Section 2 : glandes endocrines / cellules endocrines

Description systématique des glandes endocrines.

Hypothalamus-hypophyse

L’hypothalamus et l’hypophyse réalisent les premiers chaînons d’un axe de contrôle neuroendocrine (hypothalamus > adénohypophyse) sur divers tissus cibles (hormone de croissance) et sur plusieurs parenchymes glandulaires:

  • la glande mammaire (Prolactine – PRL)
  • la thyroïde (Thyréostimuline ou Thyréotrophine, TSH)
  • les surrénales (hormone adrénocorticotrope ACTH)
  • les gonades (hormone lutéinisante LH et hormone folliculo-stimulante FSH)

Cet axe intervient au niveau de la neurohypophyse dans le contrôle de

  • la réabsorption aqueuse (Hormone antidiurétique ADH)
  • de la contraction utérine, de l’éjection lactée et des processus de l’attachement (hormone de l’attachement) (Ocytocine)

Ces aspects sont décrits dans la section 3 du chapitre 8 (voir figures 8-23 et 8-24).

L’hypophyse siège dans la selle turcique de l’os sphénoïde, elle se trouve à proximité du chiasma optique. Cette disposition anatomique explique que les dysfonctionnements de l’adéno-hypophyse (tumeur) peuvent associer des troubles endocriniens et visuels (figure 11-8).

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Figure 11-8

Axe hypothalamo-hypophysaire, selle turcique et chiasma

A : Vue oblique ant gauche de l’encéphale, hémisphère gauche non représenté.1 = chiasma optique, 2 = hypophyse sous le diencéphale ( = 3)

B : Vue en section sagittale : 4 = neurohypophyse (hypophyse postérieure), 5 = adénohypophyse ( hypophyse antérieure), 6 = sinus sphénoïdal sous la selle turcique

Thyroïde et parathyroïdes

La thyroïde (figure 11-9) comporte deux lobes unis par une région isthmique localisée devant les premiers anneaux trachéaux. Les lobes remontent au contact du cartilage thyroïde, la glande est recouverte des muscles plats sous hyoïdiens, ainsi, en cas d’augmentation de volume, elle dessine une voussure bien visible dans la partie antéro médiane du coup. Elle secrète les hormones thyroïdiennes comportant de l’iode stocké au sein de la glande. Ces hormones exercent globalement un effet stimulateur du métabolisme. Chez le nouveau-né, les hormones thyroïdiennes sont indispensables à la bonne maturation du système nerveux. On retrouve également dans la glande thyroïde, les cellules C parafolliculaires, responsables de la sécrétion de calcitonine physiologiquement impliquée chez l’enfant dans le métabolisme calcique (rôle opposé à la parathormone, PTH).

Sur une coupe transversale du cou, la thyroïde « coiffe » le conduit trachéal et déborde sur ses faces latérales.

A la face postérieure de la thyroïdes se localisent habituellement les 4 glandes parathyroïdes qui peuvent être plus nombreuses voire ectopiques. Elles secrètent la PTH qui stimule l’action des ostéoclastes au niveau du tissu osseux. Ceux-ci, en détruisant la matrice osseuse, libèrent Calcium et Phosphates.

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Figure 11-9

Thyroïde et parathyroïdes

A : Vue de face de la thyroïde dans la région cervicale antérieure

B : Vue oblique antérieure droite de la jonction laryngo-trachéale, laryngo-pharynx ( = 5) et œsophage ( = 6) en arrière, 9 = cartilage thyroïde (lame droite), thyroïde (lobe D = 1, lobe G = 2, 3 = isthme), 4 = trachée, carotide ( 10 = commune, 12 = interne, 13 = externe), 11 = jugulaire interne, 14 = épiglotte

C : Vue postérieure, section de l’œsophage ( =6) pour montrer la trachée ( = 4), axes vasculaires carotido-jugulaires en traits rouges/bleus, parathyroïdes ( 7 = supérieure, 8 = inférieure)

D : Coupe transvesale, portion dorsale orientée en bas

Thymus

Le thymus exerce une action passagère de type endocrinien lors de la maturation du tissu lymphoïde, il sera décrit dans le chapitre 12.

Surrénales

Au pôle supérieur de chaque rein, en contact postérieurement avec le diaphragme et accolées médialement à droite à la VCI et à gauche à l’aorte abdominale, se trouvent les deux glandes surrénales (figure 11-10). En forme de triangle verticalement allongé et à base inférieure elles reçoivent 3 artères et se drainent via une veine unique.

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Figure 11-10

Surrénales

A : Vue du rétropéritoine de face (diaphragme en bleu, psoas en ocre). De l’aorte proviennent les artères diaphragmatiques ( = 1) donnant l’artère surrénalienne supérieure ( = 2), la surrénalienne moyenne ( = 3) et l’artère rénale ( = 5) donnant l’artère surrénalienne inférieure ( 4).

