer une n\u00e9crose du nez, comme illustr\u00e9 chez un patient dans la figure\u00a0103.\r\n\r\n<i>Pour interrompre la p\u00e9riode de crises d\u2019AVF<\/i> (Fig.\u00a0103), l\u2019infiltration sous-occipitale d\u2019un cortico\u00efde et d\u2019un anesth\u00e9sique local est tr\u00e8s performante, puisqu\u2019elle y r\u00e9ussit dans 50\u00a0% des cas dans les jours qui suivent la 1<sup>re<\/sup>\u00a0injection, et dans 70\u00a0% apr\u00e8s une 2<sup>e<\/sup>\u00a0injection (Ambrosini <i>et\u00a0al<\/i>., 2005).\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_362\" align=\"aligncenter\" width=\"960\"]<img class=\"wp-image-362 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide103-e1640268518835.jpg\" alt=\"\" width=\"960\" height=\"628\" \/> <strong>Figure 103 : Cluster headache (AVF): traitements\u200b<\/strong>[\/caption]\r\n\r\nLes cortico\u00efdes par voie orale peuvent avoir le m\u00eame effet, mais les crises r\u00e9apparaissent souvent lorsqu\u2019on r\u00e9duit leur dose pour les interrompre, ce qui peut entra\u00eener une cortico-d\u00e9pendance avec son cort\u00e8ge de complications m\u00e9taboliques. Si la r\u00e9mission n\u2019est pas obtenue apr\u00e8s infiltration(s) sous-occipitale(s), le v\u00e9rapamil (Isoptine\u00ae, Lodixal\u00ae) est le m\u00e9dicament de 1<sup>er<\/sup>\u00a0choix, mais la dose n\u00e9cessaire peut \u00eatre \u00e9lev\u00e9e et provoquer des effets secondaires cardiaques, des \u0153d\u00e8mes et une constipation. En cas d\u2019\u00e9chec, on peut associer \u00e0 l\u2019Isoptine\u00ae du carbonate de lithium (Camcolit\u00ae), dont la dose doit \u00eatre ajust\u00e9e pour obtenir un taux sanguin de lithium compris entre 0,8 et 1\u00a0mEq\/l.\r\n\r\nApr\u00e8s traitement prolong\u00e9, le carbonate de lithium peut induire un tremblement, une diminution de sodium dans le sang et un dysfonctionnement de la thyro\u00efde. Une alternative est le topiramate (Topamax\u00ae) dont les effets secondaires ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crits au #\u00a013.4, mais qui semble mieux tol\u00e9r\u00e9 par les patients atteints d\u2019AVF que par les migraineux. Les patients qui ont exclusivement des crises nocturnes peuvent \u00eatre aid\u00e9s par la prise de tartrate d\u2019ergotamine au coucher.\r\n\r\nDans le <i>cluster headache chronique<\/i> (voy. <i>supra<\/i>, #\u00a07), o\u00f9 le sujet n\u2019a plus de p\u00e9riodes de r\u00e9mission dignes de ce nom, il arrive que tous les traitements m\u00e9dicamenteux, sauf les traitements de crise, perdent leur efficacit\u00e9. On peut alors envisager un proc\u00e9d\u00e9 de neurostimulation implantable extracr\u00e2nien, comme l\u2019implantation percutan\u00e9e d\u2019une \u00e9lectrode de stimulation sous-occipitale (Magis <i>et\u00a0al<\/i>., 2011) ou l\u2019introduction pergingivale d\u2019un microstimulateur du ganglion sph\u00e9no-palatin (Schoenen <i>et\u00a0al<\/i>., 2013), mais ces techniques ne sont pas rembours\u00e9es et n\u00e9cessitent d\u00e8s lors une intervention exceptionnelle du Fonds de solidarit\u00e9.\r\n\r\nLes bons r\u00e9sultats atteignent 50-60\u00a0%, ce qui est appr\u00e9ciable chez des patients d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s. Des l\u00e9sions de radiofr\u00e9quence du ganglion sph\u00e9no-palatin ou des injections autour de ce ganglion de toxine botulique sont d\u2019autres traitements prometteurs, de m\u00eame que des perfusions intraveineuses de k\u00e9tamine. En dernier recours, une implantation d\u2019\u00e9lectrodes de stimulation intrac\u00e9r\u00e9brales dans l\u2019hypothalamus est possible dans des centres o\u00f9 elle est toujours pratiqu\u00e9e malgr\u00e9 le risque d\u2019h\u00e9morragie intrac\u00e9r\u00e9brale (Schoenen <i>et\u00a0al<\/i>., 2005).