{"id":142,"date":"2020-09-01T14:44:21","date_gmt":"2020-09-01T14:44:21","guid":{"rendered":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/vfurnelle20\/?post_type=chapter&#038;p=142"},"modified":"2020-12-01T13:57:24","modified_gmt":"2020-12-01T13:57:24","slug":"14b-un-gazon-universel","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/vfurnelle20\/chapter\/14b-un-gazon-universel\/","title":{"raw":"14b. Un gazon universel","rendered":"14b. Un gazon universel"},"content":{"raw":"<p class=\"western\" lang=\"fr-BE\" align=\"justify\">Il est tellement banal qu\u2019on ne le voit pas, tellement partout qu\u2019il para\u00eet n\u00e9cessaire. Le gazon bien tondu se d\u00e9cline sans fin, s\u2019entretient tous les week-ends, pour \u00ab&nbsp;l'immense plaisir&nbsp;\u00bb des oreilles du voisinage. Depuis que je connais les joies d\u2019une friche vou\u00e9e au fauchage tardif ainsi que le bonheur du jardin en mouvement, o\u00f9 les herbes rivalisent dans la hauteur et o\u00f9 les chemins se d\u00e9placent au fil des saisons[footnote]CL\u00c9MENT, Gilles,<i> Le jardin en mouvement<\/i>, Sens &amp; Tonka, 1991.[\/footnote], je regarde ces pelouses d\u2019un \u0153il plus perplexe.<\/p>\r\n<p class=\"western\" lang=\"fr-BE\" align=\"justify\">J\u2019aurais pu choisir n\u2019importe quel gazon. Celui-ci est ras, bien dru, bien dense, uniform\u00e9ment vert, parfaitement entretenu, d\u00e9pourvu de mousses et de taupini\u00e8res. Pas une seule de ses herbes ne d\u00e9borde sur les chemins ou dans les parterres de fleurs. Tout cela est parfaitement net \u2013 fruit d\u2019un labeur consciencieux, r\u00e9gulier et syst\u00e9matique. Jamais personne ne le foule si ce n\u2019est pour le tondre. Et si un ballon tra\u00eene en son centre, c\u2019est que les propri\u00e9taires sont en vacances et simulent une pr\u00e9sence.<\/p>\r\n<p class=\"western\" lang=\"fr-BE\" align=\"justify\">Ce gazon-ci, presque parfait, est plus insigne encore. Le terrain, vallonn\u00e9, a \u00e9t\u00e9 retravaill\u00e9 pour la circonstance et remis \u00e0 plat. Le relief naturel, un petit creux humide, n\u2019aurait permis qu\u2019un r\u00e9sultat approximatif. Il se serait mal pr\u00eat\u00e9 \u00e0 un jardin aussi impeccable, digne d\u2019un catalogue de parcs et jardins. Il a donc fallu consentir un effort \u00e9norme pour installer et entretenir un telle pelouse (utiliser un bulldozer, mettre en place tout un syst\u00e8me de pompage et de drainage). Pour y pr\u00e9tendre, une lutte acharn\u00e9e contre les \u00e9l\u00e9ments naturels, obstin\u00e9ment hostiles \u00e0 de telles r\u00e9alisations, s\u2019impose.<\/p>\r\n<p class=\"western\" lang=\"fr-BE\" align=\"justify\">Au philosophe que je suis, ce petit tapis vert pose une multitude de questions. Quels sont les moyens et le temps n\u00e9cessaires pour obtenir un tel r\u00e9sultat ? Un tel travail n\u2019est-il pas illusoire, aussi d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 que celui de Sisyphe remontant sans fin sa pierre au sommet d\u2019une colline ? Pourquoi une telle obstination \u00e0 s\u2019opposer au naturel ? Par quelle puissance titanesque ce mod\u00e8le du \u00ab&nbsp;green&nbsp;\u00bb a-t-il pu s\u2019imposer aussi universellement ? Et, en d\u00e9finitive, ici comme partout ailleurs, quel est le r\u00eave poursuivi ?<\/p>\r\n<p class=\"western\" lang=\"fr-BE\" align=\"justify\">Nous avons bien s\u00fbr des esquisses de r\u00e9ponses, multiples et compl\u00e9mentaires. La volont\u00e9 de dominer la nature est une histoire ancienne[footnote]Entre autres r\u00e9f\u00e9rences pl\u00e9thoriques : HADOT, Pierre, <i>Le voile d\u2019Isis, Essai sur l\u2019histoire de l\u2019id\u00e9e de nature<\/i>, Gallimard, 2004.[\/footnote], entam\u00e9e peut-\u00eatre d\u00e8s l\u2019Antiquit\u00e9, mais surtout constitutive du projet de la pens\u00e9e et de soci\u00e9t\u00e9 des Modernes. Nous en sommes les h\u00e9ritiers, qu\u2019on le sache ou non. Il est piquant de se dire que celui qui tond obstin\u00e9ment sa pelouse chaque semaine est redevable au cart\u00e9sianisme, voire au platonisme. Un \u00e9pigone d\u2019autant plus servile qu\u2019il n\u2019interroge pas la philosophie dont il est tributaire, qu\u2019il n\u2019en a pas m\u00eame conscience.