B : Même vue que A avec le drainage veineux : la VCI reçoit à droite la veine surrénalienne ( = 6) alors qu’à gauche elle se jette dans la veine rénale gauche ( = 7) qui reçoit également la veine gonadique gauche ( = 8)

C : Vues en coupe de la surrénale, verticale et transversale, 9 = cortico-surrénale, 10 = médullo-surrénale

Les surrénales présentent en coupe une zone périphérique, le cortex, et une zone centrale, la médullaire.

Le cortex surrénalien divisé d’externe en interne en glomérulée, fasciculée et réticulé (suivant l’aspect microscopique des cordons cellulaires) secrète des hormones stéroïdiennes dérivées biochimiquement du noyau cholestérol :

  • Les glucocorticoïdes (cortisol : hormone hyperglycémiante)
  • Les minéralocorticoïdes (aldostérone : résorption sodique et aqueuse au niveau du rein)
  • Les androgènes surrénaliens (déhydroépiandrostérone (DHEA)) précurseurs d’autres hormones stéroïdes

La médullosurrénale est composée de cellules d’origine nerveuse, qui correspondent à des 2éme neurones du chaînon sympathique faisant synapse avec le premier neurone sympathique localisé dans la colonne intermédiolatérale de la moëlle thoraco lombaire (corne intermédiaire) (figure 11-11) (voir aussi chapitre 8, section 5, figures 8-54, 8-55). Le milieu riche en stéroïdes influence le métabolisme de ces cellules médullaires qui poursuive leur métabolisme des catécholamines en transformant la noradrénaline en adrénaline, sécrétion majeure de la médullosurrénale.

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Figure 11-11

Connection de la médullo-surrénale

A : Connection du premier neurone OS ( = 1) avec le deuxième neurone OS ( = 2) localisée dans le ganglion préaortique en cas d’innervation viscérale classique. L’ axonale du deuxième neurone suit la vascularisation pour atteindre sa cible (ici le rein) pour y déverser de la Noradrénaline (Nadr)

B : Connection du premier neurone OS ( = 1) avec le deuxième neurone OS ( = 2) localisée dans la médullosurrénale. Le deuxième neurone libère de l’adrénaline (Adr) via la circulation surrénalienne

Pancréas

Le pancréas, glande mixte, a été étudié dans le chapitre 9, section 4, figure 9-29. Les cellules endocrines constituent les îlots de Langerhans (figure 11-12) surtout présent au niveau du corps et de la queue du pancréas. Ils ne représentent que 1 à 2 % des cellules pancréatiques et se composent de 4 types cellulaires

  • Les cellules béta secrètent l’insuline, seule hormone hypoglycémiante de l’organisme
  • Les cellules alpha secrètent le glucagon, hormone hyperglycémiante
  • Les cellules delta secrètent la somatostatine dont le rôle est d’inhiber la sécrétion de diverses hormones digestives
  • Les cellules gamma qui secrètent le polypeptide pancréatique dont le rôle est moins précisé (contrôle de la glycémie, de la motilité intestinale, des sécrétions pancréatiques exocrines…)

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Figure 11-12

Pancréas et îlots de Langerhans

A : Bloc duodéno-pancréatique vu de face : 1 = VCI, 2 = aorte abdominale, 3 = veine porte, 4 = artère hépatique, 5 = cholédoque, 6 = cadre duodénal, 7 = estomac

B : Idem après retrait de l’estomac afin de visualiser la totalité du pancréas ( 8 = tête, 9 = processus unciné, 10 = isthme, 11 = corps, 12 = queue), 13 = papille mineure, 14 = papille majeure, 15 = rate, 16 = îlot de Langerhans

Gonades placenta

Les gonades ont été décrites au chapitre 10, sections 3 et 4. Ovaire et testicule peuvent être associés à des glandes mixtes

  • Exocrines par leur production de gamètes
  • Endocrines par leur sécrétion de stéroïdes sexuels, androgènes, oestrogènes et progestérone

Les oestrogènes et la progestérone interviennent de façon cyclique chez la femme dès la puberté pour faire proliférer et sécréter l’endomètre. Les oestrogènes maintiennent la trophicité des organes sexuels secondaires féminins, la croissance mammaire et favorisent la maintien de la matrice osseuse.

Les androgènes favorisent le développement des caractères secondaires masculins, stimulent les moelles hématopoïétiques et le trophisme musculaire.

Oestrogènes et androgènes maintiennent la libido.

Le placenta joue également un rôle endocrinien important en sécrétant entre autres facteurs,  la gonadotrophine chorionique humaine (hCG), l’hormone lactogène placentaire (hPL), des œstrogènes et de la progestérone.

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