\r\n\r\n&nbsp;\r\n<div class=\"textbox\"><b>#\u00a0bref.<\/b> <i>Le traitement des algies vasculaires de la face (<\/i>cluster headache<i>) repose sur l\u2019oxyg\u00e9noth\u00e9rapie haut d\u00e9bit et\/ou l\u2019injection sous-cutan\u00e9e de sumatriptan pour les crises, sur des infiltrations sous-occipitales et le v\u00e9rapamil, le carbonate de lithium et le topiramate pour leur pr\u00e9vention.<\/i><\/div>\r\n&nbsp;\r\n\r\nLes <b>c\u00e9phal\u00e9es de tension<\/b> (voy. <i>supra<\/i>, #\u00a07), si elles ne sont pas fr\u00e9quentes, ne n\u00e9cessitent rien de plus qu\u2019un traitement symptomatique antalgique. En l\u2019absence de contrindications gastrique ou r\u00e9nale, il faut privil\u00e9gier un AINS, comme l\u2019ibuprof\u00e8ne, car il est plus efficace que l\u2019aspirine ou le parac\u00e9tamol et induit moins facilement des c\u00e9phal\u00e9es chroniques avec surconsommation d\u2019antalgiques (CSA) (voy. <i>supra<\/i>, #\u00a013.4.4). Les associations comprenant de la caf\u00e9ine et\/ou de la cod\u00e9ine sont certes plus efficaces dans l\u2019imm\u00e9diat, mais risqu\u00e9es \u00e0 la longue parce qu\u2019elles provoquent rapidement des CSA (Fig.\u00a0104).\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_363\" align=\"aligncenter\" width=\"902\"]<img class=\"wp-image-363 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide104-e1640268577909.jpg\" alt=\"\" width=\"902\" height=\"640\" \/> <strong>Figure 104 : C\u00e9phal\u00e9e de tension: traitement m\u00e9dicamenteux aigu\u200b<\/strong>[\/caption]\r\n\r\nLes c\u00e9phal\u00e9es de tension chroniques ou tr\u00e8s fr\u00e9quentes sont invalidantes et demandent une prise en charge soutenue. Les traitements cognitivo-comportementaux, de gestion du stress et\/ou de m\u00e9decine physique sont ici des premiers choix, alors qu\u2019ils sont souvent des adjuvants dans les migraines (voy. <i>supra<\/i>, # 13.5.2). Les tricycliques, comme l\u2019amitriptyline (R\u00e9domex\u00ae), la nortriptyline (Nortrilen\u00ae) ou la clomipramine (Anafranil\u00ae), anciennement utilis\u00e9s comme antid\u00e9presseurs, sont parmi les seuls m\u00e9dicaments ayant parfois une certaine efficacit\u00e9 ; d\u2019autres sont la tizanidine (Sirdalud\u00ae), un antispastique, ou le magn\u00e9sium \u00e0 dose \u00e9lev\u00e9e.\r\n\r\nCes diff\u00e9rents traitements ciblent des aspects physiopathologiques connus des c\u00e9phal\u00e9es de tension chroniques au niveau musculo-tendineux (contractures, sensibilisation myo-fasciale\u2026) ou dans le syst\u00e8me nerveux central (sensibilisation des voies nerveuses conduisant la douleur au cerveau et\/ou contr\u00f4le d\u00e9ficient de ces voies par les centres antalgiques du tronc c\u00e9r\u00e9bral et du cerveau limbique) (Fig. 105). Quelle que soit la strat\u00e9gie choisie, les c\u00e9phal\u00e9es de tension chroniques sont difficiles \u00e0 soigner, notamment \u00e0 cause de leur comorbidit\u00e9 avec des troubles anxio-d\u00e9pressifs ou la fibromyalgie, et n\u00e9cessitent souvent une approche multidisciplinaire (Schoenen et Olesen, 1993).\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n[video width=\"1440\" height=\"1080\" m4v=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/fig-105.m4v\"][\/video]\r\n<p data-pm-slice=\"1 1 []\"><sup><strong>Figure 105 : C\u00e9phal\u00e9es de tension: traitements de fond et cibles physiopathologiques<\/strong><\/sup><\/p>\r\n\r\n<div class=\"textbox\"><b>#\u00a0bref.