<\/p>\r\n<p class=\"western\" lang=\"fr-BE\" align=\"justify\">Cette explication est \u00e9videmment trop g\u00e9n\u00e9rale. Plus proche de nous, au cours du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, le \u00ab&nbsp;green<i>&nbsp;\u00bb<\/i>, m\u00eame si ses racines sont anglaises, est un produit de l\u2019\"<i>American way of life\".<\/i> \u00ab&nbsp;La surface de gazon devient [\u2026] une sorte de vitrine de l\u2019identit\u00e9 am\u00e9ricaine&nbsp;\u00bb[footnote]MOTTET, Jean, \u00ab&nbsp;Des p\u00e2turages anglais \u00e0 la pelouse am\u00e9ricaine&nbsp;\u00bb in : <i>L\u2019herbe dans tous ses \u00e9tats<\/i>, Champ Vallon, 2011, p. 146.[\/footnote], \u00ab&nbsp;[\u2026] jouxtant l\u2019habitation, (elle) se transforme en une sorte de lieu commun appel\u00e9 \u00e0 devenir, bien au-del\u00e0 de ses fonctions, un symbole des classes moyennes blanches [\u2026]&nbsp;\u00bb[footnote]Idem, p. 145.[\/footnote].<\/p>\r\n<p class=\"western\" lang=\"fr-BE\" align=\"justify\">De l\u2019Am\u00e9rique \u00e0 l\u2019universalit\u00e9, il n\u2019y a qu\u2019un pas, franchi par le cin\u00e9ma et les m\u00e9dias. Cette universalit\u00e9 n\u2019aurait toutefois jamais \u00e9t\u00e9 possible si ce gazon n\u2019avait trouv\u00e9 partout un terreau fertile, s\u2019il ne s\u2019\u00e9tait enracin\u00e9 dans une angoisse bien profonde : la hantise du vieillissement[footnote]Idem. p. 147.[\/footnote]. Ce vert perp\u00e9tuel, jamais fl\u00e9tri, jamais jauni, est la m\u00e9tonymie de la jeunesse inalt\u00e9rable, objet de nos fantasmes occidentaux. Nos pelouses ont \u00e9chapp\u00e9 au Temps, \u00ab&nbsp;dieu sinistre, effrayant, impassible&nbsp;\u00bb, ce \u00ab&nbsp;joueur avide qui gagne sans tricher, \u00e0 tout coup !&nbsp;\u00bb[footnote]BAUDELAIRE, Charles, \u00ab&nbsp;L\u2019horloge&nbsp;\u00bb dans <i>Les fleurs du mal, <\/i>\u0152uvres compl\u00e8tes, tome I, op. cit., p. 81.[\/footnote] Comment ne pas savourer les charmes verdoyants d\u2019une telle victoire sur l\u2019invincible, notre \u00ab&nbsp;obscur Ennemi&nbsp;?&nbsp;\u00bb[footnote]BAUDELAIRE, Charles, \u00ab&nbsp;L\u2019Ennemi&nbsp;\u00bb, idem, p. 16.[\/footnote] Pour y parvenir, il a fallu bien entendu an\u00e9antir la vie elle-m\u00eame \u2013 les papillons, tous les insectes, les fleurs sauvages, toutes les mauvaises herbes\u2026<\/p>\r\n<p class=\"western\" lang=\"fr-BE\" align=\"justify\">Voil\u00e0 ce que me dit ce gazon, presque tous les gazons\u00a0: un mensonge illusoire, une tricherie path\u00e9tique. La perp\u00e9tuelle jeunesse ne s\u2019obtient qu\u2019au prix d\u2019un artifice constant. Le d\u00e9sir de figer le cours des choses est un effort d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 de chaque instant, de chaque tragique samedi vou\u00e9 \u00e0 la tondeuse. Mais que ne ferait-on pas pour contenir l\u2019irr\u00e9vocable\u00a0?<\/p>","rendered":"<p class=\"western\" lang=\"fr-BE\" style=\"text-align: justify;\">Il est tellement banal qu\u2019on ne le voit pas, tellement partout qu\u2019il para\u00eet n\u00e9cessaire. Le gazon bien tondu se d\u00e9cline sans fin, s\u2019entretient tous les week-ends, pour \u00ab&nbsp;l&rsquo;immense plaisir&nbsp;\u00bb des oreilles du voisinage. Depuis que je connais les joies d\u2019une friche vou\u00e9e au fauchage tardif ainsi que le bonheur du jardin en mouvement, o\u00f9 les herbes rivalisent dans la hauteur et o\u00f9 les chemins se d\u00e9placent au fil des saisons<a class=\"footnote\" title=\"CL\u00c9MENT, Gilles, Le jardin en mouvement, Sens &amp; Tonka, 1991.\" id=\"return-footnote-142-1\" href=\"#footnote-142-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a>, je regarde ces pelouses d\u2019un \u0153il plus perplexe.<\/p>\n<p class=\"western\" lang=\"fr-BE\" style=\"text-align: justify;\">J\u2019aurais pu choisir n\u2019importe quel gazon. Celui-ci est ras, bien dru, bien dense, uniform\u00e9ment vert, parfaitement entretenu, d\u00e9pourvu de mousses et de taupini\u00e8res. Pas une seule de ses herbes ne d\u00e9borde sur les chemins ou dans les parterres de fleurs. Tout cela est parfaitement net \u2013 fruit d\u2019un labeur consciencieux, r\u00e9gulier et syst\u00e9matique. Jamais personne ne le foule si ce n\u2019est pour le tondre. Et si un ballon tra\u00eene en son centre, c\u2019est que les propri\u00e9taires sont en vacances et simulent une pr\u00e9sence.