<\/b> <i>La c\u00e9phal\u00e9e de tension occasionnelle peut \u00eatre trait\u00e9e par un anti-inflammatoire ou un antalgique. Les c\u00e9phal\u00e9es de tension fr\u00e9quentes n\u00e9cessitent un traitement pr\u00e9ventif par exercices de relaxation, et \u00e9ventuellement un tricyclique.<\/i><\/div>\r\n&nbsp;\r\n\r\nPour la <b>n\u00e9vralgie du trijumeau<\/b>, la carbamaz\u00e9pine (T\u00e9gr\u00e9tol\u00ae) est le traitement de premier choix, mais d\u2019autres options sont l\u2019oxcarbazapine (Trileptal\u00ae), la pr\u00e9gabaline (Lyrica\u00ae) ou le baclof\u00e8ne (Lior\u00e9sal\u00ae). Si les m\u00e9dicaments ne sont pas suffisamment efficaces ou mal tol\u00e9r\u00e9s, d\u2019autres traitements sont possibles, comme par exemple la d\u00e9compression vasculaire du nerf trijumeau par voie chirurgicale (\u00ab\u00a0op\u00e9ration de Janetta\u00a0\u00bb), son irradiation focale (\u00ab\u00a0radiochirurgie par <i>gamma knife<\/i>\u00a0\u00bb) ou sa thermocoagulation percutan\u00e9e (Schoenen <i>et\u00a0al<\/i>., 2011).","rendered":"<h1>Traitements des autres c\u00e9phal\u00e9es primaires\u2026 en bref<\/h1>\n<p>Pour terminer, mentionnons bri\u00e8vement les traitements des autres c\u00e9phal\u00e9es primaires.<\/p>\n<p><i>Pour les crises d\u2019<\/i><b>algies vasculaires de la face<\/b> (AVF ou <i>cluster headache<\/i>) (Fig.\u00a0103), le traitement le plus efficace est l\u2019injection sous-cutan\u00e9e de sumatriptan (Imitrex\u00ae) par auto-injecteur qui supprime la douleur en 5-10\u00a0minutes dans pr\u00e8s de 90\u00a0% des cas. Vu son prix \u00e9lev\u00e9, certains patients ne s\u2019injectent que la moiti\u00e9 de la dose commercialis\u00e9e de 6\u00a0mg d\u2019Imitrex\u00ae en utilisant un proc\u00e9d\u00e9 qui s\u2019est fait conna\u00eetre <i>via<\/i> les r\u00e9seaux sociaux.<\/p>\n<p>L\u2019inhalation d\u2019oxyg\u00e8ne pur par masque (12-15\u00a0l\/min) est efficace 6-7\u00a0fois sur 10 en 15-20\u00a0minutes, mais la douleur peut resurgir apr\u00e8s quelques dizaines de minutes. L\u2019avantage de l\u2019oxyg\u00e8ne est l\u2019absence d\u2019effets secondaires, son d\u00e9savantage, les contraintes de l\u2019\u00e9quipement encombrant. Les autres traitements parfois utiles pour la crise sont le zolmitriptan (Zomig\u00ae) en spray nasal, un spray nasal de lidoca\u00efne (Xyloca\u00efne\u00ae) 9\u00a0%, et, dans une moindre mesure, les antalgiques ou le cannabidiol.<\/p>\n<p>L\u2019application intranasale de liquide de Bonain pour inhiber le ganglion sph\u00e9no-palatin est un traitement obsol\u00e8te des crises d\u2019AVF qui, en cas d\u2019utilisation exag\u00e9r\u00e9e, peut provoquer une n\u00e9crose du nez, comme illustr\u00e9 chez un patient dans la figure\u00a0103.<\/p>\n<p><i>Pour interrompre la p\u00e9riode de crises d\u2019AVF<\/i> (Fig.\u00a0103), l\u2019infiltration sous-occipitale d\u2019un cortico\u00efde et d\u2019un anesth\u00e9sique local est tr\u00e8s performante, puisqu\u2019elle y r\u00e9ussit dans 50\u00a0% des cas dans les jours qui suivent la 1<sup>re<\/sup>\u00a0injection, et dans 70\u00a0% apr\u00e8s une 2<sup>e<\/sup>\u00a0injection (Ambrosini <i>et\u00a0al<\/i>., 2005).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_362\" aria-describedby=\"caption-attachment-362\" style=\"width: 960px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-362 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide103-e1640268518835.jpg\" alt=\"\" width=\"960\" height=\"628\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide103-e1640268518835.jpg 960w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide103-e1640268518835-300x196.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide103-e1640268518835-768x502.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide103-e1640268518835-65x43.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide103-e1640268518835-225x147.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide103-e1640268518835-350x229.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 960px) 100vw, 960px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-362\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 103 : Cluster headache (AVF): traitements\u200b<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<p>Les cortico\u00efdes par voie orale peuvent avoir le m\u00eame effet, mais les crises r\u00e9apparaissent souvent lorsqu\u2019on r\u00e9duit leur dose pour les interrompre, ce qui peut entra\u00eener une cortico-d\u00e9pendance avec son cort\u00e8ge de complications m\u00e9taboliques. Si la r\u00e9mission n\u2019est pas obtenue apr\u00e8s infiltration(s) sous-occipitale(s), le v\u00e9rapamil (Isoptine\u00ae, Lodixal\u00ae) est le m\u00e9dicament de 1<sup>er<\/sup>\u00a0choix, mais la dose n\u00e9cessaire peut \u00eatre \u00e9lev\u00e9e et provoquer des effets secondaires cardiaques, des \u0153d\u00e8mes et une constipation. En cas d\u2019\u00e9chec, on peut associer \u00e0 l\u2019Isoptine\u00ae du carbonate de lithium (Camcolit\u00ae), dont la dose doit \u00eatre ajust\u00e9e pour obtenir un taux sanguin de lithium compris entre 0,8 et 1\u00a0mEq\/l.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s traitement prolong\u00e9, le carbonate de lithium peut induire un tremblement, une diminution de sodium dans le sang et un dysfonctionnement de la thyro\u00efde. Une alternative est le topiramate (Topamax\u00ae) dont les effets secondaires ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crits au #\u00a013.4, mais qui semble mieux tol\u00e9r\u00e9 par les patients atteints d\u2019AVF que par les migraineux. Les patients qui ont exclusivement des crises nocturnes peuvent \u00eatre aid\u00e9s par la prise de tartrate d\u2019ergotamine au coucher.<\/p>\n<p>Dans le <i>cluster headache chronique<\/i> (voy. <i>supra<\/i>, #\u00a07), o\u00f9 le sujet n\u2019a plus de p\u00e9riodes de r\u00e9mission dignes de ce nom, il arrive que tous les traitements m\u00e9dicamenteux, sauf les traitements de crise, perdent leur efficacit\u00e9. On peut alors envisager un proc\u00e9d\u00e9 de neurostimulation implantable extracr\u00e2nien, comme l\u2019implantation percutan\u00e9e d\u2019une \u00e9lectrode de stimulation sous-occipitale (Magis <i>et\u00a0al<\/i>., 2011) ou l\u2019introduction pergingivale d\u2019un microstimulateur du ganglion sph\u00e9no-palatin (Schoenen <i>et\u00a0al<\/i>., 2013), mais ces techniques ne sont pas rembours\u00e9es et n\u00e9cessitent d\u00e8s lors une intervention exceptionnelle du Fonds de solidarit\u00e9.<\/p>\n<p>Les bons r\u00e9sultats atteignent 50-60\u00a0%, ce qui est appr\u00e9ciable chez des patients d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s. Des l\u00e9sions de radiofr\u00e9quence du ganglion sph\u00e9no-palatin ou des injections autour de ce ganglion de toxine botulique sont d\u2019autres traitements prometteurs, de m\u00eame que des perfusions intraveineuses de k\u00e9tamine. En dernier recours, une implantation d\u2019\u00e9lectrodes de stimulation intrac\u00e9r\u00e9brales dans l\u2019hypothalamus est possible dans des centres o\u00f9 elle est toujours pratiqu\u00e9e malgr\u00e9 le risque d\u2019h\u00e9morragie intrac\u00e9r\u00e9brale (Schoenen <i>et\u00a0al<\/i>., 2005).