<\/p>\n<p class=\"western\" lang=\"fr-BE\" style=\"text-align: justify;\">Ce gazon-ci, presque parfait, est plus insigne encore. Le terrain, vallonn\u00e9, a \u00e9t\u00e9 retravaill\u00e9 pour la circonstance et remis \u00e0 plat. Le relief naturel, un petit creux humide, n\u2019aurait permis qu\u2019un r\u00e9sultat approximatif. Il se serait mal pr\u00eat\u00e9 \u00e0 un jardin aussi impeccable, digne d\u2019un catalogue de parcs et jardins. Il a donc fallu consentir un effort \u00e9norme pour installer et entretenir un telle pelouse (utiliser un bulldozer, mettre en place tout un syst\u00e8me de pompage et de drainage). Pour y pr\u00e9tendre, une lutte acharn\u00e9e contre les \u00e9l\u00e9ments naturels, obstin\u00e9ment hostiles \u00e0 de telles r\u00e9alisations, s\u2019impose.<\/p>\n<p class=\"western\" lang=\"fr-BE\" style=\"text-align: justify;\">Au philosophe que je suis, ce petit tapis vert pose une multitude de questions. Quels sont les moyens et le temps n\u00e9cessaires pour obtenir un tel r\u00e9sultat ? Un tel travail n\u2019est-il pas illusoire, aussi d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 que celui de Sisyphe remontant sans fin sa pierre au sommet d\u2019une colline ? Pourquoi une telle obstination \u00e0 s\u2019opposer au naturel ? Par quelle puissance titanesque ce mod\u00e8le du \u00ab&nbsp;green&nbsp;\u00bb a-t-il pu s\u2019imposer aussi universellement ? Et, en d\u00e9finitive, ici comme partout ailleurs, quel est le r\u00eave poursuivi ?<\/p>\n<p class=\"western\" lang=\"fr-BE\" style=\"text-align: justify;\">Nous avons bien s\u00fbr des esquisses de r\u00e9ponses, multiples et compl\u00e9mentaires. La volont\u00e9 de dominer la nature est une histoire ancienne<a class=\"footnote\" title=\"Entre autres r\u00e9f\u00e9rences pl\u00e9thoriques : HADOT, Pierre, Le voile d\u2019Isis, Essai sur l\u2019histoire de l\u2019id\u00e9e de nature, Gallimard, 2004.\" id=\"return-footnote-142-2\" href=\"#footnote-142-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a>, entam\u00e9e peut-\u00eatre d\u00e8s l\u2019Antiquit\u00e9, mais surtout constitutive du projet de la pens\u00e9e et de soci\u00e9t\u00e9 des Modernes. Nous en sommes les h\u00e9ritiers, qu\u2019on le sache ou non. Il est piquant de se dire que celui qui tond obstin\u00e9ment sa pelouse chaque semaine est redevable au cart\u00e9sianisme, voire au platonisme. Un \u00e9pigone d\u2019autant plus servile qu\u2019il n\u2019interroge pas la philosophie dont il est tributaire, qu\u2019il n\u2019en a pas m\u00eame conscience.<\/p>\n<p class=\"western\" lang=\"fr-BE\" style=\"text-align: justify;\">Cette explication est \u00e9videmment trop g\u00e9n\u00e9rale. 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Cette universalit\u00e9 n\u2019aurait toutefois jamais \u00e9t\u00e9 possible si ce gazon n\u2019avait trouv\u00e9 partout un terreau fertile, s\u2019il ne s\u2019\u00e9tait enracin\u00e9 dans une angoisse bien profonde : la hantise du vieillissement<a class=\"footnote\" title=\"Idem. p. 147.\" id=\"return-footnote-142-5\" href=\"#footnote-142-5\" aria-label=\"Footnote 5\"><sup class=\"footnote\">[5]<\/sup><\/a>. Ce vert perp\u00e9tuel, jamais fl\u00e9tri, jamais jauni, est la m\u00e9tonymie de la jeunesse inalt\u00e9rable, objet de nos fantasmes occidentaux. Nos pelouses ont \u00e9chapp\u00e9 au Temps, \u00ab&nbsp;dieu sinistre, effrayant, impassible&nbsp;\u00bb, ce \u00ab&nbsp;joueur avide qui gagne sans tricher, \u00e0 tout coup !&nbsp;\u00bb<a class=\"footnote\" title=\"BAUDELAIRE, Charles, \u00ab\u00a0L\u2019horloge\u00a0\u00bb dans Les fleurs du mal, \u0152uvres compl\u00e8tes, tome I, op. cit., p. 81.\" id=\"return-footnote-142-6\" href=\"#footnote-142-6\" aria-label=\"Footnote 6\"><sup class=\"footnote\">[6]<\/sup><\/a> Comment ne pas savourer les charmes verdoyants d\u2019une telle victoire sur l\u2019invincible, notre \u00ab&nbsp;obscur Ennemi&nbsp;?&nbsp;\u00bb<a class=\"footnote\" title=\"BAUDELAIRE, Charles, \u00ab\u00a0L\u2019Ennemi\u00a0\u00bb, idem, p. 16.