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"textbox\"><b>#\u00a0bref.<\/b> <i>Le traitement des algies vasculaires de la face (<\/i>cluster headache<i>) repose sur l\u2019oxyg\u00e9noth\u00e9rapie haut d\u00e9bit et\/ou l\u2019injection sous-cutan\u00e9e de sumatriptan pour les crises, sur des infiltrations sous-occipitales et le v\u00e9rapamil, le carbonate de lithium et le topiramate pour leur pr\u00e9vention.<\/i><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les <b>c\u00e9phal\u00e9es de tension<\/b> (voy. <i>supra<\/i>, #\u00a07), si elles ne sont pas fr\u00e9quentes, ne n\u00e9cessitent rien de plus qu\u2019un traitement symptomatique antalgique. En l\u2019absence de contrindications gastrique ou r\u00e9nale, il faut privil\u00e9gier un AINS, comme l\u2019ibuprof\u00e8ne, car il est plus efficace que l\u2019aspirine ou le parac\u00e9tamol et induit moins facilement des c\u00e9phal\u00e9es chroniques avec surconsommation d\u2019antalgiques (CSA) (voy. <i>supra<\/i>, #\u00a013.4.4). Les associations comprenant de la caf\u00e9ine et\/ou de la cod\u00e9ine sont certes plus efficaces dans l\u2019imm\u00e9diat, mais risqu\u00e9es \u00e0 la longue parce qu\u2019elles provoquent rapidement des CSA (Fig.\u00a0104).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_363\" aria-describedby=\"caption-attachment-363\" style=\"width: 902px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-363 size-full\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide104-e1640268577909.jpg\" alt=\"\" width=\"902\" height=\"640\" srcset=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide104-e1640268577909.jpg 902w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide104-e1640268577909-300x213.jpg 300w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide104-e1640268577909-768x545.jpg 768w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide104-e1640268577909-65x46.jpg 65w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide104-e1640268577909-225x160.jpg 225w, https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/Slide104-e1640268577909-350x248.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 902px) 100vw, 902px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-363\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 104 : C\u00e9phal\u00e9e de tension: traitement m\u00e9dicamenteux aigu\u200b<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<p>Les c\u00e9phal\u00e9es de tension chroniques ou tr\u00e8s fr\u00e9quentes sont invalidantes et demandent une prise en charge soutenue. Les traitements cognitivo-comportementaux, de gestion du stress et\/ou de m\u00e9decine physique sont ici des premiers choix, alors qu\u2019ils sont souvent des adjuvants dans les migraines (voy. <i>supra<\/i>, # 13.5.2). Les tricycliques, comme l\u2019amitriptyline (R\u00e9domex\u00ae), la nortriptyline (Nortrilen\u00ae) ou la clomipramine (Anafranil\u00ae), anciennement utilis\u00e9s comme antid\u00e9presseurs, sont parmi les seuls m\u00e9dicaments ayant parfois une certaine efficacit\u00e9 ; d\u2019autres sont la tizanidine (Sirdalud\u00ae), un antispastique, ou le magn\u00e9sium \u00e0 dose \u00e9lev\u00e9e.<\/p>\n<p>Ces diff\u00e9rents traitements ciblent des aspects physiopathologiques connus des c\u00e9phal\u00e9es de tension chroniques au niveau musculo-tendineux (contractures, sensibilisation myo-fasciale\u2026) ou dans le syst\u00e8me nerveux central (sensibilisation des voies nerveuses conduisant la douleur au cerveau et\/ou contr\u00f4le d\u00e9ficient de ces voies par les centres antalgiques du tronc c\u00e9r\u00e9bral et du cerveau limbique) (Fig. 105). Quelle que soit la strat\u00e9gie choisie, les c\u00e9phal\u00e9es de tension chroniques sont difficiles \u00e0 soigner, notamment \u00e0 cause de leur comorbidit\u00e9 avec des troubles anxio-d\u00e9pressifs ou la fibromyalgie, et n\u00e9cessitent souvent une approche multidisciplinaire (Schoenen et Olesen, 1993).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div style=\"width: 1440px;\" class=\"wp-video\"><!--[if lt IE 9]><script>document.createElement('video');<\/script><![endif]--><br \/>\n<video class=\"wp-video-shortcode\" id=\"video-93-1\" width=\"1440\" height=\"1080\" preload=\"metadata\" controls=\"controls\"><source type=\"video\/mp4\" src=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/fig-105.m4v?_=1\" \/><a href=\"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/fig-105.m4v\">https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2021\/11\/fig-105.m4v<\/a><\/video><\/div>\n<p data-pm-slice=\"1 1 []\"><sup><strong>Figure 105 : C\u00e9phal\u00e9es de tension: traitements de fond et cibles physiopathologiques<\/strong><\/sup><\/p>\n<div class=\"textbox\"><b>#\u00a0bref.<\/b> <i>La c\u00e9phal\u00e9e de tension occasionnelle peut \u00eatre trait\u00e9e par un anti-inflammatoire ou un antalgique. Les c\u00e9phal\u00e9es de tension fr\u00e9quentes n\u00e9cessitent un traitement pr\u00e9ventif par exercices de relaxation, et \u00e9ventuellement un tricyclique.<\/i><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour la <b>n\u00e9vralgie du trijumeau<\/b>, la carbamaz\u00e9pine (T\u00e9gr\u00e9tol\u00ae) est le traitement de premier choix, mais d\u2019autres options sont l\u2019oxcarbazapine (Trileptal\u00ae), la pr\u00e9gabaline (Lyrica\u00ae) ou le baclof\u00e8ne (Lior\u00e9sal\u00ae). Si les m\u00e9dicaments ne sont pas suffisamment efficaces ou mal tol\u00e9r\u00e9s, d\u2019autres traitements sont possibles, comme par exemple la d\u00e9compression vasculaire du nerf trijumeau par voie chirurgicale (\u00ab\u00a0op\u00e9ration de Janetta\u00a0\u00bb), son irradiation focale (\u00ab\u00a0radiochirurgie par <i>gamma knife<\/i>\u00a0\u00bb) ou sa thermocoagulation percutan\u00e9e (Schoenen <i>et\u00a0al<\/i>., 2011).<\/p>\n","protected":false},"author":1,"menu_order":21,"template":"","meta":{"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":[],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[],"license":[],"class_list":["post-93","chapter","type-chapter","status-publish","hentry"],"part":3,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/93"}],"collection":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/93\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":387,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/93\/revisions\/387"}],"part":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/3"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/93\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=93"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=93"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=93"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/migraine\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=93"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}