\" id=\"return-footnote-142-7\" href=\"#footnote-142-7\" aria-label=\"Footnote 7\"><sup class=\"footnote\">[7]<\/sup><\/a> Pour y parvenir, il a fallu bien entendu an\u00e9antir la vie elle-m\u00eame \u2013 les papillons, tous les insectes, les fleurs sauvages, toutes les mauvaises herbes\u2026<\/p>\n<p class=\"western\" lang=\"fr-BE\" style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 ce que me dit ce gazon, presque tous les gazons\u00a0: un mensonge illusoire, une tricherie path\u00e9tique. La perp\u00e9tuelle jeunesse ne s\u2019obtient qu\u2019au prix d\u2019un artifice constant. Le d\u00e9sir de figer le cours des choses est un effort d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 de chaque instant, de chaque tragique samedi vou\u00e9 \u00e0 la tondeuse. Mais que ne ferait-on pas pour contenir l\u2019irr\u00e9vocable\u00a0?<\/p>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-142-1\">CL\u00c9MENT, Gilles,<i> Le jardin en mouvement<\/i>, Sens &amp; Tonka, 1991. <a href=\"#return-footnote-142-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-142-2\">Entre autres r\u00e9f\u00e9rences pl\u00e9thoriques : HADOT, Pierre, <i>Le voile d\u2019Isis, Essai sur l\u2019histoire de l\u2019id\u00e9e de nature<\/i>, Gallimard, 2004. <a href=\"#return-footnote-142-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-142-3\">MOTTET, Jean, \u00ab&nbsp;Des p\u00e2turages anglais \u00e0 la pelouse am\u00e9ricaine&nbsp;\u00bb in : <i>L\u2019herbe dans tous ses \u00e9tats<\/i>, Champ Vallon, 2011, p. 146. <a href=\"#return-footnote-142-3\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 3\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-142-4\">Idem, p. 145. <a href=\"#return-footnote-142-4\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 4\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-142-5\">Idem. p. 147. <a href=\"#return-footnote-142-5\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 5\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-142-6\">BAUDELAIRE, Charles, \u00ab&nbsp;L\u2019horloge&nbsp;\u00bb dans <i>Les fleurs du mal, <\/i>\u0152uvres compl\u00e8tes, tome I, op. cit., p. 81. <a href=\"#return-footnote-142-6\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 6\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-142-7\">BAUDELAIRE, Charles, \u00ab&nbsp;L\u2019Ennemi&nbsp;\u00bb, idem, p. 16. <a href=\"#return-footnote-142-7\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 7\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":1,"menu_order":5,"template":"","meta":{"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":[],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[],"license":[],"class_list":["post-142","chapter","type-chapter","status-publish","hentry"],"part":36,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/vfurnelle20\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/142"}],"collection":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/vfurnelle20\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/vfurnelle20\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/vfurnelle20\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/vfurnelle20\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/142\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":399,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/vfurnelle20\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/142\/revisions\/399"}],"part":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/vfurnelle20\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/36"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/vfurnelle20\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/142\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/vfurnelle20\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=142"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/vfurnelle20\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=142"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/vfurnelle20\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=142"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/e-publish.uliege.be\/vfurnelle20\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=142"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}